Shémini Atsérète
Le 22 Tishri, après les sept jours de la fête de Souccote, s’ajoute un autre « Yom Tov – Jour de fête » appelé « Shémini Atsérète – ‘l’arrêt’ du huitième (jour) » et « Sim’hate Torah – la joie de la Torah ». Bien que ce jour de fête soit juxtaposé à la fête de Souccote, il est considéré comme une fête à part entière, distincte de Souccote : on ne réside pas dans la Soucca et on ne prend pas les quatre espèces.
L’origine du nom « Shémini Atsérète » découle du verset : « Le huitième jour, ce sera un ‘arrêt’ pour vous », indiquant qu’après le premier jour de la fête de Souccot, il convient de faire un ‘arrêt’ – s’arrêter ce jour-là de faire des travaux.
Sim’hate Torah
Chaque Shabbat, nous lisons dans la synagogue la ‘Parasha de la semaine’ du livre de la Torah dans l’ordre. En ce jour, nous lisons la dernière Parasha du dernier livre de la Torah (Dévarim) qui est appelée « Vézote Habérakha – Voici la Bénédiction » et nous la lions à la première Parasha de la Torah : « Béréshite – Au commencement » dont nous lisons aussi le premier chapitre.
Le nom de la fête, Sim’hate Torah, découle du fait que ce jour-là, nous terminons la lecture de la Torah et la recommençons à nouveau, ce qui suscite une très grande joie.
Il est coutume de faire un Kiddoush et un repas joyeux le soir de la fête et le lendemain pour marquer la fin de la lecture du livre de la Torah. Nous nous réjouissons et dansons avec les rouleaux de la Torah dans une grande joie encore bien plus grande que celle de la « Sim’hate Beit Hashoéva ».
Il est intéressant de noter que lors de Sim’hate Torah, nous n’organisons pas de cours de Torah collectifs ni ne fixons de temps spécifique pour l’étude de la Torah plus qu’un jour ordinaire – ce qui exprime la grande joie que nous ressentons pour la Torah.
Lorsque nous dansons avec le rouleau de la Torah alors qu’il est fermé, nous exprimons la plus grande joie avec la Torah : il n’y a pas de différence de statut entre celui qui sait étudier davantage et celui qui est ‘faible’ en étude.
Il n’y a aucune différence fondamentale entre un juif « talmid ‘hakham – érudit » et un juif simple, éloigné -si l’on peut dire- du chemin de la Torah et des Mitsvotes.
Sim’hate Torah exprime la véritable essence du peuple d’Israël : tout le monde est lié à la Torah, tout le monde en est nourri, chacun a sa part en elle, et personne n’a de monopole sur elle.
En Israël, on célèbre Shémini Atsérète et Sim’hate Torah la même journée, le 22 Tishri. Mais à l’extérieur d’Israël, la fête est célébrée pendant deux jours : le premier jour est appelé Shémini Atsérète et le deuxième jour est Sim’hate Torah. Le jour de Shémini Atsérète, les résidents de la diaspora continuent de manger et boire dans la Soucca, mais ils ne récitent pas la bénédiction « Leichève Basoucca » pour y résider.
L’allumage des bougies de la fête
En vue de la fête, les femmes et les jeunes filles allument des bougies.
- Avant l’allumage des bougies, il est recommandé de donner une pièce de monnaie à la charité et de réciter la prière de Min’ha (prière de l’après-midi).
- Il est important d’allumer les bougies avant le coucher du soleil, bien qu’il soit permis, pendant la fête, d’utiliser le feu d’une flamme existante allumée avant la fête. Il est préférable de vérifier à l’avance l’heure exacte de l’allumage des bougies, qui peut être trouvée dans les calendriers, sur Internet et sur notre site.
- À partir de l’allumage des bougies, les femmes reçoivent la sanctification de la fête et doivent s’abstenir de travailler.
Les femmes et les filles récitent deux bénédictions lors de l’allumage :
- « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolam Ashère Kidéshanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nère Shel Yom Tov – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la bougie du jour de fête ».
- « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Shéhé’héyanou Vékyémanou Véhiguianou Lazémane Hazé – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a donné la vie, nous a maintenus et nous a fait arriver jusqu’à ce temps-là ».
- Étant donné qu’il est permis de cuisiner sur un feu préexistant pendant la fête, il est recommandé de préparer avant l’allumage des bougies un feu allumé à des fins de cuisson, de friture et autres, qui durera pendant toute la fête.
