L’essence de ce jour
Le jour de Kippour a lieu le 10 Tishri, c’est un jour saint et très spécial destiné à un seul objectif : revenir vers D-ieu.
En ce jour on jeûne et on multiplie les prières durant lesquelles on insiste sur l’obligation de regretter ses mauvaises actions et d’améliorer ses bonnes actions.
C’est le jour où D-ieu signe le décret de chacune de Ses créatures. Qui vivra et qui mourra, qui sera pauvre et qui sera riche, qui avancera et réussira et qui chutera et échouera. Cependant, la sainteté de ce jour est tellement grande qu’il a la force d’expier -parallèlement à notre repentir- les fautes et de les effacer complètement.
Selon le judaïsme, la journée du 10 Tishri (comme chaque autre jour de l’année) commence à partir de la nuit qui la précède. Et par conséquent, Yom Kippour commence -avec toutes ses interdictions et les lois qui le concernent- à partir du moment où s’est couché le soleil à la fin du 9 Tishri et il se termine après l’heure de la sortie des étoiles (Tsète hakokhavimes) du lendemain le 10 Tishri.
La veille de Kippour – Les préparations au jour saint
La veille de kippour -le 9 Tishri- est un jour de préparation au jour saint qui arrive le lendemain. On y multiplie les dons à la charité et l’on fait une introspection générale de toutes nos actions effectuées durant l’année passée. De même, il existe un ordre détaillé des coutumes particulières de la veille de Yom kippour.
- En voici une première liste dont nous détaillerons chacun des éléments par la suite :
- La prière du matin.
- Le gateau de miel.
- Le repas vers la mi-journée.
- « Malkoute ».
- Le Mikvé.
- La prière de l’après-midi.
- La « Séouda Mafsékète ».
- La bénédiction des enfants.
- « Nère’ Haïm » et « Nère Néshama ».
La prière du matin
On récite la prière du matin comme à son habitude, cependant on ne dit pas le psaume « Mizmor Létoda » qui fait partie des « Pessouké Dézimra » et l’on ne récite pas non plus les supplications (Ta’hanoun).
- Il ne faut pas s’étendre trop durant la prière du matin car il nous faut remplir toutes les obligations de la journée.
Un gâteau de miel
À la fin de la prière du matin, on a l’habitude de demander au responsable de la synagogue de nous donner un morceau de gâteau au miel et l’on se bénit mutuellement en disant : « Léshana Tova Oumétouka – Une bonne et douce année ! ».
Derrière cette ‘douce’ coutume, se cache une autre raison intéressante : s’il a été décrété sur nous pour l’année à venir de devoir faire un emprunt quelconque ou de recevoir un ‘cadeau’ d’autres personnes ; en demandant du gâteau au miel la veille de Kippour, nous avons en quelque sorte reçu cet emprunt et ce cadeau. Et par conséquent, nous demandons de recevoir nos revenus de l’année directement de la main pleine, ouverte, sainte et généreuse du Créateur du monde.
La Mitsva : Manger
Il y a un commandement (Mitsva) de beaucoup manger la veille de Kippour. On a l’habitude de faire 2 repas : un repas vers la mi-journée et un autre un peu avant le début du jeûne, après la prière de l’après-midi, dont le nom est « Séouda Mafsékète – le repas d’arrêt ».
- Durant ces 2 repas, on trempe la tranche de pain dans le miel. Cependant, il faut quand même laisser du sel sur la table.
La récompense de ce commandement -de bien manger avant Kippour- est très grande. Celui qui mange le 9 Tishri et jeûne le 10 Tishri, est considéré comme s’il avait jeûner 2, le 9 et le 10 Tishri.
La veille de Yom Kippour, il faut manger des aliments faciles à digérer comme de la volaille ou du poisson et veiller à ne pas consommer une nourriture trop épicée.
« Malkoute – La flagellation »
Avant d’aller se tremper au bain rituel du Mikvé, les hommes ont l’habitude de recevoir la « Malkoute – flagellation ».
Au temps du Sanhédrine (la cour suprême juive à l’époque du Temple), une personne qui avait transgressé une interdiction de la Torah recevait comme punition une flagellation de 39 coups avec une lanière en cuir de veau. Aujourd’hui, on a l’habitude de faire une flagellation très faible purement symbolique en tant que dévotion de repentir la veille de Yom Kippour.
Le déroulement de « Malkoute »
Le flagellé se met à genoux, le dos droit, et il se penche en plaçant ses deux mains sur le sol, visage en direction du nord. Celui qui le ‘frappe’ le fait en douceur 39 fois avec une lanière de cuir sur le dos du flagellé et donne ses coups en forme de la voyelle hébraïque ‘Ségole’ ainsi : l’épaule droite, l’épaule gauche (en-haut) puis au milieu (au bas du dos).
