Achré
Dans le chapitre relatif aux Pessouké déZimra, nous avons évoqué la signification et la particularité de ce psaume (voir page 83). Comme nous l’avons vu, il convient de réciter Achré trois fois par jour. À présent, c’est donc la deuxième fois que nous le mentionnons dans nos prières (la troisième fois sera à la prière de Min’ha).
- En récitant le verset : « Potéa’h èth yadékha oumasbia lékhol ‘haï ratsone – Tu ouvres Ta main et Tu rassasies tous les êtres vivants à volonté », on méditera au fait que D.ieu veille à la subsistance de toutes Ses créatures et pourvoit à tous leurs besoins. Il est essentiel de penser à cette idée au moment où l’on récite ce verset. Si l’on a omis de le faire, il faudra le répéter avec la concentration adéquate.
- Au moment où l’on prononce la première moitié de ce verset – « Potéa’h èth yadékha » – on touche la téfiline du bras, et en récitant la seconde moitié – « oumasbia lékhol ‘haï ratsone » – on touche la téfiline de la tête. Après quoi on embrasse les doigts qui ont touché les téfilines.
Lamenatséa’h – « Au chef des chantres »
Nous récitons ensuite le chapitre 20 des Psaumes, qui commence par ce verset : « Lamenatséa’h mizmor léDavid – Au chef des chantres, psaume de David. Que l’Éternel t’exauce au jour de détresse… »
La tradition raconte que le roi David composa ce psaume après avoir envoyé Joab, son chef d’armée, combattre les ennemis d’Israël. David proclame que, alors que les nations adversaires se fient à leurs chars et à leurs chevaux de guerre, le peuple juif s’en remet à l’Éternel, le seul qui puisse nous apporter la victoire.
Ce chapitre est le vingtième du Livre des Psaumes, faisant suite à dix-neuf cantiques dans lesquels David loue et rend grâce au Créateur. Il est donc tout à fait à propos de le mentionner maintenant, après avoir récité les dix-neuf bénédictions de la Amida.
Le Livre du Zohar accorde une importance capitale à ce psaume qui renferme des secrets ésotériques d’une grande profondeur. Ce n’est donc pas en vain qu’on a coutume de le réciter en périodes de détresse, lorsqu’un danger menace un individu ou une communauté entière.
- Les jours où l’on ne dit pas les supplications (voir page 133), on ne récite pas non plus ce psaume.
Ouva léTsione
La prière d’Ouva léTsione est une compilation de versets tirés de différentes sources bibliques. Plusieurs d’entre eux sont également traduits en araméen, la langue qu’utilisaient couramment les Juifs à l’époque talmudique, afin que même les gens du peuple puissent en saisir le sens.
Ce passage est en quelque sorte une prière de « dernière minute » : elle permet aux retardataires, qui ont manqué le début de l’office, de se « rattraper » avec cette prière qui renferme différents thèmes évoqués tout au long de Cha’harit, ainsi qu’une Kédoucha (passage où l’on proclame : « Kadoch, kadoch, kadoch »), déjà mentionnée lors des bénédictions du Chéma et pendant la répétition de l’officiant.
Le contenu de cette prière
Dans ce texte, nous commençons par implorer D.ieu de susciter la délivrance : « Ouva léTsione goël – Un sauveur viendra à Sion… » À travers différents versets, nous rappelons l’éternelle promesse divine selon laquelle Son Esprit et Sa Torah ne quitteront jamais le peuple juif.
Après quoi nous récitons les versets de la Kédoucha suivis de leur traduction araméenne et nous enchaînons avec des passages bibliques relatant l’infinie bonté du Créateur et Sa disposition à pardonner tous nos péchés.
Nous remercions D.ieu de nous avoir créés pour Sa gloire et de nous avoir donné Sa Torah de vérité. Puis nous Lui demandons d’« ouvrir notre cœur » à l’étude de la Torah et de nous inspirer des sentiments de crainte et d’amour envers Lui.
Enfin, nous prions le Créateur de nous aider à être fidèles à tous Ses préceptes, afin que nous méritions de gagner la vie éternelle du Monde futur. Nous concluons cette prière avec ce verset : « Ado-naï ‘hafets lémaane tsidko… – L’Éternel a voulu, au nom de Sa droiture, rendre la Torah grande et glorieuse. »
- Il convient de réciter cette prière avec une grande concentration, en pensant au sens de chaque mot.
