Contexte
L’une des caractéristiques les plus importantes d’une maison Juive est la Mézouza qui est fixée à l’entrée de la maison.
La Mitsvah de mettre une Mézouza apparait dans le livre du Deutéronome :
« Et tu aimeras Hachem ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et avec tout ton pouvoir. Que ces paroles… soient sur ton cœur… Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et tes portes ». Le commandement est d’écrire « les paroles de D.ieu », ce que D.ieu ordonne au peuple d’Israël, sur les « poteaux » (Mézouza en hébreu) des maisons et des portes.
Dans ce chapitre, nous approfondirons nos connaissances de la Mézouza, nous saurons ce qui y est écrit, comment la placer à la porte de la maison, etc.
Qu’est-ce que la Mézouza ?
La Mézouza est en fait une petite feuille de parchemin (sa taille n’est pas fixe et elle peut être de différentes tailles, la hauteur d’une Mézouza courante est aujourd’hui de 10-12 cm), réalisée à partir de la peau d’un animal Cacher, sur laquelle sont écrits deux paragraphes, « Parachiot », du livre du Deutéronome, dans lesquels apparaît le commandement de fixer une Mézouza.
Qu’y a-t-il écrit dedans ?
Les Paragraphes (Parachiot)
- Le paragraphe du « Chema Israël », qui commence par le verset « Ecoute Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est un » et se poursuit par le paragraphe « Et tu aimeras l’Eternel ton D.ieu » qui traite du fait que nous devons aimer Hachem de toute notre âme, éduquer nos enfants dans l’esprit de la Torah et consacrer toute notre vie aux commandements d’Hachem, dans n’importe quelle situation, n’importe où et n’importe quand. Ce paragraphe contient également le commandement de mettre les Tefillin et celui de fixer une Mézouza.
Explications
Écoute Israël, écoute et comprend que, l’Eternel est notre D.ieu, le Saint béni soit-Il, qui est maintenant notre Di.eu (du peuple d’Israël) uniquement, deviendra l’Eternel est Un, toutes les autres nations reconnaîtront également Son royaume et comprendront qu’Il est Le seul dirigeant, et qu’il n’y a pas d’autre D.ieu que Lui, nous en préserve.
Béni soit le nom de la gloire de Sa majesté pour toujours et à jamais, nous bénissons le nom et la majesté de D.ieu, dont le royaume est éternel, ce qui signifie qu’Il est Le seul roi de tout endroit et à tout instant. Personne d’autre n’a d’autorité sauf Lui, Son royaume ne cessera jamais.
- Le paragraphe « Et ce sera si tu écoutes », contient une promesse et un avertissement : si nous gardons les commandements de D.ieu, Il bénira nos champs, nous donnera de la nourriture ainsi qu’à notre bétail et ainsi nous vivrons une vie heureuse dans notre pays. Mais si nous n’obéissons pas à Ses commandements, nous serons punis par la sécheresse, la terre ne fera pas pousser de récoltes et nous devrons nous exiler de notre terre. Ainsi, nous serons obligés de revenir et reconnaître D.ieu « par la manière forte ».
Explication du deuxième paragraphe
Tu aimeras l’Éternel, ton D.ieu, de tout ton cœur, il t’incombe de mettre en pratique et d’accomplir les commandements de D.ieu avec un amour sincère pour Lui, de tout ton cœur et avec un désir profond. Et de toute ton âme, et même s’ils veulent vous tuer et prendre votre vie à cause de l’accomplissement de ces commandements, vous devez les accomplir, et de toutes vos forces et ainsi vous devez être prêt à perdre tout votre argent, pour ne pas transgresser ne serait-ce qu’un commandement de D.ieu. Comment pouvez-vous atteindre un amour aussi fort et profond ? Ces devoirs que Je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur, ces paroles de la Torah, que Je vous ordonne chaque jour, seront toujours gravées dans votre esprit, et en plus de cela tu les inculqueras à tes enfants, répétez-les et enseignez-les à vos enfants et à vos élèves, jusqu’à ce que ces sujets soient clairs pour eux et qu’ils soient experts dans ces domaines et tu t’en entretiendras, soit dans ta maison, soit en voyage, en te couchant et en te levant, et vous serez occupés à étudier la Torah et à en parler à chaque moment libre, lorsque vous êtes assis chez vous, lorsque vous marchez sur la route, avant de vous coucher dans votre lit le soir et immédiatement lorsque vous vous réveillez le matin. Tu les attacheras, comme symbole, sur ton bras, et attachez ces paroles de Torah sur votre bras, afin qu’elles soient pour vous comme un symbole, un signe et un rappel chaque jour (nous parlons ici des Tefillin que vous devez placer et attacher sur votre bras) et ils seront un fronteau entre tes yeux, et placez les boitiers des Tefillin sur votre tête, parallèlement à l’endroit entre les deux yeux, et Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes, écrivez-les et placez-les sur les portes de vos maisons, et sur les portes de vos cours, états et villes, fixez des Mezouzot, où sont inscrits les versets de la Torah.
