Introduction
Roch ‘Hodech désigne le premier jour de chaque mois hébraïque.
Roch ‘Hodech peut tomber soit un jour, soit deux jours consécutifs. En effet, lorsqu’un mois est composé de 29 jours, le Roch ‘Hodech du mois suivant est célébré un seul jour, le 1er du mois. Mais lorsqu’un mois est composé de 30 jours, le Roch ‘Hodech du mois suivant est célébré pendant deux jours, le 30 du mois précédent et le 1er du nouveau mois (par exemple, le 30 Tichri sera le premier jour de Roch ‘Hodech ‘Hechvan).
Jadis, la date de Roch ‘Hodech était fixée par le Sanhédrine de Jérusalem (la plus haute instance rabbinique, composée de 71 juges). C’est sur l’attestation de deux témoins affirmant avoir vu la nouvelle lune et dûment interrogés que ce Grand Tribunal annonçait le début d’un nouveau mois. L’information était ensuite diffusée à toutes les communautés juives d’Israël et du monde.
De nos jours, le calendrier hébraïque est fondé sur les calculs réalisés par Hillel, l’un des présidents du Sanhédrine, qui fixa tous les Roch ‘Hodech futurs, depuis son époque jusqu’à nos jours.
À Roch ‘Hodech, les prières subissent quelques modifications, comme nous allons le voir.
Cha’harit
Cha’harit de Roch ‘Hodech
La prière de Cha’harit se déroule comme pour un jour ordinaire, mais l’on ne récite pas les supplications.
Au cours de la Amida, avant la bénédiction de Modim, on ajoute le passage « Yaalé véyavo ». Dans celui-ci, nous demandons à D.ieu d’évoquer notre souvenir et celui de nos ancêtres, de Se rappeler Sa promesse de nous délivrer et de reconstruire Jérusalem et le Temple.
Hallel
Après la Amida, on récite le Hallel (même une personne qui prie seule doit le faire).
Le Hallel est une prière particulière, précédée et suivie d’une bénédiction, dans laquelle nous récitons des chapitres des Psaumes (113 à 118) louant et glorifiant le Maître du monde.
Avant de commencer le Hallel, on récite la bénédiction suivante : « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélekh haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou likro èth haHallel – Béni sois-Tu Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de réciter le Hallel. »
À Roch ‘Hodech, on ne lit pas l’intégralité des paragraphes du Hallel : on saute les deux chapitres qui commencent par « Lo lanou » et « Ahavti ». Cette lecture abrégée est appelée le demi-Hallel, par opposition au Hallel complet que l’on récite pendant les fêtes.
- Comme pour le reste de la prière, on attend que l’officiant récite à voix haute la fin de chaque paragraphe avant de continuer avec le passage suivant.
- On récite le Hallel debout, en s’efforçant de penser au sens de chaque mot.
- On a coutume de prononcer le Hallel avec entrain et en chantant des airs joyeux.
À deux endroits du Hallel, l’assistance reprend à voix haute les versets que récite l’officiant, dans les passages « Hodou l’Ado-naï » et « Ana Ado-naï hochia na ».
