Introduction
Lors d’une prière collective, l’officiant procède à présent à la répétition de la Amida à voix haute.
La répétition de l’officiant fut instaurée pour acquitter du devoir de prier les fidèles qui maîtrisent mal le texte de la prière ou qui ont des difficultés à le lire. En effet, avant l’invention de l’imprimerie, peu de gens possédaient des livres de prières et la répétition de la Amida jouait alors un rôle important. Les fidèles pouvaient ainsi se rendre quittes de leur devoir en écoutant la prière de l’officiant.
- Pendant la répétition de la Amida, il est défendu de parler. Il faut écouter chaque bénédiction attentivement.
- Pour chaque bénédiction de la répétition, après que l’officiant a prononcé les mots : « Baroukh Ata Ado-naï », l’assistance répond : « Baroukh Hou ouvaroukh Chémo – Béni soit-Il et béni soit Son Nom. » Et après la conclusion de chaque bénédiction (par ex. : « Maguène Avraham »), on répond amen.
Au cours de la répétition de l’officiant, l’assistance prend part à la prière dans certains passages de l’office.
La Kédoucha
La Kédoucha – littéralement la « Sanctification » – est l’une des plus importantes parties de la prière. Ce texte très ancien est une compilation de versets rapportant les termes par lesquels les anges glorifient le Créateur. La Kédoucha ne peut être récitée que lors d’une prière collective, lors de la répétition de l’officiant.
- Au début de la répétition de la Amida, lorsque l’officiant prononce les mots : « vénéémane Ata léha’hayot métim » dans la deuxième bénédiction, on effectue trois pas en avant pour revenir à la place où l’on s’était tenu pendant la Amida. On se tient là, silencieux, en gardant les pieds joints.
- Après que l’officiant a prononcé les derniers mots de cette bénédiction, « mé’hayé hamétim », l’assistance commence à réciter la Kédoucha : « Nakdichakh vénaaritsakh… – Nous Te sanctifions et Te glorifions… »
- Chaque paragraphe de la Kédoucha est d’abord récité par l’assistance, après quoi l’officiant le répète à voix haute.
- En disant les mots : « Kadoch, kadoch, kadoch – Saint, saint, saint ! », on lève les yeux au ciel et on élève les talons à trois reprises.
- Pendant la récitation de la Kédoucha, on doit avoir à l’esprit la résolution d’être prêt à sacrifier sa vie pour la « sanctification du Nom divin », c’est-à-dire pour le respect des commandements de la Torah.
Le Modim des Sages
Après que l’officiant ait achevé la bénédiction dite du « service sacerdotal » (Rétsé), l’assistance prononce un passage commençant par Modim, qu’on appelle « Modim déRabanane – le Modim des Sages ». Bien que le texte de cette prière diffère de celui – homonyme – prononcé lors de la Amida à voix basse, leur contenu est cependant analogue.
À l’instar de la Kédoucha, le Modim déRabanane ne peut être récité que lors d’une prière collective, pendant la répétition de l’officiant.
- Après que l’officiant a prononcé les mots « hama’hazir Chékhinato léTsione – Qui rétablit Sa Présence à Sion », on se penche légèrement en avant et on commence à réciter le texte de Modim déRabanane, tel qu’il figure dans le livre de prières.
- On s’incline au début de cette prière et on demeure dans cette position jusqu’à l’avoir récitée en entier.
La bénédiction des Cohanim
La bénédiction des Cohanim est composée de trois versets issus du Livre des Nombres. Dans ce passage, la Torah ordonne aux descendants d’Aharon de bénir le peuple d’Israël au nom du Saint, béni soit-Il.
Qui est Cohen de nos jours ?
L’appartenance à la tribu des Cohanim se transmet au sein du peuple juif depuis plus de trois mille ans, depuis Aharon, le frère de Moïse, jusqu’à ses descendants à notre époque.
Au temps du Temple, la tribu des Cohanim occupait un rôle prépondérant dans le service des sacrifices. Aujourd’hui encore, bien que le Temple ne soit plus, les descendants d’Aharon conservent quelques privilèges, au nombre desquels le devoir sacré de bénir le peuple juif.
