« Chant de David – D-ieu est ma lumière et mon sauveur »
Depuis le premier jour du mois d’Éloul jusqu’à la fin de la fête de Souccote (le jour d’Hoshaana Rabba) le 21 Tishri, on rajoute la récitation du psaume 27 qui commence par « LéDavid Ha-Shem Ori Véyichi – Chant de David, D-ieu est ma lumière et mon sauveur » après celle du psaume habituel du jour de la semaine. On le récite aussi durant la prière de l’après-midi avant le passage de « Alénou Léshabéa’h »
Ce psaume contient des versets exprimant une foi puissante en D-ieu ainsi que notre amour envers Lui. On y parle aussi de Son attribut de bonté avec lequel Il se comporte envers Ses créatures. Ces thèmes sont particulièrement appropriés au mois d’Éloul durant lequel nous abandonnons notre léthargie spirituelle et nous nous préparons à l’année à venir.
Une autre raison du choix de ce psaume est qu’il contient des allusions sur toutes les fêtes du mois de Tishri. « Ori – ma lumière » correspond à Rosh Hashana (jour de l’an juif) qui est le jour du jugement où s’exprime la ‘lumière’ de sa justice. « Véyichi – Et mon sauveur » correspond à Yom Kippour où D-ieu nous ‘sauve’ en pardonnant toutes nos fautes. Et « Ki Yitspénéni Bésoucco – Car je m’abriterai sous Sa tente » est une allusion à la fête de Souccote.
La vérification des Téfilines et des Mézouzotes
Le mois d’Éloul est approprié pour faire une courte série de ‘vérifications’ en contrôlant que nos Téfilines et nos Mézouzotes sont cashères.
Même si on les a achetés en parfait état, il existe toujours une possibilité que les Téfilines et les Mézouzotes s’invalident étant donné que les parchemins qu’ils contiennent sont écrits à l’encre sur du parchemin, il est possible qu’une lettre en touche une autre ou qu’elle s’efface à cause de la température du soleil ou d’autres raisons, ce qui invalide ces objets saints.
Bien qu’il soit possible de vérifier les Téfilines et les Mézouzotes avec un intervalle de plusieurs années, il est préférable de les faire vérifier chaque année au mois d’Éloul par un scribe diplômé et craignant D-ieu.
Vous cherchez un scribe diplômé (Sofère Stam) ? Vous pourrez trouver dans notre site internet les contacts pour les maisons ‘Habad et les magasins d’objets saints des villes d’Israël. Allez faire vérifier vos Téfilines et vos Mézouzotes : www.yahaduton.com
La sonnerie du Shofar
Depuis le premier jour du mois d’Éloul jusqu’à son dernier jour, la veille de Rosh Hashana (non inclus), on a l’habitude de sonner du Shofar après la prière du matin.
Le Shofar est une sorte ‘d’instrument de musique’ fait généralement à partir d’une corne de bélier évidée. Il a été utilisé par le peuple juif dès le commencement de son existence. Le son du Shofar servait alors d’alerte pour prévenir le peuple d’une sortie en guerre, d’un rassemblement urgent et d’autres évènements de ce genre.
Le son du Shofar est de nature à réveiller et faire trembler le cœur de ceux qui l’entendent. Il est donc naturel qu’il occupe un rôle majeur durant le mois d’Éloul et les dix jours redoutables de Rosh Hashana à Yom Kippour (Yamim Noraïmes). Sa sonnerie nous invite à ‘faire une pause’ par rapport aux pressions de la vie matérielle et à nous rappeler que nous nous trouvons dans un mois où il faut mettre l’accent sur la spiritualité.
- Chaque homme depuis l’âge de 13 ans peut sonner du Shofar s’il connait les lois et principes des sonneries.
- Chaque jour, on doit émettre 10 sonneries dans l’ordre suivant : Tékia, Chévarime, Téroua et Tékia. Tékia, Chévarime et Tékia. Téroua et Tékia.
Nous parlerons par la suite des détails exacts de chacune de ces sonneries.
« Ktiva Vé’Hatima Tova »
Depuis le 15 du mois d’Av et durant tout le mois d’Éloul, on a l’habitude de se souhaiter mutuellement : « Ktiva Vé’Hatima Tova – une bonne inscription et une bonne signature ».
