Introduction
La fête de Pourim a été instituée par Mordékhaï et Esther qui vécurent dans la ville de Shoushane au moment de l’exil babylonien après la destruction du premier Beit Hamikdash. Elle est un ‘signe de rappel’ du miracle qui arriva au peuple d’Israël alors que tous les juifs devaient être exterminés en un jour par décret royal, suite au conseil que donna Hamane au roi A’hashvérosh.
La fête ne dure qu’un jour et elle a lieu le 14 du mois d’Adar (qui précède celui de Nissane) dans la grande majorité des villes du monde.
- À Jérusalem on fête Pourim uniquement le 15 Adar.
- Il y a certaines villes en Israël où l’on fête Pourim le 14 et également le 15 Adar (nous en parlons plus en détail par la suite).
La fête de Pourim n’est pas mentionnée dans la Torah mais dans la « Méguilate Esther – le Livre d’Esther » et par conséquent ce jour n’est pas considéré comme un jour de fête biblique (Yom Tov) comme Pessa’h, Rosh Hashana, Shavouote et autres. Il n’y a donc pas d’obligation de faire un Kiddoush et -de base- il est possible d’effectuer des travaux et de s’adonner à son activité professionnelle car ce jour n’est pas considéré comme un « Yom Shabbatone – jour de repos biblique ». Ceci étant dit, on n’a pas l’habitude de faire des travaux en ce jour si ce n’est pour faire des choses qui concernent directement la fête de Pourim. La loi juive précise que celui qui travaille à Pourim ne verra aucun signe de bénédiction dans son activité.
La fête de Pourim est composée de quatre Mitsvotes principales qui commencent toutes par la lettre hébraïque « Mèm ».
Cette allusion nous permettra de nous souvenir des quatre commandements qui commencent par la lettre « Mèm » (Nous les expliquons plus en détail par la suite).
Les voici : Mikra Méguila (la lecture de la Méguilate Esther), Michté Vésim’ha (le repas de fête et de joie), Michloa’h Manotes ( L’envoi de mets), Matanotes Laévyonimes (les dons aux pauvres).
Le nom de la fête
Le nom Pourim découle du mot perse « Poure » qui signifie un tirage au sort. Ainsi que c’est relaté dans le Méguilate Esther, Hamane ‘Harasha’ fit un tirage au sort pour déterminer le jour et le mois exact durant lequel il mettrait son plan d’extermination à exécution. Mais le Créateur du monde dirige les évènements à Sa convenance et la date qui ressortit du tirage au sort d’Hamane -le 13 Adar- se transforma en jour de joie sur lequel il est dit « Vénaafokhe Hou, Ashère Ishlétou Hayéhoudim Héma Bésonéhème – et nous l’avons inversé, de sorte que les juifs provoquèrent une terreur chez leurs ennemis ».
L’histoire de la Méguila
L’histoire de la fête de Pourim se situe à l’époque suivant la destruction du premier Temple (Beit Hamikdash) durant laquelle l’empire babylonien conquit la terre d’Israël et exila la majorité des habitants juifs vers d’autres pays de la diaspora. Les années passant, un grand nombre de juifs s’installèrent en Perse (l’Iran actuel). Le roi A’hashvérosh arriva au pouvoir et étendit son empire sur 127 pays.
Au bout de 3 années de règne, le roi décida d’organiser un gigantesque banquet afin d’étaler sa grandeur et ses richesses aux yeux de tous. Ce festin était exceptionnel à tous les égards, il dura 180 jours et chaque jour, de nombreux invités venus du monde entier y participèrent dans la cour du palais royal.
Une fois, alors qu’il était complètement saoul, le roi demanda à sa femme -la reine Vashti- de venir se montrer à ses invités. Elle refusa et le roi, humilié et manquant de discernement, la fit exécuter. Le lendemain, alors qu’il avait repris ses esprits, le roi fut très attristé de ce qui s’était passé. Ses conseillers lui recommandèrent de chercher immédiatement une nouvelle épouse.
