« Assérète Yémé Téshouva – Les dix jours de repentir »
Les 10 premiers jours de l’année qui durent de Rosh Hashana jusqu’après Yom kippour, sont des jours particuliers destinés en priorité à mettre en pratique les commandements (Mitsvotes) de la Téshouva.
Néanmoins, l’obligation de faire Téshouva reste valide tout au long de l’année. Cependant, ces jours sont particuliers car D-ieu se rapproche particulièrement de nous et lorsque l’être humain fait Téshouva, son repentir est immédiatement accepté.
Les 7 jours de Téshouva entre Rosh Hashana et Yom kippour sont représentatifs des sept jours de la semaine de toute l’année écoulée. Chacun de ces sept jours, lorsqu’il est occupé au repentir, permet de racheter ses semblables de toute l’année. Par exemple, le dimanche on peut se repentir pour tous les dimanches de l’année passée, le lundi pour tous les lundis et ainsi de suite.
Durant les 10 jours de Téshouva, il convient de beaucoup étudier la torah, faire beaucoup de Mitsvotes et donner de la Tsédaka (charité). On étudiera de préférence des livres qui traitent de la Mitsva de la Téshouva et qui nous aideront à faire un repentir complet et à réparer nos fautes passées.
Sur la nature des commandements de Téshouva et comment on fait Téshouva, consultez en détail les paragraphes qui traitent de ce sujet dans le chapitre sur les comportements du mois d’Éloul.
Les prières
Durant les jours de Téshouva (incluant les deux jours de Rosh Hashana et celui de Yom Kippour) on rajoute des modifications spéciales dans la « Amida » du matin, de l’après-midi et du soir. Les voici :
- Dans la première bénédiction de « Maguène Avraham », on rajoute le passage : « Souviens-Toi de nous pour la vie, Roi qui désire la vie, écris-nous dans le livre de la vie pour Toi, D-ieu de vie ».
- Dans la deuxième bénédiction de « Ata Guibor », on dit : « Qui est comme Toi, Père miséricordieux, Tu te souviens de Tes créatures avec compassion pour la vie ».
- Dans la troisième bénédiction de « Ata Kadosh », on modifie la fin de la bénédiction en disant « Hamélèkh Hakadosh – Le Roi Saint » au lieu de « HaE-L Hakadosh – Le D-ieu Saint ».
- À la fin de la bénédiction « Ashiva Shofténou » on termine la bénédiction en disant « Hamélèkh Hamishpate – Le Roi du jugement » au lieu de « Mélèkh Ohev Tsédaka Oumishpate – Roi qui aime la justice et le jugement ».
- Après la bénédiction de « Modime », on dit : « Écris pour une bonne vie tous les enfants de Ton alliance ».
- À la fin de la bénédiction « Sim Chalom », on dit : « Et dans le livre de la vie, de la bénédiction et de la paix … pour une bonne vie et la paix ».
- À la fin de la « Amida » ainsi qu’à la fin de certains Kaddish, on dit « Ossé Hachalom – Celui qui fait LA paix » au lieu de « Ossé Chalom – Celui qui fait la paix ».
Les textes précis de ces modifications se trouvent dans les livres de prières et à côté de chacune de ces modifications se trouve le signe « עשי »ת » qui correspond aux initiales des mots hébraïques signifiant « Les 10 jours de Téshouva ».
- De même, on rajoute deux autres passages dans le déroulement de la prière :
- Dans la prière du matin, on dit le psaume « Shir Hamaalote Mimaamakime » avant de dire « Barékhou ».
- Dans les prières du matin et de l’après-midi, on rajoute la prière de « Avinou Malkénou – Notre Père, notre Roi » après la prière de la Amida, à la fin de la récitation des supplications (Ta’hanoun).
Le Shabbat Téshouva
Le Shabbat qui tombe durant les 10 jours de Téshouva est appelé au nom de cette période « Shabbat Téshouva » ou « Shabbat Shouva ». Après la lecture de la Torah, on lit la Haftarah de « Shouva Israël Ade Hashem Élokékha Ki Cashalta Baavonékha – Reviens Israël jusqu’à l’Éternel ton Dieu car tu as chuté dans ta faute » qui se trouve dans le livre de « Hoshéa – Osée ».
- La veille du shabbat, on a l’habitude d’allumer une grande bougie (en cire de préférence) afin qu’elle dure pendant tout le shabbat. Elle est surnommée « La bougie de la Téshouva ».
- Il faut se rappeler de rajouter à Shabbat les passages supplémentaires des 10 jours de Téshouva.
