Le mois de Tévet – Carte d’identité
Le mois de Tévet est le quatrième de l’année calendaire juive qui commence au mois de Tishri et le dixième de l’année biblique (ou Tanakhique) qui commence au mois de Nissane.
À l’instar des autres mois, le nom de ce mois date de la période de l’exil babylonien et sa signification est liée à un embourbement (vraisemblablement parce que c’est un mois hivernal avec beaucoup de pluie provoquant beaucoup de boue sur le sol).
Voici les évènements principaux associés à ce mois :
- Au début de ce mois, nous célébrons les derniers jours de la fête de ‘Hanoucca.
- Le 10 Tévet commencèrent l’encerclement et le blocus de de Jérusalem par l’armée du roi de Babylonie, Nabuchodonosor, qui se termina par la destruction de la ville et du premier Beit Hamikdash. Pour cette raison, un jeûne a été institué à la date du 10 Tévet.
Le contexte historique
Il y a plus de 2000 ans (en l’an 425 avant le début du calendrier grégorien), l’armée de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, arriva à Jérusalem le 10 Tévet et encercla la ville afin de la conquérir (ce blocus finira par engendrer la destruction de la ville). Environ un an et demi après le commencement du blocus -à la date du 9 Tamouz- l’armée menée par le général Nébouzaradane, réussit à pénétrer les murailles de la ville.
Un mois après jour pour jour -le 9 du mois de Av- le premier Beit Hamikdash fut détruit par les forces armées babyloniennes. Ils s’emparèrent des objets sacrés du Temple et firent prisonniers la majorité du peuple juif qu’ils emmenèrent avec eux à Babylone en les torturant cruellement.
En souvenir de ce triste évènement qui symbolise le début de la destruction du peuple juif en terre d’Israël, le 10 Tévet a été institué un ‘jour de jeûne’.
Le jeûne
En ce jour de jeûne collectif (Taanite Tsibour), il est interdit de manger et de boire depuis l’aube du 10 Tévet jusqu’à l’heure de la sortie des étoiles (Tsète Hakokhavim). Si une personne mange ou boit en ce jour, elle devra quand même continuer de jeûner jusqu’à la fin. On ne pourra pas se rincer la bouche ou se brosser les dents.
Les horaires du début et de la fin du jeûne peuvent être trouvés dans les calendriers juifs ou sur internet.
- Les femmes enceintes, les femmes qui allaitent et les personnes pour qui il est difficile de jeûner à cause de raisons de santé ou autres, devront s’adresser à un rabbin qui leur dira comment elles doivent se comporter.
Le saviez-vous ? : contrairement aux autres jeûnes, si celui du 10 Tévet tombe un vendredi ou un jour de Shabbat, on ne le devance pas à une autre date et on ne le retarde pas non plus. Dans les faits, nos maitres ayant fixé le calendrier juif de toutes les années à venir, ils ont fait en sorte que le 10 Tévet ne puisse jamais tomber un Shabbat. Néanmoins il peut se produire un vendredi et dans ce cas, on jeûnera le jour-même.
Les différences dans les prières
Dans la prière de la « Amida », l’officiant rajoute le texte de « Anénou – Exauce-nous » après la bénédiction de « Goèl Israël ». ET Anénou du Ya’hid
Après la prière de la « Amida » et les supplications (Ta’hanoun), on récite des « Séli’hotes – demandes de pardon » propres au jeûne du 10 Tévet. Elles contiennent des demandes et des prières à D-ieu afin qu’Il pardonne nos péchés et nos transgressions et qu’Il nous délivre de nos malheurs.
Ensuite on rajoute la prière de « Avinou Malkénou – Notre Père, notre Roi » dans sa version longue destinée aux jours de jeûne.
On lit la lecture particulière des jours de jeûne qui débute par les mots : « Vayi’hal Moshé – et Moïse commença » et se trouve dans la Parasha de « Ki Tissa ». Ces versets traitent du repentir (Téshouva) et des 13 attributs divins de miséricorde etc.
