Introduction
Le cortège funèbre – Lévaya
La « Lévaya » est la cérémonie durant laquelle les membres de la famille et les connaissances du défunt accompagnent le corps jusqu’à son lieu de repos éternel.
La Lévaya peut démarrer de votre maison. Les participants s’y rassembleront pour partir vers le cimetière. Elle peut aussi commencer à partir de la salle des oraisons funèbres (Hèssepédim) située au cimetière. Il y a lieu de prendre en compte qu’une Lévaya qui part de la maison nécessite une préparation logistique un peu plus importante : transporter le corps de manière respectueuse de la maison au cimetière, la fatigue supplémentaire du trajet pour le public présent dans votre maison qui devra arriver au cimetière par ses propres moyens ou par un transport organisé.
- Si votre maison est située à proximité d’une synagogue, il sera bon de s’arrêter à côté de celle-ci et de lire quelques chapitres des psaumes puis réciter le Kaddish (si dix hommes adultes sont présents à ce stade).
La programmation de la Lévaya
Il faut programmer la Lévaya le plus tôt possible après l’enterrement – sauf si l’honneur donné au défunt sera plus grand si on la retarde, comme par exemple : attendre l’arrivée de membres de la famille qui habitent très loin ou dans un autre pays, permettre la préparation du cercueil – arone ? et du linceul, prendre le temps de faire savoir le décès à tout le monde.
Bien évidemment, d’autres éléments qui ne sont pas liés à l’honneur du défunt doivent être pris en compte comme : Le temps des formalités administratives, la préparation du lieu de la sépulture, des impératifs propres au pays dans lequel vous résidez, la transgression possible du Shabbat et autres.
- L’enterrement contient de nombreux actes interdits le Shabbat, par conséquent l’enterrement en ce jour est interdit peu importe la situation dans laquelle vous vous trouvez.
Si vous désirez retarder la date de l’enterrement, ne le décidez pas tout seul. Prenez conseil auprès d’un rabbin compétent en la matière qui vous donnera une perspective plus large et vous aidera à faire le bon choix.
L’affiche annonçant le décès
Vous pourrez demander de l’aide à la ‘Hévra Kaddisha afin de préparer le contenu de l’affiche annonçant le décès et de savoir où placer ces affiches dans le quartier du défunt.
Le choix de l’endroit de la sépulture
Les membres de la famille doivent décider à l’avance de l’endroit où ils préfèrent que le défunt soit enterré. Il y a plusieurs éléments à prendre en considération avant de choisir un cimetière : le prix de la parcelle, si l’on compte enterrer une autre personne à côté du défunt, le coût d’un enterrement situé à une longue distance.
- Si cela est possible, c’est une bonne chose que le défunt soit enterré dans un cimetière où reposent des autres membres de sa famille.
Les préparations à l’enterrement
Avant la Lévaya, il y a lieu de prévoir :
- L’annonce de la tenue de la Lévaya (précisant le nom du défunt, l’heure et l’endroit de l’enterrement) afin que les connaissances et amis puissent venir l’honorer par leur présence.
- La tenue d’un programme de discours en souvenir du défunt ou de messages d’adieu prononcés par des membres de la famille ou des amis. Il faut prévoir qui parlera et quand et combien de temps la personne parlera.
Si un grand nombre de personnes est attendu, il faudra aussi prévoir un système de son avec un micro.
Si l’enterrement a lieu le soir, il faudra penser à un éclairage.
- Il ne faudra pas multiplier les paroles de louanges et en particulier ne pas dire de louanges exagérées ou incorrectes. Cela provoque de la souffrance au défunt.
- Préparer les sièges appropriés à la période de la Shiva (nous en parlons par la suite) qui commence immédiatement après l’enterrement.
- Pour les enfants et toutes les personnes qui devront réciter le Kaddish (prière pour le défunt), il est conseillé de préparer le texte afin de le connaître un peu.
La cérémonie de la Lévaya
La cérémonie du cortège funèbre et de l’enterrement doit se passer de la meilleure manière qui soit en présence des membres de la ‘Hévra Kaddisha et du rabbin qui accompagne la cérémonie au nom de la famille.
- Juste avant le commencement de la Lévaya, on demandera à un proche du défunt d’identifier le corps afin de vérifier qu’une erreur ne s’est pas produite et que ce n’est pas une autre personne qui se trouve dans le linceul.
- Afin de respecter l’honneur du mort, il faut s’abstenir de manger durant la cérémonie.
