Qu’est-ce qu’un Talith ?
Le talith (châle de prière) est un vêtement que l’on utilise pour accomplir le commandement biblique de porter des tsitsit (franges).
En effet, la Torah stipule que lorsqu’un homme porte un vêtement doté de quatre coins, il doit y attacher un certain nombre de fils d’une façon particulière. En portant ce vêtement et en regardant les franges qui y sont suspendues, on se rappellera tout au long de la journée les 613 commandements de la Torah et la présence constante de D.ieu dans notre vie.
Question : De quelle manière le talith évoque-t-il les 613 commandements de la Torah ?
Réponse : Chaque lettre de l’alphabet hébraïque possède une valeur numérique. Le total des lettres du mot tsitsit est égal à 600. À chaque coin du vêtement, huit fils sont attachés et liés ensemble par cinq nœuds. Si l’on additionne ces différentes valeurs, on obtient le nombre 613. C’est ainsi que les tsitsit nous rappellent, à longueur de journée, les commandements que nous devons respecter.
De nos jours, la plupart des vêtements ne sont ni carrés ni rectangulaires et, en l’absence de quatre coins, on n’est donc pas tenu d’y fixer des franges. Afin de pouvoir observer le commandement de tsitsit, nous avons la coutume de porter un vêtement supplémentaire comportant quatre coins, appelé talith.
Il existe deux différents types de talith :
Le talith katane – littéralement le « petit talith ». Il ressemble à un petit poncho rectangulaire, aux coins duquel sont attachées les franges rituelles. Les hommes ont la coutume de le porter tout au long de la journée, généralement sous la chemise.
Le talith gadol – littéralement le « grand talith ». C’est un large vêtement rectangulaire, généralement en laine, muni de tsitsit à ses quatre coins. Ce « châle de prière » est porté par les hommes pendant les offices du matin et lors de certaines cérémonies religieuses.
Pour davantage de détails sur le talith katane et le commandement de tsitsit, s’en référer au volume de cette série intitulé : « La vie juive au quotidien ».
Avant de commencer la prière de Cha’harit, on se couvre donc du talith gadol et l’on attache les téfilines au bras et à la tête.
- Selon la coutume ashkénaze et ‘Habad, le talith gadol est porté uniquement par les hommes mariés, tandis que les jeunes hommes portent seulement le talith katane et les téfilines pendant Cha’harit. Selon la coutume séfarade, les garçons non mariés revêtent également le talith gadol.
- Du fait que le talith gadol est réservé à la prière, la Loi juive lui accorde le statut d’« objet sacré » et il ne doit donc pas être introduit dans les toilettes. Le talith katane, en revanche, peut être porté dans les toilettes, car il n’est pas utilisé uniquement pendant la prière.
- Étant donné que le talith gadol est généralement rangé dans la même pochette que les téfilines, il faut s’assurer que le talith soit toujours placé à l’avant du sac, de sorte qu’il soit le premier objet rencontré en l’ouvrant. En effet, il faut éviter d’avoir à mettre les téfilines de côté pour pouvoir atteindre le talith.
Comment revêt-on le Talith ?
Voici, étape par étape, la manière dont on revêt le talith :
- On retire le talith de son sac et on le déplie partiellement dans le sens de la longueur.
- On place le talith sur son épaule droite, de manière à ce que les tsitsit pendent devant soi (voir fig.1).
- On s’assure que les fils des tsitsit sont intacts et qu’aucun d’eux n’a été sectionné. On sépare délicatement les fils qui se sont éventuellement emmêlés. Il est d’usage de réciter ce passage de Psaumes pendant qu’on examine l’état des franges : « Barékhi nafchi… – Mon âme, bénis l’Éternel. Éternel mon D.ieu, Ta grandeur est infinie, Tu T’es drapé de splendeur et de majesté. Tu t’enveloppes de lumière comme d’un manteau, Tu déploies les cieux comme une tenture. » Ces versets décrivent la grandeur de l’œuvre divine au moment de la création, lorsqu’Il s’est « revêtu » – si l’on peut s’exprimer ainsi – de la lumière et des cieux qui enveloppent notre monde comme un manteau ou un rideau.
- On déplie le talith entièrement. On embrasse le bord supérieur (le « col » du talith) à trois reprises et on fait passer derrière soi le talith en entier, en veillant à se couvrir la tête avec la doublure intérieure.
- On fait descendre l’avant du talith jusqu’à ce que sa partie supérieure recouvre les yeux. Et tout en s’enveloppant du talith, on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou Mélekh haolam, achère kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou léhit’atef bétsitsit – Béni sois- Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous envelopper des tsitsit » (voir fig. 2).
S’envelopper du talith
Après avoir récité la bénédiction, on s’enveloppe du talith de la façon suivante :
- On fait passer le pan droit du talith, avec ses deux tsitsit, par-dessus l’épaule gauche, de sorte que les franges retombent derrière le corps. Le pan gauche du talith, avec ses deux franges, reste à l’avant, de sorte que la tête est « entourée » par les tsitsit des deux côtés (voir fig. 3).
- Pendant qu’on est enveloppé du talith, on aura à l’esprit d’accomplir le commandement divin de porter les tsitsit. On pensera également au fait que cette pratique a pour but de nous rappeler tous les autres préceptes de la Torah.
- Après s’être enveloppé du talith pendant quelques secondes, on retire le pan droit de l’habit de l’épaule gauche et l’on récite les versets suivants : « Ma yakar ‘hasdékha… – Combien précieuse est Ta bonté, ô D.ieu ! Les êtres humains s’abritent à l’ombre de Tes ailes. Ils seront rassasiés de l’abondance de Ta demeure, Tu les abreuveras du fleuve de Tes délices. Car près de Toi est la source de la vie, à Ta lumière nous voyons le jour. Étends Ta bienveillance sur ceux qui Te connaissent et Ta justice sur ceux qui ont le cœur droit. »
- Après cela, le talith doit être disposé selon son port habituel : la partie supérieure du talith doit couvrir la tête, les deux tsitsit
antérieurs (le droit et le gauche) pendent à l’avant du corps et les deux autres à l’arrière du corps. Les côtés du talith sont enroulés et placés sur les épaules, de sorte que le talith recouvre la majeure partie du corps (voir fig. 4).
Selon la coutume séfarade, on ramène également le pan gauche du talith derrière l’épaule gauche, de façon à ce que les quatre tsitsit pendent à l’arrière du corps.
Ces versets expriment des louanges à D.ieu pour tous les bienfaits dont Il nous gratifie et pour la protection que nous trouvons sous Ses « ailes ». Nous L’implorons également de continuer à nous accorder Ses bénédictions par le mérite de notre foi en Lui et parce que nous Le servons de tout cœur et avec loyauté.
Question : J’ai perdu mon talith. Suis-je autorisé à porter mes téfilines sans talith ?
Réponse : Oui, car ces deux commandements sont indépendants. Vous êtes donc tenu de porter les téfilines même si vous n’êtes pas en possession d’un talith. D’autre part, vous pouvez emprunter un talith jusqu’à en obtenir un nouveau.