Voici comment l’on procède pour le passage de Hodou (selon le rite ‘Habad) :
L’officiant récite le premier verset à voix haute : « Hodou l’Ado-naï ki tov ki léolam ‘hasdo. »
L’assemblée répète après lui : « Hodou l’Ado-naï ki tov ki léolam ‘hasdo » à voix haute, et elle enchaîne de suite à voix basse : « Yomar na Israël ki léolam ‘hasdo. »
L’officiant clame à voix haute : « Yomar na Israël ki léolam ‘hasdo. » L’assemblée reprend à voix haute le premier verset :
« Hodou l’Ado-naï ki tov ki léolam ‘hasdo », et elle ajoute à voix basse le verset suivant : « Yomrou na beth Aharon ki léolam ‘hasdo. »
L’officiant répète à voix haute : « Yomrou na beth Aharon ki léolam ‘hasdo. »
L’assemblée dit à voix haute : « Hodou l’Ado-naï ki tov ki léolam ‘hasdo » et à voix basse : « Yomrou na yiré Ado-naï ki léolam ‘hasdo. »
L’officiant répète à voix haute : « Yomrou na yiré Ado-naï ki léolam ‘hasdo. »
L’assemblée conclut à voix haute : « Hodou l’Ado-naï ki tov ki léolam ‘hasdo. »
La récitation de Ana est beaucoup plus simple :
L’officiant clame : « Ana Ado-naï hochia na ! » et l’assemblée répète après lui : « Ana Ado-naï hochia na ! »
L’officiant reprend le même verset : « Ana Ado-naï hochia na ! » et l’assemblée le répète encore après lui. De même pour « Ana Ado-naï hatsli’ha na ! », l’officiant et l’assistance le récitent à deux reprises.
Nous concluons le Hallel avec cette bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naï, Mélekh mehoulal batichba’hot – Béni sois-Tu Éternel, Roi glorifié par les louanges. »
Après la récitation du Hallel, la coutume veut qu’on récite trois fois les versets figurant dans les livres de prières : « VéAvraham zakène… » et « Zevadyah yichméréni… »
Lors d’une prière publique, l’officiant récite le Kaddich complet après le Hallel.
On poursuit l’office en récitant les passages suivants :
- Le Cantique du jour (sans mentionner le psaume « Beth Yaacov »).
- Le Psaume 104, propre à Roch ‘Hodech, qui commence par « Barekhi nafchi… – Mon âme, bénis l’Éternel… » Dans ce texte, le Psalmiste s’émerveille devant la beauté de la nature et il glorifie D.ieu qui subvient aux besoins de toutes les créatures, lesquelles ont « toutes été façonnées avec sagesse ». (Dans les livres de prières, ce psaume figure après le Cantique du jour.)
- Lors d’un office public, un endeuillé ou un orphelin récite le Kaddich des orphelins, après quoi on procède à la lecture de la Torah.
La lecture de la Torah
Après avoir récité le passage « Vayehi binessoa haarone… », on ouvre l’Arche sainte, on en sort le Séfer Torah et on l’apporte jusqu’à l’estrade.
Pour plus de détail concernant la lecture de la Torah, voir page 137.
À Roch ‘Hodech, quatre hommes sont appelés à la Torah (et pas seulement trois comme les lundi et jeudi) : un Cohen, un Lévi et deux Israël. On lit à la Torah le passage relatif au « Sacrifice Perpétuel » et à ceux qui étaient offerts dans le Temple à Roch ‘Hodech.
Après la quatrième montée, le lecteur prononce le demi- Kaddich. Puis on soulève le Séfer Torah pour le montrer à l’assistance et, après l’avoir revêtu de son manteau, on le rapporte jusqu’à l’Arche en récitant le passage « yéhalélou ».
Achré, Ouva léTsione, téfilines de Rabbénou Tam
Après la lecture de la Torah, on récite Achré, Ouva léTsione et on retire les téfilines.
Pour plus de détail sur la façon de retirer les téfilines, voir page 160.
Dès que les téfilines sont remises en place dans leur pochette, on met les téfilines de Rabbénou Tam, on récite le Chéma, les passages de « Kadéch li » et de « Véhaya ki yéviakha » et l’on mentionne les « Six Souvenirs ». Après quoi on retire également ces téfilines et l’on ne conserve que le talith pour la prière de Moussaf.
Moussaf
Introduction
La prière de Moussaf est récitée les jours où, dans le Temple de Jérusalem, on offrait un sacrifice supplémentaire. Cela comprend le Chabbat, les fêtes, les jours de Roch ‘Hodech ainsi que les jours de ‘Hol Hamoed (demi-fêtes). Étant donné que le « Sacrifice Perpétuel » était pratiqué chaque jour de l’année, on appelait ce second sacrifice moussaf, parce qu’il était « ajouté » (signification littérale du mot « moussaf ») à l’offrande quotidienne.
