Le « Ma’hzor »
Le « Ma’hzor – périodique » est le surnom qu’on donne au livre de prières destiné à Rosh Hashana et Yom Kippour car ces prières reviennent ‘périodiquement’ chaque année.
La prière de l’après-midi – Min’ha
On fait la prière habituelle de Min’ha mais sans réciter les supplications (Ta’hanoun).
On commence avec les « Korbanotes » puis « Ashré », la prière de la « Amida », le psaume « Lédavid Hashem Ori Véïchi » et on termine avec « Alénou Léshabéa’h » et « Al Tira ».
Étant donné que cette prière est la dernière de l’année, il convient de la faire ‘comme il faut’ en la prolongeant un peu et en se concentrant bien sur le sens des mots.
Entre la prière de l’après-midi et celle du soir
En ce moment très particulier du changement de l’année, Il faut multiplier la récitation de psaumes et se repentir du fond du cœur pour toutes les mauvaises choses qui ont été faites durant l’année. Ainsi, à l’approche de la prière du soir de Rosh Hashana, nous nous présenterons encore plus ‘propres’ et ‘purs’ pour ce nouveau début.
La prière du soir – Arvite
On commence la prière du soir avec le psaume « Shir Hamaalote » puis on dit « Barékhou ».
Lorsque Rosh Hashana tombe un Shabbat, on commence Arvite en disant le psaume « Mizmor Lédavid » puis le chant « Lékha Dodi » et d’autres passages relatifs au Shabbat.
On continue avec le « Kéryate Shéma » et ses bénédictions pour arriver à la prière de la « Amida ».
Identiquement à la Amida du Shabbat, celle de Rosh Hashana a sept bénédictions, cependant la troisième bénédiction est plus longue que d’habitude car elle contient des demandes supplémentaires : l’élévation de la gloire du ciel et de la gloire d’Israël parmi les nations ainsi que la demande que D-ieu règne sur nous et nos actions. Cette bénédiction se termine par les mots « Hamélekh Hakadosh – Roi Saint » au lieu de la formule habituelle utilisée toute l’année : « Ha-El Hakadosh – D-ieu Saint ».
La bénédiction centrale de la « Amida » -la quatrième- commence par les mots : « Tu nous as choisi parmi tous les peuples » et parle de la royauté de D-ieu sur le monde entier. Étant donné que la date de Rosh Hashana est celle de la création de l’homme, nous devons prendre sur nous chaque année le joug de la sainte royauté divine. Cette bénédiction se termine par : « Béni sois-Tu Éternel, qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ».
Le psaume 24 : « Lédavid Mizmor »
Après la prière de la « Amida », l’officiant commence à voix haute le premier verset du psaume 24 : « Chant de David, à D-ieu appartient la terre et tout ce qu’elle contient », puis l’assemblée reprend ce premier verset et termine le psaume entièrement.
Il y a lieu de bien réfléchir au sens des mots de ce psaume étant donné que sa récitation, à ce moment de la prière, est la source de toutes les abondances matérielles de l’année à venir.
Dans de nombreuses communautés, il est surnommé « Birkate Haparnassa – la bénédiction des moyens de subsistance » et selon la tradition, le fait de le dire avec ferveur permet d’ouvrir les canaux célestes de l’abondance matérielle.
Lorsque Rosh Hashana tombe le Shabbat, avant de réciter le psaume 24, on prie les passages habituels du Shabbat : « Vayekhoulou », la bénédiction à sept facettes « Baroukh Ata … Koné Shamayime Vaarètse – Béni sois-Tu … qui crée le ciel et la terre », La bénédiction « Maguène Avotes – bouclier des patriarches ». Après le psaume 24 on dit celui de « Mizmor Lédavid Hashem Rohi Lo E’hsar – chant de David, l’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien ».
À la fin de la prière, on dit « Alénou Léshabéa’h » et « Al Tira » puis chacun se souhaite : « Léshana Tova Tikatev vé Té’hatem – Sois inscrit et signé pour une bonne année ».
