Les interdictions de ce jour
Yom Kippour est caractérisé par le haut niveau de sainteté dans lequel nous nous trouvons durant les 26 heures que dure ce jour si particulier. Afin d’atteindre ce niveau spirituel si élevé, il nous est demandé de nous couper de nos besoins physiques et matériels.
En ce jour, la Torah a mis un ‘Véto’ sur tout ce qui est lié à nos occupations quotidiennes et habituelles afin que nous puissions nous libérer de nos contraintes terrestres dont nous dépendons tant et nous élever à une situation dans lequel le corps n’a aucune fonction, exactement comme les anges.
Il y a 5 choses principales qui sont appelées « Inouyime » (ce sont des sortes de mortifications) que l’on doit ‘s’infliger’ par le biais de certaines interdictions qui concernent identiquement les hommes et les femmes :
- L’interdiction de manger : Il est interdit de manger et de boire à Yom Kippour, même une infime quantité. De même, on n’a pas le droit de se rincer la bouche ou de se brosser les dents.
- L’interdiction de se laver : Il est interdit de se doucher ou de se laver le corps, même le petit doigt, que ce soit à l’eau chaude ou à l’eau froide.
- L’interdiction de s’enduire : Il est interdit de s’enduire le corps (même une petite partie) avec de l’huile ou un matériau crémeux quelconque.
- L’interdiction de porter des chaussures en cuir : Il est interdit de porter des chaussures en cuir, même si ce n’est qu’une partie de la chaussure qui est en cuir.
- L’interdiction d’avoir des rapports conjugaux : Il est interdit d’avoir un rapport conjugal et il faudra aussi respecter les lois de séparation de la période menstruelle de la femme (telles qu’elles sont expliquées dans notre ouvrage « Yahadoutone – La femme juive »).
En cas de conditions de santé difficiles, s’il y a une crainte quelconque que le jeûne puisse nuire au malade -D-ieu préserve- il faudra d’abord obtenir l’avis professionnel d’un médecin et puis l’exposer à un rabbin afin qu’il décide s’il est possible ou interdit de jeûner et de quelle manière on pourra manger ou prendre des médicaments.
Cette interdiction ne concerne que les lavages où il y a un plaisir ou un profit. Néanmoins, s’il y a un endroit sale sur notre corps, il sera permis de se rincer à cet endroit seulement.
Dans la mesure où cet acte est d’ordre médical, on consultera un rabbin qui décidera si la chose est permise ou pas.
On a le droit de porter des chaussures en tissu, en plastique, des Crocs et autres chaussures de ce genre.
L’interdiction de faire un travail
En plus des 5 interdictions précédentes : tout travail interdit à Shabbat l’est également à Yom Kippour ainsi que les travaux permis à Yom Tov comme : cuisiner, frire etc… qui relèvent de « Okhel Néfesh – la consommation du jour ». Tout cela est interdit à Kippour qui est appelé par la Torah « Shabbat Shabbatone – Le Shabbat du Shabbat ».
Le jeûne des enfants
Les enfants à partir de l’âge de 13 ans (l’âge de la Bar-Mitsva) et les filles à partir de l’âge de 12 ans (l’âge de la Bat-Mitsva) sont rentrés dans l’obligation de respecter tous les commandements et par conséquent, ils doivent jeûner toute la journée de Kippour.
Les garçons de 12 ans et les filles de 11 ans s’efforceront de jeûner afin de commencer à habituer leur corps à ce commandement.
- tous les enfants en-dessous de cet âge ne sont autorisés à jeûner que quelques heures seulement.
En cas de danger
Toute situation exceptionnelle qui pourrait amener une personne à un état de doute sur un danger pour sa vie, est appelée en termes de loi juive une situation de « Pikoua’h Néfesh – danger pour la vie ». Il faut se rappeler que le « Pikoua’h Néfesh » a priorité sur le jour de Kippour et que dans un tel cas, il faudra manger et boire afin de rester en vie.
