Contexte
613 Mitsvotes (pluriel du mot Mitsva – commandement), c’est le nombre de commandements ordonnés par D-ieu dans la Torah.
Ces commandements se divisent en deux catégories : les 248 commandements ‘positifs’ et les 365 commandements ‘négatifs’. Les commandements positifs sont ceux qui nous demandent d’accomplir une action spécifique, comme mettre les Téfilines, donner la Tsédaka (charité) et honorer nos parents. Les commandements négatifs sont les interdictions de la Torah qui nous demande de nous abstenir de certaines actions. Par exemple, les interdictions de voler, de tuer et de se venger.
Ce grand nombre de commandements vous effraye-t-il Ne soyez pas perturbé…
De nombreuses Mitsvotes de la Torah ne peuvent être observées que lorsque le saint Temple saint était présent et que les Cohanim (prêtres) y accomplissaient le service rituel. De nombreuses Mitsvotes ne s’appliquent également qu’à des moments spécifiques ou à des personnes spécifiques. Sur les 248 commandements positifs, seuls 207 (la valeur numérique du mot hébreu « Or – lumière ») peuvent être observés aujourd’hui.
La raison d’une Mitsva
Quelle est la signification profonde du mot Mitsva ? Pourquoi D-ieu nous a-t-il donné tant de Mitsvotes ? Et pourquoi sommes-nous censés ressentir de la joie lorsque nous les observons ?
Si le mot Mitsva signifie littéralement « un commandement – Tsivouye » en référence à ce que D-ieu nous ordonne d’accomplir, il est également lié au mot hébreu « Tsavta », qui désigne la connexion et l’unité. Une Mitsva nous relie à D-ieu, c’est pourquoi son accomplissement est considéré comme un immense privilège. Les Mitsvotes sont des intermédiaires qui nous donnent la capacité de nous connecter avec notre D-ieu infini.
Nous pouvons illustrer ce point avec l’exemple d’une relation entre un homme simple -un fermier- et un roi extrêmement important. Le fermier n’a pratiquement aucune relation avec le roi du pays où il vit. En ce qui concerne le roi, ce simple fermier n’existe même pas. Mais si le roi lui demandait de faire quelque chose, l’agriculteur deviendrait une personne importante pour le roi, il occuperait une position importante vis-à-vis de lui. La demande du roi elle-même créerait un lien entre le souverain et son sujet et cela suffirait à inciter le fermier à exécuter les ordres du roi avec la plus grande joie.
C’est ainsi, avec une différence beaucoup plus gigantesque, que s’inscrit notre relation avec D-ieu. En vérité, nous sommes absolument insignifiants par rapport à Lui. Nous sommes des créatures minuscules et limitées (en fait, le roi humain dans l’analogie est également un être limité et mortel), alors que D-ieu le Créateur est infini. Par rapport à D-ieu, nous ne pouvons pas être considérés comme des êtres de quelque importance, et de fait, aucune entité dans toute la création n’a vraiment la capacité de se connecter à Lui. Pour cette raison, nous nous sentons extrêmement privilégiés d’avoir reçu Ses Mitsvotes, qui sont les seuls moyens par lesquels nous pouvons établir un lien avec Lui. Nous devons donc observer les Mitsvotes avec une joie sincère, en comprenant qu’elles sont le moyen par lequel un être humain – créature limitée et matérielle- peut se connecter avec son D-ieu infini.
Cela explique également pourquoi D-ieu nous a donné tant de Mitsvotes. C’est précisément parce qu’Il nous aime tant qu’Il a choisi de nous en demander autant, afin de nous donner la possibilité de nous connecter à Lui à chaque instant.
Ainsi, lorsque nous mettons nos Téfilines le matin, nous ne devrions pas nous dire : « Quand est-ce que je vais en finir avec ce rituel ?», mais plutôt penser : « Merci, D-ieu, de m’avoir donné le privilège d’accomplir une Mitsva pour que je puisse me connecter à Toi ».