Pendant l’acte, les deux disent en même temps 3 fois le verset : « Il est Miséricordieux, il pardonnera les fautes et ne détruira pas, il s’efforcera de retenir Sa colère et ne réveillera pas toute Sa fureur ». Ce verset contient 13 mots, en le disant 3 fois on arrive au total de 39, identique à celui des ‘coups’.
Le Mikvé
C’est une Mitsva de se tremper dans un Mikvé de pureté la veille de Yom Kippour, dans le cadre du processus de repentir engagé pendant ces jours. On a l’habitude de faire 3 immersions, à la manière d’une personne qui se convertit au judaïsme qui elle aussi, doit se tremper 3 fois dans un Mikvé.
Il faut se doucher avant de se tremper, afin de faire en sorte que notre corps soit propre et qu’aucune saleté ne crée une séparation (‘Hatsitsa) avec l’eau.
Les lois de la « ‘Hatsitsa » sont nombreuses, mais en règle générale elles concernent toute chose qui se trouve sur le corps et qu’il est possible d’ôter comme des tâches de couleur, du sable, de la saleté à l’intérieur des ongles et autres.
- Il faut se tremper au mikvé avant la prière de l’après-midi, afin que le « Vidouye » (voir plus loin) prononcé durant cette prière ait lieu après le Mikvé.
La prière de l’après-midi
On fait la prière de Min’ha durant les premières heures de l’après-midi afin qu’il nous reste assez de temps pour faire le dernier repas (Séouda Mafsékète) et les dernières préparations.
- Avant la prière on doit donner beaucoup de charité (Tsédaka).
Le saint Baal Shem Tov a dit : « Le son résonnant des pièces dans la coupe de Tsédaka détruit les forces impures ».
Le « Vidouye »
À la fin de la « Amida » de l’après-midi (la prière récitée à voix basse), après le deuxième « Yiheyou Lératsone », on récite le « Vidouye » (la confession de nos fautes) particulier des prières de Yom Kippour qui contient la prière de « Ashamnou, Baguadnou – Nous avons fauté, nous avons trahi » et les passages de « Al ‘Hète – pour le péché » et autres. Le texte de ces confessions se trouve dans le Ma’hzor de Kippour. Nous avouons nos fautes et demandons à D-ieu qu’il les pardonne et accepte notre repentir.
Étant donné qu’il n’est pas possible de faire Téshouva sans le « Vidouye », nos sages -de mémoire bénie- ont institué les textes de ces confessions qui contiennent la majorité des fautes dans lesquelles un être humain est susceptible de chuter.
- Il faut se pencher un peu lorsqu’on récite le « Vidouye ».
- Durant la récitation des différentes fautes dans le « Vidouye », il faut les regretter sincèrement et décider avec son cœur de ne plus les recommencer à l’avenir.
- Au moment où l’on récite le passage de « Al ‘Hète Shé’hatanou – pour les fautes que nous avons faites », on a l’habitude de se frapper sur le cœur avec le poing.
La « Séouda Mafsékète – Le repas d’arrêt »
Peu de temps avant le début du jeûne, on fait un repas supplémentaire du nom de « Séouda Mafsékète – le repas d’arrêt » parce qu’il exprime la coupure entre la veille de coupure et le jour de Kippour lui-même.
- Il faut placer une nappe blanche sur la table de la maison, comme on le fait à Shabbat, et l’on met aussi de beaux habits de fête aux enfants.
Pour ce repas, on a l’habitude de se laver les mains pour manger du pain et l’on trempe la tranche dans le miel.
De même, on a l’habitude de consommer des pates feuilletées farcies de viande (appelées Kreiplakh) car la viande symbolise l’attribut de rigueur (Midate Hadine) et la pâte feuilletée symbolise l’attribut de miséricorde (Midate Hara’hamime). Alors le fait que la pâte feuilletée entoure la viande symbolise notre volonté que D-ieu nous ‘entoure’ de Sa miséricorde.
- Identiquement aux autres repas de ce jour, il est important de consommer des aliments faciles à digérer comme de la viande et de la volaille. Néanmoins on ne consomme pas de poisson car cela réveille la soif.
- On n’arrête pas de manger juste à l’heure du coucher du soleil mais un peu avant afin de’ rajouter de la sainteté au profane’.
La bénédiction des enfants
Avant de partir à la synagogue, les parents ont l’habitude de bénir les enfants, filles et garçons.
En ce moment saint où Yom Kippour approche et que les portes de la compassion s’ouvrent, les parents bénissent les enfants afin qu’ils soient ‘signés’ pour une vie bonne et longue et que leur cœur soit empli de la crainte de D-ieu.