Nos sages -de mémoire bénie- apprennent cela du verset : « Vous garderez Mes injonctions et Mes lois , l’homme les respectera et il vivra grâce à elles ». La Torah et les Mitsvotes sont destinées afin que l’être humain vive avec elles et grâce à elles. « Il vivra grâce à elles » et ne doit pas « Mourir à cause d’elles ». D-ieu préserve.
Les prières du soir de Kippour
De par sa nature, Yom Kippour est principalement un jour de prières. Lorsqu’on ne mange pas et ne boit pas, il ne nous reste plus qu’à investir notre temps dans les prières et la connexion avec D-ieu.
Une grande partie des prières est déjà connue car elles font partie des prières quotidiennes de l’année. Les passages particuliers se trouvent dans le Ma’hzor de Kippour. Dans cet ouvrage, nous allons examiner brièvement les passages des prières particulières et principales de Yom Kippour.
- Avant la prière du soir, on a l’habitude de dire les psaumes 115 à 123 dans le cadre du livre des psaumes que nous avons commencé à lire le premier du mois d’Éloul et que nous terminerons après la prière de la « Néïla ».
- Avant la prière de « Col Nidré », chacun récitera pour soi le passage du « Vidouye » (confession) de « Al ‘Hète » qui se trouve dans le Ma’hzor.
« Col Nidré »
« Col Nidré » est la prière spéciale que l’on dit avant la prière du soir (Arvite) de Yom Kippour, son programme est la suivant : l’annulation des vœux et des serments que nous avons promis de faire mais pour lesquels nous n’avons pas tenu notre parole et nous décidons de ne plus promettre dans l’avenir quelque chose que nous ne serions pas en mesure de respecter.
Dans le chapitre sur l’annulation de vœux que l’on fait avant Rosh Hashana, nous avons parlé de l’importance fondamentale que le judaïsme accorde aux paroles que l’on prononce car il y a une puissance formidable dans la bouche de l’homme.
La prière de « Col Nidré » est dite en araméen qui était la langue majoritairement parlée par les juifs à l’époque où ce texte fut institué.
Traduction mot-à-mot de la prière de « Col Nidré – tous les vœux » :
Tous les vœux, les interdictions (que nous nous sommes imposées), les serments, les anathèmes, les privations, les renonciations et tout type d’engagements ; ceux que nous avons formulés, jurés, nous sommes interdits où dont nous avons chargé notre âme et nous-même ; depuis ce jour de Kippour jusqu’au prochain jour de Kippour qui viendra vers nous pour le bien – nous les avons tous regrettés et ils seront tous permis, pardonnés, annulés et effacés, pas justifiés ni maintenus, nos vœux ne sont plus des vœux, nos interdictions ne sont plus des interdictions et nos serments ne sont plus des serments.
De par le moment où elle est prononcée – à l’entrée de Yom Kippour, et de par la composition de son texte ; la prière de « Col Nidré » est une des prières les plus particulières et célèbres du judaïsme.
Prier avec les fauteurs
Avant de commencer « Col Nidré », l’officiant prononce la phrase d’ouverture de Yom Kippour : « Avec le consentement de D-ieu et le consentement de l’assemblée, au nom du conseil d’en-Haut et au nom du conseil d’en-bas, nous déclarons qu’il est permis de prier avec les fauteurs ».
Cette formule ‘intéressante’ est dite parce qu’à Yom kippour, on rappelle que chacun a le mérite de faire partie de l’assemblée d’Israël, même ceux qui ont fauté contre le Créateur ou contre leurs prochains. Tous sont juifs et tous ont le droit de participer aux prières de ce jour saint.