- Bien que ce texte « résume » la prière du matin, il ne dispense pas pour autant de réciter celle-ci intégralement. Il ne fait que s’ajouter à celle-ci.
- Bien qu’il soit permis d’ôter les téfilines après la prière d’Ouva léTsione, il est cependant d’usage de les garder sur soi jusqu’à la fin de l’office.
- Après avoir récité Ouva léTsione, l’officiant prononce le Kaddich complet et, les jours où on ne lit pas à la Torah, il enchaîne immédiatement avec le « Cantique du jour ».
- Pendant que le Séfer Torah est reconduit jusqu’à l’Arche, l’assistance récite ce passage à haute voix : « Yéhalélou èth Chem – Célébrez le Nom de l’Éternel, car seul Son Nom est sublime… », tel qu’il figure dans les livres de prières.
- Au moment où l’on fait passer les rouleaux de la Torah au milieu de l’assistance, on a coutume d’aller les embrasser et d’encourager les enfants à le faire.
- L’usage veut que l’on accompagne le Séfer Torah jusqu’à l’Arche sainte en signe de respect.
- Le chapitre 86 des Psaumes, qui commence par : « Téfila léDavid – Prière de David. »
- Les jours où l’on ne récite pas les supplications, on saute également ce passage car il évoque des périodes de tourments.
- Beth Yaacov – Maison de Jacob… » et « Yéhi Ado-naï Elo-hénou imanou – Que l’Éternel notre D.ieu soit avec nous… »
- Le chapitre 124 des Psaumes : « Chir hamaalot léDavid – Cantique des degrés, de David. Si l’Éternel n’avait pas été avec nous… »
- Le dimanche, nous récitons le psaume : « L’Ado-naï haarets – À l’Éternel appartient la terre et ce qu’elle contient… » Ce cantique évoque ainsi la première étape de la création, lorsque le ciel et la terre furent façonnés.
- Le lundi, nous disons : « Gadol Ado-naï… – Grand est l’Éternel et infiniment digne de louanges. » En effet, D.ieu créa en ce jour le firmament avec lequel Il sépara les « eaux supérieures » des « eaux inférieures ». Cette création marqua la toute première « grandeur » de D.ieu, puisqu’Il est depuis lors loué également ici-bas, sur terre.
- Le mardi, nous disons le psaume : « Elo-him nitsav… – L’Éternel Se tient dans l’assemblée divine », car en ce jour le Créateur sépara les mers de la terre ferme et créa les végétaux. Or, la « terre ferme » inclut également la terre d’Israël, destinée à devenir le pays de « l’assemblée de D.ieu ».
- Le mercredi, c’est le psaume : « E-l nékamot… – D.ieu de vengeance… » que nous récitons. En ce jour, le soleil, la lune et les étoiles furent créés. Au fil des siècles, les hommes se mirent à les considérer comme des entités autonomes. Ils en vinrent à élaborer des théories fallacieuses, alléguant que le monde était régi par différentes divinités, bonnes et mauvaises. Ces croyances devinrent peu à peu un prétexte pour bafouer la justice et ôter toute importance à l’ordre social. Ce psaume annonce donc que D.ieu Se vengera un jour de ces hommes qui vénèrent les astres et de ceux qui traitent leurs prochains avec injustice.
- Le jeudi, nous récitons le psaume : « Harninou l’Elo-him… – Célébrez D.ieu, notre Force ! » car en ce jour, les poissons et les oiseaux furent créés. Or, lorsqu’on observe ces animaux, on se remplit d’admiration envers la grandeur et la beauté de la création de D.ieu et on Le glorifie spontanément.
- Le vendredi, nous disons : « Ado-naï malakh… – L’Éternel règne, Il est revêtu de majesté ! » En ce jour furent créés les animaux terrestres ainsi que l’être humain, le couronnement de la création. Or, comme un « roi ne peut régner sans peuple », c’est seulement après la naissance de l’homme que D.ieu commença à « régner » concrètement.
- Le Chabbat, nous récitons : « Mizmor chir… – Psaume, cantique pour le jour du Chabbat [litt. : “du repos”] », car c’est en ce jour que D.ieu S’est « reposé » après avoir achevé l’œuvre de la création.
- Il convient d’énumérer les onze ingrédients de l’encens lentement, pour s’assurer de n’en omettre aucun.
- En récitant le nom des différents ingrédients, il est d’usage de les compter avec les doigts.
- Il convient de réciter Alénou Léchabéa’h debout et avec une grande concentration.