À l’instar de la judéité, le statut de Cohen se transmet par filiation. Aussi, si votre père et votre grand-père étaient Cohen, c’est que vous l’êtes également ! À notre époque, on peut généralement identifier un Cohen à l’aide de son patronyme : Cohen ou Katz (acronyme de Cohen-Tzédek) sont ainsi des noms propres aux Cohanim.
Revenons à présent à la bénédiction des Cohanim. Celle- ci s’appelle aussi « Nessiat Kapaïm – l’élévation des mains », car pendant qu’ils la prononcent, les Cohanim élèvent leurs mains en direction de l’assistance. On l’appelle également « haberakha hamechoulechet – la bénédiction tripartite », car elle est composée de trois versets qui constituent autant de bénédictions.
Généralement, cette bénédiction est récitée le Chabbat et les jours de fête au cours des prières de Cha’harit et de Moussaf. Selon la coutume séfarade et dans certaines communautés ashkénazes (notamment celles qui suivent la coutume de Jérusalem), la bénédiction des Cohanim est récitée également les jours de semaine lors de l’office de Cha’harit.
- Quand aucun Cohen n’est présent dans l’assistance, l’officiant récite lui-même la bénédiction des Cohanim.
Contenu de la bénédiction
Les Cohanim bénissent – au nom du Créateur – chaque fidèle en ces termes :
« Yévarékhekha Ado-naï veyichmérékha – Que l’Éternel te bénisse et te protège » – C’est-à-dire qu’Il t’octroie la bénédiction matérielle – les biens et la sécurité financière. Et parallèlement, qu’Il te protège de tout préjudice et qu’Il t’évite d’être « aveuglé » par l’abondance au point de sombrer dans l’orgueil et l’arrogance.
« Yaèr Ado-naï panav élékha vi’hounéka – Que l’Éternel t’éclaire de Sa Face et qu’Il t’accorde la grâce » – Qu’Il éclaire ta vie de Sa « Face lumineuse » (notamment par le biais de l’étude de la Torah) et qu’Il te fasse trouver grâce aux yeux de ton entourage.
« Yissa Ado-naï panav élékha veyassem lékha chalom – Que l’Éternel tourne Sa Face vers toi et t’accorde la paix » – Qu’Il te soit favorable, clément et indulgent. Qu’Il t’accorde une sérénité intérieure et qu’Il établisse la paix dans tes rapports avec autrui.
Dans le volume de cette série intitulé « Le Chabbat », nous étudierons la bénédiction des Cohanim plus en profondeur.
Voyons à présent les principales règles et coutumes que les Cohanim, l’officiant et l’assistance doivent respecter durant cette bénédiction.
- Lorsque l’officiant entame le passage de Rétsé, et avant qu’il n’arrive à Modim, les Cohanim doivent se diriger vers l’estrade. Ils doivent se tenir le visage tourné vers l’Arche sainte, jusqu’à ce que l’officiant les invite à commencer leur bénédiction.
- Avant d’entamer la lecture des trois versets, les Cohanim prononcent une bénédiction particulière qui se conclut sur ces mots : « …lévarekh èth amo Israël beahava – qui nous a ordonné… de bénir Son peuple Israël avec amour. » En prononçant ces mots, ils se tournent vers l’assemblée, le visage entièrement couvert de leur talith.
- L’officiant dicte aux Cohanim les bénédictions à voix basse, mot à mot, et eux répètent chaque mot à voix haute. À la fin de chaque verset, l’assistance répond amen. Selon la coutume séfarade, à chaque mention du Nom divin, l’assistance clame : « Baroukh Hou ouvaroukh Chémo – Béni soit-Il et béni soit Son Nom. »
- Pendant toute la durée de la bénédiction, il est interdit de regarder les Cohanim. Ceux qui portent un talith gadol s’en couvriront les yeux et ceux qui n’en ont pas garderont les yeux baissés.
- Des enfants vous accompagnent à la synagogue ? Il est recommandé de couvrir également leur visage pendant la bénédiction des Cohanim.