Règles pour l’accomplissement des Mitsvotes
- Afin de ‘montrer’ à D-ieu que nous accomplissons Ses Mitsvotes avec beaucoup d’amour et de désir, et même avec plaisir, nous devons pratiquer chaque Mitsva avec joie. Ainsi que le roi David le déclare dans le livre des Psaumes : « Servez D-ieu avec joie ! ».
- Ainsi, lorsque nous avons l’occasion de faire une Mitsva, nous devons le faire le plus tôt possible. Cela Lui montre notre amour pour les Mitsvotes et notre joie de pouvoir les observer.
- Pour cette même raison, nous devons courir pour accomplir toute Mitsva que nous pouvons faire et également être constamment à l’affût de nouvelles occasions d’accomplir des Mitsvotes.
- Si l’on est confronté à une Mitsva que d’autres pourraient faire à notre place, il est préférable de l’accomplir soi-même.
- Lorsqu’on doit observer une Mitsva à faire en groupe, il vaut mieux le faire avec le maximum de personnes, car plus le nombre de personnes est élevé, plus l’observance de la Mitsva prend de l’importance et le respect qui lui est accordée aussi. La plus grande démonstration de cette importance a lieu lorsqu’une Mitsva est accomplie en présence d’au moins dix hommes adultes (un Miniane). Pour cette raison, il est préférable de prier avec un Miniane à la synagogue plutôt que de prier à la maison, et il est préférable d’étudier la Torah en compagnie d’un grand groupe de personnes plutôt que de s’asseoir et d’étudier seul.
Deux types de Mitsvotes
La Torah contient deux sortes de Mitsvotes :
Les Mitsvotes ‘entre l’homme et D-ieu’ qui concernent notre relation avec Lui. Et les Mitsvotes ‘entre l’homme et son prochain’ qui concernent nos relations avec les autres.
Hormis le dénominateur commun de ces deux sortes de Mitsvotes -ce sont des commandements divins- et malgré la différence que le fait d’aider une autre personne apporte à celle-ci quelque chose alors que cela n’apparaît pas dans les commandements envers D-ieu (comme par exemple la prière), les deux sortes de Mitsvotes diffèrent également l’une de l’autre sur le plan conceptuel et sur celui des lois applicables.
Par exemple, il y a une différence entre les deux sortes de Mitsvotes concernant la manière dont une personne doit demander pardon. Si une personne a fauté envers D-ieu, en ne respectant pas un commandement ‘entre l’homme et D-ieu’, elle doit Le prier de lui pardonner son manquement. Mais si une personne a fait quelque chose de mal à une autre personne, elle doit demander pardon à la personne qu’elle a lésée et aussi à D-ieu. Même si une personne prie avec ferveur pour obtenir le pardon aux moments les plus forts de Yom Kippour (pendant la prière de de Néïla), D-ieu ne lui pardonnera pas la faute qu’elle a commise envers son prochain si elle ne demande pas pardon à celui-ci.
Voici quelques exemples de chaque sorte de Mitsvotes :
Entre l’homme et D-ieu
- Mettre les Téfilines Étudier la Torah
- Prier
- Aimer D-ieu ( exactement de la même manière qu’on aime son ami le plus proche) et parallèlement Le craindre
Entre l’homme et son prochain
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » : nous sommes tenus de nous efforcer d’aimer chaque Juif autant que nous nous aimons nous-mêmes.
Guémiloute ‘Hassadim – Faire des actes de bonté : Si nous rencontrons une personne que nous pouvons aider d’une manière ou d’une autre (par exemple en lui accordant un prêt à un moment de détresse financière, en lui disant un mot gentil à un moment de difficulté, etc.) nous sommes tenus de le faire avec joie .
Tsédaka – donner la charité : C’est une grande Mitsva que de donner la charité chaque jour (ne serait-ce qu’une seule pièce de monnaie). Il n’est pas nécessaire de signer un prélèvement automatique pour cela ; il suffit de déposer une petite pièce dans la boîte de Tsédaka. Nous sommes également tenus de verser le dixième de nos bénéfices ou de nos gains à la charité chaque mois (Maassère késsafim).
