Horaires et préparatifs
La prière de Arvit – également appelée Maariv – doit son nom au mot érev – « soir » en hébreu. Elle est la troisième et dernière prière de la journée et, selon la tradition, c’est le patriarche Jacob qui l’instaura. Ses composantes principales sont la lecture du Chéma et ses bénédictions et la Amida.
Quand prie-t-on Arvit ?
Arvit peut être récitée pendant toute la nuit, depuis l’apparition des étoiles jusqu’à l’aube (Alot Hacha’har). Comme ces horaires changent pratiquement chaque jour, on consultera à cet effet les horaires des prières dans un calendrier hébraïque ou sur Internet.
Préparatifs avant la prière
Une demi-heure avant le début de la nuit, il est interdit de commencer une quelconque activité qui pourrait se prolonger un certain temps, comme de commencer un repas ou d’aller se reposer. On attendra donc la tombée de la nuit afin de réciter le Chéma et la prière de Arvit à temps et c’est seulement après que l’on s’adonnera à ses occupations. Dans le cas contraire, il y aurait lieu de craindre que le repas se poursuive longtemps, ou que l’on s’endorme profondément et on risquerait alors de manquer le temps imparti à la récitation du Chéma.
Comme pour les autres prières, il convient de se préparer convenablement avant de commencer Arvit : on s’assurera d’avoir le corps et les habits propres, on se vêtira dignement, on portera une veste, on mettra deux couvre-chefs sur la tête, et, selon la coutume ‘hassidique, on se ceindra également d’une ceinture supplémentaire.
- Contrairement à Cha’harit et Min’ha, on ne donne pas d’argent à la charité avant Arvit.
Le déroulement de la prière
Le déroulement de la prière
« Véhou Ra’houm » et passages d’introduction
On commence Arvit avec le verset : « Véhou ra’houm… – Il est miséricordieux et pardonne les fautes », pour demander à D.ieu d’effacer et de pardonner toutes nos mauvaises actions de la journée.
Nous employons le terme « miséricordieux », car même lorsque nous sommes punis pour nos écarts de conduite, c’est l’effet de la bonté et de la clémence du Créateur. D.ieu désire la disparition du péché, et non du pécheur. Il est comme un père qui frictionne son enfant pour le laver de ses souillures.
Nous enchaînons avec des versets extraits des Psaumes, en commençant par le chapitre 134 : « Chir hamaalot – Cantique des degrés… »
Ce passage d’introduction se conclut avec trois versets, répétés chacun à trois reprises : « Ado-naï Tséva-ot imanou misgav lanou… – L’Éternel Tséva-ot est avec nous, Il est pour nous une citadelle… » ; « Ado-naï Tséva-ot, achré adam botéa’h bakh – Éternel Tséva-ot, heureux l’homme qui a confiance en Toi » ; « Ado-naï hochia… – Éternel, viens à notre secours… »
Barékhou
- Les textes suivants ne sont récités que lors d’un office public.
L’officiant récite le demi-Kaddich, puis il proclame : « Barékhou èth Ado-naï haMévorakh – Bénissez D.ieu, le Béni ! » Et l’assistance répond : « Baroukh Ado-naï haMévorakh léolam vaed – Béni soit D.ieu, qui est béni à tout jamais ! »
- On doit se tenir debout pour réciter Barékhou.
- Quand l’officiant prononce les mots : « Bénissez D.ieu… », on s’incline légèrement en avant.
- En répondant à l’annonce de l’officiant, on s’incline plus en avant en disant le mot baroukh, et l’on se redresse en prononçant le Nom de D.ieu.
Les bénédictions du Chéma
Avant de réciter le Chéma, on prononce deux bénédictions : « Hamaariv aravim » et « Ahavat olam ».
Nous avons déjà développé plus haut (au chapitre « Les bénédictions du Chéma », p. 91) la signification des bénédictions récitées avant et après le Chéma. Comme à Cha’harit, ces textes ont pour but d’éveiller dans nos cœurs l’amour du Saint béni soit-Il.