Qui doit l’écrire ?
Le travail de l’écriture est un véritable art, confié à un scribe Juif, appelé « Sofer Stam » (les lettres du mot Stam sont les initiales de Sefer Torah, Tefillin et Mezouzot). Il utilise une plume taillée appelée « Koulmous », de l’encre noir et préparée selon une recette juive ancestrale avec une écriture particulière qui se transmet dans la tradition juive depuis des milliers d’années.
Écrire ces lettres prend beaucoup de temps, il faut les écrire entre les lignes tracées sur le papier, et après les avoir écrites il faut les laisser sécher. Vous avez dû vous demander pourquoi il n’est pas possible d’imprimer les Mezouzot et les Tefillin sur une imprimante ? En voilà la raison, parce que c’est le commandement de D.ieu.
Le saviez-vous ?
Sur l’envers du parchemin, le Sofer écrit le mot : « Cha-DaÏ ». C’est l’un des noms par lesquels le Saint, béni soit-Il, est désigné dans la Torah. Il symbolise également par ses initiales : « Chomer Daltot Israël », Gardien des portes d’Israël.
En plus de cela, le Sofer écrit sur la face supérieure du parchemin la phrase : « L’Eternel est notre D.ieu l’Eternel » d’une manière spéciale selon la théorie de la Kabbale, de manière que chaque lettre alterne avec la lettre suivante, de sorte qu’au lieu de « י-ה-ו-ה », il est écrit : « כ-ו-ז-ו » et ainsi de suite.
Une fois le travail d’écriture terminé et l’encre séchée, le Sofer enroule le parchemin et l’enveloppe dans du plastique pour le protéger de l’humidité et des autres intempéries.
Le boitier de la Mézouza
Afin de protéger le parchemin de la Mézouza, ainsi que pour respecter sa sainteté, il est d’usage de le mettre à l’intérieur d’un « boitier de Mézouza ». Le boitier peut être fait de n’importe quel matériau : plastique, métal, bois ou tout autre matériau (à l’exclusion des matériaux méprisables qui ne contribuent pas à l’honneur de la Mézouza et à son caractère sacré).
La taille du boitier et sa forme n’ont aucune importance. Cependant, un beau boitier fait davantage honneur à la Mézouza qui est à l’intérieur.
Lorsque vous déposez le papier à l’intérieur, assurez-vous que la Mézouza est dans le bon sens avec les lettres Chin Dalet et Youd sur le dessus et que la Mézouza a assez de place pour être posée correctement sans avoir à la plier ou la froisser à chaque fois qu’il faudra la sortir pour la vérifier.
- Attention ! À la porte principale de l’entrée de la maison, les boitiers de Mézouza en métal deviennent parfois très chauds à cause des rayons du soleil et peuvent noircir et brûler la Mézouza à l’intérieur. Il en va de même pour les boitiers transparents, qui augmentent les chances que la Mézouza soit abimée si la température monte trop. De plus, dans les endroits exposés à la pluie, il est recommandé d’utiliser des boitiers fermés hermétiquement, pour empêcher l’eau ou la pluie d’entrer ce qui pourrait rendre la Mézouza non Cachère.
- Lors du nettoyage de la maison, il faut veiller à ce que l’eau et les produits ménagers ne pénètrent pas dans le boitier de la Mézouza. On fera également attention si l’on repeint la maison à ce que la peinture et les solvants ne dégradent pas la Mézouza.
L’origine du mot « Mézouza »
« Mézouza » est en fait le nom biblique de chacun des deux côtés du seuil, à droite et à gauche de la porte, auquel le linteau est relié. L’ordre de fixer une Mézouza dans la Torah est : « Et tu les mettras sur les deux poteaux et sur le linteau », ou dans l’histoire du livre des Juges à propos de Chimchone, le héros qui s’empara « des portes de la ville [de Gaza] et des deux poteaux » et les hissa au sommet de la montagne en signe de victoire sur les Philistins qui voulaient le capturer.