Le repas de fête
Lorsqu’on rentre de la synagogue, la table doit déjà être dressée et prête en l’honneur de la fête afin de pouvoir procéder immédiatement au Kiddoush sur une coupe de vin.
- Si Rosh Hashana tombe le Shabbat, on entonne auparavant les chants habituels de « Shalom Alékhème », « Éshète ‘Hayil » et « Mizmor Lédavid » à voix basse.
Le déroulement du Kiddoush
- Il faut se tenir debout pour le Kiddoush que le chef de famille récite en rendant quitte de cette obligation ceux qui sont avec lui.
- On prend la coupe de vin de la main droite et on la transmet à la main gauche. Puis avec la main gauche, on place la coupe au milieu de la paume de la main droite dont les quatre premiers doigts recouvrent le verre et le pouce est comme allongé sur le côté. Il faut tenir la coupe à une hauteur minimum de 24 centimètres au-dessus de la table.
- En commençant la récitation du Kiddoush, il faut regarder les bougies de la fête posées sur la table. Au moment de la bénédiction « Boré Péri Haguéfène – qui a créé le fruit de la vigne », on regarde le vin à l’intérieur de la coupe.
Le Kiddoush est composé de trois bénédictions :
- La formule « Savri Maranane » suivi de la bénédiction sur le vin (Boré Péri Haguéfène).
- La bénédiction « Ashère Ba’har Banou Micol Am … Mékaddesh Israël Véyom Hazikarone – Qui nous a choisi parmi tous les peuples … qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ».
- La bénédiction « Shéhé’héyanou » à la fin du Kiddoush : « Baroukh Ata … Shéhé’héyanou Vékyémanou Véhiguianou Lazémane Hazé – Béni sois-Tu … qui nous a fait vivre, maintenus et fait arriver à ce moment-là ».
- Celui qui a récité le Kiddoush doit boire une moins la quantité de « Réviyite » de vin (8,6 cl) et en donner aux gens présents afin que chacun goûte un peu au vin.
- Après le Kiddoush du père, chaque garçon ayant atteint l’âge de 13 ans peut réciter son propre Kiddoush.
- Lorsque Rosh Hashana tombe un Shabbat, il y a plusieurs différences et rajouts dans le Kiddoush, ils sont mentionnés dans les livres de prières.
Le repas de fête
Après le Kiddoush, tous les participants vont procéder à l’ablution rituelle des mains avant le repas : on prend le récipient de la main droite et on le remplit d’eau puis on le transmet à la main gauche qui verse trois fois de l’eau sur la main droite. Ensuite c’est la main droite qui verse trois fois de l’eau sur la main gauche.
Ensuite on s’essuie bien les mains puis on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Ashère Kidéshanou Bémitsvotav Vétsivanou Al Nétilate Yadayime – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné le lavage des mains ». À partir de ce moment, on n’a plus le droit de parler jusqu’à la bénédiction sur le pain après en avoir consommé.
Le chef de famille prend deux pains entiers dans la main (‘Halotes) et les réunit, puis il récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Hamotsi Lé’hem Mine Haarètse – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu Roi du monde, qui sort le pain de la terre ».
- On trempe le morceau de pain dans du miel et pas dans le sel comme on le fait le reste de l’année. On procède ainsi pour tous les repas de Rosh Hashana. Néanmoins, on mettra quand même du sel sur la table en plus du miel.
On a la tradition de faire des ‘Halotes rondes à Rosh Hashana et de les décorer avec des feuilles de pâte qui forment une sorte de couronne, étant donné que Rosh Hashana est le jour du couronnement de D-ieu en tant que Roi.
Une autre raison est que la forme ronde des pains symbolise le cycle des astres durant les mois de l’année.
Des mets spéciaux
Pour le repas du soir de la fête, on a l’habitude de manger des aliments spéciaux qui symbolisent la douceur, le bien, l’abondance et la bénédiction en vue de la nouvelle année. Ces aliments sont surnommés « Simanimes – des signes ». On les consomme après la bénédiction sur le pain (Hamotsi) après en avoir consommé une tranche de la quantité de « Kazayite », soit 29 grammes.
