Le départ de l’âme
Tout le monde n’a pas la chance d’être entouré par sa famille lorsqu’il quitte ce monde. Les accidents de voiture, les attentats terroristes, les attaques cérébrales ou les arrêts cardiaques meurtriers ; ces évènements ne permettent pas aux membres de la famille de se séparer de leur être cher en vivant à côté d’eux leurs derniers instants.
Est-ce un mérite ? Oui d’une certaine manière. Les derniers instants de la vie de quelqu’un ont une importance significative pour lui, en sachant comment les aborder vous l’aiderez à quitter ce monde d’une manière plus juive.
Par conséquent, si vous vous trouvez à côté d’un être cher durant les derniers instants de sa vie, vous avez une tâche à remplir malgré la grande douleur émotionnelle qui vous envahit. Lorsqu’il semble (selon l’avis des docteurs) que l’instant du départ de son âme est arrivé, il vous faudra prononcer à voix haute un verset qui proclame notre foi en D-ieu « Shéma Israël Ado-naye Élo-hénou Ado-naye É’had – Écoute Israël l’Éternel notre D-ieu, l’Éternel est UN ».
Ensuite vous répèterez trois fois : « Baroukh Shem Kévode Malkhouto Léolame Vaède – Béni soit à tout jamais le Nom de Sa royauté ».
Puis sept fois : « Ado-naye Hou HaÉlo-him – L’Éternel est D-ieu ».
Et une fois : « Ado-naye Mélèkh, Ado-naye Malakh, Ado-naye Yimlokh Léolame Vaède – D-ieu règne, D-ieu a régné, D-ieu règnera à tout jamais ».
À ce moment, il ne faudra pas toucher la personne en train de partir ou bouger un de ses membres. Elle est comme une bougie en train de s’éteindre dont un quelconque mouvement pourrait précipiter l’extinction.
- Dans les derniers instants de sa vie, il est bien que la personne malade confesse à D-ieu ses péchés et qu’elle les regrette afin de se présenter ‘nettoyée’ dans le monde de la vérité. Si elle ne peut plus parler, on pourra réciter pour elle le texte (institué) de la confession des fautes – Vidouye.
Le repentir (Téshouva) peut se faire en un instant. Cette confession constitue un repentir authentique qui lui permettra de monter comme un « Tsadik – personne sainte » vers le monde de la vérité. Il existe une version raccourcie de la confession qui consiste à dire : « Que ma mort soit une expiation pour tous mes péchés ». De même, il sera bon que la personne mourante demande pardon à toute personne qu’elle a blessée ou à qui elle a fait du mal.
Cliquez ici pour le texte du Vidouï
Après la mort
Tout de suite après le décès, il convient de prendre contact avec la « ‘Hévra Kaddisha » (nous expliquons ce que c’est par la suite) qui s’occupe de la procédure du cortège funèbre et de l’enterrement, ou alors d’un rabbin qui se trouve à proximité. Chaque hôpital (en Israël) dispose d’un bureau de la « ‘Hévra Kaddisha » locale ou d’un préposé qui vous aidera à ce moment-là.
Le décès à l’hôpital
Une fois que le médecin expert a déclaré le décès, il faut ouvrir les fenêtres et aussi jeter toute eau (pas les autres boissons) qui se trouvait à ce moment dans un récipient à l’intérieur de la chambre.
Une fois que la mort est prononcée, vous devez savoir que chaque hôpital a ses procédures précises concernant le corps du défunt, vous ne pouvez pas leur imposer quoi que ce soit. Néanmoins, il y a deux choses importantes que vous pourrez faire et vous devrez les exiger avec insistance :
- Empêcher une autopsie interne après la mort (si ce n’est qu’un contrôle extérieur du corps qui est demandé par la police, c’est permis).
- Garder le défunt. Cette garde est d’ordre spirituelle et elle se fait en laissant toujours une personne juive à côté du défunt. Il convient que le ‘gardien’ lise des chapitres des psaumes durant ces moments. Si le corps est dans une chambre froide, il se tiendra le plus près possible de l’endroit. Cette garde est en l’honneur du défunt afin de ne pas le laisser seul comme un objet non désiré, de plus elle protège de forces spirituelles négatives.