- Une personne dont l’un des parents est décédé (D-ieu préserve) allumera un « Nère néshama – bougie en souvenir de l’âme », car le lendemain la mention des noms des défunts sera faite à la synagogue.
- Si la fête de Shémini Atsérète tombe un vendredi, on doit faire un « Érouve Tavshiline » la veille de la fête. Pour plus de détails, voir notre ouvrage un peu plus haut.
La prière du soir de la fête
On commence la prière avec le psaume « Shir Hamaalote », on fait la prière d’Arvit festive en commençant comme le Shabbat, et à la place de la prière habituelle de l’Amida du shabbat, on récite l’Amida des jours de fêtes – Shalosh Régalim. Après la prière, avant de dire « Alénou Léshabéa’h », on se prépare aux Hakafotes.
Il y a des synagogues où l’on commence par manger ensemble avant les Hakafotes, et d’autres où chacun va chez lui pour manger en famille, puis retourne à la synagogue pour les « Hakafotes ».
Dans ces deux cas, il faut faire le « Kiddoush » avant le repas, voir un peu après.
Le déroulement des « Hakafotes » du soir
Tout d’abord, toute l’assemblée récite trois fois le verset « Ata Horéta ». On à l’habitude de ‘diviser’ les versets entre les fidèles, chacun a l’honneur de réciter un verset à voix haute, et l’assemblée le répète après lui.
Ensuite, on ouvre l’arche sainte et on en sort tous les rouleaux de Torah qui s’y trouvent, y compris les rouleaux inutilisables car contenant des erreurs et qui ne doivent pas être lus pendant l’année (tant qu’ils ne sont pas réparés).
Avant le début de chaque « Hakafa – tour de la table », on choisit l’un des fidèles pour réciter les versets spéciaux de cette Hakafa, tandis que toute l’assemblée le suit en procession autour de la table et répète les versets à voix haute. On commence avec « Ana Hashem Hoshia Na, Ana Hashem Hatsli’ha Na – s’Il te plait D-ieu sauve-nous, s’Il te plait D-ieu fais-nous réussir » et on continue avec « Bo’hène Lévavote – Toi qui sonde les cœurs » et « Goèl ‘Hazak – Puissant Libérateur ».
Les versets des Hakafotes (pluriel de Hakafa) sont arrangés selon l’ordre alphabétique, chaque Hakafa contient généralement trois lettres.
Après que l’officiant ait terminé les versets selon l’ordre alphabétique, tout le monde continue à tourner autour de la table pour faire un tour complet et récite ensuite les versets suivants : « Torate Hashem Témima, Méshivate Nafesh – La Torah de D-ieu est intègre, elle apaise l’âme » et ainsi de suite.
À la fin de la récitation des versets, tout le monde entame des danses joyeuses avec les rouleaux de Torah dans leurs bras, jusqu’à ce que l’officiant annonce « Fin de la première Hakafa », « Fin de la deuxième Hakafa »et ainsi de suite.
Au total, on tourne sept fois, cela est appelé « les 7 Hakafotes », puis on remet tous les rouleaux de Torah dans l’Arche sainte.
- Il est une coutume importante dans le peuple d’Israël d’amener les jeunes enfants à la synagogue pour danser et se réjouir avec eux lors des Hakafotes, en compagnie des rouleaux de Torah. Certains préparent des drapeaux colorés mentionnant « Sim’hate Torah – la joie de la Torah » et même de petites répliques des rouleaux de Torah non authentiques, afin de les habituer et d’implanter l’amour pour la sainte Torah dans leurs cœurs.
Après les Hakafotes, la prière se termine avec la récitation de « Alénou Léshabéa’h » et chacun souhaite à son prochain « ‘Hag Saméa’h » (Joyeuse fête).
Rabbi Shalom Dov Ber Schneerson -que son âme repose en paix- a dit : « Ces quarante-huit heures (à l’étranger, et en Israël : vingt-quatre heures) de Shémini Atsérète et Sim’hate Torah doivent être considérées très précieusement. À tout moment, on peut en puiser des richesses avec largesse et abondance, matériellement et spirituellement, et tout cela grâce aux danses ! ».
Le repas de fête du soir
Celui qui n’a pas fait le Kiddoush à la synagogue, le fait maintenant sur une coupe de vin :
On dit « Atkinou Séoudata » et le texte du Kiddoush des jours de fête, on fait la bénédiction « Boré Péri Haguéfène » et on ajoute la bénédiction « Shéhé’héyanou » en l’honneur de la nouvelle fête.
