Contexte
Lorsque nos sages -de mémoire bénie- instituèrent la date de la fête de Pourim, ils firent une différence entre les villes entourées par une forteresse (« Moukafote ‘Homa ») et les villes ouvertes.
L’explication de cette différence se trouve dans l’histoire de la Méguila elle-même :
Le miracle central de cette histoire se situe le 13 Adar qui est la date où devait avoir lieu de décret d’Hamane consistant à « Exterminer, assassiner et perdre tous les juifs ». Il fut contré par la missive d’A’hashvérosh (après qu’Esther l’ait supplié pour sa vie et celle de son peuple) dans laquelle il donna la permission aux juifs de « Se rassembler et de se battre pour leur vie », c’est-à-dire de s’unir et de se défendre farouchement contre les ennemis qui voulaient les détruire.
Dans les villes ouvertes (sans forteresse), les ennemis d’Israël n’eurent pas la possibilité de s’enfuir et de se cacher, les juifs les trouvèrent facilement et les tuèrent en un seul jour de guerre. Ils purent se reposer de leurs efforts le lendemain -le 14 Adar- et fêter ce jour-même leur victoire avec joie et gratitude envers le Créateur du monde pour ce retournement de situation miraculeux.
En revanche, dans la capitale Shoushane qui était entourée par une forteresse, leurs ennemis disposèrent de nombreux endroits pour se cacher et les juifs ne purent tous les détruire en un seul jour. Esther demanda à A’hashvérosh un jour supplémentaire de ‘finitions’ et en obtint la permission. Les juifs purent alors ‘terminer le travail’ et détruire tous leurs ennemis.
Après ces deux jours de guerre, ils se reposèrent durant la nuit de leurs efforts et fêtèrent leur victoire le lendemain -le 15 Adar – avec joie et gratitude envers le Créateur du monde pour le miracle qu’Il leur avait fait.
En souvenir de cela, nos sages -de mémoire bénie- instituèrent la fête de Pourim au 15 Adar pour toutes les villes fortifiées depuis l’époque de Josué, le successeur de Moïse.
Ils manifestaient par cela un honneur particulier à la terre d’Israël. Quant aux autres villes qui étaient ouvertes, la date de Pourim fut instituée le 14 Adar uniquement.
« Shoushane Pourim » aujourd’hui
Actuellement, la fixation de la fête de Pourim dans les villes du monde entier, se fait de trois façons différentes :
1. Les villes fortifiées du temps de Josué
Ce sont des villes très précises (aujourd’hui il s’agit essentiellement de Jérusalem) pour lesquelles on est certain, sans aucun doute, qu’elles étaient entourées par une forteresse au temps de Josué.
- Les habitants de Jérusalem fêtent Pourim exactement de la même manière que les autres villes qui la fêtent la veille :
- Le 14 Adar, ils ne récitent pas les supplications (Ta’hanoun) tout au long de la journée et le soir -veille du 15 Adar- ils lisent la Méguila avec les bénédictions.
- Le matin du 15 Adar, ils incluent le passage de « Véal Hanissim » dans la « Amida » de la prière du matin.
- Ils lisent le passage de Pourim dans le Séfère Torah et lisent ensuite la Méguila une deuxième fois avec les bénédictions.
Durant la journée ils donnent les dons aux pauvres – « Matanotes Laévyonimes » et procèdent à l’envoi de mets – « Michloa’h Manotes ».
- Après la prière de l’après-midi, ils font un repas de fête et boivent du vin « Ade Délo Yada ».
À l’extérieur d’Israël, on fête Pourim uniquement le 14 Adar, même dans les villes qui étaient fortifiées du temps de Josué.
2. Les villes en ‘situation de doute’
Ce sont des villes d’Israël pour lesquelles il y a un doute sur le fait qu’elles étaient fortifiées du temps de Josué.
- Cela concerne les habitants des villes d’Israël suivantes : Tsfat, ‘Haïfa, Tvéria, Lod, Ako, Yafo et ‘Hévron.
- Après la fête de Pourim du 14 Adar, ils lisent à nouveau la Méguila le soir du 15 Adar mais ne répètent pas les bénédictions avant et après cette lecture.
- Le matin du 15 Adar, ils prient la prière du matin comme d’habitude, ne lisent pas le passage de la Torah de Pourim et ne disent pas « Véal Hanissim » dans la « Amida ». Puis ils lisent à nouveau la Méguila (une quatrième fois) sans dire les bénédictions.
- Durant la journée, ils refont à nouveau, de manière minimale, les Mitsvotes de dons aux pauvres et de l’envoi de mets, sans avoir besoin de les multiplier.
- Durant leur repas de l’après-midi, il est bon de rajouter un plat quelconque et de boire un peu de vin mais il n’est pas besoin d’organiser un grand repas de fête comme la veille.
3. Les « Aré Hapérazotes – villes ouvertes »
C’est le nom qu’on donne aux villes d’Israël et du monde entier qui n’étaient pas entourées d’une forteresse du temps de Josué et qui fêtent Pourim le 14 Adar.
- Dans les villes ouvertes, le 15 Adar est un jour habituel à l’exception de quelques petites différences :
- On ne récite pas les supplications (Ta’hanoun) durant les prières de la journée.
- Il n’est pas permis de jeûner (même pour des personnes qui vont se marier en ce jour).
- On mange un repas de fête pendant lequel on boit un peu de vin.
- En ce qui concerne une personne qui voyage d’une ville ‘fortifiée’ à une ville ‘ouverte’ ou une ville ‘en situation de doute’ durant Pourim, elle devra demander à un rabbin comment se comporter par rapport à la fête, c’est-à-dire par rapport à la lecture de la Méguila et l’accomplissement des autres Mitsvotes de Pourim.
« Pourim Méshoulash – Le triple Pourim »
Lorsque le 15 Adar -Shoushane Pourim- tombe un jour de Shabbat, la fête de Pourim s’étend à trois jours consécutifs : vendredi, Shabbat et dimanche. De cette manière :
- Le vendredi -14 Adar- on lit la Méguila en présence d’un Myniane (10 hommes adultes) et on accomplit la Mitsva de « Matanotes Laévyonimes – les dons aux pauvres ».
- Le Shabbat -15 Adar- on rajoute le passage de « Véal Hanissim » à chaque « Amida » et dans le « Birkate Hamazone ». Après la prière du matin, on sort deux rouleaux de la Torah et on lit le passage de Pourim à la huitième et dernière montée (Maftir) dans le deuxième Séfère Torah, suivie de la lecture de la « Haftarah », celle qu’on a aussi lue le Shabbat précédent (Parashate Zakhor).
- Le dimanche -16 Adar- on fait le repas de Fête durant lequel on boit beaucoup de vin et on accomplit la Mitsva de « Michloa’h Manotes – l’envoi de mets » durant la journée. QUAND ON LIT-ON LA MEGUILA UNE PREMIERE FOIS ?
Immédiatement après la fin de Pourim, on ‘rafraîchit sa mémoire’ et l’on commence à étudier les lois de la fête de Pessa’h qui aura lieu par la suite. Vous pourrez trouver l’explication et les détails de ces lois et coutumes dans notre ouvrage : « Yahadoutone – Pessa’h, Shavouote et les mois d’été ».