En ces jours, habitait à Shoushane -capitale du pays- Mordékhaï Hayéhoudi qui était l’un des plus grands justes de la génération. Il avait accueilli chez lui sa nièce Esther et prit sur lui de l’élever après que celle-ci soit devenue orpheline. L’instance dirigeante juive de l’époque était le « Sanhédrine » et Mordékhaï en était l’un des membres principaux. Parallèlement, il était très impliqué dans la vie politique de Shoushane et il était l’un des ministres de la cour royale de l’empire perse.
Dans cette démarche de recherche d’une nouvelle reine, les soldats perses s’emparèrent d’Esther et de centaines de jeunes filles parmi lesquelles on désignerait la meilleure candidate pour devenir la nouvelle épouse du roi. Dès qu’elle fut prise, Mordékhaï lui ordonna de ne dévoiler sous aucun prétexte ses origines juives.
Après une année entière, alors que de nombreuses jeunes filles avaient déjà été présentées au roi, aucune n’avait trouvé grâce à ses yeux. C’est alors que vint le tour d’Esther. Le Créateur du monde lui octroya une aura particulière et le roi, dès qu’il l’aperçut, fut séduit par elle et il la couronna immédiatement en tant que reine.
Un jour, Mordékhaï entendit le sombre projet de deux gardiens royaux qui complotaient afin d’assassiner A’hashvérosh. Il transmit l’information à Esther et les deux gardiens furent arrêtés et pendus sur un arbre. Cette action renforça le statut de Mordékhaï et elle fut inscrite dans le livre des annales du roi.
Au même moment, A’hashvérosh octroya du pouvoir à Hamane et il le nomma en tant que second du roi. Ce dernier était appelé « Hamane Hahaguagui » au nom de son arrière-grand-père Haguague qui avait été le roi du peuple d’Amalek. Ce peuple entretenait une haine immense contre les juifs et Hamane respectait résolument cette tradition ancestrale…
Hamane décréta l’obligation de se prosterner devant lui à tous les sujets du royaume qui croiseraient son chemin, et il en fut ainsi. La seule personne qui refusa absolument de le faire fut Mordékhaï Hayéhoudi (le juif), qui avait une position importante parmi les membres de la cour royale. Cela rendit Hamane fou de rage.
Animé par un désir de vengeance, Hamane incita A’hashvérosh contre les juifs en lui disant qu’ils n’obéissaient pas aux ordres royaux. Il les lui présenta comme ‘différents’ et ‘bizarres’ et lui conseilla de se débarrasser d’eux. Le roi, convaincu par Hamane, signa un décret contre la somme faramineuse de 10000 kikars d’argent et Hamane ressortit du palais avec son programme de destruction du peuple juif qui consistait à les détruire, les assassiner et les perdre totalement, du plus jeune au plus vieux, femmes et enfants inclus, en un seul jour !
Il procéda à un tirage au sort pour déterminer le jour d’exécution de son funeste projet et tomba sur la date du 13 Adar. Lorsque Mordékhaï apprit la nouvelle, il ordonna à Esther de se présenter devant le roi afin de faire annuler le décret. En parallèle, les juifs se rassemblèrent avec Mordékhaï à leur tête qui était habillé en vêtements de toile de sac et avait recouvert de cendres son visage. Ils entamèrent une série de jeûnes, prièrent et supplièrent D-ieu afin qu’Il les sauve de ce terrible décret qui planait sur leurs têtes.
Mordékhaï ordonne à Esther de se répandre en supplications devant le roi et de lui demander d’annuler le décret. La reine, toute nouvellement couronnée, ose se présenter sans y avoir été invitée et le Créateur du monde l’habille à nouveau d’une grâce particulière qui séduit le roi. Il lui dit qu’il accèdera à sa requête jusqu’à lui donner « la moitié du royaume ». Esther lui demande alors de venir avec Hamane à un premier repas qu’elle va organiser pour eux.
Après la fin de ce premier repas, Hamane en ressort extrêmement joyeux, mais il se retrouve à nouveau devant Mordékhaï qui refuse de se prosterner devant lui. Désireux de régler ce compte resté ouvert, il fait préparer une potence sur un arbre de 25 mètres de haut, situé dans la cour de la maison de sa fille. Il a décidé -en vertu d’un conseil qu’on lui a donné- d’y faire pendre Mordékhaï prochainement.