- Les hommes ont l’habitude de faire le Kiddoush individuellement ce jour-là, sans être exemptés de leur obligation par le Kiddoush dit par quelqu’un d’autre.
On procède à l’ablution rituelle des mains, puis on fait la bénédiction de « Hamotsi » sur deux pains entiers et on commence le repas de la fête.
Dans le « Birkate Hamazone » (la bénédiction après le repas de pain, il convient de se rappeler d’ajouter :
- « Yaalé véyavo – Béyom Shémini Atsérète Ha’hag Hazé »
- « Hara’hamane Hou Yan’hilénou » spécifique à Yom Tov.
La prière du matin
On récite le début de la prière du matin (Sha’harite) comme tous les Shabbat : « Korbanotes », « Péssouké Dézimra » et le Kéryate Shéma » avec ses bénédictions.
On fait la « Amida » des jours de fête (Shalosh Régalim) en incorporant les passages relatifs à la fête de « Shémini Atsérète ».
La Birkate Cohanim
Contrairement à tous les autres jours de fête, les Cohanim ont l’habitude de bénir la congrégation avec la « Birkat Kohanim » pendant la répétition de l’Amida du matin par l’officiant (et pas à celle plus tardive de la prière de moussaf) car il est interdit à un Cohen ivre de prononcer la bénédiction des Cohanim, et on ne sait pas dans quel état il sera après les Hakafotes de Sim’hate Torah.
Durant cette bénédiction, l’assemblée récite une prière spéciale -dans l’espoir que nos rêves se concrétisent pour le bien- qui commence par les mots « Ribono Chel Olam – Maître du monde ». Elle est dite au moment où les Cohanim chantent les mots « Véyassem Lékha Chalom – D-ieu mettra la paix sur toi » à la fin de la Birkate Cohanim.
Après la prière du matin, on récite le Hallel complet, le « Chir Shel Yom – psaume du jour » et on se prépare à faire le Kiddoush à la synagogue.
La prière du Moussaf
On dit « Ashré Yoshevé Vétékha » puis on replace les trois rouleaux de la Torah dans l’Arche Sainte, et on récite la prière l’Amida du Moussaf des trois fêtes(Shalosh Régalim).
Il est d’usage que, juste avant la prière, le responsable de la synagogue annonce et rappelle à la congrégation que lors de cette prière, on commence à dire dans la bénédiction de « Ata Guibor », la formule : « Mashiv Haroua’h Oumoride Haguéshem – qui fait souffler le vent et tomber la pluie » à la place de « Moride Hatal – qui fait descendre la rosée » qui est dite pendant les jours d’été.
La prière pour la pluie
Après la prière de l’Amida individuelle dite à voix basse et debout par chacun, l’un des fidèles s’approche pour ouvrir l’arche sainte, et l’officiant commence une récitation spéciale appelée « Téfilate Guéshèm – La prière pour la pluie » dans laquelle nous louons Dieu pour Sa puissance lorsqu’Il fait tomber la pluie et nous Le prions d’envoyer des pluies en leur temps et au bon moment, tout au long de l’hiver.
La « Téfilate Guéshèm » se termine par trois requêtes que l’officiant dit à voix haute et auxquelles l’assemblée répond « Amen » :
« Pour la bénédiction et pas la malédiction », « Pour la vie et pas la mort », « Pour l’abondance et pas la privation ».
L’officiant poursuit avec la répétition du Moussaf des trois fêtes, et après la prière, on récite « Eine Kélokénou », « Alénou Léshabéa’h », « les 6 souvenirs » et on termine en récitant les psaumes du jour.
- À partir de cette prière de Moussaf, nous disons « Mashiv Haroua’h Oumoride Haguéshem – qui fait souffler le vent et tomber la pluie » dans toutes les prières de l’Amida » du matin, de l’après-midi et du soir, jusqu’à la fête du septième jour de Pessa’h, six mois plus tard.
- Il faut bien noter qu’après la fête, lors des prières du jour de la semaine, on continue à dire dans la bénédiction de « Barekh Alénou » : « Vétène Bérakha – et donne la bénédiction » (comme pendant les jours d’été) jusqu’au 7 du mois de ‘Heshvan, où -à la place-nous commencerons à dire : « Vétène Tal Oumatar Livrakha – et donne la rosée et la pluie pour la bénédiction » (et hors d’Israël, ce changement de formule aura lieu soixante jours après la période des fêtes du mois de Tishri, qui tombe généralement le 5 décembre).