Le père et la mère placent leurs mains sur la tête de chacun des enfants et ils les bénissent ainsi :
Le garçon : « D-ieu te bénira comme Éphraïm et Ménashé » et la fille : « D-ieu te Bénira comme Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa ».
Après cette première formule ils récitent la bénédiction des Cohanim (les prêtres) : « D-ieu te bénira et te gardera, D-ieu illuminera Sa face vers toi et Il te gratifiera, D-ieu dirigera Sa face vers toi et Il donnera la paix en toi, ils mettront mon nom sur les enfants d’Israël et Je les bénirai ».
- On peut rajouter à cela des bénédictions personnelles pour chaque enfant sans limites.
Des habits spéciaux
Il faut porter des habits blancs en l’honneur de Yom kippour pour plusieurs raisons :
- Afin de ressembler à des anges.
- Les habits blancs rappellent le linceul et par cela, le cœur se soumet un peu plus afin de faire une Téshouva complète et revenir vers D-ieu.
- Les enfants doivent porter les beaux habits de Shabbat en l’honneur de ce jour si important.
Les hommes ont l’habitude de porter une tunique blanche appelée « Kitèle » durant toutes les prières de Yom Kippour.
- Il faut enlever ses chaussures de cuir et mettre des chaussures en tissu ou en plastique uniquement (comme des Crocs).
Un autre Mikvé
Certains ont l’habitude de se tremper une nouvelle fois au Mikvé après le repas d’arrêt afin de recevoir ce jour saint dans une pureté accrue.
« Nère ‘Hayime » et « Nère Néshama »
Hormis les bougies que la femme allume avant l’entrée du jeûne, il est bien d’allumer de grandes bougies la veille de Yom Kippour afin qu’elles brillent toute cette journée :
- « Nère Néshama – une bougie pour l’âme » : Une personne dont un (ou deux) des parents sont décédés -D-ieu préserve- allumera une bougie pour chaque personne défunte et l’on gardera cette bougie pour faire la cérémonie de la Havdalah de la fin de Yom Kippour.
- « Nère ‘Hayime – bougie de vie » : C’est une bougie qu’on allume pour chaque personne habitant dans la maison (par exemple, 4 bougies pour 4 personnes). On les allume à la synagogue avec celles des autres fidèles (afin que même si elles s’éteignent, on ne se laisse pas aller à des ‘pensées vaines’).
L’allumage des bougies de Yom kippour
- Avant l’allumage de ces bougies à la maison, la femme doit faire la prière de l’après-midi et donner une pièce à la Tsédaka.
- Une fille -à partir du moment où elle a commencé à parler et jusqu’à son mariage- allumera une seule bougie.
- Une femme mariée allume 2 bougies et elle rajoute à ce nombre une bougie par enfant, fille et garçon.
Il faut connaître à l’avance l’heure précise de l’allumage des bougies car on n’a plus le droit de les allumer après cette heure ! On trouvera les horaires dans un calendrier juif ou sur l’internet dans notre site.
- Immédiatement après l’allumage, il faut placer les mains sur les yeux et réciter deux bénédictions :
- « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Ashère Kidéshanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nère Shel Yom Hakippourim – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la bougie du jour de Kippour ». (Si Yom Kippour tombe un Shabbat, la bénédiction se termine par « Shel Shabbat Véshel Yom Hakippourim – De Shabbat et du jour de Kippour »).
- « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Shéhé’héyanou Vékyémanou Véhiguianou Lazémane Hazé – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a donné la vie, nous a maintenus et nous a fait arriver jusqu’à ce temps-là ».
- Les femmes doivent se rappeler qu’elles ont fait la bénédiction de « Shéhé’héyanou » et ne pas la répéter une deuxième fois au moment où les hommes la font à leur tour à la synagogue après la prière de « Col Nidré ».
Juste avant de rentrer dans Kippour
Les hommes revêtent leur Talite (châle de prières) au-dessus de leur tunique blanche et ils font la bénédiction « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélekh Haolame Ashère Kidéshanou Bémitsvotav Vétsivanou Léïtatèfe Bétsitsite – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de s’entourer d’un Tsitsite ».
La Mitsva et l’obligation principales de Yom Kippour est le jeûne. Par conséquent, s’il est très difficile pour quelqu’un d’aller à la synagogue et de faire toutes les prières, il faudra néanmoins veiller à ne pas manger ou boire durant toute la journée de Kippour. Il vaut mieux rester à la maison et abandonner « Col Nidré » et la prière de la « Néïla » en communauté, si cela nous amène à boire ne serait-ce qu’une goutte d’eau.
Il faut arriver tôt à la synagogue afin de recevoir plus rapidement la sainteté de ce jour.
