« Chénayim Mikra Vé É’had Targoum »
Chaque Chabbat une portion différente de la Torah est lue à haute voix à partir d’un rouleau de Torah dans la synagogue, on l’appelle Parasha de la semaine. En plus de la lecture publique de la Torah, chaque veille de Chabbat, il y a une mitsva pour chaque homme de lire soi-même la Parasha de la semaine, avec la traduction araméenne d’Onkélos, qui apparaît à côté du texte de la Torah dans chaque livre de ‘Houmash (les 5 livres de la Bible) imprimé.
Cette lecture spécifique s’appelle en hébreu « Chénayim Mikra vé É’had Targoum » qui signifie : deux versets et une traduction. Ce nom définit la procédure de cette lecture: il faut lire chaque verset deux fois dans le texte de la Torah elle-même, suivi d’une lecture de sa traduction araméenne par Onkélos.
Qui etait Onkélos ?
Onkélos est le plus célèbre converti au judaïsme de l’histoire du peuple juif. Il a vécu il y a environ 2000 ans, à l’ère des sages de la Mishna, et était le neveu de l’empereur romain Hadrien.
Onkélos était un homme instruit, expert dans tous les domaines des connaissances grecques et romaines. Il était doté non seulement d’un esprit vif, mais aussi d’une personnalité raffinée et d’une âme extrêmement sensible. Après de longues investigations approfondies, et après avoir soigneusement lu et analysé une immense quantité d’écrits juifs, Onkélos en est arrivé à reconnaître le Créateur du monde. Il a commencé à Le servir secrètement et après, il a entamé une conversion officielle pour devenir un Juif à part entière.
Onkélos est devenu l’élève de Rabbi Akiva, le plus grand des Tanaïm (Sages de la Mishna) de l’époque. Son héritage principal et plus grand chef-d’œuvre fut la traduction de la Torah en araméen, la langue parlée par le peuple en général à cette époque. La traduction d’Onkélos a rendu beaucoup plus facile l’étude et la compréhension de la Torah. Elle a été acceptée dans toutes les communautés juives et est devenue un élément intégral de chaque livre de ‘Houmash imprimé (les 5 livres de la Bible) où elle est placée à côté des versets de la Torah.
Nous révisons la portion hebdomadaire de la Torah chaque vendredi afin de nous préparer à entendre la lecture de la Torah dans la synagogue le lendemain. Les trois récitations de chaque verset (deux fois en hébreu et une fois en araméen) symbolisent également le fait que la Torah a été donnée aux Juifs trois fois, deux fois en hébreu : une première fois sur le mont Sinaï et une autre fois dans le Ohel Moèd / la tente d’assignation, puis une troisième fois dans les plaines de Moab (en araméen).
Démonstration
Pour illustrer la procédure du « Chénayim Mikra vé É’had Targoum » nous allons l’appliquer sur le premier verset de la Torah.
- Premièrement, on récite le verset dans son intégralité : « Béréshit bara Élokim ète hashamayim vé ète haarets. »
- Ensuite on récite une deuxième fois le verset.
- Puis on lit la traduction d’Onkélos du verset : « Békadmin bara Ha-Shem yat shémaya vé yat ar’a. »
Cette procédure est répétée avec chaque verset de la portion hebdomadaire de la Torah jusqu’à sa fin. Haut du formulaire
- Il est préférable de revoir la portion de la Torah dans son intégralité le vendredi. Si une personne voit qu’elle est incapable de finir la totalité de la portion de la Torah avant le Chabbat, elle peut finir la récitation le vendredi soir ou même le lendemain, le matin du Chabbat. Il est préférable de finir cette lecture de la portion de la Torah avant le Kiddoush du samedi matin.
- Après avoir lu la totalité de la portion de la Torah, il convient également de lire l’Haftara de la semaine. (L’Haftara est un extrait des Prophètes qui est récité à la fin de la lecture de la Torah à la synagogue le samedi matin). L’Haftara est généralement imprimée dans le ‘Houmash à la suite de la portion de la Torah à laquelle elle est associée. Elle ne doit être lue qu’une seule fois.
La lecture de la portion de la Torah hebdomadaire selon la procédure décrite ci-dessus est une mitsva d’une grande importance. Nos Sages nous enseignent qu’une personne qui prend soin de revoir la portion de la Torah de cette manière chaque semaine sera récompensée par la « longueur des jours – Arikhout Yamim ».