Cependant comme nos Sages, de mémoire bénie, nous l’ont expliqué, l’intention n’est pas de graver les versets de la Torah sur le côté de la porte elle-même, mais de placer sur le côté de l’encadrement de la porte un morceau de parchemin sur lequel ces versets seront écrits. Ainsi, au fil des ans, le mot « Mézouza » est devenu un surnom pour ce morceau de parchemin placé dans l’embrasure de la porte.
Pourquoi fixer une Mézouza ?
Placer une Mézouza à la porte de la maison est avant tout une Mitsvah de la Torah. Mais comme la plupart des Mitsvot, elle a une explication que nous pouvons aussi comprendre avec notre intellect.
Un rappel constant. La Mézouza fixée près de la porte nous rappelle en permanence qu’il y a un Créateur du monde et qu’il y a quelqu’un qui veille sur nous.
Un gardien. La Mézouza sert de « société de sécurité » personnelle pour la maison et les personnes qui s’y trouvent. Grâce aux saintes écritures que l’on fixe sur la maison, D.ieu garde la maison ou la pièce à l’entrée de laquelle on place la Mézouza.
Question : Est-il vrai qu’une maison sans Mézouza (ou une maison avec une Mézouza non Cachère) « apporte » des ennuis et des problèmes aux habitants de la maison ?
Réponse : Bien sûr que non. L’existence d’une Mézouza Cachère et appropriée à l’entrée de la maison est comparée au casque sur la tête du soldat. Elle le protège des balles qui l’atteignent à la tête, mais peut-on dire qu’un soldat qui marche sans casque « invite » une balle à lui toucher la tête ? Non. L’absence de casque empêche seulement la protection.
Il en va de même pour la Mézouza : son absence n’est pas source de problèmes, à D.ieu ne plaise, mais une Mézouza Cachère à l’entrée de la maison aide à empêcher divers troubles et problèmes d’entrer dans la maison.
« Artaban, le roi des Parthes, envoya une pierre précieuse d’une valeur inestimable à Rabbi Yéhouda Hanassi. Il lui dit : « Envoie-moi en retour un objet qui a la même valeur ».
Rabbi Yéhouda Hanassi écrivit une Mézouza et lui envoya.
Artban lui demanda : « Qu’as-tu fais ? Je t’ai envoyé une pierre d’une valeur inestimable et tu m’envoies une chose qui ne vaut qu’une pièce ».
Rabbi Yéhouda lui répondit :
« Tu m’as envoyé une chose que je dois garder ; alors que je t’ai envoyé une chose qui te protège dans ton sommeil (la Mézouza) ».
(Talmud Yérouchalmi, traité Péa, chapitre 1, halakha 1)
L’achat de la Mézouza
La Mézouza, au-delà de sa sainteté et de sa valeur spirituelle, est aussi un objet qui doit être payé comme tout autre achat. Les matières premières de la Mézouza (le parchemin et l’encre) sont couteuses, tout comme le travail du Sofer.
Question : Pourquoi y a-t-il des différences de prix dans les Mezouzot ?
Réponse : Dans les Mezouzot chères, l’écriture est plus élégante, plus précise, plus élaborée et cela prend beaucoup plus de temps. La beauté de l’écriture (outre le niveau halakhique) influe également sur son prix. Les Mezouzot particulièrement bon marché indiquent qu’on y a fait des « raccourcis » ou un certain défaut dans leur Cacheroute. Il est donc souhaitable de ne pas les acheter.
Le prix d’une Mézouza simple est généralement d’environ 50 à 60 euros et le prix d’une belle Mézouza est d’environ 80 à 120 euros.
Il est recommandé d’acheter une belle Mézouza plutôt qu’une simple et bon marché, pour deux raisons principales :
- Parce que vous n’aurez pas besoin d’acheter une Mézouza tous les deux mois et un prix peu élevé signifie qu’il y a plus de risques de problèmes au fil des ans et qu’il sera nécessaire de la remplacer. Comme pour les meubles de la maison, nous préférerons toujours un produit de qualité et solide, qui durera plus longtemps.
- Comme toute Mitsvah, il est toujours souhaitable de l’observer de la meilleure manière avec la plus belle Mézouza possible.
- Veuillez noter : le marché est inondé d’un grand nombre de fausses Mezouzot (imprimées, photographiées, etc.) ou non Cachères, alors assurez-vous de ne les acheter que dans un endroit officiel et de confiance ou auprès de personnes connues pour être justes et craignant D.ieu. Dans chaque ville, vous trouverez un Beth ‘Habad où vous pouvez acheter des Mezouzot l’esprit tranquille.