Une autre raison à cette cérémonie provient de l’époque de l’Inquisition espagnole durant laquelle les autorités catholiques obligèrent les juifs à se convertir au christianisme ou à être brûlés. Beaucoup acceptèrent cette conversion et se comportèrent comme des chrétiens par rapport aux regards extérieurs. Cependant, ils continuèrent à respecter la Torah et les Mitsvotes en cachette. Afin de ne pas être attrapés et ne pas créer d’ennuis aux autres juifs qui utilisaient le même stratagème, ces juifs ‘contraints’ évitèrent d’être en contact les uns avec les autres.
Néanmoins, la veille de Yom Kippour, en dépit de l’extrême danger de la chose, ils se réunissaient dans des sous-sols secrets afin de recevoir sur eux -en étant rassemblés- la sainteté du jour et de demander pardon au Créateur d’avoir pris l’apparence de ‘fauteurs’ durant toute l’année.
Cette courte formule de « prier avec les fauteurs » est donc dite en souvenir de cette époque où la gloire et la puissance juive furent conservés dans le plus grand secret. Il est possible que beaucoup parmi nous, provenant d’Espagne, d’Italie, de France, d’Allemagne et aussi d’Europe de l’Est, soyons les descendants de ces juifs ‘contraints’ au nom desquels nous prononçons cette phrase qui introduit les prières de la nuit de Kippour.
Le déroulement de la prière de « Col Nidré »
- Le responsable de la synagogue (Gabaye) se tient debout sur l’estrade centrale et vend aux enchères les Mitsvotes de tenir les rouleaux de la Torah durant le « Col Nidré ». c’est une grande Mitsva d’acheter le port du premier rouleau de la Torah.
- On ouvre l’arche sainte et l’on sort 3 rouleaux de la Torah que l’on remet dans les bras des 3 personnes qui ont acheté le mérite de les porter.
- Deux des trois personnes qui portent les rouleaux de la Torah, se placent chacun à droite et à gauche de l’officiant et la troisième à côté d’eux.
- Toute l’assemblée récite ensemble le psaume 97 : « D-ieu règnera, la terre se réjouira ».
- L’officiant commence sa prière en disant à voix haute les deux derniers versets de ce psaume : « La lumière resplendira sur le juste et la joie sur ceux qui ont le cœur droit » et « Réjouissez-vous en D-ieu les justes et louangez le souvenir de Sa sainteté ».
- L’officiant dit très doucement : « Avec le consentement de D-ieu … nous déclarons qu’il est permis de prier avec les fauteurs », néanmoins les personnes à côté de lui, qui tiennent les rouleaux de la Torah, doivent bien l’entendre.
- Puis l’officiant commence la prière de « Col Nidré » avec la mélodie traditionnelle et la répète afin de la dire 3 fois, accompagné par l’assemblée qui la récite à voix basse.
- Après « Col Nidré », l’officiant et l’assemblée disent 3 fois :
- L’officiant dit : « Pardonne s’il-Te-plait la faute de ce peuple … et là-bas il est dit », et l’assemblée répond 3 fois : « D-ieu dit : J’ai pardonné comme tu l’as dit ».
- Puis l’officiant récite la bénédiction de « Shéhé’héyanou » et toute l’assemblée la récite en même temps que lui mais assez rapidement pour la terminer avant lui et pouvoir répondre « Amen » à sa bénédiction.
- Les femmes ne diront pas cette bénédiction de « Shéhé’héyanou » à ce moment-là car elles l’ont déjà dites lorsqu’elles ont allumé les bougies.
- On remet les rouleaux de la torah dans l’arche sainte et l’on se prépare à faire la prière du soir.
« Et nous pardonnerons à toute l’assemblée des enfants d’Israël et à l’étranger parmi eux, car tout le peuple l’a fait involontairement ».
La prière du soir
On commence comme une prière du soir habituelle en récitant « Shir Hamaalote » et « Barékhou » puis la récitation du « Shéma Israël » et de ses bénédictions.
Lorsque Kippour tombe un Shabbat, on commence avec le psaume « Mizmor Lédavid », « Lékha Dodi » et les autres passages de la prière du Shabbat.