- Il est demandé aux participants de mettre leur portable en mode silencieux et de ne pas répondre à un appel quelconque pendant la Lévaya.
- Étant donné qu’on procèdera à la déchirure du vêtement des endeuillés, celui qui ne désire pas déchirer le vêtement qu’il porte actuellement pourra mettre un vêtement différent avant le commencement de la Lévaya.
- Ce vêtement déchiré sera porté durant toute la période des sept jours de la Shiva qui suit l’enterrement. Vérifiez qu’il soit suffisamment confortable et assez chaud en vue de ces sept jours.
- La Lévaya est une cérémonie religieuse. Par conséquent, en l’honneur de cet évènement et en l’honneur du défunt, il faudra y assister en étant habillé de manière pudique.
- La déchirure du vêtement se fait juste après que les participants à la Lévaya se soient rassemblés au cimetière, avant de commencer la procession vers le lieu de l’enterrement.
- Un membre de la ‘Hévra Kaddisha vous aidera en déchirant un peu le vêtement sur le côté supérieur à l’aide d’un couteau ou autre ustensile coupant. Puis vous continuerez en le déchirant à la main.
- Si personne n’est là pour vous aider, vous pourrez faire la Krya vous-même.
- La déchirure doit se faire en se tenant debout. Si l’un des endeuillés est une personne malade ou très âgée, ou qu’elle ait des difficultés à se tenir debout, il pourra la faire en restant assis.
- Avant la déchirure on prononcera la bénédiction suivante : « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Dayane Haémète – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu Roi du monde Juge de vérité ».
- Tous les membres de la famille au premier degré doivent procéder à la Krya.
- Les vêtements déchirés devront être portés tout au long de la Shiva.
- S’il vous faut rajouter d’autres vêtements par la suite, pour des raisons de froid ou autre, il ne sera pas nécessaire de les déchirer.
- On n’aura pas besoin de déchirer les vêtements de nuit (pyjama).
- Les enfants en-dessous de l’âge de six ans ne déchireront pas leur vêtement. Il convient de le faire pour eux, une petite déchirure, afin de faire ressentir à leur cœur un peu de douleur et d’amertume.
- Il y a de nombreuses règles concernant la Krya, les membres de la ‘Hévra Kaddisha vous les feront connaître le moment venu.
- L’assemblée récite ensemble le chapitre 17 des psaumes et ensuite les endeuillés disent la prière du Kaddish des orphelins.
- Ensuite on lève le brancard où se trouve le défunt et l’on se dirige vers le lieu de la sépulture.
- En chemin, l’assemblée s’arrête pour réciter le psaume 91 (« Yoshève Bésétère Élyone »), certains ajoutent la prière de « Ana Békoa’h ». S’il s’agit d’une femme, certains ont l’habitude de réciter le texte de « Éshète ‘Hayil – La femme vaillante ».
- Lorsqu’on arrive à l’endroit de la sépulture, un des accompagnateurs dira à voix haute le texte du Chapitre des Pères (Pirké Avotes) qui commence par « Akavia ben Mahalalèle a dit… ».
- Juste après la récitation de ce texte, les endeuillés réciteront le Kaddish des orphelins une nouvelle fois.
- Après avoir placé le corps dans la fosse, on le recouvrera de terre. C’est une Mitsva de participer au recouvrement du corps avec de la terre. Les membres de la ‘Hévra Kaddisha auront apporté des pelles qui permettront aux membres de l’assemblée de participer à cette Mitsva.
- Une fois que la sépulture est entièrement recouverte de terre, l’officiant dira le texte du « Tsiddouk Hadine – justification du jugement » : « Notre Rocher (D-ieu), Ses actions sont parfaites et toutes ses voies sont justes… » puis le chapitre 16 des psaumes (les jours où les ‘Ta’hanounim – supplications’ ne sont pas récitées pendant la prière normale, on ne dira pas le texte du « Tsiddouk Hadine »). Ensuite un Kaddish spécial sera prononcé à l’aide d’un des membres de la ‘Hévra Kaddisha.
- Puis l’on récitera le Kaddish des orphelins (Yéhé Shélama).
- On dira la prière « El Malé Ra’hamim – D-ieu plein de compassion ».
- Un des membres de la ‘Hévra Kaddisha récitera le texte institué de la demande de pardon au défunt. Ce texte contient sa libération de toute confrérie ou organisation à laquelle il appartenait.
