Le contexte historique
Après la destruction du premier Temple, seule une petite communauté juive resta en terre d’Israël. Les conquérants babyloniens les laissèrent afin que la terre ne soit pas dépeuplée en supposant qu’ils ne se révolteraient pas et qu’en plus de cela, ils leur paieraient des taxes.
Le roi de Babylone, Nabuchodonosor, nomma personnellement Guédalia le fils d’A’hikam comme gouverneur local de la communauté juive qui restait. En tant que leader, Guédalia rassembla tous les survivants à la destruction et les convainquit de sortir de leurs cachettes dans les champs et dans les vignes, afin d’essayer de retourner à une vie normale.
Cette nomination suscita de l’agitation et une grande colère de l’autre côté de l’échiquier politique, de la part des juifs qui n’acceptaient pas l’occupation babylonienne et ils organisèrent un complot -avec l’appui du roi des Ammonites- afin d’assassiner le nouveau dirigeant Guédalia.
Une délégation de gens proches -parmi eux Yo’hanan Ben Kora’h- vinrent pour le prévenir de cette tentative d’assassinat mais Guédalia, avec naïveté, ne crut pas à cet avertissement de Yo’hanan car il n’arrivait pas à croire que des juifs puissent faire du mal à d’autres juifs, surtout après une si terrible destruction.
Mais hélas, le deuxième jour de Rosh Hashana, Guédalia Ben A’hikam fut assassiné par un groupe de juifs dirigés par Ishmaël Ben Nétanya. Après cet horrible meurtre, la présence juive à Jérusalem prit fin pendant 70 ans. Les juifs se dispersèrent dans le pays, certains partirent même en Égypte, et la ville sainte resta vide de de toute présence juive.
Le meurtre de Guédalia donna lieu à l’institution d’un jour de jeûne pour plusieurs raisons principales :
- Son assassinat provoqua l’extinction de la royauté de la maison de Yéhouda.
- Il a eu lieu immédiatement et sur le fond de la destruction du Temple.
- Il constitue un ‘signal d’alarme’ sur le fait qu’un juif soit tué par un autre juif.
- Cet assassinat constitue la fin effective de la destruction du premier Temple.
Le jeûne
Bien qu’il fût assassiné le 2 Tishri, le jeûne de Guédalia fut institué le 3 Tishri car on n’a pas le droit de jeûner durant Rosh Hashana.
Durant ce jour on jeûne à cause de l’assassinat de Guédalia Ben A’hikam et des malheurs qui s’abattirent sur le peuple d’Israël suite à son meurtre.
Il est interdit de manger et de boire depuis l’aube jusqu’à l’heure de la sortie des étoiles. Celui qui a mangé ou bu par erreur -ou volontairement- devra quand même continuer à jeûner jusqu’à la fin.
De même, il est interdit de se rincer la bouche ou de se brosser les dents.
Si le 3 Tishri tombe un Shabbat, le jeûne est repoussé au lendemain et on en respecte toutes les modalités.
Les différences dans les prières
Après la prière de la « Amida », on récite des « Séli’hotes – demandes de pardon » appropriées au jeûne de Guédalia. Dans lesquelles se trouvent des demandes et des prières afin que D-ieu nous pardonne nos fautes et nos péchés et qu’Il nous délivre de nos souffrances.
Après les « Séli’hotes », on rajoute la prière complète de « Avinou Malkénou » appropriée aux jours de jeûne.
- On n’oubliera pas de rajouter après le passage de « Yishtaba’h », le psaume « Shir Hamaalote Mimaamakime – Chant des degrés, des profondeurs » ainsi que tous les ajouts dans la « Amida » propres aux « 10 jours de Téshouva ».
La lecture de la Torah
On lit la lecture de la Torah des jours de jeûne qui débute par les mots : « Vayi’hal Moshé – et Moïse commença » et qui se trouve dans la Parasha de « Ki Tissa ». Ces versets relatent le thème de la Téshouva (repentir) ainsi que les 13 attributs de la Miséricorde Divine.
Pendant le déroulement de la lecture, le public participe à trois occasions en citant à voix haute certains passages que l’officiant répète en les chantant selon la mélodie particulière des « Yamimes Noraïmes – jours redoutables » (les 10 jours de Rosh Hashana à Yom Kippour) :
- Après que l’officiant ait lu : « Oulkhalotame Méal Péné Haadama – les détruire de la surface de la terre », les fidèles récitent ensemble : « Shouve Mé’harone Apékha Véhina’hème Al Haraa Léamékha – Reviens sur Ta colère et regrette le mal envers Ton peuple ».
- Après que l’officiant ait lu : « Vayaavor Al Panav Vayikra – L’Éternel passa devant lui et dit », les fidèles récitent ensemble : « Hashem, Hashem, E-l Ra’houm Vé’hanoune …. Vé’hataa Vénaké – Éternel, Éternel, D-ieu miséricordieux et magnanime…. qui efface les fautes et les nettoie ».
- Après que l’officiant ait lu : « Ki Am Kéché Orèfe Hou – Car c’est un peuple à la nuque raide », Les fidèles récitent ensemble : « Vésala’hta Laavonénou Oul’hataténou Oun’haltanou – Et Tu pardonneras nos fautes, nos péchés et Tu feras de nous Ton héritage ».
Dans la prière de l’après-midi
On a l’habitude de donner une somme plus importante de charité (Tsédaka) que d’habitude avant la prière.
On commence la prière de l’après-midi (Min’ha) avec les passages des « Korbanotes » et l’officiant se présente devant le pupitre de prières et commence « Ashré » puis il récite un demi-Kaddish et on procède à la même lecture de la Torah que le matin : « Vayi’hal Moshé – et Moïse commença ».
La troisième personne qui monte à la Torah récite une « Haftarah » particulière extraite du livre d’Isaïe : « Cherchez D-ieu tant qu’Il est présent, appelez-Le tant qu’Il est proche » puis il récite les bénédictions d’après la « Haftarah ». Ensuite on remet le rouleau de la Torah à sa place et l’on reprend le déroulement habituel de la prière.
Dans la prière de la « Amida » on rajoute la bénédiction de « Anénou – exauce-nous » à l’intérieur de celle de « Choméa Téfila ».
Lors de la répétition de la Amida par l’officiant, cette bénédiction de « Anénou » est dite entre celle de « Goèl Israël » et « Réfaénou », on rajoute aussi la bénédiction des « Cohanim » juste avant celle de « Sim Chalom ».
Après cela, on récite les « Ta’hanoun – supplications » et l’on rajoute la version longue de « Avinou Malkénou ». Puis on termine la prière avec le psaume « Chant de David, D-ieu est ma lumière et mon sauveur » et « Alénou Léshabéa’h ».