- Après la première phrase du « Shéma Israël », on récite la deuxième phrase de « Baroukh Shem Kévode Malkhouto Léolame Vaède » à voix haute (contrairement à tous les autres jours de l’année) car ce verset appartient au « chant des anges » et qu’en ce jour de Kippour, le peuple d’Israël ressemble à des anges.
On fait la prière de la « Amida » particulière de Yom Kippour dans laquelle -comme pour toutes les prières de ce jour- nous citons de nombreux versets provenant des 24 livres de la bible (Tanakh) qui parlent de la grandeur exaltée de D-ieu et de Sa royauté dans le monde et du fait qu’Il excuse et pardonne les fautes de Son peuple Israël.
« Vidouye »
À l’intérieur de la « Amida », juste avant sa fin, nous rajoutons le « Vidouye – confession » spécial des prières de Yom Kippour qui contient le texte de « Ashamnou, Baguadnou » et le passage de « Al ’Hète » et autres. Nous confessons nos fautes et demandons à D-ieu de les racheter et d’accepter notre repentir.
- Il faut se pencher un peu en avant au moment où l’on récite le Vidouye.
- Durant la récitation des différentes fautes dans le « Vidouye », il faut les regretter sincèrement et décider avec son cœur de ne plus les recommencer à l’avenir.
- Au moment où l’on récite le passage de « Al ‘Hète Shé’hatanou – pour les fautes que nous avons faites », de même au moment de « Séla’h Lanou, Mé’hal Lanou » et « Véal ‘Hatayime » on a l’habitude de se frapper sur le cœur avec le poing.
Lorsque Yom Kippour tombe le Shabbat, on récite à cet endroit les prières habituelles d’après la « Amida » : « Vayekhoulou », la bénédiction « À 7 facettes », « Baroukh ata … Koné Chamayim Vaarètse » et celle de « Maguène Avotes ».
Après la Amida, on dit quelques textes déjà connus (car on les a récités durant les prières des Séli’hotes commencées au mois d’Éloul) et on rajoute des chants, des poèmes et des textes de prières dont le dénominateur commun est la demande de pardon au Saint béni soit-Il, Le Roi de tous les rois et Créateur du monde.
Voici quelques extraits de ces textes :
- « Que monte notre supplication … qu’arrive notre complainte » : Ce chant est composé en sens inverse de l’ordre alphabétique (sa 1ère phrase commence par la dernière lettre de l’alphabet et chaque phrase qui suit commence par la lettre précédente). Il parle du fait que nous élevons nos supplications et nos demandes « depuis le soir », en passant par « le matin », pour arriver à leur fin « jusqu’au soir ».
- « Car nous voici comme le matériau » : C’est un des chants les plus célèbres du soir de Kippour, il compare l’homme à un « matériau » dans les mains de celui qui le forme, une pierre dans les mains du tailleur, un gouvernail dans les mains du marin et de l’argent dans les mains de l’orfèvre. Le point commun de toutes ces paraboles est que nous nous remettons entièrement entre les mains du Créateur, pour le meilleur et pour le mieux, et nous Lui demandons de se rappeler de l’alliance qu’Il a contracté avec notre patriarche Abraham et de ne pas tenir compte de notre inclination au mal (Yetsère Hara) qui essaye de nous faire chuter à chaque instant.
La fin de la prière
Après avoir récité « Al ‘Hète » et les « Séli’hotes » supplémentaires, on ouvre l’arche sainte et on dit tous ensemble la prière de « Avinou Malkénou ».
Lorsque Yom Kippour tombe le Shabbat, on ne dit pas « Avinou Malkénou ».
On ferme l’arche sainte et toute l’assemblée dit ensemble le psaume 24 : « Chant de David, à D-ieu est la terre et tout ce qu’elle contient » et l’officiant termine en disant à haute voix les derniers versets.
Lorsque Yom Kippour tombe le Shabbat, on dit « Chant de David, D-ieu est mon berger, je ne manquerai de rien ».
