Troumot, Maasserot, Orla et Cheviit
Ces Mitsvot sont celles qui s’appliquent aux fruits ou aux légumes et qui les rendent Cachers.
Aujourd’hui, les lois des Troumot (dons), Maasserot (dîmes) et Orla (fruits d’un arbre de moins de trois ans) ne concernent pas la plupart des gens. Si vous vivez en Israël, il y aura toujours un magasin de légumes Cachers près de chez vous qui est sous la supervision du Rabbinat local (ou un rayon de légumes Cachers dans le supermarché de votre ville). Vous pourrez y acheter des légumes et des fruits Cachers. Si vous habitez en dehors d’Israël, alors vous n’avez pas besoin de faire les dons et les prélèvements sur les produits qui ont poussé en dehors d’Israël. Malgré cela, nous y reviendrons pour ceux qui cultivent des fruits ou des légumes dans leur jardin (ou ceux qui achètent au marché sans tampon de Cacheroute). Nous nous familiariserons avec les concepts de base de la Cacheroute.
Voici les Mitsvot concernées et comment les observer :
Définitions
Lorsque le peuple d’Israël est entré en terre d’Israël, le pays a été divisé en tribus. La seule tribu qui n’a pas reçu de terrain était la tribu des Lévites (qui comprend les Prêtres et les Lévites). Ils étaient destinés à servir D.ieu dans le Temple et n’ont donc pas reçu de parcelle de terre pour être entièrement libres pour ce travail sacré.
Afin qu’ils puissent vivre et exister sans leur propre terre et ses récoltes, D.ieu a ordonné de leur offrir certains dons grâce auxquels ils pourront vivre.
Certains d’entre eux sont les dons et les dîmes : Trouma Guedola, Maasser Richone, Troumat Maasser, Maasser Chéni, Maasser Ani.
Pour résumer :
- Trouma Guedola : grand prélèvement, on met de côté une petite quantité de la récolte qui a poussé et elle est donnée au Prêtre.
- Maasser Richone : première dîme, on prélève un dixième de la récolte restante qui est donné au Lévi.
- Troumat Maasser : prélèvement de la dîme, le Lévi met de côté une dîme de ce qu’il a reçu et la donne au Prêtre.
- Maasser Chéni : deuxième dîme, certaines années on met de côté un autre dixième de ce qu’il reste que l’on mange à Jérusalem (au temps où le temple existait).
- Maasser Ani : dîme du pauvre, les autres années on met de côté un dixième de ce qu’il reste que l’on donne aux pauvres.
De nos jours, si vous cultivez des fruits ou des légumes dans votre jardin ou si vous achetez des légumes sur un stand du marché local qui n’est pas sous la surveillance du Rabbinat, dont on n’a certainement pas mis de côté les dons et les dîmes de la récolte (ou si on a un doute), n’en mangez pas avant d’avoir fait les dons et les dîmes.
En pratique, ce n’est pas si complexe. Afin de faire les choses comme il se doit, sur une base régulière, vous devriez souscrire au « Keren Hamaasserot » du « Beth Midrach supérieur pour la loi concernant la colonie agricole » à Jérusalem, leur objectif est d’aider dans tout ce qui concerne ces sujets.
- En ce qui concerne les dons et les dîmes, il existe de nombreuses lois sur ce qui doit être mis de côté, quelles récoltes, etc… Si vous rencontrez souvent ce problème, vous devriez contacter un Rabbin pour vous guider.
Orla
Orla est l’interdiction de manger les fruits qui poussent au cours des trois premières années de la vie d’un arbre. Il est interdit de manger et de profiter des fruits cultivés ces années-là. Dans un certain sens, c’est même une Mitsvah de les détruire, afin qu’ils ne soient pas utilisés par des hommes. L’interdiction n’existe pas pour les légumes car les branches repoussent chaque année.
Même un vieil arbre, qui est déraciné sans terre autour de ses racines et replanté à un autre endroit, est appelé un nouvel arbre et il est interdit de manger ses fruits pendant les trois premières années de son nouveau « lieu de résidence ». En revanche, si l’arbre est déraciné avec assez de terre autour de ses racines pour qu’il puisse en vivre, cela ne s’appelle pas un nouvel endroit car il continue à pousser avec la terre dans laquelle il était auparavant, il n’y a donc aucun besoin d’attendre encore trois ans.
