Contexte
Lorsque quelqu’un nous donne quelque chose, notre réaction naturelle est de remercier cette personne de tout cœur pour exprimer notre profond sentiment de gratitude. Mais si quelqu’un nous donne la même chose tous les jours, ou plusieurs fois par jour, nos sentiments naturels de gratitude seront diminués, et nous ne remercierons plus la personne de tout cœur (ou peut-être pas du tout).
Tout ce que nous avons nous a été donné par D-ieu, et par conséquent nous devons Le remercier. Mais s’il est facile de Le remercier pour les choses que nous recevons de manière exceptionnelle, nous n’exprimons pas toujours notre gratitude pour les choses qu’Il nous donne chaque jour. Parfois, nous commettons même l’erreur de penser que nous avons obtenu ces choses par nous-mêmes, sans l’aide de D-ieu.
Lorsque nous récitons une bénédiction, nous remercions D-ieu pour ce qu’Il nous a donné et continue à nous donner. La récitation de bénédictions nous apprend à ne pas être ingrats, même pour les choses qu’Il nous donne régulièrement et les bienfaits que nous recevons de Lui, même plusieurs fois par jour.
Les types de bénédiction
Il existe trois sortes principales de bénédiction :
- Les bénédictions sur les plaisirs physiques : ce sont des bénédictions sur les choses qui nous procurent une jouissance, comme la nourriture et la boisson, sentir une chose au parfum agréable, et autres.
- Les bénédictions sur les Mitsvotes : Ce sont des bénédictions sur l’accomplissement des commandements, comme les bénédictions sur le port des Téfilines, l’allumage des bougies de Shabbat, etc.
- Les bénédictions de louanges : Ce sont des bénédictions sur des choses pour lesquelles nous voulons louer D-ieu et le remercier pour Sa bonté et Sa grandeur. Il s’agit par exemple de la bénédiction récitée par une personne qui a été guérie d’une maladie ou qui a été sauvée de la mort, des bénédictions récitées lorsque nous voyons les merveilles et les puissances de la nature, et ainsi de suite.
Qui les a composées ?
À l’exception de la première bénédiction du Birkate Hamazone (Actions de grâce après le repas) qui est un commandement de la Torah, toutes les autres bénédictions ont été instituées par nos Sages, de mémoire bénie, qui ont également établi des moments clairement définis où nous devons rendre grâce ou réciter des bénédictions pour louer D-ieu.
Les mots de nos bénédictions ont été composés au début de l’ère du Second Temple (il y a plus de 2 400 ans) par un groupe de Sages très saints connus sous le nom de « Aneshé Kénessète Haguédola – les hommes de la Grande Assemblée ».
De quoi est composée une bénédiction ?
Nos Sages ont décrété que chaque bénédiction, quel que soit son type, doit contenir deux éléments de base : le nom de D-ieu et Sa royauté. Ces deux éléments font partie de l’ouverture standard d’une bénédiction, qui mentionne le nom de D-ieu et le fait qu’il soit le Roi du monde.
De nos jours, la composition de base d’une bénédiction est connue de tous et les gens sont familiers avec le début standard d’une bénédiction : « Baroukh Ata Ha-Shem, Élokénou Mélèkh Haolam… – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu (mention du nom), Roi du monde (mention de Sa royauté)… ».
Cette introduction générale est suivie et se termine par le sujet spécifique pour lequel nous bénissons et remercions . Par exemple, la bénédiction sur le pain est la suivante : « Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui sort le pain de la terre ». Lorsque nous accomplissons le rituel de Nétilate Yadayime, nous récitons la bénédiction suivante : « Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous laver les mains », pour les Téfilines : « …et nous a ordonné d’attacher les Téfilines » etc.
Une bénédiction en vain
Il ne faut pas réciter une bénédiction juste ‘comme ça’, lorsqu’il n’y en a pas le besoin, car il est interdit de prononcer le nom de D-ieu lorsque ce n’est pas une obligation. Dans la loi juive, une bénédiction récitée alors qu’elle n’est pas nécessaire est connue sous le nom de Bérakha Lévatala – Une bénédiction en vain.
Si une personne récite les trois premiers mots d’une bénédiction « Baroukh Ata Ha-Shem » et réalise alors qu’elle a déjà récité cette bénédiction, elle peut encore ‘sauver’ la situation en rajoutant les deux mots « Lamédéni ‘Houkékha ». En effet, il existe un verset dans le Livre des Psaumes qui dit : « Baroukh Ata Ha-Shem Lamédéni ‘Houkékha – Béni sois-Tu D-ieu, enseigne-moi Tes lois ». Il nous est toujours permis de prononcer le nom de D-ieu dans le cadre d’un verset biblique. Par conséquent, en ajoutant simplement les deux mots « Lamédéni ‘Houkékha » à « Baroukh Ata Ha-Shem », vous transformez votre bénédiction (qui allait être prononcée en vain) en verset des Psaumes. Ainsi on évite de réciter une Bérakha Lévatala.
Principes importants concernant les bénédictions
- Une bénédiction doit être récitée à haute voix et l’on doit prêter attention à chaque mot.
- On ne doit pas faire quoique ce soit d’autre pendant la récitation d’une bénédiction.
- Avant de commencer une bénédiction, il est important de savoir à l’avance ce que l’on va dire exactement. Il ne faut pas commencer une bénédiction et se demander
ensuite quelle bénédiction on doit faire. - Lorsqu’une bénédiction est récitée sur un objet qui doit être tenu dans la main, il doit être saisi dans la main droite.
- Un homme doit porter un couvre-chef (kippa, chapeau ou autre) lorsqu’il récite une bénédiction.
- Une bénédiction ne doit pas être récitée dans un endroit où il y a une mauvaise odeur, par exemple à proximité d’excréments ou d’une poubelle.
- En entendant une bénédiction récitée par une autre personne, il faut répondre « Amen ». Ce mot constitue une sorte de confirmation et d’accord avec la bénédiction de l’autre personne. Une personne ne doit pas dire « Amen » après sa propre bénédiction.
Question : Je suis en train de manger une pomme et je ne me souviens pas si j’ai dit la bénédiction avant de commencer à la manger. Dois-je répéter la bénédiction ?
Réponse : Nos Sages ont décrété une règle concernant les bénédictions avant de manger : dans une situation de doute, nous statuons avec indulgence. C’est-à-dire que dans le cas où l’on doute si on a dit la bénédiction ou pas, il ne faut pas la réciter. En ce qui concerne le Birkate Hamazone (les actions de grâce après le repas, voir comment cette loi s’applique à la page 75).
Selon la Kabbale, la bénédiction a une signification très profonde. Chaque fois que nous prononçons correctement nos bénédictions, nous sanctifions et insufflons à l’élément sur lequel elle a été récitée des énergies spirituelles positives. De plus, nous faisons descendre parmi nous des lumières divines qui purifient le monde matériel et l’élèvent à un niveau plus spirituel.