On finit la prière du soir avec « Alénou Léshabéa’h » et « Al Tira ».
- On a l’habitude de souhaiter à son prochain : Gmar ‘Hatima Tova – bonne signature finale.
- Après la prière, on a l’habitude de réciter les 4 premiers chapitres du livre des Psaumes.
Avant de dormir
On récite les textes de « La prière du Shéma avant de se coucher » comme chaque Shabbat et fêtes puis on dit 9 chapitres des psaumes (du 123 au 132).
- Étant donné qu’un jour très chargé de prières nous attend, il convient de se coucher tôt afin de pouvoir être concentré le lendemain et ne pas somnoler durant les prières, D-ieu préserve.
Le matin de Yom Kippour
Au réveil, on est obligé de se ‘laver les mains’ comme chaque matin. Cependant, on ne versera de l’eau que sur les doigts jusqu’à la paume, et pas sur toute la main comme on le fait d’habitude.
Après s’être essuyé les mains avec une serviette, on peut passer celle-ci sur les yeux afin d’enlever les petits résidus qui se sont formés durant la nuit.
Il faut se rappeler de ne pas se brosser les dents ni se rincer la bouche, car cela fait partie des actes de mortification (Inouyime) de Yom Kippour.
Durant les bénédictions habituelles du matin, on omet celle de « Shéassa Li Col Tsorki – qui m’a octroyé tous mes besoins » qui correspond généralement au fait de mettre des chaussures. Or, nous n’avons pas le droit de porter des chaussures en cuir Kippour.
La prière du matin
- Avant de commencer la prière du matin, on met un ‘Talite’ sur lequel on fera la bénédiction et qu’on portera toute la journée jusqu’à la fin de la prière de la « Néïla ».
La prière du matin commence comme celle du Shabbat, on dit : les « Korbanotes », « Hodou », « Péssouké Dézimra », on rajoute le psaume « Shir Hamaalote » avant de dire « Barékhou » , on continue avec le « Shéma Israël » et ses bénédictions et c’est seulement au moment de la « Amida » qu’apparaîtront ,dans le Ma’hzor, les premiers passages appropriés à Kippour.
La « Amida » du matin est identique à celle de la veille au soir. Ensuite l’officiant commence à voix haute sa répétition qui contient de nombreux ajouts de prières et de chants supplémentaires en l’honneur de Yom Kippour.
Du fait de ces ajouts, la répétition de la Amida du matin par l’officiant dure longtemps. Certains passages sont récités debout et d’autres en étant assis. Certains avec la porte de l’arche sainte ouverte et d’autres alors qu’elle est fermée. Toutes les indications nécessaires à ces variations se trouvent dans la Ma’hzor.
Passages principaux de la répétition de la « Amida » du matin
- « Tu es Toi notre D-ieu, dans le ciel et sur terre … Tu résides dans les cieux, la terre est suspendue selon Ton bon vouloir » : Ce chant est écrit selon l’ordre alphabétique et il parle de la grandeur et de l’élévation de D-ieu.
- « Dites à D-ieu … les actions de D-ieu » : Ce long chant est lui aussi composé selon l’ordre alphabétique, on y parle de la puissance et de la royauté de D-ieu sur toute la création.
- « À D-ieu qui établit le jugement, qui introspecte les cœurs le jour du jugement … À Lui qui protège ceux qu’Il aime durant le jugement, qui soutient les gens intègres le jour du jugement » : Ce chant décrit les actions de D-ieu durant le jour du jugement, Il se souvient, excuse et pardonne Son peuple Israël. Il est lui aussi écrit selon l’ordre alphabétique.
On dit le « psaume du jour » selon le jour de la semaine dans lequel on se trouve et ensuite on passe à la lecture de la Torah.