Hamaariv aravim – « Qui suscite le soir »
À Cha’harit, nous avons mentionné avant le Chéma la bénédiction : « Yotser or – Qui crée la lumière. » À présent, la première bénédiction est consacrée au soir : « Hamaariv aravim – Qui suscite le soir. » Nous rendons grâce au Créateur pour les corps célestes qu’Il dirige avec une infinie sagesse, et nous Le remercions de susciter le passage du jour à la nuit de façon progressive, afin que nos yeux s’habituent à l’obscurité.
Cette bénédiction se conclut ainsi : « Baroukh Ata Ado-naï, hamaariv aravim – Béni sois-Tu, Éternel, qui suscite le soir. »
Ahavat olam – « D’un amour éternel »
Cette bénédiction évoque les mêmes idées que celle – homonyme – récitée le matin, avant le Chéma. Nous y rappelons l’amour infini que D.ieu porte à Son peuple, la nation juive, et nous Lui exprimons notre reconnaissance pour cet amour sans bornes. Nous nous engageons à étudier la Torah et à accomplir ses commandements sans relâche, jour et nuit, conscients du fait que notre vie dépend d’elle.
Cette bénédiction se conclut ainsi : « Baroukh Ata Ado-naï, ohev amo Israël – Béni sois-Tu, Éternel, qui aime Son peuple Israël. »
Le Chéma
La Torah nous ordonne expressément de lire le Chéma deux fois par jour, matin et soir. C’est pourquoi il fait partie de la prière de Arvit.
Il convient de réciter les trois paragraphes du Chéma, à savoir « Véahavta », « Véhaya im chamoa » et « Vayomer ».
- En récitant le premier verset du Chéma, on se couvre les yeux avec la main droite, afin que rien ne vienne perturber notre concentration.
- Il est impératif de prononcer le premier verset du Chéma avec une grande concentration, en pensant à la signification de chaque mot. Si quelqu’un l’a récité sans se concentrer, il devra le répéter convenablement.
- Le passage : « Baroukh Chem kévod malkhouto… » doit être récité à voix basse.
- Comme à Cha’harit, il convient de lire les trois paragraphes du Chéma posément, en pensant au sens de chaque mot. On fera particulièrement attention à ne pas faire d’élision entre deux mots et l’on s’appliquera à ne pas avaler des mots ou des lettres.
- Contrairement à l’office de Cha’harit, on ne tient pas les tsitsit dans la main pendant le Chéma de Arvit et on ne les embrasse pas au moment où on les mentionne dans les versets.
- Aussi bien la bénédiction que le compte du Omer doivent être récités debout.
- Chaque jour du Omer correspond à un mot de la prière « Ana békoa’h… », à un mot du chapitre 67 des Psaumes « Elo-him yé’honénou… » et à une lettre des versets « Yismé’hou viranénou… ». Ainsi, le deuxième jour du Omer, pendant qu’on énonce le compte, on pensera au mot « békoa’h » du premier de ces textes, au mot « yé’honénou » du second, et à la lettre sine du mot « yismé’hou ». Tout cela figure dans les livres de prières, en regard du compte de chaque jour.
- Après avoir compté le Omer, nous disons « HaRa’hamane Hou ya’hazir… – Le Miséricordieux rétablira pour nous le service du Temple à sa place, prochainement et de notre vivant, amen sélah. »
Après le Chéma, on récite deux autres bénédictions : « Émet véémouna » – aussi appelée la « bénédiction de la délivrance » – et « Hachkivénou ».
La bénédiction de la délivrance
Cette bénédiction évoque les prodiges réalisés par le Saint béni soit-Il lors de la sortie d’Égypte et l’ouverture de la mer Rouge.
Nous rendons grâce au Créateur pour tous les miracles accomplis en faveur de nos ancêtres et nous nous engageons à accepter le joug de la Royauté divine.
Cette bénédiction se conclut ainsi : « Baroukh Ata Ado-naï, gaal Israël – Béni sois-Tu, Éternel, qui a délivré Israël. »
Hachkivénou – « Fais-nous dormir »
Cette bénédiction commence ainsi : « Fais-nous dormir, notre Père, dans la paix, et fais-nous lever, notre Roi, pour une vie bonne et pour la paix. » Il est intéressant de noter que, s’agissant de la nuit, nous désignons D.ieu comme « notre Père » et pour le lever, nous Le qualifions de « Roi ».