- Au moment où l’on prononce les mots : « Vaana’hnou korim oumichta’havim – nous nous agenouillons et nous prosternons… », on s’incline légèrement.
- Après avoir prononcé les mots « lahével velarik – aux vanités et aux chimères » qui font allusion aux idoles, certains ont la coutume de se couvrir légèrement la bouche et de cracher par terre (mais pas face à l’Arche sainte) afin de ne pas « profiter » de la salive qui s’est formée dans la bouche en évoquant les croyances idolâtres. Après quoi on essuie le crachat avec sa chaussure.
- Une personne qui entre dans une synagogue au moment où l’assemblée récite Alénou récite le premier passage de cette prière (jusqu’à « eïn od »), même si elle ne prie pas avec eux.
- On a également coutume de réciter, après la prière du matin, le chapitre des Psaumes correspondant à son âge. Ainsi, une personne âgée de vingt ans récitera le chapitre 21, car elle se trouve dans sa vingt-et-unième année.
- Il convient de retirer aussi bien la téfiline du bras que celle de la tête en étant debout. Selon la coutume séfarade, cependant, on retire la téfiline du bras assis.
- En un premier temps, on libère la lanière de la téfiline du bras enroulée autour du majeur et de la main.
- On introduit la téfiline dans son boîtier en plastique et on enroule ses lanières de part et d’autre de l’étui (comme deux « ailes » pliées de chaque côté). Pour ce faire, on doit tenir le boîtier et enrouler les lanières autour et non l’inverse.
- Après quoi on introduit la téfiline de la tête dans sa pochette, du côté droit.
- On dénoue la téfiline du bras, on la retire, on l’embrasse et on l’introduit dans son boîtier en plastique. On enroule ensuite sa lanière de la même façon que celle de la tête, c’est-à-dire de part et d’autre de l’étui, en maintenant celui-ci dans sa main et en enroulant la lanière autour.
- La téfiline du bras est placée du côté gauche de la pochette. On devra bien se rappeler l’emplacement des deux téfilines afin que, au moment de les mettre le lendemain, on prenne bien celle du bras avant celle de la tête.
- La Sortie d’Égypte : La Torah nous commande de nous souvenir chaque jour de la Sortie d’Égypte, lorsque D.ieu libéra Son peuple de l’esclavage au moyen de nombreux miracles.
- La Révélation sinaïtique : Nous devons nous remémorer le jour où D.ieu Se révéla aux enfants d’Israël pour leur donner la Torah.
- La guerre contre Amalek et le commandement d’anéantir sa descendance : Nous devons nous rappeler ce qu’a fait Amalek, peu après la sortie d’Égypte. Alors que les Israélites étaient en chemin dans le désert, Amalek les attaqua, sans manifester la moindre crainte du Ciel. Il nous est fait devoir de nous souvenir de sa malfaisance et d’effacer sa descendance.
- La faute du Veau d’or : Peu après le Don de la Torah, le peuple hébreu se dévoya et confectionna une idole d’or en dépit de l’interdiction formelle énoncée par D.ieu. Nous devons nous remémorer quotidiennement ces faits qui avaient suscité la colère divine.
- L’épisode de Myriam : Myriam, la sœur de Moïse, fut punie par D.ieu pour avoir tenu des propos inopportuns à l’encontre de son frère. Nous devons nous en souvenir afin de ne jamais médire.
- Le jour du Chabbat : Nous devons toujours nous rappeler de « sanctifier » et d’honorer le Chabbat, même pendant la semaine.
- Un homme qui ne met pas les téfilines de Rabbénou Tam mentionne néanmoins ces Six Souvenirs chaque jour.
- Il n’y a pas de manière spécifique de plier le talith, chacun le fera donc à sa façon. Cependant, on veillera à ce qu’il soit plié proprement et à ce que les franges soient glissées à l’intérieur de l’étoffe.
- Quand on utilise une même pochette pour ranger le talith et les téfilines, il faut veiller à placer le talith vers l’extérieur, devant les téfilines. De la sorte, lorsqu’on ouvrira la pochette le lendemain, on trouvera d’abord le talith et on se souviendra qu’il faut le mettre avant les téfilines.
On remet le Séfer Torah dans l’Arche
Les lundi et jeudi, on remet le Séfer Torah dans l’Arche sainte à ce moment de l’office.