La lecture de la Torah
On ouvre l’arche sainte et on sort deux rouleaux de la Torah. Au moment de l’ouverture on dit comme d’habitude les passages de « Ata Horéta » et « Vayehi Binesoa » mais l’on rajoute la récitation – trois fois de suite- des 13 attributs de la Miséricorde Divine : « Hashem, Hashem, E-l Ra’houm Vé’hanoune … – Éternel, Éternel, D-ieu miséricordieux et magnanime… » et ensuite on rajoute une demande personnelle : « Maitre du monde, réponds aux souhaits de mon cœur pour le bien… »
Pour le premier rouleau de la Torah (Séfère Torah), six personnes montent et on lit le passage de qui parle de la dévotion du Grand-Prêtre (Cohen Gadol) dans le Beit Hamikdash le jour de Kippour. Ce passage se trouve dans la Parasha de « A’haré Mote ».
Dans le deuxième rouleau de la Torah, une personne est appelée pour la montée du « Maftir » et on lit un passage qui traite des offrandes de Yom Kippour dans la Parasha de « Pin’has ».
Après la levée du deuxième Séfère Torah (Agbaa) et l’avoir enroulé et fermé, la personne qui est montée à la Torah récite les bénédictions de la « Haftara » et il la récite : c’est un passage du livre d’Isaïe qui parle des jeûnes et des abstinences et dont le message correspond à la nature de ce saint jour.
Une fois la récitation terminée, il récite les bénédictions habituelles qu’on dit après la lecture de la Haftarah et rajoute la bénédiction particulière de « Al HaTorah Véal Haavoda » correspondant à « Yom Hakippourim Hazé – ce jour de Kippour ».
Lorsque Yom Kippour tombe un Shabbat, on lit ici « Yékoum Pourkane » et « Mi Shébérakh ».
« Yizkor » – le souvenir des mes
Après la lecture de la Torah, on dit une prière spéciale en souvenir des âmes des défunts qui sont partis de ce monde et l’on mentionne leur nom. Elle commence par les mots : « Yizkor Élokim – D-ieu se souviendra ». Celui qui a deux parents en vie sort de la synagogue où ne restent que ceux qui sont orphelins d’un ou des deux parents.
Le contenu de cette prière est la demande à D-ieu qu’Il se ‘souvienne’ de l’âme du ou de la défunte afin de la faire rentrer au Gan Eden en retour du fait que nous donnerons de la charité pour l’élévation de son âme après la fête.
En hébreu, Kippour est appelé « Yom Hakippourim – jour des expiations (au pluriel) » car il sert d’expiation pour les vivants et également pour les morts.
- À la fin de la mention du nom des défunts, tous ceux qui étaient sortis reviennent à la synagogue pour continuer la prière et on dit « Av Hara’hamim ».
La prière de Moussaf
On dit « Ashré Yoshevé Vétékha » et l’officiant prend le deuxième rouleau de la Torah (celui du « Maftir ») et il dit « Yéhallélou » que la communauté reprend. On rentre le rouleau de la Torah dans l’arche sainte et l’on se prépare à la prière de Moussaf.
Avant cette prière, l’officiant récite un passage particulier qui commence par les mots : « Me voici, je suis pauvre et vide » dans laquelle il demande la bénédiction divine pour l’accompagner dans la réussite de sa prière en tant que représentant de toute l’assemblée qui se trouve avec lui.
De la même manière que celle du matin, la prière de Moussaf est abondante en citations de versets de la Bible qui parlent de la grandeur exaltée du Saint béni soit-Il et de Sa royauté sur le monde ; ainsi que des passages qui rappellent que D-ieu pardonne et excuse les fautes de Son peuple Israël.
Passages principaux de la répétition du Moussaf
- « Dites à D-ieu … les actions de D-ieu » : Ce long chant est lui aussi composé selon l’ordre alphabétique, on y parle de la puissance et de la royauté de D-ieu sur toute la création.
- « Dans la crainte de Toi … et Tu veux notre louange ». Ce chant composé selon l’ordre alphabétique traite de l’absurdité (si l’on peut dire) du fait que le Créateur -si infiniment grand- a décidé qu’Il désire justement la louange de créatures comme nous, faites de chair et de sang et si éloignés de la vérité divine.