Pendant le déroulement de la lecture, le public participe à trois occasions en citant à voix haute certains passages que l’officiant répète en les chantant selon la mélodie particulière des « Yamimes Noraïmes – jours redoutables » (les 10 jours de Rosh Hashana à Yom Kippour) :
- Après que l’officiant ait lu : « Oulkhalotame Méal Péné Haadama – les détruire de la surface de la terre », les fidèles récitent ensemble : « Shouve Mé’harone Apékha Véhina’hème Al Haraa Léamékha – Reviens sur Ta colère et regrette le mal envers Ton peuple ».
- Après que l’officiant ait lu : « Vayaavor Al Panav Vayikra – L’Éternel passa devant lui et dit », les fidèles récitent ensemble : « Hashem, Hashem, E-l Ra’houm Vé’hanoune …. Vé’hataa Vénaké – Éternel, Éternel, D-ieu miséricordieux et magnanime…. qui efface les fautes et les nettoie ».
- Après que l’officiant ait lu : « Ki Am Kéché Orèfe Hou – Car c’est un peuple à la nuque raide », Les fidèles récitent ensemble : « Vésala’hta Laavonénou Oul’hataténou Oun’haltanou – Et Tu pardonneras nos fautes, nos péchés et Tu feras de nous Ton héritage ».
On a l’habitude de donner une somme plus importante de charité (Tsédaka) que d’habitude avant la prière.
On commence la prière de l’après-midi (Min’ha) comme d’habitude avec les passages des « Korbanotes » et « Ashré ». Puis l’officiant récite un demi-Kaddish et on procède à la même lecture de la Torah que le matin, qui débute par les mots : « Vayi’hal Moshé – et Moïse commença ».
La troisième personne qui monte à la Torah récite une « Haftarah » particulière extraite du livre d’Isaïe : « Cherchez D-ieu tant qu’Il est présent, appelez-Le tant qu’Il est proche ». Ensuite on remet le rouleau de la Torah à sa place, l’officiant récite un demi-Kaddish et l’on reprend le déroulement habituel de la prière.
Dans la prière de la « Amida » on rajoute la bénédiction de « Anénou – exauce-nous » à l’intérieur de celle de « Choméa Téfila ».
Lors de la répétition de la Amida par l’officiant, cette bénédiction de « Anénou » est dite à un autre endroit, juste après celle de « Goèl Israël », on rajoute aussi la bénédiction des « Cohanim » juste avant celle de « Sim Chalom ».
Après cela, on récite les « Ta’hanoun – supplications » et l’on rajoute la version longue de « Avinou Malkénou ». Puis on termine la prière avec « Alénou Léshabéa’h ».
D’habitude, on la fait juste après la sortie des étoiles (Tsète Hakokhavim) mais à la fin d’un jour de jeûne, on peut la faire un petit peu plus tôt de manière à ce que la récitation des paragraphes du « Shéma Israël » ait quand même lieu après la sortie des étoiles.
Le jour du Kaddish général
Lorsqu’une personne est décédée, les membres de sa famille se réunissent chaque année à la même date (Yortseïte). Ils récitent le Kaddish, étudient des chapitres de la Mishna et allument des bougies à sa mémoire.
Après la terrible Shoah durant laquelle furent tués six millions de juifs, nombreux parmi les survivants de notre peuple voulurent immortaliser la mémoire de leurs proches parents assassinés mais ils ne connaissaient pas la date exacte de leur départ douloureux de ce monde.
Face à cette situation, le Grand Rabbinat d’Israël a décrété que le 10 Tévet serait destiné à la récitation du Kaddish en la mémoire de toutes les personnes parties durant la Shoah dont la date de décès est inconnue. Ce jour est appelé « Yom Hakaddish Haclali – le jour du Kaddish général ».
- Certaines communautés ont fixé la date du « Kaddish Haclali » au 7 du mois d’Adar qui est la date du décès de Moshé Rabénou (Moïse) dont le lieu de sépulture n’est pas connu.