Par cela, nous rappelons à l’autre et à nous-même que Rosh Hashana s’approche et qu’il faut se préparer convenablement afin que le Créateur nous ‘inscrive’ et nous ‘signe’ dans le « Séfère Ha’hayim – Livre de la vie » durant le jour du jugement de Rosh Hashana.
Cette expression est aussi habituellement inscrite à la fin des courriers que nous envoyons à notre famille et nos amis durant cette période. Même si aujourd’hui nos courriers sont faits avec un clavier et envoyés par mail, il sera bien de les terminer en souhaitant « Ktiva Vé’Hatima Tova – une bonne inscription et une bonne signature ».
Trois chapitres des psaumes
Rabbi Israël Baal Shem Tov, le fondateur du mouvement de la ‘Hassidoute, avait l’habitude de réciter trois chapitres des psaumes selon leur ordre chaque jour depuis le premier du mois d’Éloul (Rosh ‘Hodesh) jusqu’au jour de Kippour. Le jour de Kippour lui-même, nous récitons 36 chapitres et terminons ainsi le livre des psaumes (Téhilim) durant ces 40 jours.
- Le premier Éloul, nous récitons les psaumes 1,2 et 3. Le lendemain nous récitons les psaumes 4, 5 et 6. Et ainsi de suite.
- Celui qui a oublié de dire les 3 psaumes du jour pourra les rattraper pendant les jours qui suivent.
Vous ne vous souvenez pas des psaumes à dire aujourd’hui ?
À la fin du livre des psaumes « Ohel Yossef Its’hak » vous trouverez la liste détaillée des psaumes quotidiens.
Le « Heshbone Néfesh – L’introspection de soi »
Durant le cours de l’année nous sommes occupés à servir D-ieu et n’avons pas le temps disponible pour nous arrêter et discerner véritablement où nous en sommes spirituellement. Néanmoins, comme c’est le cas pour chaque ‘occupation’, il convient de s’arrêter de temps en temps et de fixer un moment pour évaluer ‘l’état des lieux’ de nos sentiments, des paroles qui sortent de notre bouche et bien évidemment des actions que nous effectuons. Nous faisons cette introspection afin d’en retirer des enseignements pour l’avenir.
Le judaïsme appelle l’introspection intérieure « ‘Heshbone Néfesh – Le compte de l’âme » (c’est une vérification à l’intérieur de l’âme) et nous propose des moments propices à cette introspection :
Une fois par jour : Au moment de la récitation du « Kriate Shéma Al Hamita », la prière que l’on récite avant d’aller dormir, on vérifie les actions de cette journée qui se termine.
Une fois par semaine : Le jeudi soir, on fait le « ‘Heshbone Néfesh » de la semaine qui vient de passer.
Une fois par mois : Chaque veille de Rosh ‘Hodesh (le premier jour du mois hébraïque), on examine ses actions de tout le mois.
Et une fois par an : Nous consacrons un mois entier -le mois d’Éloul- pour faire le résumé de nos actions de toute l’année, cette pratique ressemble à ‘l‘inventaire du stock’ effectué par chaque entreprise annuellement. On vérifie toute la ‘marchandise’ en faisant le calcul exact des ‘profits’ et des ‘pertes’ afin d’en tirer une expérience pour l’année à venir et faire « Téshouva » (se repentir).
Qu’est-ce que la « Téshouva » ?
Le concept de la « Téshouva » correspond au processus de la réparation intérieure de l’être humain par lequel il regrette ses mauvaises actions et prend sur lui de ne plus les recommencer.
Le mot Téshouva, bien qu’en hébreu il ait le sens de ‘réponse’ à une question, correspond plutôt en ce qui nous concerne à la racine « Chiva » qui signifie un retour vers notre moi divin intérieur et nous fait nous interroger sur qui nous sommes réellement, c’est-à-dire notre âme juive.
Le mot « Téshouva » est composé par les lettres du mot « Tashouv » de l’expression « Tashouv el Hashem – reviens vers D-ieu ».