Le fidèle qui a effectué la Hagbaha se lève en tenant le Séfer Torah du côté droit. Il descend de l’estrade du côté opposé à celui par lequel l’officiant avait apporté le Séfer Torah et il se dirige vers l’Arche sainte.
Passages supplémentaires
Avant le « Cantique du jour », on récite différents textes :
Dans ce psaume, le roi David se lamente des nombreux malheurs qu’il endure ; il rend grâce au Maître du monde tout en L’implorant d’écouter ses prières et de le soustraire à ses épreuves.
Ces textes renferment différents versets bibliques qui citent notamment des visions prophétiques évoquant les temps futurs, lorsque le monde entier s’inclinera devant le D.ieu d’Israël.
Ce psaume souligne le fait que le peuple juif est totalement dépendant du Saint, béni soit-Il, surtout dans les périodes où des ennemis implacables menacent de l’anéantir ou lorsque d’autres périls le guettent. Ce chapitre se conclut sur une note optimiste, rappelant l’éternité du peuple juif : « Notre salut est dans le Nom de l’Éternel, qui fait le ciel et la terre. »
Le Cantique du jour
Le « Cantique du jour » désigne certains chapitres du Livre des Psaumes que les Lévites récitaient dans le Temple quotidiennement, après l’offrande du « Sacrifice Perpétuel ». Ainsi, à chaque jour de la semaine est attribué un cantique spécifique dont le contenu mentionne les créations réalisées en ce jour, comme nous allons le voir.
Pour commémorer cette cérémonie, nous récitons le cantique correspondant au jour de la semaine. De la sorte, nous nous souvenons du fait que le Temple est détruit et nous demandons à D.ieu de le reconstruire afin que le service sacerdotal puisse être restauré.
Avant de réciter ce psaume, nous mentionnons le jour de la semaine où nous nous trouvons. Ainsi, le dimanche nous disons : « Aujourd’hui, nous sommes le premier jour du Chabbat » ; le lundi : « Aujourd’hui, nous sommes le deuxième jour du Chabbat », etc. Le Chabbat sert de référence pour chacun d’eux, car nous devons nous le remémorer continuellement tout au long de la semaine.
Ces sept cantiques correspondent respectivement aux sept jours de la création du monde. Comme nous l’avons vu, ils évoquent par allusion ce qui fut créé et ce qui se déroula lors de chacun d’eux.
L’Éternel est ma lumière et mon salut
Depuis le 1er Eloul jusqu’au dernier jour de la fête de Souccot, le jour de Hochaana Rabba, nous récitons après le Cantique du jour le chapitre 27 des Psaumes qui commence ainsi : « LéDavid Ado-naï ori véyichi – De David, l’Éternel est ma lumière et mon salut. » Dans ce psaume, le roi David exprime sa foi et son amour inconditionnels envers le Maître du monde. Il évoque également la bonté infinie qu’Il manifeste à Ses créatures. Ces idées centrales méritent d’être rappelées en cette période, à l’aube de la nouvelle année. De plus, ce psaume fait allusion aux trois grandes fêtes du mois de Tichri : « L’Éternel est ma lumière » – il s’agit de Roch Hachana ; « Il est mon salut » – il s’agit de Yom Kippour ; « Il m’abritera sous Sa tente » – c’est la fête de Souccot.
Ein kÉlo-hénou – « nul n’est comme notre D.ieu »
Nous poursuivons avec une courte prière : « Kavé – Espère en l’Éternel », dans laquelle nous exprimons notre confiance absolue en D.ieu qui est pour nous comme un bouclier et un soutien à chaque instant de notre vie.
Après quoi nous récitons un poème composé de cinq strophes, formées chacune de quatre brèves louanges adressées à D.ieu.
La première strophe est la suivante : « Nul n’est comme notre D.ieu, nul n’est comme notre Maître, nul n’est comme notre Roi, nul n’est comme notre Sauveur. »
Les quatre autres strophes sont semblables à la première, seul le début change : « Qui est comme notre D.ieu ? Qui est comme notre Maître ?… Remercions notre D.ieu, remercions notre Maître… Béni soit notre D.ieu, béni soit notre maître… Tu es notre D.ieu, Tu es notre Maître… »
Il est intéressant de noter que dans ce poème, la réponse – « nul n’est comme notre D.ieu » – précède la question – « Qui est comme notre D.ieu ? ».
La composition des encens
Après cela, nous récitons un texte talmudique énonçant les ingrédients des encens – la Kétoret – pour rappeler que cette offrande était effectuée quotidiennement dans le Temple, matin et soir.