L’heure adéquate pour réciter cette prière correspond au moment où l’on offrait ce sacrifice, c’est-à-dire jusqu’à la sixième ou septième heure après le lever du soleil.
Le texte du Moussaf
Le début et la fin du Moussaf sont en tous points semblables à la prière habituelle de la Amida, puisqu’il commence et se conclut avec les mêmes bénédictions (trois au début et trois à la fin).
Au milieu, on récite une seule bénédiction ayant pour thème central le sacrifice du jour, en l’occurrence celui de Roch ‘Hodech. Les thèmes du passage « Yaalé véyavo » sont également inclus dans cette bénédiction.
Dans cette prière, nous demandons au Maître du monde de rétablir le service sacerdotal, afin que nous puissions offrir devant Lui le sacrifice de Roch ‘Hodech comme jadis.
Le déroulement de la prière
L’officiant récite le demi-Kaddich, puis l’assistance entame la prière de Moussaf.
Dans la majorité des livres de prières, la prière de Moussaf figure après le Hallel. On peut la trouver au moyen de la table des matières présente au début du Sidour.
Le Moussaf commence avec les trois premières bénédictions de la Amida : celle « des patriarches », celle de « la puissance » et celle de « la sainteté ». Après quoi on récite le texte principal de cette prière, qui commence ainsi : « Raché ‘hodachim léamékha natata… – Tu as instauré des jours de Roch ‘Hodech pour Ton peuple… », et il se conclut avec la bénédiction : « Baroukh ata Ado-naï, mékadech Israël véraché ‘hodachim – Béni sois-Tu, Éternel, qui sanctifie Israël et les jours de Roch ‘Hodech. »
On poursuit avec les trois dernières bénédictions de la Amida : celle du « service sacerdotal », celle de « la gratitude » et celle de « la paix ». Puis on conclut enfin avec la prière « Ossé chalom ».
Comme à Cha’harit, l’officiant procède à la répétition de cette prière (« la répétition de l’officiant »), pendant laquelle on récite également la Kédoucha. Mais contrairement aux autres prières de la Amida, la Kédoucha du Moussaf commence par ces mots : « Kétère yiténou Lékha – Ils T’offriront une couronne… »
On répond amen à chaque bénédiction et quand l’officiant arrive à Modim, on récite le Modim des Sages.
Après la répétition du Moussaf, l’officiant prononce le Kaddich complet et l’on enchaîne avec les derniers textes de Cha’harit : Kavé, Ein kÉlo-hénou, le passage des encens, Alénou, Al tira et les chapitres des Psaumes quotidiens.
- Pour les hommes mariés et ceux qui portent le talith, c’est à ce moment que l’on retire le talith, qu’on le plie et qu’on le range dans sa pochette. Pour plus de détails à ce sujet, voir page 164.
Min’ha et Arvit
Min’ha à Roch ‘Hodech
La prière de Min’ha se déroule comme à l’accoutumée, à cela près qu’on insère le passage de « Yaalé véyavo » dans la Amida, au milieu de rétsé. Ce texte est lu également par l’officiant, lors de sa répétition.
À Min’ha de Roch ‘Hodech, on ne prononce pas les supplications. Immédiatement après la répétition, l’officiant récite le Kaddich complet, et l’on conclut la prière avec Alénou.
Arvit de Roch ‘Hodech
Dans la prière de Arvit la veille de Roch ‘Hodech (et non à l’issue), on ajoute le passage « Yaalé véyavo » dans la Amida, au milieu de Rétsé.
- Quand Roch ‘Hodech tombe pendant deux jours, on mentionnera « Yaalé véyavo » également dans Arvit du deuxième jour, à l’issue du premier jour.
