« Hoshaana Rabba »
Le 21 Tishri est le dernier jour de ‘Hol Hamoède Souccote, et il est appelé Hoshaana Rabba – le Grand Hoshaana (Hoshaana signifie: Sauve-nous s’Il te plait). Ce jour est considéré comme le ‘jour de clôture’ de tous les jours redoutables car il marque la conclusion définitive de la sentence de l’homme prononcée lors du jugement céleste qui a commencé à Rosh Hashana.
À Rosh Hashana et Yom Kippour, le Créateur juge chaque individu séparément en fonction de ses actions, tandis que lors de la fête de Souccote, le monde entier est jugé quant à la quantité de pluie qui tombera. Le jour de Hoshaana Rabba, qui est le septième jour de la fête, est le ‘dernier sceau’ de ce jugement. Étant donné que la vie humaine dépend de l’eau, on multiplie la prière et le repentir ce jour-là, mais avec une joie et une confiance absolue que le Créateur entendra et exaucera nos demandes.
Lorsque le Temple était présent, les Cohanim faisaient 7 fois le tour de l’autel ce jour-là, tout en récitant les « Hoshaanotes ». C’est de là que vient la coutume de faire le tour de la table de la Torah de la synagogue sept fois ce jour-là.
Le Saint béni soit-Il a dit à notre patriarche Abraham : « Si l’expiation (des fautes) de tes enfants n’est pas accomplie à Rosh Hashana, qu’elle soit accomplie à Yom Kippour. Et si ce n’est pas le cas, qu’elle soit accomplie lors de la Grande Hoshaana ».
La nuit de « Hoshaana Rabba »
En cette nuit du 21 Tishri, on a l’habitude de rester éveillé toute la nuit, de lire l’intégralité du livre du Deutéronome (Dévarim) et de réciter tout le Livre des Psaumes.
Après la récitation de chaque sous-partie du livre, on doit réciter la formule spéciale de « Yéhi Ratsone » (que cela soit agréé) particulière à la nuit de « Hoshaana Raba ».
Cette formule est imprimée à la fin du livre des Psaumes.
De nombreuses synagogues organisent un programme spécial pour la nuit de « Hoshaana Rabba », et à la fin de celle-ci, des pommes trempées dans du miel sont distribuées à tous les participants, pour une bonne et douce année.
La prière du matin
On récite la prière du matin habituelle comme tous les jours de ‘Hol Hamoède, cependant avant la récitation du Hallel, on enlève les deux anneaux supérieurs qui noués au Loulav et on ne laisse que les trois anneaux inférieurs qui attachent les Hadassim (branches de myrte) et Aravotes (branches de saule) au Loulav.
Le déroulement des « Hoshaanotes »
Après la récitation du Hallel entier, on sort tous les rouleaux de la Torah de l’arche sainte et on se tient avec eux sur l’estrade de lecture, au centre de la synagogue.
Les autres personnes continuent de tenir les quatre espèces avec les deux mains et récitent tous les passages des « Hoshaanotes ». À chaque segment, on récite individuellement les versets (selon l’ordre alphabétique) jusqu’à ce que l’on arrive à celui qui correspond à la lettre ‘Samekh’ et ensuite on fait le tour de la table de lecture pour se replacer derrière l’officiant après chaque ‘Hoshaana’ et ‘Hoshaana’.
On récite les six parties des « Hoshaanotes » que nous avons récités pendant les jours de la fête. À chaque segment, on fait un tour à partir de la lettre ‘Samekh’ et au-delà. Après les 6 tours, on ajoute un passage spécial pour « Hoshaana Rabba ». Au total, on fait le tour de la table de lecture de la Torah sept fois.
Après les « Hakafotes » (nom donné aux tours qu’on fait), on ajoute et récite des segments supplémentaires spécifiques à ce jour, tels que « Ani Vahou Hoshia Na – moi et lui, sauve-nous » etc.