L’autopsie
Comme nous l’avons dit, il est interdit de pratiquer une autopsie sur le corps afin de connaître les raisons du décès. Cela est considéré comme un mépris envers l’honneur dû au défunt, en particulier les autopsies durant lesquelles on retire du corps certaines parties qui se doivent d’être enterrées avec lui.
Cet interdit est tellement grave que s’il faut repousser l’enterrement pour empêcher administrativement cette autopsie, on le fera avec tous les moyens dont on dispose, malgré l’importance de procéder à la mise en terre le plus vite possible (nous parlons de cela par la suite).
Le décès à la maison
SI le décès a lieu à la maison, il faudra premièrement confirmer la mort par un intervenant médical habilité à le faire. On contactera un médecin certifié (en Israël on pourra aussi faire appel à l’organisation Mada) apte à délivrer un certificat de décès.
La loi oblige de prévenir la police afin qu’elle vérifie que le décès n’est pas dû à un acte meurtrier. Dans le cas où le défunt était atteint d’une maladie en phase terminale et qu’il était suivi par un médecin, celui-ci pourra écrire dans le certificat de décès qu’il libère le corps à l’enterrement sans autorisation de la police (ceci est vrai pour Israël, le vérifier pour les autres pays).
Ensuite on contactera la « ‘Hévra Kaddisha » qui s’occupera du corps du défunt et le prendra au cimetière pour procéder à l’acte de « Tahara – purification » et le conserver au froid, en fonction de la date et l’heure de l’enterrement.
Puis l’on jettera toute l’eau de la maison qui était contenue dans un récipient au moment du décès.
Pourquoi allume-t-on des bougies pour les morts ?
L’allumage d’une flamme en faveur du défunt représente une réparation pour son âme ainsi qu’un délice pour lui. Le lien entre l’âme et la flamme est mentionné dans le Livre des Proverbes du Roi Salomon : « La bougie de D-ieu est l’âme de l’être humain ».
Onène
Dès le départ de l’âme et jusqu’à l’enterrement, le statut juif d’un endeuillé est appelé « Onène ».
Dans les faits, les implications de ce statut sont les suivantes :
D’un côté, le judaïsme prend en compte vos émotions durant ces moments où vous êtes occupé à toutes les démarches concernant l’enterrement, c’est pour cela que vous êtes exempté de la pratique des commandements positifs comme la mise des Téfilines, les prières et même la récitation des bénédictions. De l’autre côté, vous êtes quand même déjà redevable des obligations propres au deuil (comme nous allons le détailler par la suite). Hormis les interdictions de ne pas porter des chaussures de cuir et de ne pas vous asseoir sur un siège de hauteur normale qui vous seront permises tant que vous vous occuperez de l’enterrement (mais pas après).
Voici les obligations de deuil du Onène – il vous est interdit de :
- Dire bonjour à vos connaissances.
- Étudier la Torah.
- Manger un repas copieux.
- Manger de la viande et boire du vin.
- Vous laver.
- Sortir de la maison, sauf si c’est pour vous occuper du défunt et de l’enterrement.
- Si vous êtes chef d’entreprise, il vous est interdit de la diriger même par l’intermédiaire d’autres personnes (sauf si vous leur en donnez la propriété) et cela depuis l’enterrement jusqu’à la fin des sept premiers jours de deuil – Shiva. Afin d’éviter un dommage financier, prenez conseil avec un rabbin avant le début de la « Shiva » afin qu’il vous aide à trouver des solutions conformes à la loi juive dans cette situation.
Le Shabbat et les fêtes
Dans le cas où le décès a eu lieu avant l’entrée du Shabbat ou d’une fête et que l’enterrement ait lieu après. Ces règles s’appliquent jusqu’à l’entrée du Shabbat ou de la fête pendant lesquels elles cesseront.
La sainteté du Shabbat est permanente et il est interdit d’y manifester des signes de deuil. Malgré la difficulté de la chose, il faudra s’efforcer de garder le Shabbat comme d’habitude. Dès qu’il sera fini, vous devrez vous comporter à nouveau selon les règles de deuil précédemment citées.
