Honorer le Chabbat et se délecter du Chabbat
Nous allons maintenant approfondir le sujet des préparations du Chabbat, comment se comporter le vendredi avant le début de Chabbat, comment préparer la maison pour Chabbat et autres sujets.
« Kavod Chabbat » et « Oneg Chabbat » – Honorer le Chabbat et se délecter du Chabbat
Le prophète Isaïe déclare : « Si tu appelles le Chabbat ‘délice’ et si tu ‘honores’ le saint jour de l’Eternel. » Ce verset introduit deux exigences de Chabbat : l’honorer et s’en délecter. Si nous honorons et nous nous délectons du Chabbat, cela sera une source d’honneur et de délices pour nous aussi.
Lorsque nous nous engageons dans les préparatifs pour Chabbat – en nettoyant la maison, en lavant nos vêtements, en prenant une douche ou un bain d’eau chaude et en mettant la table – ces activités sont considérées comme du « Kavod Chabbat », donner de l’honneur au Chabbat. Lorsque nous préparons des repas somptueux pour Chabbat, faisons une sieste pendant le Chabbat et des plaisirs similaires, ces activités sont considérées comme du « Oneg Chabbat » – se délecter du Chabbat.
Tout le monde participe !
Le vendredi, nous commençons à nous préparer pour l’arrivée de Chabbat. Chabbat étant considéré comme un invité honoré, nous préparons la maison en son honneur exactement comme nous le ferions si nous attendions l’arrivée d’une personne très importante chez nous.
C’est une grande Mitsva (commandement, bonne action) de participer aux préparatifs du Chabbat. Même dans une maison où il y a beaucoup d’enfants ou où un personnel nombreux, chaque membre de la famille devrait participer, même un petit peu, pour aider aux préparatifs pour Chabbat.
Le Talmud décrit comment les Sages d’autrefois se préparaient pour le Chabbat. C’étaient des hommes pieux et saints qui ne s’intéressaient jamais aux questions matérielles telles que la nourriture et autres, mais chaque semaine avant Chabbat, ils entraient dans la cuisine et prenaient sur eux de s’impliquer personnellement dans la préparation des aliments. Ils épluchaient les légumes, nettoyaient les poulets et les viandes, salaient le poisson et se livraient à d’autres activités étonnamment profanes pour des hommes de leur niveau spirituel, tout cela par amour du Chabbat et par désir de l’honorer.
Les achats pour Chabbat
Le moment idéal pour faire les courses du Chabbat est le vendredi matin, on peut ainsi mieux ressentir que les achats sont en l’honneur de son arrivée imminente.
S’il est nécessaire d’acheter des aliments qui longue préparation, on peut bien évidemment le faire le mercredi ou le jeudi. Au moment des achats, il sera bon de se dire à soi-même que ces achats sont en l’honneur du Chabbat. (ce n’est pas grave si d’autres personnes nous entendent).
La liste des courses
Voici une liste de base des aliments qui doivent figurer sur chaque table de Chabbat :
- Un minimum de quatre ‘Halot (pains du Chabbat) – une pour chacun des trois repas et une autre pour servir de Lé’hem Mishné (deuxième pain) au moment de la bénédiction.
- Une bouteille de vin contenant une quantité suffisante pour faire au moins les deux Kiddoush et la Havdala. Au total trois coupes de vin (environ 260 ml).
- Du poisson, peu importe lequel.
- Du poulet ou de la viande de bœuf.
- En plus des besoins de base, il est toujours souhaitable de rajouter des mets en l’honneur du Chabbat. Différents types de salades, d’accompagnement de plats chauds, de desserts, de boissons sucrées et d’autres produits de ce type qui permettront d’agrémenter la fête selon les coutumes de ses parents et de sa communauté d’origine.
Chaque année, à Rosh Hashana (le nouvel an juif), D-ieu alloue à chacun de nous une somme spécifique pour toutes les dépenses de l’année à venir : nourriture, vêtements, frais de scolarité, dépenses professionnelles, et ainsi de suite.
Une chose n’est pas incluse dans cette somme : les dépenses que nous ferons en l’honneur du Chabbat tout au long de l’année. Par conséquent, même une personne qui n’a pas d’argent disponible immédiatement pour les dépenses du Chabbat devrait emprunter de l’argent, même si pour cela elle doit mettre certains de ses biens en garantie, afin d’acheter les repas de Chabbat. (Ceci à condition que la personne sache qu’elle recevra bientôt de l’argent et aura la capacité de rembourser sa dette). En ce qui concerne une telle situation, nos Sages de mémoire bénie disent : « D-ieu dit au peuple juif : Empruntez en comptant sur Moi et Je vous rembourserai ».
Gardez toujours à l’esprit que chaque centime que vous dépensez en l’honneur du Chabbat vous sera remboursé par D-ieu tôt ou tard, et que vous bénéficierez ainsi d’une entrée d’argent supplémentaire. Cela vaut la peine de faire l’essai !
