L’importance de la prière de Min’ha
Min’ha est la deuxième des trois prières quotidiennes. On peut la réciter depuis une demi-heure après le milieu du jour (‘Hatsot) jusqu’au coucher du soleil. Selon la tradition, c’est Isaac, le deuxième patriarche, qui institua cette prière. Elle est également associée au second « Sacrifice Perpétuel » qui était offert dans le Temple en fin d’après-midi, peu avant le coucher du soleil.
L’importance de la prière de Min’ha
Min’ha a une spécificité qui la distingue des deux autres prières quotidiennes :
Le matin, pour l’office de Cha’harit, nous commençons notre journée frais et dispos, après une nuit de sommeil.
Le soir, nous récitons Arvit dans le calme et la sérénité, après être rentrés chez nous après une longue journée de travail.
La prière de Min’ha, cependant, se situe au beau milieu de la journée, alors que nous sommes absorbés par notre travail et nos occupations. Cette prière marque ainsi une rupture dans notre course quotidienne, nous permettant de raviver notre lien avec le Maître du monde. C’est pourquoi elle est très précieuse aux yeux de D.ieu et Il est tout particulièrement disposé à l’agréer.
Le Talmud accorde lui aussi une importance particulière à la prière de Min’ha. Il rapporte que le prophète Elie, lors de sa célèbre confrontation avec les prophètes du Baal (un culte idolâtre), adressa une prière à D.ieu peu avant le coucher du soleil, à l’heure de Min’ha. Sa requête fut aussitôt exaucée : un feu descendit du ciel qui vaporisa l’eau versée sur l’autel et consuma son sacrifice.
Le nom de cette prière
Min’ha signifie en hébreu « offrande ». Pour quelle raison cette prière s’appelle-t-elle ainsi ?
À Cha’harit, nous avons remercié D.ieu de nous avoir rendu notre âme après une nuit de sommeil et nous L’avons glorifié pour Son extraordinaire création. Le soir, lors de la prière d’Arvit, nous sommes à nouveau tenus de Lui rendre grâce pour la journée écoulée. Nous Le prions aussi de recueillir notre âme pendant la nuit, avec la conviction qu’Il nous la rendra le lendemain fraîche et dispose.
S’il en est ainsi, la prière de Min’ha peut sembler « superflue ». Nous avons déjà remercié D.ieu le matin pour la nuit passée et l’heure n’est pas encore venue de Lui confier notre âme puisque l’on est encore en pleine journée !
Ce point met en évidence une autre particularité de Min’ha : puisque rien ne « motive » formellement cette prière, elle est un présent, une « offrande » de notre part à D.ieu. C’est un peu comme un cadeau que l’on offrirait à un ami sans motif particulier, juste pour lui exprimer notre affection.
Min’ha Guedola
On appelle Min’ha Guedola, « la Grande Min’ha », l’office effectué en début d’après-midi, une demi-heure après le milieu du jour. De nombreuses synagogues proposent un office à cette heure-ci, ainsi que certains lieux de travail, pour mettre à profit la pause de l’après-midi.
Min’ha Ketana
Min’ha Ketana, « la Petite Min’ha », désigne les offices effectués à l’approche du coucher du soleil. On trouve un office à cette heure de la journée dans la plupart des synagogues, afin de faire suivre Min’ha de Arvit.
Question : Je suis en route pour la synagogue, mais je suis bloqué dans un embouteillage et je risque fort d’arriver à destination après le coucher du soleil. Que dois-je faire ?
Réponse : En pareille situation, lorsqu’il faut choisir entre prier dans un office public et prier dans les temps réglementaires, il est préférable de faire Min’ha à l’heure, avant le coucher du soleil, même seul.
Les préparatifs avant Min’ha
Lorsque l’heure de Min’ha approche, il est interdit d’entamer une activité qui pourrait se prolonger jusqu’au soir, comme le repas d’une circoncision, une longue réunion, etc. En pareil cas, il faudra prier Min’ha auparavant.
Le déroulement de l’office de Min’ha
- Avant d’entamer la prière, on doit veiller à avoir le corps parfaitement propre et s’être assuré que l’on n’a pas besoin d’aller aux toilettes.
- Au moment de la prière, on doit être vêtu de façon digne et convenable. On portera les habits que l’on aurait vêtus si l’on s’apprêtait à rencontrer une personne importante.
- Il convient de prier avec une veste et en portant deux couvre-chefs (une kippa et un chapeau ou, pendant la prière du matin, une kippa et le talith recouvrant la tête).
- Selon la coutume ‘hassidique, les hommes mariés portent une ceinture spéciale appelée gartel qui sépare la partie supérieure du corps de la partie inférieure.
L’ablution des mains
Comme pour Cha’harit, il convient de se laver les mains avec de l’eau, en signe de pureté et de propreté, et ce, même si l’on n’a pas les mains sales. On ne prononce toutefois pas de bénédiction lors de cette ablution.
Si l’on n’a pas d’eau à sa disposition, on pourra utiliser à cet effet toute autre matière nettoyante, par exemple des lingettes humides.
- Après avoir procédé à l’ablution des mains, on veillera à les maintenir propres pendant toute la durée de la prière.
Tsédaka – la charité
Il est également de coutume à Min’ha d’accomplir un acte de générosité avant d’entamer la prière. Il est donc opportun de mettre une pièce dans une boite de tsédaka à ce moment.