Textes de conclusion
Nous mentionnons à présent deux textes brefs : « Tana dévei Eliyahou – Il a été enseigné dans l’académie d’Eliyahou… » et « Amar Rabbi Elazar – Rabbi Elazar a dit… », tous deux extraits du Talmud. De la sorte, ces lectures nous sont comptées comme une étude quotidienne du Talmud.
Comme pour la Amida, cette prière se conclut en demandant la chose à laquelle nous aspirons le plus, la paix : « Ado-naï oz léamo yitène… – Que l’Éternel donne la force à Son peuple ! Que l’Éternel bénisse Son peuple par la paix ! »
Lors d’une prière publique, l’officiant (ou un endeuillé, selon d’autres coutumes) récite maintenant le Kaddich derabanane.
Alénou – « Il nous incombe de glorifier… »
Alénou Léchabéa’h est l’une des plus anciennes prières qui se soient perpétuées jusqu’à nos jours. Elle est attribuée à Josué fils de Noun, le disciple et successeur de Moïse.
Avant l’entrée du peuple hébreu en Terre sainte, Josué lui rappelle par cette prière la différence fondamentale qui le distingue des nations du monde : alors que ces dernières vouent leurs cultes « aux vanités et aux chimères », le peuple d’Israël a foi dans le Maître du monde, le D.ieu unique et Créateur de l’univers.
Nous prions ensuite pour la Rédemption messianique qui conduira l’humanité à reconnaître l’autorité suprême du Saint, béni soit-Il, et qui fera disparaître l’idolâtrie et la perversité humaine de la surface du globe. En ces temps-là, tous les peuples de la terre s’uniront en parfaite harmonie et accepteront unanimement le joug de la Royauté divine en réalisant que « l’Éternel est un et Son Nom est un » !
Ce texte est le passage de conclusion des trois prières quotidiennes, Cha’harit, Min’ha et Arvit. Avant de quitter le « monde de la prière », nous proclamons à nouveau notre foi en l’Éternel et notre espoir en la délivrance finale afin que nous restions fermement attachés à nos convictions tout au long de la journée, lorsque nous serons confrontés à des modes de pensée étrangers.
Lors d’un office public, un orphelin ou un endeuillé récite le Kaddich des orphelins après Alénou.
Al tira – « ne crains pas… »
Après la prière de Alénou Léchabéa’h, nous avons coutume de réciter les versets suivants : « Al tira – Ne crains pas… » ; « Outsou etsa – Fomentez des plans, ils échoueront… » ; « Véad zikna ani hou – Jusqu’à votre vieillesse, Je resterai le même… »
Cette coutume trouve son origine dans un récit midrachique. À l’époque du roi Assuérus, lorsque Mardochée eut vent du décret de Haman ayant condamné les Juifs à être « détruits, exterminés et anéantis », il rencontra dans les rues de Suse trois enfants qui sortaient de l’école. Mardochée les questionna sur ce qu’ils avaient appris le jour même et les enfants lui récitèrent ces trois versets. Ceux-ci évoquent les idées suivantes : il ne faut craindre aucune menace qui guette le peuple d’Israël, car D.ieu fera échouer tous les complots ; les desseins des ennemis d’Israël sont insignifiants, car le Maître du monde se tient à nos côtés ; même lorsque nous avançons dans l’âge, le temps n’a aucun impact sur le Créateur qui reste perpétuellement « jeune » et qui continue à nous protéger de tout malheur.
En entendant ces versets, Mardochée comprit qu’il n’y avait nullement lieu de craindre les projets funestes de Haman, car le Saint béni soit-Il sauverait Son peuple. Mardochée décida alors de réunir tous les enfants de Suse pour une « réunion de crise ». Tous ensemble, ils étudièrent la Torah avec passion et abnégation et c’est à ce moment-là que le décret prononcé contre le peuple juif fut annulé dans le Ciel.
Après ces trois versets, nous récitons celui-ci : « Akh tsadikim… – Certes, les justes auront à rendre hommage à Ton Nom, les gens de bien séjourneront devant Ta face. »
Lecture des Psaumes
Après la prière de Cha’harit, il est bon de lire chaque jour quelques chapitres des Psaumes selon le partage mensuel de ce livre. Ainsi, le premier du mois hébraïque, on lira les chapitres 1 à 9, le deux du mois les chapitres 10 à 17, etc.
Dans certains livres de prières, les Psaumes sont édités en annexe et leurs chapitres sont partagés selon les jours du mois.
