Contexte
Il est une coutume très ancienne, pratiquée par de nombreuses communautés, qui consiste à faire la première coupe de cheveux à un garçon à l’âge de trois ans. Elle est appelée « ‘Halaké » en hébreu.
Durant les trois premières années de son existence, on ne coupe pas le moindre cheveu au garçon. Le jour de son troisième anniversaire (en date hébraïque) on rassemble les membres de la famille et les amis proches afin de lui couper ses cheveux au ciseau. En ce jour il passe du statut de bébé à celui d’enfant. On lui laisse un peu plus de cheveux sur les tempes, au-dessus de l’oreille, on appelle cela en hébreu des Péotes.
Cette cérémonie a été acceptée et pratiquée par de très nombreuses communautés tout au long de l’histoire juive. Elle n’est pas une obligation du point de vue de la loi, néanmoins elle a une grande influence spirituelle sur l’enfant.
Par conséquent, il est très recommandé de la faire.
- Si le jour du troisième anniversaire tombe durant une période où il est interdit de se couper les cheveux, comme la période du Omère par exemple ou d’autres, on repoussera l’évènement à la première date où ce sera possible.
Le jour de la coupe de cheveux
- Dans le cadre de cette fête, on réunit le plus possible de membres de la famille dans une grande joie. Tous portent de beaux habits.
- On invite aussi tous les amis et membres de la famille élargie afin qu’ils participent eux-aussi à l’évènement et au repas de Mitsva – Séoudate Mitsva qui suit.
- Le matin de ce jour, il est recommandé d’apporter l’enfant au rabbin afin qu’il lui donne sa bénédiction et aussi qu’il lui coupe la première mèche de cheveux.
La Kippa
À partir de la coupe de cheveux et par la suite, il faut recouvrir la tête de l’enfant d’une Kippa. Le but de celle-ci est de donner à celui qui la porte le sentiment qu’il y a toujours ‘Quelqu’un’ au-dessus de lui. Le regard de D-ieu est constamment posé sur chaque juif et il convient de se comporter en adéquation avec cette conscience. Parallèlement, le fait de porter une Kippa procure une sensation de plus grande confiance car l’on sait que ‘Quelqu’un’ nous regarde toujours d’en-haut et qu’Il se préoccupe de nos intérêts.
La cérémonie de la coupe de cheveux
Il faut préparer les choses suivantes en vue de la cérémonie :
- Une Kippa et un Talite Katane (Tsitsite) pour l’enfant.
- Un ciseau pour couper les cheveux (Faites attention d’amener avec vous une personne qui sait bien couper les cheveux afin que l’enfant ne se sente pas mal à cause de sa coupe).
- Un sac pour y déposer les cheveux coupés.
- Une boite de Tsédaka (Charité) et des pièces.
- Une collation pour les participants.
Pourquoi fait-on une cérémonie pour la coupe de cheveux ?
L’âge de trois ans correspond à une étape dans la progression physique et spirituelle de l’enfant. C’est le moment où cet âge confère aux parents la responsabilité de commencer les premières actions de son éducation juive. Ce commencement consiste dans le fait de respecter l’interdiction de ne pas se raser les cheveux situés au niveau des tempes. Par conséquent, lors de cet évènement (et de manière recommandable par la suite) on l’habille avec une Kippa et Un Talite Katane et on commence à l’éduquer en lui faisant donner des pièces dans la boite de Tsédaka.
La fête
Puisque l’enfant a atteint l’âge de trois ans, il convient de commencer à l’éduquer à la pratique des comportements juifs. Par conséquent, en l’honneur de la cérémonie de la ‘Halaké on lui fera porter de beaux habits ainsi qu’une Kippa et un Talite Katane (Tsitsite).
Pour cette fête, nombreux sont ceux qui voyagent dans la localité de Mérone au nord d’Israël, afin de la faire à côté de la sépulture du saint Rabbi Chimon Bar Yo’haï car cela fait partie d’une tradition très ancienne. Ceux qui habitent trop loin de Mérone se rendent sur la sépulture d’autres saints ou à Jérusalem, à côté du mur occidental surnommé mur des lamentations. Dans les faits, on peut procéder à la coupe de cheveux n’importe où : la maison, la synagogue du quartier, une salle de fêtes ou tout autre endroit.
Comment coupe-t-on les cheveux ?
Pour la coupe de la première mèche, il est bien de commencer par honorer une personne de forte envergure spirituelle (comme un rabbin, un érudit etc.) ou le père de l’enfant. Ensuite on honorera un Cohen ou un Lévi s’il y en a parmi l’assemblée puis le reste des invités et invitées. Il faut veiller à ce que chaque personne coupe une petite mèche afin qu’il en reste pour les autres…
Les participants bénissent les parents de l’enfant et leur souhaitent d’avoir le mérite de le faire grandir en bonne santé et dans une atmosphère sereine juive.
- Il faut veiller à ne pas trop couper les cheveux au niveau des tempes afin qu’il en reste suffisamment pour façonner de petites Péotes.
Lors de la cérémonie, il est bien que l’enfant mette une pièce dans la boite de Tsédaka afin de commencer à l’éduquer en lui apprenant à donner. Il convient aussi que les autres invités mettent des pièces dans cette boite pour le mérite de l’enfant.
Pourquoi ne fait-on pas la même fête pour les filles ?
L’injonction divine de ne pas raser les cheveux des tempes ne concerne que les hommes. Les filles ne sont donc pas concernées par cette coutume de la première coupe de cheveux. Cependant, de nombreuses personnes font une fête en l’honneur du premier allumage par la fille des bougies du Shabbat. (Ce premier allumage n’est pas lié à un âge spécifique mais au moment où la fille commence à parler et être capable de réciter la bénédiction sur l’allumage des bougies).
L’étude des lettres hébraïques
À l’inverse des autres langues, les lettres de la langue juive ont une sainteté et un sens particulier. La forme de chaque lettre a une raison bien précise qui n’appartient qu’à elle. C’est parce que nos lettres ne sont pas le fruit d’une invention humaine (qui a recherché à créer des signes pour chaque son), comme c’est le cas pour toutes les autres langues. Nous les avons reçues de D-ieu par l’intermédiaire de Sa sainte Torah.
Par conséquent, il est fortement recommandé de commencer à enseigner à l’enfant les lettres du Alef-Bèt depuis l’âge de trois ans, dans le cadre de son éducation juive. D’autant plus que la sainteté qu’elles contiennent est propice à la personnalité de l’enfant et à son développement.
C’est donc une belle coutume d’apprendre les lettres à l’enfant à l’âge de trois ans à partir d’un livre saint comme le Tanakh (les 24 livres de la Torah écrite) ou autres. Il sera imprégné de sainteté et d’une bonne influence spirituelle durant cette étude.
Pourquoi fait-on pousser des Péotes ?
Il existe plusieurs commandements du judaïsme qui partagent un but commun : nous séparer des peuples qui nous entourent. Plus on se préserve d’adopter leurs coutumes et leurs comportements, plus nous sommes capables de rester attachés à notre judaïsme et à ses commandements.
C’est une des raisons pour lesquelles nous gardons des Péotes. Car dans les temps anciens, les autres peuples avaient l’habitude de se raser les tempes. D-ieu nous a interdit cette pratique.