Des mets particuliers au Chabbat
En plus des aliments obligatoires de base mentionnés ci-dessus, il y a un certain nombre d’aliments spécifiques qui ont été adoptés dans la culture juive et le vocabulaire Chabbatique en raison de leur lien étroit avec les lois de Chabbat.
« Guéfilte fish »
Le guéfilte fish (yiddish pour « poisson farci ») est une boulette à base de poisson haché (généralement de la carpe) qui est traditionnellement servi avec le jus du poisson, du raifort, des carottes et d’autres ingrédients. Ce plat est essentiellement consommé par les communautés ashkénazes.
La source de la coutume du poisson farci est liée -entre autres raisons- à l’interdiction de « Borer / trier » qui consiste à interdire d’enlever la partie indésirable d’un aliment le Chabbat, ce qui rend particulièrement difficile de manger un poisson contenant des arêtes à cause du problème de tri des arêtes. Puisque cette interdiction implique raison de l’interdiction d’enlever la partie indésirable (dans ce cas, les arêtes).
Puisqu’il y a une mitsva de manger du poisson le jour de Chabbat, la solution du guéfilte fish est qu’il est fait de poisson haché avec ses arêtes, évitant ainsi le problème posé par Borer.
« ‘Hamine »
Le ‘Hamine (terme venant de nos sages qui correspond au pluriel du mot ‘Ham qui veut dire chaud) est le nom donné à un ragoût composé de différents aliments (comme des pommes de terre, des patates douces, de la viande, des haricots et d’autres aliments; les ingrédients varient selon les communautés) qui cuit pendant de nombreuses heures à feu doux. Le processus de cuisson donne à la nourriture un goût unique.
La raison de la consommation du ‘Hamin à Chabbat est apparue pour satisfaire d’une part le besoin de manger un repas chaud le jour du Chabbat et accomplir ainsi le commandement du Oneg Chabbat -se délecter à Chabbat- et d’autre part pour ne pas transgresser l’interdit d’allumer un feu ou de cuire.
On a l’habitude de placer le ‘Hamin le vendredi sur une plaque chauffante avant l’entrée du Chabbat (il doit déjà être suffisamment cuit) et on le laisse continuer à cuire toute la nuit jusqu’à ce qu’il soit servi au repas de midi.
Les ‘Halot de Chabbat
Vous vous demandez peut-être pourquoi le pain de Chabbat est appelé ‘Hala ? (singulier de ‘Halot)
Ce terme est apparu car pendant la semaine nous achetons généralement du pain chez un boulanger. Cependant, en l’honneur du jour saint, de nombreuses femmes font leur propre pain de Chabbat. Une partie de la préparation du pain implique l’accomplissement d’une mitsva (un commandement) appelée Hafrashat ‘Hala / le prélèvement de la ‘Hala. C’est la raison pour laquelle on appelle le pain du Chabbat ‘Hala, afin de rappeler à nos « cordons bleus » cette mitsva spéciale.
Même dans la génération actuelle où les gens sont habitués à avoir tout ce qu’ils veulent automatiquement à leur disposition, il est possible et souhaitable de préparer ses propres ‘Halot du Chabbat plutôt que de les acheter chez un commerçant. Cela nous permet de gagner plusieurs choses, tout d’abord cela nous offre l’occasion de réaliser la mitsva de prélever la ‘Hala, une mitsva qui ne se présente pas tous les jours. En second lieu, c’est également un accomplissement de la mitsva de préparation du Chabbat. Et troisièmement bien sûr, les ‘Halot faites à la maison sont simplement beaucoup plus savoureuses !
la Mitsva du prélèvement de la ‘Hala – Hafrashat ‘Hala
Toute pâte à pain ou à gâteau faite avec l’une des cinq espèces de céréales (blé, orge, avoine, seigle ou épeautre) contenant une quantité d’au moins 1,666 kilo de farine, est soumise à l’exigence de Hafrashat ‘Hala avec la récitation d’une bénédiction. De 1,230 kilo à 1,666 on prélève la ‘Hala sans réciter de bénédiction et en dessous de 1,230 kilo on n’a pas besoin du tout de la prélever.
Pendant l’ère du Temple saint, une partie de la pâte à pain était prélevée et donnée à un prêtre : un Cohen.
Aujourd’hui, la mitsva est effectuée ainsi : on prend une petite partie de la pâte pesant environ 28 grammes (soit environ le volume d’une boite d’allumettes normale) et on récite dessus la bénédiction « Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés avec Ses commandements et nous a ordonné de prélever la ‘Hala ». La partie de la pâte prélevée en tant que ‘Hala est ensuite brûlée. Certaines femmes ont coutume de réciter une prière spéciale juste après avoir fait le prélèvement.
Une description plus détaillée de cette mitsva spéciale, généralement effectuée par les femmes, apparaîtra dans « Yahadoutone – La femme juive ».
