Introduction
Pour les gens du peuple, la Mitsva qui caractérise le plus la fête de Pourim est le repas de fête et dans la joie que l’on fait en souvenir de l’allégresse immense qui s’empara des juifs de l’époque après le grand miracle qui leur arriva. Nous avons depuis l’obligation de faire un repas de fête à Pourim et de manger des bons plats ainsi que de boire beaucoup de vin afin d’exacerber notre sentiment de joie.
Pourquoi précisément du vin ?
Si l’on y prête attention, on verra que tous les évènements de l’histoire de la Méguila tournent autour du vin. Par conséquent, nos sages -de mémoire bénie- nous ont ordonné de boire précisément du vin à Pourim
Tous les juifs participèrent au gigantesque banquet qu’organisa A’hashvérosh dans le palais royal durant 180 jours. Il punit sa femme Vashti parce qu’elle refusa de se présenter devant lui, ce qui permit à Esther de prendre sa place et entraîna surtout la chute d’Hamane et l’annulation du décret grâce aux deux banquets arrosés de vin qu’Esther prépara pour lui et A’hashvérosh.
« Ade Délo Yada »
Le Talmud nous précise la ‘mesure d’ivresse’ appropriée qui doit nous accompagner pour avoir la joie requise : « L’homme est obligé de s’enivrer à Pourim jusqu’au point où il ne sait plus -Ade Délo Yada- clairement la différence entre ‘Maudit soit Hamane’ et ‘Béni soit Mordékhaï’ ». En d’autres termes, au point où il n’est plus sûr si c’est Hamane qui est maudit ou Mordékhaï qui est béni…
Ceci étant dit, il ne s’agit pas là de perdre toute sa tête et d’en arriver à des frivolités grossières ou à la négligence des Mitsvotes, D-ieu préserve. Par conséquent, si un homme sait que la boisson va l’amener à de tels comportements indésirables, il vaut mieux qu’il parte dormir afin que durant son sommeil, il respecte ainsi cet état d’absence de conscience entre ‘Maudit sois Hamane’ et ‘Béni soit Mordékhaï’…
Le déroulement du repas
- Durant le repas, il faut se répandre en paroles de louanges et de remerciements envers le Créateur du monde pour tous les miracles qu’Il a faits pour nous dans le passé et qu’Il fait pour nous aujourd’hui. De même on exposera des idées de Torah et des enseignements liés à la fête de Pourim.
- Il est bon d’allumer plusieurs bougies (sans bénédiction bien évidemment) durant le repas afin d’augmenter la sensation de joie.
Dans de nombreuses communautés on a l’habitude de manger des pâtes feuilletées fourrées avec de la viande (en Yiddish : « Krèplakh ») pour deux raisons principales :
- En souvenir du miracle de Pourim qui était « fourré – caché » dans un enchainement d’évènements apparemment ‘naturels’.
- Étant donné que Pourim est comme un jour de fête biblique -Yom Tov- caché, on a l’habitude de faire un repas festif comme les autres fêtes bien que, d’un autre côté, on ait le droit de faire des ‘travaux’ en ce jour. Par conséquent, on cuisine des mets de viande pour respecter la parole des sages qui dit : « Il n’y a de joie qu’avec de la viande et du vin » mais on la cache à l’intérieur d’une pâte feuilletée.
Au sujet de ce repas de fête et de joie, le Rambam -Maïmonide- écrit :
Il est préférable de multiplier les dons aux pauvres plutôt que le repas ou l’envoi de mets à celui qui a faim, car il n’y a pas de plus grande joie que de réjouir le cœur des gens démunis, des orphelins, des veuves et des convertis. Celui qui donne de la joie au cœur de ces personnes malheureuses ressemble à la « Shékhina – Présence Divine » sur laquelle il est dit : « Elle renforce l’esprit des démunis et des malheureux ».
Introduction
Hormis les quatre commandements de la fête que nous venons d’expliquer en détails et qui sont obligatoires pour chaque juif et juive, certaines habitudes facultatives se sont ajoutées au cours des années au ‘répertoire’ de Pourim, au point d’être devenues aujourd’hui des composantes inséparables de l’expérience de la fête.
Se déguiser
Qui ne connaît pas cette coutume de Pourim, adoptée par la majorité des communautés juives : le déguisement !
Effectivement, il y a plusieurs raisons à cette coutume :
- « Vénaafokhe Hou – et nous l’avons inversé » : De la même manière qu’à l’époque de Pourim, un miracle se produisit et le décret s’inversa et se transforma de mauvais en bon, de danger d’extermination en victoire retentissante, de malheur en délivrance et d’angoisse en joie, nous avons l’habitude de transformer notre identité en nous déguisant.
- Étant donné que le Nom de D-ieu se ‘cache’ et se ‘dissimule’ dans la Méguilate Esther, nous nous déguisons et nous cachons ainsi notre véritable identité.
- En souvenir du fait que Esther ne dévoila pas ses origines et son peuple d’appartenance devant le roi A’hashvérosh. De la même manière nous nous dissimulons derrière le déguisement d’une identité ‘empruntée’.
- Étant donné qu’en ce jour, il y a une Mitsva de distribuer des dons aux pauvres, on a l’habitude de se déguiser afin que ceux-ci n’aient pas honte de demander de la Tsédaka à des gens qu’ils connaissent.
Donner les « Dmé Pourim – l’argent de Pourim »
Comme à ‘Hanoucca, on a l’habitude à Pourim de donner aux enfants les « Dmé Pourim », c’est-à-dire une somme d’argent quelconque, durant le jour de la fête.
La fête de Pourim est caractérisée par les dons à son prochain, et l’état d’esprit général qui y règne est « Toute personne qui tend la main – on lui donne », par conséquent on distribue de l’argent même aux enfants.
Il est bon de les encourager eux-aussi à multiplier les actes de Tsédaka et de leur permettre de le faire grâce à l’argent qu’ils ont reçu.
Manger les « oreilles d’Haman »
Dans de nombreuses communautés, on a l’habitude de manger une pâtisserie spéciale en l’honneur de Pourim dont le nom est « oreilles d’Hamane ». C’est une pâte sablée en forme de triangle fourrée avec des graines de pavot.
Il y a plusieurs explications intéressantes au sujet de cette ‘délicieuse’ coutume :
- Le nom d’origine de cette pâtisserie est en Yiddish : « Man-Tash ». « Man » signifie ‘pavot’ et « Tash » signifie ‘poche’ (donc une poche de pavot). Étant donné qu’on avait l’habitude de manger ce gâteau à Pourim, le mot « Man » s’est transformé en ‘Hamane’ et sa forme triangulaire a donné lieu à l’appellation d’oreilles : « les oreilles d’Hamane ».
- Il est possible que la forme triangulaire de cette pâtisserie ait rappelé la forme des chapeaux triangulaires menaçants portés par les officiers des armées d’Europe de l’Est qui étaient aussi cruels et mauvais que le mécréant Hamane.