La pomme : On prend une pomme qu’on trempe dans le miel et on récite la bénédiction « Baroukh Ata … Boré Péri Haètse – Béni sois-Tu … qui a créé le fruit de l’arbre ». Puis avant de la consommer, on dit un « Yéhi Ratsone – que telle soit Ta volonté » : « Que telle soit Ta volonté devant Toi de renouveler une année douce et bonne pour nous ».
- On a l’habitude de ne réciter de bénédiction que sur la pomme. Pour les autres aliments spéciaux, on ne dit que le « Yéhi Ratsone » qui leur correspond.
La grenade : on a l’habitude de manger de la grenade durant le repas car les nombreux grains qu’elle contient symbolisent l’espoir que « nos mérites se multiplient comme les grains de la grenade ».
La tête : de même, on a l’habitude de consommer de la tête de bélier en souvenir du bélier sacrifié par Avraham à la demande de D-ieu, à la place de son fils Isaac.
- Lorsqu’ils ne trouvent pas de tête de bélier, certains ont l’habitude de consommer de la tête d’agneau à la place ou de la tête de poisson car celle-ci symbolise l’abondance et la fertilité, d’autres le font pour exprimer l’espoir que « nous soyons en tête et pas à la queue ».
D’autres aliments aux noms pleins ‘d’allusions’
Les dattes : « afin que disparaissent nos ennemis» (la datte se dit « TAMar » et ‘que disparaissent’ de dit « yiTAMou »).
La betterave : « que nos ennemis soient éliminés » (la betterave se dit « SÉLEK » et que soient éliminés se dit « shéhiStaLEKou »).
- On s’abstiendra de manger des aliments avec du vinaigre ou ayant un goût aigre (comme des cornichons), amer ou piquant.
- On ne récitera pas de bénédiction finale pour tous ces aliments spéciaux car celle-ci sera rendue quitte par la bénédiction après un repas de pain, le « Birkate Hamazone ».
Le « Birkate Hamazone »
- Avant le « Birkate Hamazone » on a l’habitude de laver le bout de ses doigts avec de l’eau contenue dans un récipient (sans valeur particulière et qu’on enlèvera de la table avant de commencer la prière) puis de passer ses doigts mouillés sur les lèvres. Cette coutume s’appelle « Mayime A’haronime – les eaux finales ».
- Si trois hommes ayant dépassé l’âge de la Bar-Mitsva (13 ans) ont participé au repas, on récitera d’abord le passage du « Zimoune » en tant qu’ouverture au « Birkate Hamazone ».
- Le Birkate Hamazone est un remerciement à D-ieu pour la bonne nourriture que nous avons mangée, son texte se trouve dans les livres de prières et dans le « Ma’hzor ».
- On rajoute le passage de « Yaalé Véyavo » dans lequel on mentionne « Béyom Hazikarone Hazé – en ce jour du souvenir ». De même on rajoute le passage suivant dans la série des « Hara’hamane – le Miséricordieux » : « Le Miséricordieux renouvèlera cette année pour nous dans la bonté et la bénédiction ».
La récitation du Shéma – le Kéryate Shéma
Avant d’aller dormir, on récitera la prière du « Kéryate Shéma Al Hamita – la récitation du Shéma au coucher » selon la même version que celle du Shabbat : la bénédiction « Ashkivénou » (jusqu’à « Souccate Shélomékha »), les passages du « Shéma Israël », « Yalézou ‘Hassidim », « Yoshève Bésétère Élyone », « Ana Békoa’h », « Shir Lamaalote » et » Gad Guédoude ».
Diminuer le sommeil
Beaucoup ont l’habitude de ne pas trop dormir pendant les deux jours de Rosh Hashana et plus particulièrement le premier jour, ceci afin de ne pas ‘endormir’ la destinée de l’année à venir. Ainsi que les gens ont l’habitude de le dire : « Comment pourrait-on s’endormir alors que notre jugement a lieu ?! ».