Le Tséma’h Tsédek, troisième Rabbi de Loubavitch, enseignait à ses disciples : « Si vous connaissiez le pouvoir des Psaumes et leur impact dans les Cieux, vous les réciteriez à longueur de temps. Sachez que les Psaumes sont capables d’abattre toutes les “barrières”, de monter jusqu’au Ciel sans la moindre difficulté et de se présenter devant le Maître du monde, suscitant ainsi bonté et miséricorde. »
Après la récitation des Psaumes, on prononce encore deux Kaddich (lors d’un office public). La prière du matin est alors finie et l’on peut retirer les téfilines et le talith.
Comment retirer les téfilines
On enlève ensuite la téfiline de la tête avec la main gauche (ou avec la droite pour un gaucher), afin de montrer qu’il nous est difficile de nous en séparer. On a coutume de l’embrasser après l’avoir retirée.
Les téfilines de Rabbénou Tam
Introduction
Dans de nombreuses communautés, on a coutume de mettre à la fin de Cha’harit une deuxième paire de téfilines : les « téfilines de Rabbénou Tam ». On les appelle ainsi au nom de Rabbi Jacob fils de Meïr surnommé « Rabbénou Tam », « notre maître Tam », d’après le verset relatif au patriarche Jacob : « Homme intègre (tam), il vivait dans les tentes [de l’étude]. »
Rabbi Jacob était le petit-fils de l’un des plus illustres commentateurs de la Bible : Rabbi Salomon Its’haki de Troyes, généralement appelé par l’acronyme de son nom, Rachi.
Ces deux maîtres, le grand-père et le petit-fils, ont débattu de l’ordre dans lequel il convient de placer les parchemins à l’intérieur des téfilines.
D’après Rachi, ils doivent être disposés dans cet ordre : « Kadech », « Véhaya ki yéviakha », « Chéma Israël », « Véhaya im chamoa ».
Selon Rabbénou Tam, on les place dans l’ordre suivant : « Kadech », « Véhaya ki yéviakha », « Véhaya im chamoa », « Chéma Israël ».
De nos jours, la majorité des téfilines sont fabriquées conformément à l’avis de Rachi. Cependant, certains ont la coutume de mettre également les téfilines de Rabbénou Tam pour se rendre quittes des deux opinions. Telle est également la coutume ‘Habad.
Il va sans dire que les hommes qui mettent uniquement les téfilines de Rachi sont quittes de la mitsva des téfilines.
Comment mettre les téfilines de Rabbénou Tam
On garde le talith sur soi et l’on met les téfilines de Rabbénou Tam de la même façon que celles de Rachi, à cela près qu’on ne prononce pas de bénédiction en les mettant.
Après quoi on récite les textes suivants : les trois paragraphes du Chéma (« Chéma Israël », « Véhaya im chamoa », « Vayomer »), puis les passages de « Kadech Li » et de « Véhaya ki yéviakha », lesquels figurent dans les parchemins à l’intérieur des téfilines. Puis l’on conclut avec les « Six Souvenirs ».
Les Six Souvenirs quotidiens
La Torah nous engage à nous souvenir de certains événements historiques qui se produisirent après la sortie d’Égypte. Ces rappels peuvent prendre la forme d’évocation mentale, de mentions verbales ou de certaines pratiques associées à ces événements. Par exemple, la délivrance d’Égypte est évoquée à de très nombreuses reprises dans la Torah, nous la mentionnons dans nos prières, dans nos bénédictions, ainsi que le Chabbat et les jours de fête.
Voici les Six Souvenirs que nous évoquons quotidien- nement, après la prière du matin (la formule intégrale figure dans les livres de prières) :
On retire les téfilines de Rabbénou Tam
Après avoir évoqué les Six Souvenirs, on peut à présent retirer les téfilines de Rabbénou Tam. Celles-ci doivent être enlevées de la même façon que celles de Rachi : on défait d’abord la lanière enroulée autour de la main, on retire ensuite la téfiline de la tête, puis on enlève la téfiline du bras.
On introduit les téfilines dans leurs boîtiers, on enroule leurs lanières de part et d’autre et on les range dans leur pochette.
On retire le talith
Une fois les téfilines remises en place, on retire le talith des épaules avec la main gauche, pour montrer qu’il nous est « difficile » de nous en séparer. On embrasse le bord supérieur du talith, puis on le plie et on l’introduit dans sa pochette.
