Introduction
La prière du Kaddich est d’une importance capitale dans la tradition juive. Elle est écrite en araméen et débute par les mots : « Yitgadal veyitkadach Chemé rabba – Que Son grand Nom soit exalté et sanctifié. » Le Kaddich est l’une des prières que l’on ne peut réciter qu’en présence d’un minyane, c’est-à-dire un quorum de dix hommes juifs âgés de plus de treize ans.
Hormis son rôle essentiel lors des enterrements ou des anniversaires de décès, le Kaddich est également une partie intégrante des prières. Le Kaddich est mentionné à différentes étapes des offices, principalement pour marquer la conclusion d’une série de prières.
Au cours des offices, le Kaddich est récité par l’officiant, et l’assemblée répond amen après chaque paragraphe. Le « Kaddich des orphelins » peut être prononcé par un fidèle qui se trouve dans une période de deuil, ou bien qui commémore la mort d’un parent le jour anniversaire de son décès, ou encore par toute personne ayant perdu ses deux parents.
Le Kaddich fut composé en araméen qui était la langue usitée à l’époque talmudique. Ceci témoigne de son caractère populaire, puisqu’il était ainsi accessible même aux personnes peu versées dans la langue hébraïque et qui ne parlaient que l’araméen. En sa qualité d’héritage collectif de toute la nation juive, le Kaddich fut conservé dans sa langue d’origine.
Nos Sages enseignent que certains anges ont pour rôle de « transporter » nos prières jusqu’au Ciel. Ces anges examinent le mérite et la valeur de chaque individu en fonction de quoi ils décident ou non de présenter ses prières devant le Roi du monde. Cependant, les anges ignorent la langue araméenne. Ils ne peuvent donc pas empêcher les prières récitées dans cette langue de s’élever jusqu’au Ciel. C’est la raison pour laquelle les offices sont émaillés de passages composés dans cette langue.
Le sens du Kaddich
Contrairement à l’opinion populaire, le Kaddich ne contient aucune référence au deuil ou à la consolation. Dans ce texte, nous évoquons la grandeur et la sainteté de D.ieu, nous Le supplions de révéler Son nom et Sa souveraineté ici-bas, d’envoyer le Messie et de faire régner la paix dans le monde.
Après chaque paragraphe, l’assemblée répond amen. Ce mot signifie : « Cela est vrai », marquant un acquiescement aux paroles du Kaddich. De plus, les lettres hébraïques de ce terme forment l’acronyme de : « E-l Mélekh Néeman – D.ieu, Roi digne de confiance. » En d’autres termes, nous pouvons nous en remettre à D.ieu, notre Roi, qui accédera à nos demandes.
L’un des passages fondamentaux du Kaddich est celui-ci : « Yehé Chemé rabba mévorakh lealam oulealmé almaya – Que Son grand Nom soit béni à jamais et pour l’éternité. »
Nos Sages enseignent que quiconque récite ces mots en y engageant toute sa concentration se voit accorder une récompense immense : tout décret qui aurait été édicté contre lui dans le Ciel est aussitôt « déchiré » !
Les différents Kaddich
Il existe plusieurs versions du Kaddich. Celles-ci se distinguent uniquement dans la partie supplémentaire éventuellement ajoutée à la première section qui demeure inchangée.
Le demi-Kaddich : Il se compose uniquement de la partie principale du Kaddich, sans ajout. Ce texte sert généralement à scinder et à « ponctuer » les différentes parties de la prière. Ainsi, ce texte est inséré entre les Pessouké déZimra et les bénédictions du Chéma, entre la Amida et la lecture de la Torah. Dans les prières de l’après-midi et du soir, on le mentionne avant la Amida. La plupart des demi-Kaddich sont récités par l’officiant.
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Le Kaddich complet (aussi appelé Kaddich Titkabal) : Il se compose du demi-Kaddich auquel s’ajoutent trois requêtes dans lesquelles nous demandons que les prières du peuple juif soient acceptées, que nous ayons une bonne vie et, enfin, que la paix règne au sein de la nation. Ce Kaddich est récité une fois à chaque office, après la Amida (et lors de l’office du matin, après Ouva léTsione), parce que le passage ajouté commence ainsi : « Titkabal tsélotehone ouvaoutehone – Que les prières et les demandes soient acceptées… » Ce Kaddich est récité uniquement par l’officiant.
Le Kaddich des orphelins (aussi appelé Kaddich yehé chelama) : Ce texte ne se distingue du Kaddich complet que par l’absence du paragraphe titkabal. Il s’appelle également « Kaddich yehé chelama », car le passage ajouté, qui fait immédiatement suite au demi-Kaddich, commence par les mots : « Yehé chelama rabba – Qu’une grande paix… » Ce Kaddich n’est pas récité par l’officiant, mais par un fidèle en deuil ou qui commémore l’aniversaire du décès d’un parent, ou encore par celui qui n’a plus ses deux parents. Il est récité après le Cantique du jour, puis à la fin de l’office ainsi qu’après la récitation des Psaumes.
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Le Kaddich déRabanane (aussi appelé Kaddich al Israël) : Il contient le texte du Kaddich des orphelins auquel s’ajoute, avant les deux dernières requêtes, une prière qui sollicite de D.ieu une bénédiction pour les sages de la Torah et pour ceux qui se consacrent à son étude. Ce paragraphe débute ainsi : « Al Israël véal rabanane – Que, sur Israël et sur nos Sages… » À l’instar du Kaddich des orphelins, cette prière est récitée, dans de nombreuses communautés, par des endeuillés ou des orphelins.