- Dans la première bénédiction de « Maguène Avotes » on remplace comme d’habitude « HaE-L Hakadosh » par « Hamélèkh Hakadosh ».
- Durant le Shabbat Téshouva, le rabbin fait un discours à la synagogue durant lequel il appelle les gens au repentir et à l’amélioration du service de D-ieu.
La demande de pardon
En ce qui concerne les fautes « envers son prochain », il est dit que le jour de Yom Kippour ne les expie pas à moins qu’on ait demandé pardon et fait la paix avec la personne à laquelle on a nui.
Durant les 10 jours de Téshouva, il y a lieu de vérifier si les relations avec nos amis sont correctes et qu’aucun proche n’entretienne une rancœur ou une colère dans son cœur vis-à-vis de nous. Il faut demander pardon et s’excuser auprès de chaque personne que nous aurions pu blesser ou rabaisser durant l’année passée.
Lorsqu’une personne vient pour s’excuser auprès de nous, il faut s’efforcer de la pardonner et ne pas rejeter sa demande.
Le déroulement des « Kapparotes »
Durant les 10 jours de Téshouva, on a l’habitude de pratiquer la coutume des « Kapparotes » (expiations en hébreu). Cette coutume exprime notre volonté d’être pardonnés par D-ieu pour toutes nos fautes et qu’il nous lave de nos péchés, en échange d’une poule ou d’une somme d’argent, donnée à notre place en tant ‘qu’expiation’ pour nous.
- On peut effectuer les Kapparotes durant les jours de Téshouva ; néanmoins la période la plus propice pour le faire est la veille du jour de Yom Kippour, le 9 Tishri au petit matin.
Selon les enseignements de la Kabbale, le moment de l’aube est particulier car un « Fil de bonté » divine règne sur le monde.
Le déroulement des « Kapparotes »
On prend une volaille pour chacun des membres de la famille. Pour les hommes on prend un coq et pour les femmes une poule.
- Une femme enceinte doit prendre trois volailles : deux poules et un coq. Une femelle pour elle, et un coq et une poule parce qu’elle ne sait pas si elle attend un garçon ou une fille.
On prend la volaille de la main droite et on récite les versets des « Kapparotes » qui commencent par les mots : « Êtres humains qui résidez dans l’obscurité et dans l’ombre ». Ces versets se trouvent dans les livres de prières ou le Ma’hzor de Yom Kippour.
Après avoir récité ces versets, on fait tourner 3 fois l’animal d’expiation au-dessus de la tête et on dit en même temps : « Cela est mon échange, cela est ma contrepartie, cela est mon expiation » puis l’on continue en disant : « Cette poule (ce coq) ira vers la mort et moi j’irai vers une bonne et longue vie et vers la paix ».
Ensuite, on recommence et on répète « Êtres humains qui résidez dans l’obscurité et dans l’ombre » et « Cela est mon échange, cela est ma contrepartie, cela est mon expiation », on tourne trois fois l’animal au-dessus de la tête.
On recommence ainsi une troisième fois. En tout on fait tourner la volaille 9 fois.
- On n’a pas l’obligation de faire tourner la volaille soi-même, une tierce personne peut nous aider.
Dans de nombreuses communautés, on a l’habitude de procéder à l’abattage rituel (Shé’hita) des volailles sur place, juste après les « Kapparotes » par l’intermédiaire d’un abatteur rituel certifié (Sho’hète) sous supervision rabbinique.
Il y a un commandement de recouvrir le sang de la Shé’hita avec de la terre et de dire la bénédiction : « Béni sois-Tu … qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné le recouvrement du sang dans la terre ».
Ensuite, les bêtes sont nettoyées et cashérisées et on les offre à des familles démunies.
La coutume des Kapparotes est actuellement pratiquée dans toutes les villes d’Israël et de nombreuses synagogues organisent une cérémonie de Kapparotes en commun afin de réduire les dépenses et la fatigue
Afin de savoir quel est le lieu le plus proche de chez vous où se tient cette cérémonie, vous pouvez contacter votre administration religieuse locale.
Les « Kapparotes » avec de l’argent
On peut aussi effectuer la coutume des « Kapparotes » avec de l’argent. Pour cela, il y a lieu de prendre une somme symbolique d’argent appelée : « Pydione Kapparotes – Rachat des Kapparotes ».
On dit les versets des Kapparotes et on tourne l’argent 3 fois au-dessus de sa tête, comme la coutume d’origine. Cependant au lieu de dire « Cette volaille ira à la mort », on dit « Cet argent ira à la charité ».
Après la cérémonie, on donne l’argent à des pauvres ou à des organismes de charité.
