Introduction
Le mois d’Adar est le sixième de l’année calendaire juive qui commence au mois de Tishri et c’est le douzième et dernier mois de l’année biblique (ou Tanakhique) qui commence au mois de Nissane.
Le nom de ce mois provient, comme les autres, de l’exil babylonien et une de ses significations est la puissance.v
Voici les évènements principaux associés à ce mois :
- Le 13 Adar a lieu le ‘jeûne d’Esther’ en souvenir du jeûne que firent les juifs en raison du décret d’extermination d’Hamane.
- Le 14 Adar a lieu la fête de Pourim mais à Jérusalem (ainsi que dans d’autres endroits- à cause d’un doute, et de façon plus restreinte) on la fête durant un jour supplémentaire : « Shoushane Pourim », qui a lieu le 15 Adar.
Un mois de joie
« Lorsque arrive Adar on augmente la joie », le symbole de ce mois est le miracle, célébré par la fête de Pourim, qui eut lieu à l’époque de Mordékhaï et Esther alors que le peuple d’Israël était sous le danger d’une extermination totale et imminente. Et c’est seulement grâce à un enchainement extraordinaire de circonstances ‘hasardeuses’ qu’il fut sauvé d’une destruction certaine. En conséquence, le deuil se transforma en allégresse et les soupirs en une immense joie éclatante qui accompagne tout le mois d’Adar.
Étant donné que c’est durant le mois d’Adar que le décret envers les juifs passa de la mort à la vie, on a l’habitude -encore aujourd’hui- de profiter de cette période favorable pour faire en sorte que celui qui a un procès contre un non-juif, fasse tout pour qu’il ait lieu au mois d’Adar afin de profiter de la ‘protection’ particulière propre à ce mois.
L’année embolismique
Toutes les fêtes d’Israël dont la source se trouve dans la Torah écrite (Tanakh) sont liées à des saisons différentes de l’année : la fête de Pessa’h doit tomber durant « le mois de printemps », la fête de « Shavouote »
au moment où l’on amène les « prémices » des récoltes et la fête de Souccote au moment où l’on ramasse les récoltes (« ‘Hag Haassif »).
Les saisons sont fixées selon le cycle annuel du soleil qui dure 365 jours tandis que l’année juive est fixée selon les 12 mois du cycle mensuel de la lune et dure 354 jours. Si l’on n’intervenait pas dans la fixation du calendrier en l’ajustant, cette marge (entre l’année solaire et lunaire) augmenterait tous les ans. Par exemple, Pessa’h serait fêté onze jours plus tôt que l’année précédente (à chaque fois).
Afin d’assurer que les fêtes juives se produisent durant la saison qui leur est imputée par la Torah, les sages ont institué le rajout d’un treizième mois ‘lunaire’ de 29 jours à certaines années. Cela permet de compenser l’écart qui se creuse entre l’année solaire et lunaire (et par conséquent cela permet aux fêtes de tomber durant leur saison appropriée).
Ainsi, tous les 2 ou 3 ans, on rajoute un deuxième mois d’Adar appelé « Adar Bèt » au premier (appelé « Adar Alef ») et l’année contient 13 mois. C’est dans ce cas qu’on parle de « Shana Méoubérète – année embolismique ».
Durant le premier mois d’Adar (Adar Alef) d’une année embolismique :
- On ne fait pas le jeûne d’Esther le 13 de ce mois.
- Le 14 Adar ‘Alef’ est appelé « Pourim Katane – le petit Pourim » et le 15 Adar ‘Alef’ est appelé « Shoushane Pourim Katane – le petit Shoushane Pourim ». On ne récite pas les supplications (Ta’hanoun) durant les prières de ces deux jours du premier mois d’Adar.
- On augmente la joie déjà depuis le commencement du premier mois d’Adar et l’on se prépare spirituellement à cette joie qui va durer les deux mois à venir…
Les « Quatre Parashiotes »
Le Shabbat juxtaposé au premier du mois d’Adar -Rosh ‘Hodesh Adar- (et pour les années embolismiques Rosh ‘Hodesh Adar ‘Bèt’) jusqu’au Rosh ‘Hodesh du mois de Nissane, on lit à la synagogue des passages particuliers de la Torah qui se rajoutent à la section de la semaine (« Parashate Hashavoua ») et correspondent à la date du Shabbat concerné. Il y en a quatre en tout : « Arbaa Parashiotes ».