Lashone Hara – Médisance : Il est interdit de raconter aux autres quelque chose de mal qu’une personne a faite. Ou de parler d’un mauvais trait de caractère de cette personne et la présenter ainsi de manière négative. De même, on ne doit pas transmettre d’information qui nuirait à une autre personne, physiquement, financièrement et qui pourrait la faire souffrir ou lui faire peur.
Rékhiloute – Colporter des ragots : Dans les générations précédentes, il était courant que les colporteurs se déplacent d’un endroit à l’autre, achetant des marchandises dans une ville et les revendant avec un léger bénéfice dans une autre. Cette pratique, appelée Rékhiloute en hébreu, est interdite par la Torah lorsque la ‘marchandise’, plutôt qu’être une marchandise réelle, est un ragot qui ne procure comme ‘bénéfice’ que le plaisir de celui qui le raconte. Il est également interdit à une personne de transmettre une information concernant autrui et qu’elle a entendue dans une conversation privée, à d’autres personnes auxquelles elle n’est pas destinée (sauf si cela a été demandé explicitement). Ceci est le cas même si l’on dit la vérité et même si l’information n’est pas négative (Lashone Hara).
Il est interdit d’humilier d’autres personnes ou de leur causer de la souffrance. Embarrasser une autre personne est considéré comme un péché d’une gravité particulière. Nos Sages nous enseignent : « Une personne qui humilie son prochain en public n’a pas de part dans le monde à venir » et « Il vaut mieux pour une personne de se jeter dans une fournaise ardente plutôt que de faire rougir son prochain en public ».
Ne pas voler : Cette règle ne semble pas vous concerner ? Pas sûr ! par exemple, tout matériel protégé par le droit d’auteur ne peut être copié sans autorisation ; cela inclut la copie de CD et le téléchargement d’images ou d’autres matériels sur internet sans l’autorisation du propriétaire. De même l’utilisation d’objets qui ne nous appartiennent pas est considéré comme du vol si leur propriétaire n’en a pas donné l’autorisation explicite.
Il y a deux Mitsvotes dans la Torah qui ne peuvent être classées avec certitude comme appartenant à une seule de ces deux catégories (‘Envers D-ieu’ ou ‘Envers son prochain’). En raison de leur grande importance, ces deux Mitsvotes méritent une présentation séparée : la Mitsva d’honorer ses parents et la Mitsva d’élever et d’éduquer ses enfants.
Honorer ses parents
L’une des Mitsvotes que nous avons reçues au Mont Sinaï parmi les dix commandements est l’obligation d’honorer nos parents. Cette Mitsva est également l’un des deux seuls commandements dont la Torah révèle la récompense immédiatement après nous en avoir enseigné le contenu : « Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur terre ».
Les raisons de cette Mitsva
L’explication la plus simple de l’obligation d’honorer ses parents est le fait que nous avons une dette de gratitude envers eux. Nos parents sont les personnes qui ont choisi de nous mettre au monde. Ils travaillent dur pour nous, prennent soin de nous, s’inquiètent pour nous et sont tout simplement ‘là pour nous’ depuis l’âge des couches et de l’allaitement, pendant notre enfance et notre adolescence, et tout au long de notre vie. Ils méritent notre gratitude et notre appréciation. Il est normal que nous leur rendions un peu de tout le temps et de tous les efforts qu’ils ont investis pour nous.
En outre, même si cette Mitsva semble entrer dans la catégorie des commandements ‘entre l’homme et son prochain’ (dans ce cas, entre une personne et ses parents), elle est également considérée comme faisant partie de la catégorie des Mitsvotes qui concernent la relation ‘entre l’homme et D-ieu’. En effet, il y a trois partenaires dans la création de chaque enfant : le père, la mère et D-ieu. Le père et la mère créent le corps de l’enfant, et D-ieu lui donne son âme. Dans tout bon partenariat, un affront à l’un des partenaires sera considéré comme un affront indirect à tous les autres. De même, lorsque nous honorons nos parents, nous sommes considérés comme honorant le troisième partenaire de leur parenté, D-ieu lui-même.
Comment accomplir ce commandement ?