- Le célèbre chant « Ounetané Tokèfe » dont nous avons parlé en détail dans la prière de Rosh Hashana (voir précédemment).
- « Et tous ceux qui croient qu’Il est D-ieu digne de confiance » : Ce chant composé lui-aussi selon l’ordre alphabétique parle de la confiance en D-ieu sur le fait qu’Il puisse faire absolument tout ce qu’Il veut. Qu’Il est Juste, Droit et un Juge d’équité.
Avant le « Sédère Haavoda » qui décrit le service divin particulier du Grand-Prêtre au Temple (Beit Hamikdash) le jour de Kippour, on ouvre l’arche sainte et l’assemblée récite ensemble la prière de « Alénou Léshabéa’h » durant laquelle on se prosterne devant le Créateur.
- Étant donné qu’il est interdit de se prosterner à-même le sol, on étendra une serviette ou autre chose devant soi.
- Au moment où l’on prononce le mot « Koréïme » on se met à genoux et on se prosterne en avant au moment où l’on dit « Mishta’havime » de manière à ce que notre tête repose sur la serviette et que notre corps soit soutenu par nos mains.
Le « Sédère Haavoda »
Lorsque le Temple était là, le jour de Kippour était le plus significatif en termes des service divins qui y étaient pratiquées ce jour-là. Le « Cohen Gadol – Grand-Prêtre » était le responsable en-chef des dévotions et il les faisait lui-même. Le « Sédère Haavoda – déroulement de la dévotion » se trouve dans le Ma’hzor de prières de Kippour, on y décrit en détail et minutieusement les dévotions de ce jour saint et l’ordre dans lequel elles étaient pratiquées.
Lors du « Sédère Haavoda », on se met à genoux et l’on se prosterne plusieurs fois au moment où l’on exprime le fait que les prêtres et le peuple se prosternaient au Beit Hamikdash durant les dévotions du Grand-Prêtre.
Identiquement à « Alénou Léshabéa’h », on doit aussi avoir une serviette ou un tissu étendu devant soi pour se prosterner, ce que l’on fait au moment où l’officiant dit : « Ils se mettaient à genoux et se prosternaient en tombant sur leur visage ».
L’officiant continue de relater jusqu’à la fin la dévotion du Grand-Prêtre et son retour en paix à la maison : « Comme était magnifique le Cohen Gadol lorsqu’il sortait en paix du ‘Kodesh’ (endroit dans le Temple) ».
Ensuite, on dit des prières durant lesquelles on s’étend sur le fait qu’aujourd’hui le Beit Hamikdash soit détruit et que -par nos fautes- nous n’avons plus le mérite d’assister aux dévotions du Cohen Gadol le jour de Kippour.
Les dix justes assassinés par les romains
Dans la suite du « Sédère Haavoda » et dans l’optique de ces passages de la prière qui parlent de la grande souffrance de l’exil, nous racontons l’assassinat extrêmement cruel de dix justes (Tsadikim) faisant partie des plus grands, par les romains au moment ou ils occupaient la terre d’Israël.
La description en détail de cette histoire se trouve dans le Ma’hzor dans le texte qui commence par les mots : « Élé Ézkéra – ceux-là je rappelle »
La bénédictions des Cohanim
On termine le Moussaf avec la « Birkate Cohanim – bénédiction des Cohanim ».
Comme à Rosh Hashana, durant cette bénédiction l’assemblée récite une prière spéciale -dans l’espoir que nos rêves se concrétisent pour le bien- qui commence par les mots « Ribono Chel Olam – Maître du monde ». Elle est dite au moment où les Cohanim chantent les mots « Véyassem Lékha Chalom – D-ieu mettra la paix sur toi » à la fin de la bénédiction.