- Durant ces quatre Shabbatotes (pluriel de Shabbat), on sort deux rouleaux de la Torah de l’arche sainte juste après la prière du matin. Sept personnes montent à la Torah pour la lecture du premier rouleau dans lequel on lit la Parasha de la semaine. Ensuite on lève le rouleau aux yeux de tous puis on le referme et on le place sur le côté. On ouvre le deuxième rouleau et une huitième personne monte à la Torah pour la partie appelée « Maftir » durant laquelle on lit le passage correspondant à l’une des quatre Parashiotes selon la date du Shabbat.
- Il y a une « Haftara » différente pour ces quatre Shabbatotes et on la trouvera généralement à la fin des livres de ‘Houmash (les cinq livres de la Torah).
1. Shabbat Shékalim
Le Shabbat Shékalim survient toujours juste avant le début du mois (Rosh ‘Hodesh) d’Adar ou peut tomber le jour de Rosh ‘Hodesh lui-même. Ce Shabbat, nous lisons le passage de « Parashat Shékalim » qui traite de l’obligation de chaque Juif d’apporter une pièce d’un « Ma’hatsite Hashékel – demi-Shékel » comme don pour les sacrifices communautaires offerts dans le Saint Temple (nous parlons de ce commandement plus en détail par la suite).
- Ce passage est lu durant le Shabbat juxtaposé à Rosh ‘Hodesh Adar car à cette date-là, à l’époque du Beit Hamikdash, on diffusait dans chaque ville d’Israël le rappel de l’obligation de donner le « Ma’hatsite Hashékel – demi-Shékel ».
- Dans une année embolismique, ce passage est lu soit avant le Shabbat précédant Rosh ‘Hodesh du deuxième Adar, soit à Rosh ‘Hodesh lui-même lorsqu’il tombe à Shabbat.
2. Shabbat Zakhor – souviens-toi
À Shabbat Zakhor, qui tombe toujours juste avant la fête de Pourim, nous lisons le passage de la Torah qui commence par « Zakhor Ète Ashère Assa Lékha Amalek… – Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek… ». La Torah nous ordonne de nous souvenir de la première guerre contre Amalek qui eut lieu peu de temps après la sortie d’Égypte, ainsi que d’effacer le souvenir d’Amalek.
Cette partie de la Torah est lue avant Pourim car Hamane le mécréant (qui essaya d’exterminer le peuple juif à cette époque) était un descendant direct d’Agag, le roi d’Amalek, et lui et ses dix fils ont été pendus à Pourim.
3. Shabbat Parah
Le Shabbat Parah est dépendant du Shabbat Ha’hodesh (le quatrième de la série) et il est toujours placé avant celui-ci. Il y a parfois l’espace d’un Shabbat supplémentaire entre les deux.
Nous lisons la section de la Torah qui décrit les lois de la « Parah Hadouma – Vache Rousse » dont les cendres étaient utilisées pour purifier les personnes atteintes de la « Toumate Mète – Impureté de mort » parce qu’elles s’étaient souillées au contact d’un mort.
- À l’époque du Beit Hamikdash, il y avait l’obligation pour chaque juif d’amener à Jérusalem le « Korbane Pessa’h – l’offrande sacrificielle de Pessa’h » et de l’offrir en état de pureté. Par conséquent, nous lisons ce passage qui parle de pureté parce que nous nous rapprochons du mois durant lequel on célèbrera Pessa’h.
4. Shabbat Ha’hodesh
Le Shabbat Ha’hodesh a lieu le Shabbat qui précède immédiatement le début du mois de Nissane (Rosh ‘Hodesh Nissane) ou à Rosh ‘Hodesh Nissane lui-même lorsqu’il tombe à Shabbat. Nous lisons la portion de la Torah qui commence ainsi : « Ha’hodesh Hazé Lakhèm Rosh ‘Hodashim – Ce mois-ci est pour vous le début de tous les mois » qui définit le mois de Nissane comme le ‘premier mois’ du calendrier hébraïque et se poursuit en parlant des commandements propres au « Korbane Pessa’h – l’agneau pascal », au « ‘Hamètse » et la « Matsa » ainsi que la fête de Pessa’h.
- Cette Parasha parle de l’obligation des enfants d’Israël d’apporter le sacrifice de Pessa’h (Korbane Pessa’h) au Temple. C’est la raison pour laquelle on la lit juste avant Rosh ‘Hodesh Nissane, mois durant lequel la fête de Pessa’h a lieu. À l’époque du Beit Hamikdash, tout le montait à Jérusalem pour offrir ce sacrifice.