Question : J’ai acheté une maison avec une cour et il y a des arbres dont je ne sais pas s’ils sont Orla ou non. Que dois-je faire ?
Réponse : Vous devriez essayer de savoir auprès de la personne qui vous a vendu la maison combien d’années se sont écoulées depuis qu’ils ont été plantés. Si ce n’est pas possible, il est obligatoire de se renseigner auprès d’un expert qui saura évaluer l’âge de l’arbre. Si ce n’est pas possible, il faut attendre trois ans.
Les fruits de la quatrième année
L’arbre a un an de plus chaque année, à chaque Roch Hachana, le 1er Tichrei. S’il a été planté environ deux mois avant la fin de l’année, à Roch Hachana, il a déjà un an. En revanche, s’il est planté moins de 44 jours avant le début de l’année, on ne commencera à compter ses années qu’à partir du début de l’année, il aura toujours 0 ans.
- Attention ! Même si le troisième Roch Hachana, l’arbre fait trois ans, ses fruits ne doivent pas être consommés avant le 15 Chevat de cette année-là.
Il y a une chose dans le Orla qui le rend plus complexe que les dons et les dîmes. L’attribution des dons et des dîmes peut également être effectuée par la personne, après l’achat, si je ne suis pas sûr que cela ait déjà été effectué par le producteur ou le commerçant. Mais le problème du Orla ne peut pas être résolu. Si le fruit vient d’un arbre de moins de trois ans il est interdit.
C’est pourquoi il faut être très prudent et vérifier soigneusement où l’on achète les fruits, afin d’être sûr de ne pas transgresser cet interdit.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Avez-vous attendu patiemment pendant trois ans depuis que vous avez planté l’arbre ? Bravo, mais cela ne vous donne toujours pas la possibilité de manger librement ses fruits. Les fruits de la quatrième année sont appelés « Neta Revaï » (plantation de la quatrième année).
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Contrairement aux trois premières années, les fruits de la quatrième année peuvent déjà être consommés. Mais ils sont sacrés et vous ne pouvez pas les manger à moins de les « racheter » avec de l’argent, un processus dans lequel le caractère sacré des fruits est transféré à l’argent.
Comme la mise de côté des dons et des dîmes, il est recommandé de le faire uniquement par le biais d’une souscription au « Keren Maassrot » à Jérusalem, une association spéciale qui s’occupe de tout le côté halakhique des agriculteurs.
Cheviit
Une fois tous les sept ans, nous arrivons à une année spéciale appelée « l’année de la Chemita ». Cette année-là, il y a plusieurs Mitsvot et interdictions qui ne sont pratiquées que cette année-là. Par exemple : le propriétaire d’un terrain n’est pas autorisé à cultiver sa terre (c’est pourquoi on l’appelle « Chemita », en hébreu quitter, car il doit quitter sa terre). Les fruits et les récoltes cultivés cette année-là sont interdits au commerce. De plus, même si la récolte de cette année est autorisée à être consommée, elle doit être considérée comme sacrée et ne doit pas être détruite, jetée ou dénigrée.
- Vous vivez à l’étranger ? Autrefois, la Chemita (ainsi que les dons et les dîmes) n’était associée aux pays hors de la terre d’Israël que dans certains versets de la Torah. Aujourd’hui, cela vous concerne également, en particulier les résidents d’Europe. De nombreux fruits sont exportés d’Israël, alors quand vous achetez des fruits et légumes, vous devez vérifier qu’ils ne proviennent pas d’Israël.
Qu’est-ce que cela implique pour nous ?
Il est interdit d’acheter des fruits qui ont poussé la septième année dans un magasin qui n’a pas de surveillance concernant la Chemita. La raison en est que D.ieu a interdit le commerce des fruits de la septième année, et même si je ne fais qu’acheter, je viole l’interdiction de D.ieu et je fais fauter aussi le vendeur qui en fait le commerce.
De plus, toutes les récoltes cultivées la septième année en Terre d’Israël sont saintes et sont appelées « la sainteté de la septième ».