« ‘Hiboute Aravotes – Frapper les branches de saule »
Après avoir terminé les « Hoshaanotes » et récité trois fois la formule « Kol Mévassère, Mévassère Véomère » (une proclamation annonçant une bonne nouvelle), on replace les rouleaux de la Torah dans l’arche sainte. L’officiant dit un Kaddish complet et on remet les quatre espèces en leur place dans leur étui.
On prend cinq branches de saule liées ensemble et on les frappe sur le sol cinq fois.
Ensuite, on doit réciter le texte du « Yéhi Ratsone – Que ce soit Ta volonté » qui se trouve dans le livre de prières, où nous implorons le Seigneur de recevoir nos prières avec miséricorde et volonté, d’enlever les‘ murs de fer’ qui nous séparent de Lui et nous lui demandons de nous signer dans le ‘Livre de la bonne vie’, d’accepter notre Téshouva entière et de répandre uniquement Sa bonté et Sa générosité sur nous.
Après la coutume du frappage des branches de saule, il est courant de jeter celles-ci dans un endroit spécifique que le responsable de la synagogue a préparé à l’avance.
La coutume du « ‘Hiboute Aravotes » est appelée le « Minhag Néviïm » (coutume des prophètes) car les derniers prophètes – Haggai, Zacharie et Malachie – ont institué cette pratique et l’ont transmise au peuple. Selon la Kabbale et les enseignements du saint Ari zal, sa signification profonde est ‘d’adoucir’ les cinq puissances (rigoureuses) du Créateur : les ‘Guévourotes’, et d’éveiller Son attribut de miséricorde : ‘Midate Hara’hamim’.
- Même les enfants et les femmes ont l’habitude d’accomplir la coutume du « ‘Hiboute Aravotes » et de réciter ensuite le « Yéhi Ratsone ».
- Il est possible d’acheter des bouquets préparés de cinq branches de saules liées ensemble, dans chaque lieu de rassemblement juif où l’on respecte les commandements.
Les coutumes de ce jour
Le jour de « Hoshaana Rabba » est considéré à la fois comme un jour de fête où l’on s’abstient de travailler, mais il ne comporte pas les mêmes interdictions spéciales que les jours de fête (Yom Tov).
Un repas de fête
On a l’habitude d’organiser un repas de fête ce jour-là, se laver les mains avant de manger un repas avec du pain et de tremper la tranche dans du miel.
De même, on a l’habitude de consommer des pates feuilletées farcies de viande (appelées Kreiplakh en yiddish) car la viande symbolise l’attribut de rigueur (Midate Hadine) et la pâte feuilletée symbolise l’attribut de miséricorde (Midate Hara’hamim). Alors le fait que la pâte feuilletée entoure la viande symbolise notre volonté que D-ieu nous ‘entoure’ de Sa miséricorde.
La bénédiction de « Pitka Tava »
Dans de nombreuses communautés, il est courant de se souhaiter mutuellement une la bénédiction du « Pitka Tava – bonne lettre » ou en yiddish : « A Gut Kvitel ». Selon la tradition, en ce jour, le Saint béni soit-Il remet entre les mains des ‘messagers’ les lettres contenant le décret divin, et il y a encore une ‘dernière chance’ de changer cette lettre en bien.
Quitter la Soucca
Vers la fin de la journée de Hoshaana Rabba, il est bon d’entrer dans la Soucca, d’y prendre un dernier repas léger et de se ‘séparer’ d’elle.
- Même si nous n’avons plus besoin de la Soucca après Hoshaana Rabba, il convient de la démonter seulement après la sortie de la fête de « Sim’hate Torah ».
La prière de Min’ha
Dans la prière de l’après-midi de Hoshaana Rabba, on récite pour la dernière fois le psaume « Chant de David, le Seigneur est ma lumière et mon sauveur » en tant que partie intégrante de la prière, avant « Alénou Léshabéa’h ».