- Avec leur main gauche, les participants posent une petite pierre sur le monticule de terre qui recouvre le défunt. Cette coutume symbolise le fait que le souvenir du défunt reste gravé dans leur cœur. Puis l’on quitte le lieu de la sépulture.
- Après l’enterrement, si les endeuillés portent des chaussures en cuir, ils doivent les ôter et les remplacer par des chaussures en tissu ou en plastique. Ils ne pourront plus porter de chaussures en cuir jusqu’à la fin des sept jours de la Shiva (sauf le Shabbat).
- Juste après l’enterrement, les participants disent des paroles de consolation aux membres proches de la famille (après que ceux-ci aient changé leurs chaussures). Les endeuillés se tiennent en ligne avant la sortie du cimetière et reçoivent les consolations du public. Il faut leur permettre de vous consolez. Dans de nombreux endroits, on a coutume de procéder ainsi : les participants forment deux rangées l’une en face de l’autre et les endeuillés passent au milieu pour recevoir leurs paroles de réconfort.
- En sortant du cimetière, il faudra se laver les mains de manière alternative (droite-gauche trois fois de suite) à l’aide de l’ustensile à poignets destiné à cet effet. En Israël, la majorité des cimetières disposent de ces ustensiles. On a l’habitude de ne pas s’essuyer les mains avec une serviette.
- Il faut préciser que même si le Cohen a le droit de se rendre impur pour l’enterrement d’un membre de sa famille au premier degré, il n’a pas le droit de le faire pour aucune autre personne. Par conséquent, il lui est interdit de rentrer dans un cimetière car de nombreux défunts s’y trouvent, il se rendrait impur à cause de cela. C’est la raison pour laquelle on a l’habitude d’enterrer les Cohanim (pluriel de Cohen) à ciel ouvert aux extrémités des cimetières afin de permettre aux membres de leur famille de s’approcher à une distance de deux mètres de la tombe sans avoir à toucher ou passer à côté d’autres tombes, ni se retrouver sous le même toit que d’autres défunts.
La déchirure du vêtement – Krya
Au début de la Lévaya, il faudra procéder à la déchirure du vêtement que l’on porte, cet acte est appelé « Krya » en Hébreu. Cela est fait en tant que signe de votre deuil et de votre souffrance de la perte d’un être cher. La déchirure sera faite à l’aide des membres de la ‘Hévra Kaddisha.
Où et combien de centimètres de tissu déchire-t-on ?
Si l’on est en deuil d’un de ses parents, la déchirure se fera sur le côté gauche supérieur du vêtement et devra faire au moins 8 centimètres. On déchirera tous les vêtements du haut (sauf un tricot de corps, un Tsitsite Katane, un pull ou un manteau).
S’il s’agit d’un autre membre de la famille pour lequel on doit suivre les règles du deuil (comme un frère), on déchirera le côté supérieur droit mais uniquement du vêtement que l’on porte au-dessus des autres.
Les règles de la Krya
Le déroulement de la Lévaya
Après l’enterrement
La Séoudate Havraa – Le premier repas après l’enterrement
Après la Lévaya, une fois rentrés à la maison, les endeuillés doivent manger un repas appelé « Séoudate Havraa – repas de récupération ». Ce repas est préparé en leur faveur par des amis ou des connaissances.
Le but de ce repas est d’offrir aux endeuillés un petit repas nourrissant en ce jour difficile et leur montrer par cela que l’on se préoccupe de leur bien-être et que l’on pense à eux. Si personne n’est présent pour le faire, l’endeuillé mangera de sa propre nourriture.
Lors de ce repas, il convient de préparer des aliments ayant une forme ronde afin de symboliser que la vie est une roue qui tourne. Par exemple des œufs durs, des olives ou des pois-chiches. Il est bien que l’on mange aussi du pain en même temps.
Les Cohanim
D-ieu a interdit au Cohen de se trouver en présence d’un mort (au minimum deux mètres de distance) ou de se trouver dans une maison où il y a un mort, même si cette résidence est immense et que la distance entre le mort et le Cohen soit considérable. Le fait de toucher un mort, une tombe, ou de rester dans la même maison que le corps ou par exemple sous une même branche d’arbre, est appelé « Touma – impureté » par le judaïsme.
Malgré cela, si un Cohen perd un parent proche au premier degré (père, mère, frère, sœur, époux, épouse, fils ou fille), il lui est permis de rester près du défunt et d’assister à la Lévaya.