Cette même nuit, A’hashvérosh n’arrive pas à s’endormir. Il ordonne qu’on lui lise le livre des annales royales et la page est ouverte exactement sur l’histoire de Mordékhaï qui l’a sauvé du complot qui se tramait contre lui. Le roi se souvient alors qu’il n’a pas récompensé Mordékhaï ; et sur ces entrefaites, Hamane vient frapper à sa porte.
A’hashvérosh lui pose alors la question suivante : que faut-il faire à une personne envers laquelle le roi désire exprimer ses faveurs ? Hamane, persuadé qu’il s’agit de lui-même, répond ainsi : il faudrait lui faire revêtir les habits royaux, le faire monter sur le cheval du roi et le faire promener par un ministre dans les rues de la ville en proclamant « Ainsi est-il fait à un homme envers lequel le roi désire exprimer ses faveurs ».
Le roi lui fait savoir que c’est exactement ce qu’il doit faire -lui Hamane- pour Mordékhaï. Hamane ressort du palais royal « dévasté et la tête basse ». Il n’a pas le choix et habille Mordékhaï avec les vêtements royaux puis le promène dans les rues de la ville en proclamant la phrase qu’il pensait qu’on allait dire sur lui.
Avant même qu’il n’ait le temps de récupérer de cette terrible honte, il est appelé pour participer au deuxième banquet que la reine Esther a préparé pour le roi et lui. Lors de ce repas, Esther ose avouer au roi le secret de ses origines, elle lui dit qu’elle est juive et que ‘Hamane désire détruire son peuple.
Le roi sort dans le jardin pour calmer sa colère et lorsqu’il en revient, il voit Hamane allongé sur le lit de la reine Esther. Il est pris de rage et un de ses aides -du nom de ‘Harbona- lui annonce qu’un arbre avec une potence dans la cour d’Hamane est installé pour la pendaison de Mordékhaï. Le roi ordonne qu’on y pende immédiatement Hamane à la place de Mordékhaï.
Lors d’une cérémonie prestigieuse, A’hashvérosh donne à Esther le somptueux palais d’Hamane et sa bague -la bague royale- à Mordékhaï Hayéhoudi. À la demande d’Esther, il envoie une missive urgente dans laquelle il permet aux juifs de se défendre contre leurs ennemis et de leur faire la guerre le 13 Adar.
Et effectivement, le 13 Adar de cette année se produit un retournement de situation incroyable. Au lieu d’être exterminés, les juifs se battent contre leurs ennemis et en tuent des dizaines de milliers. Esther demande et obtient la permission du roi que les juifs puissent continuer à se battre le lendemain -le 14 Adar- dans la capitale Shoushane et l’on fait pendre les 10 fils d’Hamane par la même occasion.
Mordékhaï et Esther envoient des missives à tous les juifs qui habitent dans les confins de l’empire afin d’instituer la commémoration de ce miracle annuellement et pour toujours. Ils demandent que durant cette fête, on accomplisse des Mitsvotes particulières : l’envoi de mets, les dons aux pauvres et un repas de joie, afin de célébrer ce miracle extraordinaire qui s’est produit à leur époque.
Le Talmud nous enseigne le lien qu’il y a entre le mois d’Adar et le signe astrologique des poissons.
Lorsque Hamane rechercha le mois le plus approprié pour mettre son plan d’extermination des juifs à exécution, ce fut Adar qui apparut selon son tirage au sort. Hamane se réjouit grandement en se disant dans son cœur : « Dans tous les mois juifs, il y a un évènement qui est célébré par le peuple d’Israël, mais il n’y en a aucun en ce mois. Et au contraire, leur premier leader Moïse est mort durant ce mois ! (il ne savait pas que Moïse était aussi né en Adar). Je vais les dévorer comme des poissons »…
D-ieu répondit ; « Mécréant que tu es ! Parfois les poissons sont avalés mais parfois ils avalent… Par conséquent ce que tu as prévu se retournera contre toi ».