La fin de la prière
Après la fin de la dernière bénédiction de la Amida : « Sim Chalom », on ouvre l’arche sainte et l’officiant déclare à voix haute : « Hayom Téamétsénou, Hayom Tévarékhénou … Hayom Tékabel Béra’hamime ou Bératsone Ète Téfilaténou – Aujourd’hui adopte-nous, aujourd’hui bénis-nous … aujourd’hui accepte nos prières avec compassion et volonté » etc. L’assemblée répond « Amen » à chaque phrase et la répète ensuite. On a l’habitude de se réjouir et de chanter entre chaque phrase, dans la joie et la certitude que D-ieu a accepté nos prières.
- Après le Moussaf, on ne dit pas « Eine Kélokénou » et « Alénou Léshabéa’h » qui ne seront dit qu’à la fin de la journée, après la prière de la « Néïla ».
- On dit le psaume 20 puis les psaumes du jour du mois (de 55 à 59) et l’on rajoute les psaumes 133 à 141 et les « six souvenirs ».
Dans de nombreuses synagogues, on a l’habitude de faire une courte pause entre les prières du matin et de moussaf et celles de l’après-midi et de la « Néïla ». La durée de cette pause dépend des horaires de prières fixés par les responsables.
La prière de l’après-midi
On commence la prière de l’après-midi (Min’ha) avec les « Korbanotes » et on passe directement à la lecture de la Torah sans dire « Ashré » et « Ouva Létsione ».
On sort un rouleau de la Torah de l’arche sainte et on fait monter 3 personnes pour cette lecture qui parle des « unions interdites » entre membres de la famille dans la Parasha de « A’haré Mote ».
Pour la Haftarah on lit le livre de Jonas (Yona) dont les thèmes sont la Mitsva de Téshouva et le fait que qu’il soit offert à chacun la possibilité de se repentir de ses mauvaises actions, même si un mauvais décret avait été décidé le concernant, comme ce fut le cas pour les habitants de la ville de Ninive dont parle la Haftarah.
Le livre de jonas en résumé
D-ieu ordonne au prophète Jonas Ben Amitaï d’aller dans la ville de Ninive (Ninevé) et de prévenir ses habitants de sa destruction imminente à cause de leurs comportements. Jonas essaye de ‘s’enfuir’ de D-ieu afin de ne pas avoir à leur annoncer cette tragique prophétie.
Il prend un bateau qui voyage au-loin, cependant la mer commence à se déchainer et « le bateau est sur le point de se briser ». Les marins jettent les objets lourds à la mer en espérant que cela améliorera leur situation mais sans succès. Ils font alors un tirage au sort pour savoir qui est la personne responsable de cette énorme tempête et « Le tirage au sort tomba sur Jonas ».
Jonas leur répond qu’il sait : « c’est à cause de moi cette grande tempête ». Il leur conseille de le jeter par-dessus bord pour que « La mer se calme ». La mort dans l’âme, ils prient le ciel que D-ieu les excuse de ce qu’ils s’apprêtent à faire : jeter Jonas dans les profondeurs de la mer : « Car Tu es l’Éternel, ce que Tu as désiré, Tu l’as fait ».
Une fois Jonas à l’eau, un énorme poisson arrive et l’avale vivant. « Et Jonas resta dans les entrailles du poisson 3 jours et 3 nuits ». À l’intérieur du ventre, il fait ne prière émouvante de remerciements au Créateur et il L’implore de le pardonner.
D-ieu accepte la prière de Jonas et ordonne au poisson de le ‘vomir’ sur le rivage. Le Créateur se tourne une deuxième fois vers Jonas et lui ordonne d’accomplir sa mission d’aller prévenir les gens de Ninive que dans 40 jours la ville sera détruite. Cette fois-ci Jonas obéit à D-ieu et il traverse les rues de la ville en proclamant sa prophétie.
Les gens de la ville, et à leur tête le roi de Ninive, se repentent immédiatement et décrètent un jour de jeûne. Ils ab