En vérité, cette distinction coule de source. Le matin, au saut du lit, la première pensée qui nous traverse l’esprit est que le Roi de l’univers Se tient à nos côtés et observe nos actions. Notre relation avec Lui est encore superficielle et nous nous considérons seulement comme des serviteurs obéissant aux ordres de leur Roi.
Mais la nuit venue, après avoir récité trois prières riches en foi et en émotion, après avoir bénéficié de « miracles cachés » tout au long de la journée, nous nous adressons au Maître du monde comme à un Père bienveillant, qui prodigue amour et chaleur à Ses enfants.
Dans cette bénédiction, nous prions D.ieu de nous accorder une protection particulière pendant les heures de la nuit et nous Lui demandons de nous épargner de tout malheur.
Cette bénédiction se conclut ainsi : « Baroukh Ata Ado-naï, chomer èth amo Israël laad – Béni sois-Tu, Éternel, qui protège Son peuple Israël à jamais. »
Lors d’une prière publique, l’officiant récite à présent le demi-Kaddich.
La Amida
On récite la prière de la Amida comme à Cha’harit et à Min’ha.
Comme Arvit n’est pas un moment propice aux supplications, on ne se frappe pas la poitrine avec le poing en disant les mots : « ‘hatanou… pachanou », dans la bénédiction du pardon.
La veille de Roch ‘Hodech, on veillera, avant Modim, à ne pas omettre le passage de « Yaalé véyavo ».
Fin de l’office
À Arvit, il n’y a pas de répétition de l’officiant après la Amida. Celui-ci prononce directement le Kaddich complet, après quoi on conclut avec Alénou Léchabéa’h et Al tira.
Le décompte du Omer
Depuis le soir suivant le premier jour de Pessa’h et jusqu’à Chavouot, nous comptons le Omer tous les soirs après la Amida d’Arvit.
Pour plus de détails concernant le décompte du Omer, voir le Yahaduton « Pessa’h et Chavouot »
Avant le décompte du Omer, on prononce la bénédiction suivante : « Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou Mélekh haolam, acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou al séfirat haOmer – Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de compter le Omer. » Après quoi on énonce le nombre de jours écoulés depuis le début de cette période. Par exemple, la veille du quatrième jour (à la nuit), nous disons : « Aujourd’hui est le quatrième jour du Omer. »
L’officiant récite d’abord la bénédiction et effectue le compte à voix haute, après quoi l’assistance fait de même.
À partir du septième jour, on commence à mentionner également le nombre des semaines. Ainsi, la veille du septième jour (à la nuit), nous disons : « Aujourd’hui est le septième jour – qui correspond à une semaine – du Omer » – ou selon la version séfarade : « Aujourd’hui est le septième jour du Omer, qui correspond à une semaine. » Le lendemain, on annonce : « Aujourd’hui est le huitième jour – qui correspond à une semaine et un jour – du Omer », et ainsi de suite.
Les femmes qui ne prient pas Arvit compteront le Omer à la nuit.
Autres passages récités après le compte du omer
Après le compte du Omer, nous avons coutume de réciter le Psaume 67 : « Lamenatséa’h bineguinoth… – Au chef des chantres, avec instruments à cordes… », ainsi que la prière de Rabbi Né’hounya ben Hakana : « Ana békoa’h… »
L’usage est également de lire un texte issu de la sagesse kabalistique, qui commence par : « Ribono chel olam… – Maître du monde… »
Après avoir achevé la lecture de ces passages, la prière du soir se conclut avec Alénou et Al tira.
Celui qui oublierait de compter
Si quelqu’un a oublié d’effectuer le compte du Omer pendant la nuit, il aura toute la journée du lendemain, jusqu’au coucher du soleil, pour se rattraper. Dans ce cas, il ne devra cependant pas réciter la bénédiction avant de compter. Les nuits suivantes, il reprendra son décompte comme d’ordinaire.
Si quelqu’un a oublié d’effectuer le compte du Omer pendant la nuit et toute la journée qui la suit, il devra compter à partir de là tous les soirs sans prononcer de bénédiction.
Les prières des jeûnes
Lors des jeûnes publics, la version des prières de Cha’harit et de Min’ha diffère quelque peu. Nous développerons ce point dans un prochain Yahaduton.