Le Kiddoush et les Hakafotes
Texte du Kiddoush : On commence par la phrase en araméen « Atkinou Séoudata Démalka – Préparons le festin du Roi » puis « Élé Moadé Ado-naye Mikraé Kodesh Ashère Tikréou Otame Bémoadam – Voici les évènements saints de l’Éternel que vous proclamerez en leurs temps » et la bénédiction « Boré Péri Haguéfène – qui crée le fruit de la vigne ».
On sort tous les rouleaux de la Torah de l’arche sainte, on récite les versets de « Ata Horéta » trois fois comme la veille au soir, et on fait les Hakafotes autour de la table de lecture de la Torah avec les rouleaux de la Torah, dans la joie, les chants et les danses.
Contrairement à la veille au soir, on ne fait pas sept tours mais seulement trois tours et demi. À chaque demi-tour, on récite dans l’ordre, le passage entier d’une des 7 Hakafotes dans le livre de prière et après chaque demi-tour, on proclame « Fin de la première Hakafa » et ainsi de suite. Après trois tours et demi, on termine de réciter tout le texte des sept Hakafotes.
La lecture de la Torah
Après les Hakafotes, on procède à la lecture de la Torah. On ouvre l’arche sainte et on sort trois rouleaux de la Torah.
Dans le premier rouleau, on lit la Parasha « Vézote Habérakha » (la dernière Parasha de la Torah qui se trouve dans le livre du Deutéronome), et on veille à ce que tous les fidèles montent à la Torah chacun à leur tour. Comme il y a généralement beaucoup de personnes dans l’assemblée, plusieurs personnes peuvent monter ensemble pour chaque lecture et dire ensemble les bénédictions de la Torah. Parallèlement, on peut également organiser plusieurs lectures simultanées afin que tous les fidèles montent à la Torah.
« Yizkor » – Le souvenir des âmes
Ensuite, une prière spéciale est récitée en mémoire des proches décédés, qui commence par les mots : « Yizkor Elokim – D-ieu se souviendra ».
Avant cette cérémonie, toute personne ayant encore ses deux parents vivants quitte la synagogue, et seuls ceux qui sont orphelins d’un père, d’une mère, ou des deux restent à l’intérieur.
Le contenu de la prière est que Dieu ‘se souvienne’ de l’âme du défunt, que son âme entre au Gan Eden (paradis), et que nous donnerons une charité pour l’élévation de leurs âmes après la fête.
- Après la commémoration des âmes des défunts, tous les fidèles retournent à l’intérieur de la synagogue pour poursuivre la prière.
Le repas de fête
On récite le Kiddoush sur le vin selon la formule des trois fêtes, on se lave les mains pour le repas de fête et on dit « Hamotsi » sur deux pains entiers.
Dans le Birkate Hamazone (bénédiction après le repas de pain), on ajoute « Yaalé Véyavo » et le « Hara’hamane » spécial pour le jour de fête.
Les prières de l’après-midi et du soir
La prière de l’après-midi (Min’ha): On commence comme le Shabbat : « Ashré », « Ouva Létsione », et on récite la prière de l’Amida des trois Fêtes – Shalosh régalim (lorsque ce jour tombe un Shabbat, on lit la première partie de la parasha de « Béréshite » dans le rouleau de la Torah).
La prière du soir (Arvite) : On récite la prière normale du soir comme tous les jours de semaine et on rajoute « Ata ‘Honanetanou » dans l’Amida.
La « Havdalah »
La prière de Havdalah est la même que celle de la fin du Shabbat mais elle est faite uniquement sur une coupe de vin et une bougie, sans faire la bénédiction sur les senteurs.
Les deuxièmes Hakafotes
En Israël, il est courant de tenir des cérémonies de Hakafotes également à l’issue de la fête de Sim’hate Torah, elles sont appelées « Hakafotes Shéniotes – deuxièmes Hakafotes ». Cette pratique symbolise la solidarité des habitants de la terre d’Israël avec leurs frères hors d’Israël qui célèbrent la fête de Sim’hate Torah seulement maintenant, après la fête de Shémini Atsérète.
Lors de ces Hakafotes, on sort aussi les rouleaux de la Torah et on récite les versets de « Ata Horéta – Tu as montré ». Dans de nombreux endroits en terre d’Israël, les autorités locales organisent ces Hakafotes dans une grande joie et des chants, sur la place de la ville, en présence des rouleaux de Torah et d’une foule nombreuse.