Le mot « Téshouva » caractérise le fait qu’au moment où nous avons fait une chose inappropriée, cela ne venait pas de notre ‘moi intérieur’ mais de l’écran d’une légèreté passagère qui a réussi, par une manière quelconque, à nous contrôler temporairement et à causer notre mauvais comportement.
Dans le judaïsme, le surnom donné à quelqu’un qui a mal agi et se repent est « Baal Téshouva ». Au sujet d’une telle personne nos sages -de mémoire bénie- ont déclaré : « Là ou un Baal Téshouva se tient, même les justes parfaits ne peuvent se tenir ».
Comment fait-on Téshouva ?
Le processus de la Téshouva comporte les étapes suivantes :
- L’abandon de la faute : en tout premier lieu, il faut cesser la pratique de notre mauvaise action concrètement. Tout simplement s’arrêter de reproduire cet acte sur lequel nous voulons faire Téshouva.
- Le regret : deuxièmement, il faut ressentir un sentiment de regret et de douleur envers le fait d’avoir chuté par cette mauvaise action.
- La confession : ensuite il faut exprimer en détails et à voix haute -à soi-même- en quoi nous avons fauté.
- La décision pour le futur : pour terminer, il faut décider qu’à partir de maintenant on ne refera plus cette faute.
Quand fait-on Téshouva ?
Bien qu’il soit possible de faire Téshouva chaque jour, il y a une période de l’année qui est propice pour mettre l’accent sur la dévotion de la Téshouva, ce sont les 40 jours qui commencent le premier du mois d’Éloul et se terminent le jour de Kippour.
Cette période de 40 jours comporte plusieurs niveaux :
- Le mois d’Éloul de manière générale est consacré à l’introspection (‘Heshbone Néfesh) et à la Téshouva selon le processus décrit auparavant de ‘l’inventaire annuel du stock’.
- À partir du 18 Éloul, surnommé « ‘Haï Éloul » car la valeur numérique du mot « ‘Haï – la vie » est de 18, on procède à une introspection particulière :
- Les jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour qui sont surnommés « Assérète Yémé Téshouva – les 10 jours de repentir » (nous en parlerons plus en détail par la suite).
Chaque jour du mois qui reste, c’est-à-dire douze jours, correspond à l’introspection d’un mois entier de l’année passée. Le 19 Éloul on fait le « ‘Heshbone Néfesh » du mois de Tishri qui est le premier mois de l’année et ainsi de suite pour arriver au 29 Éloul (veille de Rosh Hashana, le premier jour de l’année nouvelle) où l’on s’introspectera sur nos actions de mois d’Éloul actuel qui vient de se terminer.
Le « Shabbat Mévarekhime » du mois de Tishri
Le Shabbat qui précède chaque Rosh ‘Hodesh (premier jour du nouveau mois) est surnommé « Shabbat Mévarekhime – le Shabbat où l’on bénit » car durant ce Shabbat on y reçoit la bénédiction pour le mois à venir et que l’on récite la prière particulière de la « Birkate Ha’hodesh – la bénédiction du mois » durant laquelle on précise en quel jour de la semaine qui vient tombera Rosh ‘Hodesh. On prie pour que le nouveau mois soit empli d’abondance, de santé et de joie.
Contrairement à tous les autres « Shabbat Mévarekhime » de l’année, on ne récite pas la « Birkate Ha’hodesh – la bénédiction du mois » en ce Shabbat qui précède le mois de Tishri et donc aussi le jour de Rosh Hashana.
Selon la tradition, cette coutume d’omettre la bénédiction du mois est destinée à rendre confus le Satane afin qu’il ne se souvienne pas du jour exact où tombe Rosh Hashana et qu’il ne vienne pas ‘accuser’ le peuple d’Israël durant le « Jour du jugement ».
Selon la Torah de la ‘Hassidoute, on ne dit pas la bénédiction du mois parce que le mois de Tishri est béni par D-ieu Lui-même durant ce Shabbat Mévarekhime et que c’est cette bénédiction divine du mois de Tishri qui nous permet de bénir les 11 autres mois de l’année à venir.
- Durant ce Shabbat, il faut réciter le livre des psaumes en entier avant la prière du matin et organiser un Kiddoush spécial à la synagogue. Ces deux pratiques ont lieu chaque « Shabbat Mévarekhime » de l’année.