- Un enfant ne doit pas s’asseoir à une place qui est la place habituelle d’un parent.
- Un enfant ne doit pas contredire un parent.
- Un enfant doit satisfaire aux demandes de ses parents avec une attitude agréable.
- Un enfant doit parler à ses parents avec douceur, patience et respect.
- Un enfant ne doit pas annoncer à ses parents de mauvaises nouvelles ou des choses qui pourraient les faire souffrir.
- Lorsqu’un enfant vit près de ses parents, il a plus d’opportunités d’accomplir cette Mitsva : faire leurs courses au supermarché, s’occuper du paiement de leur facture d’électricité s’ils en ont besoin, et ainsi de suite.
- Si un enfant qui vit loin de ses parents, il peut quand même les honorer en s’assurant de leur parler régulièrement par téléphone et en leur rendant visite.
- Même si un parent n’est plus en vie, l’enfant doit continuer à l’honorer en faisant des bonnes actions et en pratiquant des commandements pour l’élévation de son âme. Voici quelques exemples :
- Réciter la prière du Kaddish.
- Organiser un service commémoratif chaque année à l’anniversaire de la mort du parent et allumer une bougie pour son âme.
- Monter à la Torah le jour de l’anniversaire de la mort du parent.
- Réciter la prière de « Yizkor » à sa mémoire lors des fêtes.
L’éducation des enfants
Une génération arrive et une autre s’en va. Afin de créer une société ordonnée, cultivée et dotée de principes -et bien sûr juive- chaque génération doit prendre la responsabilité d’éduquer et de contribuer au développement de la jeune génération.
L’obligation de l’éducation d’un garçon repose principalement sur le père (oui c’est bien cela, le père). La Torah lui ordonne : « Tu les enseigneras à tes enfants ». Il incombe au père d’enseigner à son fils la Torah et ses commandements et de l’habituer à suivre les chemins de la Torah.
Comment éduque-t-on les enfants ?
L’éducation authentique ne se limite pas à simplement lui donner des instructions sur la façon dont un Juif doit se comporter au cours de sa vie quotidienne. Il s’agit également de façonner et de construire la personnalité de l’enfant afin qu’il en vienne à agir comme son père le désire (ou, plus important encore, comme son Père Céleste le désire) et qu’il le fasse naturellement et de son propre chef.
Voici quelques conseils d’éducation :
- Les Parents doivent choisir une école où l’on apprendra à leurs enfants à aimer la Torah et ses commandements.
- Il est également recommandé aux parents de maintenir un contact étroit avec les enseignants de leurs enfants et les personnes influentes dans la vie de leurs enfants.
- Le père doit passer du temps avec ses enfants à étudier la matière qu’ils ont apprise à l’école.
- Les parents doivent réserver des périodes fixes de temps de qualité à passer avec leurs enfants.
- Les parents doivent préserver la dignité de l’enfant, même lorsqu’ils corrigent ses erreurs.
Une énorme responsabilité
Parfois, on peut avoir l’impression que l’éducation d’un enfant se déroule principalement avec les professeurs à l’école, ce qui ‘dispenserait’ le père de leur éducation. Bien sûr, ce n’est pas vrai. Tout comme chaque homme juif a l’obligation de porter les Téfilines régulièrement, il a également l’obligation de penser à l’éducation de ses enfants tous les jours, d’évaluer leur situation actuelle et de déterminer comment il peut encore plus les encourager, les guider et les aider à améliorer leurs traits de caractère.
Prenez un moment pour essayer de vous souvenir d’un enseignant qui a eu un impact majeur sur vous lorsque vous étiez enfant. Il est presque certain qu’en plus du dévouement et de l’amour que cet enseignant vous a témoignés, il était probablement aussi un exemple vivant de comportement gentil, humain, chaleureux et éthique. Il en est de même lorsque nous cherchons à éduquer nos propres enfants, nous devons nous demander honnêtement : Sommes-nous un modèle pour eux ? Au-delà du ‘bâton et de la carotte’, essayons-nous de leur montrer -par notre comportement- un exemple vivant de ce que signifie se comporter en tant que Juif ?