Voici quelques lois concernant la récolte de la septième année :
La récolte « sacrée » (sainteté de la septième) ne doit être consommée que de la manière dont vous avez l’habitude de toujours la manger, c’est-à-dire si vous avez l’habitude de la faire cuire, pendant la Chemita, vous devez la manger uniquement en la faisant cuire. Si vous avez l’habitude de la manger crue sans aucune cuisson, vous ne devrez la manger que de cette façon et ne pas la faire cuire.
- Durant la septième année, on n’a pas l’obligation de prélever les dons et les dîmes.
- Avec les récoltes de cette année, il faut faire très attention à ne pas en gaspiller. Par conséquent, s’il y a un fruit ou un légume qui doit être épluché pour être mangé, il doit être épluché avec le moins de fruit possible (afin qu’il ne soit pas jeté à la poubelle avec l’épluchure).
- Il est permis de donner à un bébé un fruit de la septième année s’il sait en manger la majeure partie et ne va pas en gaspiller. Mais si vous avez l’habitude que la majorité soit gâchée, ne le lui donnez pas. Et si lorsqu’il mange, vous le voyez gaspiller un peu, il faut l’empêcher de le faire.
- Les épluchures des légumes et des fruits de la Chemita, tant qu’elles sont propres à la consommation (ou que la chair du fruit ou du légume y est attachée) ne doivent pas être jetées à la poubelle, mais être mises de côté dans une boite à la maison qui sera la « poubelle de Chemita », dans laquelle on mettra toutes les épluchures et les restes de fruits et légumes saints. Même les noyaux auxquels la chair du fruit est collée, ainsi que les restes de légumes ou de fruits de la septième année, doivent y être déposés. Ce n’est qu’une fois que les fruits auront pourri et qu’ils seront impropres à la consommation qu’il sera permis de les jeter à la poubelle après les avoir emballés dans un sac en plastique.
- Si vous faites Kiddouch sur du vin de la septième année, il vous faudra faire attention à ne pas en perdre une goutte.
- Vous voulez aussi faire Havdalah à la sortie du Chabbat ? Il faut éviter de le faire avec le vin sacré de la septième année. La raison est que, comme il est de coutume à la fin de la Havdalah, on verse un peu de vin dans la soucoupe et on y éteint la bougie, ce vin sera perdu et ne sera pas potable, or nous avons déjà appris qu’il est interdit de gâcher la nourriture sainte de la septième année.
Que mange-t-on pendant la Chemita ?
Les solutions qui existent aujourd’hui sont les suivantes (et elles ont des priorités et des coutumes différentes) :
- La meilleure façon d’acheter des fruits et légumes, c’est dans les magasins qui vendent des produits importés de l’étranger ou ceux qui ont été récoltés, la sixième année. Ce qui est cultivé à l’étranger, il n’y a pas de sainteté la septième année, pas plus que pour les récoltes de la sixième année.
- Un magasin qui ne vend que des fruits et légumes cultivés dans le champ d’un non-juif. Selon certaines opinions de la Halakha, une récolte cultivée dans le champ d’un non-juif n’est pas sacrée, même si elle se trouve en Terre d’Israël.
- Un magasin qui vend des récoltes avec un « permis de vente ». Cela signifie : selon certaines opinions de la Halakha, il est permis à un fermier Juif de vendre son champ situé en Israël à un non-juif pendant l’année de Chemita. Selon eux, les récoltes cultivées dans un tel champ sont considérées comme celles d’un non-juif en Terre d’Israël (voir la section précédente).
- Le magasin connu en Israël « Otsar beth Din ». Toutes les interdictions de l’année de la Chemita ne s’appliquent qu’à la récolte d’une personne privée. Les fruits cultivés dans le champ d’un tribunal sont autorisés à être pesés et vendus. Par conséquent, de nombreux agriculteurs laissent leurs champs pendant la Chemita (comme l’exige la Torah) et le tribunal vient prendre possession du champ. C’est lui qui s’occupe de la bonne poussée de la récolte par des ouvriers à qui il paie leur salaire, et s’occupe également de leur commercialisation et de leur vente Ces fruits sont généralement vendus à un prix inférieur au prix habituel (sans intention de profit) et il faut y faire attention comme aux produits sacrés de la septième année.