- Durant ce Shabbat, on procède à toutes les prières comme d’habitude : l’accueil du Shabbat (Kabbalate Shabbat) le vendredi soir, Sha’harite et Moussaf le lendemain matin, vers la fin du jour la prière de Min’ha et à la sortie du Shabbat : Arvite.
- À la fin de la prière du soir de la sortie de ce Shabbat, on ne dira pas les passages de « Vihi Noam » et de « VéAta Kadosh » car Rosh Hashana tombe durant la semaine qui vient et que l’on ne récite jamais ces passages à la sortie d’un Shabbat qui précède une semaine où aura lieu une fête.
À la sortie du shabbat : les « Séli’hotes »
La coutume des juifs ashkénazes est de prier les « Séli’hotes – demandes de pardon » à la sortie du Shabbat qui précède Rosh Hashana et de continuer à le faire chaque matin jusqu’à la veille du jour de Kippour. La coutume de ‘Habad est de s’arrêter de les dire la veille de Rosh Hashana. Durant le jeûne de Guédalia on récitera les « Séli’hotes » propres à chaque jour de jeûne comme nous l’expliquerons par la suite.
Les juifs séfarades commencent à prier les « Séli’hotes » à partir du début du mois d’Éloul jusqu’à la veille de Yom Kippour.
Les Séli’hotes contiennent toute une série de passages de prières et de chants dont le point commun réside dans l’expression de regrets, la lamentation sur la destruction du Beit Hamikdash et l’espoir de la délivrance finale.
Ces prières et ces chants sont composés de versets bibliques et de paroles des sages exprimant le concept de la Téshouva et le mérites de nos patriarches -Abraham, Isaac et Jacob- qui nous soutient.
Durant les Séli’hotes, nous récitons les « 13 attributs de miséricorde divine » et nous Lui ‘rappelons’ en quelque sorte qu’Il est miséricordieux, plein de compassion et qu’Il pardonne.
La récitation des Séli’hotes est particulièrement appropriée au mois d’Éloul et aux jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour étant donné que c’est une période propice au rapprochement envers le Créateur, aux prières et à la Téshouva.
Le déroulement des « Séli’hotes »
- L’officiant revêt un Talite en vue de la récitation des Séli’hotes, même le soir de la sortie du Shabbat.
On commence par la prière de « Ashré Yoshevé Vétékha » et l’on continue avec la récitation de plusieurs passages de Séli’hotes.
- « Shéma Kolénou » : on ouvre l’arche sainte et le public répète 4 phrases après l’officiant : « Shéma Kolénou », « Hashivénou Hashem Élékha », « Al Tashlikhénou Miléfanékha » et « Al Tashlikhénou Léète Zikna ».
On poursuit avec des passages de Séli’hotes qui se terminent par « Vaanakhnou Lo Néda Ma Naassé ».
- La première nuit des Séli’hotes, à la sortie du Shabbat, on les récite immédiatement après le milieu de la nuit (‘Hatsote Laïla). Les autres jours, on a l’habitude de les réciter tôt le matin avant la prière de Sha’harite. Selon la Cabale, les premières heures du matin sont des moments comprenant plus de ‘mérites’ et de ‘propreté’ durant lesquels D-ieu est plus proche de ceux qui L’appellent.
Le 25 Éloul – Date de la création du monde
Selon le Talmud, le premier jour de la création du monde, celui où D-ieu dit : « Que la lumière soit », a eu lieu le 25 Éloul tandis que Adam et Ève furent créés le sixième jour qui correspond au 1er Tishri.
Cependant, nous fêtons Rosh Hashana (le jour de l’an juif) le 1er Tishri et pas le 25 Éloul bien qu’il soit le premier jour de la création du monde. C’est parce que le but et la finalité de cette création sont que l’être humain dévoile et révèle les énergies divines dans le monde ainsi que la puissance cachée dans chaque créature minérale, végétale ou animale.
Telle est la mission principale de l’homme (l’être qui parle). C’est la raison pour laquelle Rosh Hashana a été fixé le jour de la création de l’être humain, car c’est justement lui qui est responsable de la concrétisation du but et de la finalité de la création du monde.
