Contexte
Le programme de travail que D-ieu nous a donné à suivre est formidablement expliqué dans les moindres détails. La religion juive a quelque chose à dire sur chaque moment de notre agenda quotidien. Pour chaque situation dans laquelle nous nous trouvons, nous avons un ensemble de directives claires sur la façon d’agir en tant que Juifs. Depuis la seconde où nous ouvrons les yeux le matin jusqu’à ce que nous les fermions le soir.
Une partie de ces directives est écrite dans la Torah elle-même. Elle nous dit, par exemple, que nous devons réciter le Shéma Israël, porter des Téfilines et dire le Birkate Hamazone – la bénédiction pour la subsistance, à la fin du repas et autres. Parallèlement, une autre partie des règles à suivre provient des décrets institués par nos maitres tout au long des générations. L’un des commandements de la Torah est que nous devons appliquer les instructions des sages du peuple juif. Leur érudition extraordinaire et leur sainteté leur ont donné la sagesse nécessaire afin de renforcer les commandements, en formulant des règles, décrets et coutumes à suivre par le peuple qui, au fil du temps, sont devenus partie intégrante et inséparable de la vie juive. Par exemple l’allumage des bougies à Hanoucca, le lavage rituel des mains (Nétilate Yadaïm), la récitation de bénédictions et de nombreuses autres pratiques courantes.
Aujourd’hui, toutes nos lois sont compilées de manière détaillée et pragmatique dans un seul livre appelé « Shoul’hane Aroukh – La Table Dressée » : on y trouve les lois inscrites dans la Torah (appelées « Mitsvotes Déoraïta ») qui sont les plus anciennes ainsi que les lois rabbiniques (appelées « Mitsvotes Dérabanane ») et les coutumes qui se sont rajoutées à la pratique juive au cours des derniers siècles, également sous la direction des sages de la Torah de chaque génération. Pour nous, en tant que Juifs qui souhaitons mener une véritable vie juive, il est impératif que nous nous efforcions d’observer toutes ces lois, sans exception.
Hormis le fait que la Volonté de D-ieu est que nous accomplissions toutes ces lois par acceptation du joug de Sa Royauté, il y a un autre aspect important de notre observance qui est lié à notre propre conscience. D-ieu veut que nous changions notre approche de la vie matérielle et que nous menions une vie plus élevée et plus spirituelle.
Pendant la majeure partie de la journée, nous nous livrons à des activités « neutres » qui ne sont ni des actes sacrés (comme l’étude de la Torah ou la prière) ni leur contraire (péchés, haine du prochain etc.). Outre le respect parallèle de Ses instructions spécifiques, D-ieu veut que nous L’intégrions également dans ces activités neutres en sachant les considérer avec un regard juif, qui représente une perspective plus saine, même pour toutes nos activités quotidiennes.
Prenons par exemple le commandement de la Tsédaka, le don de charité.
Nous avons tendance à penser que nous allons travailler tous les jours pour amasser de l’argent à la banque et que l’argent que nous gagnons, au-delà de ce qui est nécessaire pour les besoins de base, devrait être utilisé pour nous offrir divers produits de luxe : une nouvelle voiture, un voyage aux Caraïbes, etc. En outre, si nous le souhaitons, nous pouvons aussi utiliser une partie de cet argent pour des causes charitables, comme l’aide aux personnes dans le besoin.
Le point de vue juif sur cette question est toutefois à l’opposé de la perspective que nous avons décrite. Le Judaïsme nous enseigne que nous vivons dans le monde afin d’accomplir le but spirituel pour lequel nous avons été créés. Par conséquent, lorsque nous allons travailler et que nous ramenons un salaire à la maison, une fois que nous avons satisfait nos besoins fondamentaux, l’argent que nous gagnons devrait être destiné principalement à des causes charitables ; c’est ainsi que nous remplissons le but spirituel de notre existence. Ce n’est qu’une fois ce besoin fondamental est satisfait que, s’il nous reste de l’argent, nous pouvons nous permettre de le consacrer à des dépenses de luxe, comme des vacances en famille.
À chaque étape et événement de notre vie, dans chaque lieu et chaque situation dans lesquels nous nous trouvons, le Judaïsme a quelque chose à nous apprendre. Notre religion nous entoure de toutes parts et nous guide tout au long de la journée, non seulement lorsque nous prions ou étudions la Torah, mais aussi lorsque nous nous engageons dans les activités les plus quotidiennes : manger, aller au travail, voyager, et même prendre une douche ou dormir.
Si l’on pouvait voir, enregistrée en vidéo, la vie juive d’une personne durant une journée de 24 heures, cela donnerait une bonne idée de la façon dont D-ieu est impliqué dans tous les petits détails de notre existence. Et Sa présence constante n’est pas une ‘invasion’ de notre vie privée car nous sommes vraiment une partie de Lui et qu’Il est présent partout dans le monde. Il se trouve aussi dans nos émotions et nos pensées, en même temps qu’il dirige les mouvements d’une feuille d’arbre qui tombe dans un petit village en Russie et contrôle l’atterrissage d’une volée d’oies près d’un lac, au milieu de leur migration vers l’Afrique. Tout ce qui se passe dans le monde, de l’événement le plus important à l’incident le plus insignifiant, est causé et contrôlé par D-ieu.
Le fait de savoir que D-ieu se trouve avec nous, à chaque instant et chaque endroit, devrait nous procurer d’un côté un sentiment de tranquillité dû au fait que nous ne sommes jamais seuls et qu’il y a toujours Quelqu’un qui veille sur nous et nous protège. De l’autre côté, cela devrait nous inciter à faire plus attention à nos actes en essayant d’agir correctement et de ne pas faire des choses indésirables, Dieu nous en préserve, puisqu’Il voit tout ce que nous faisons, même en privé, et que nos actions sont importantes pour Lui.
Parfois, lorsque les gens prennent connaissance de toutes les lois et coutumes qui régissent la vie quotidienne d’une personne juive, ils ont l’impression que la religion juive s’accroche à toutes sortes de minuties et de détails insignifiants qui n’ont pas d’intérêt. Pourquoi la façon dont nous nous lavons les mains le matin serait-elle importante ? Qui se soucie de l’ordre dans lequel nous attachons nos chaussures ? Quelle différence cela fait-il si nous récitons une bénédiction sur une pomme avant un concombre ? La liste des questions ne s’arrête pas là.
À l’ère de la technologie moderne, cela est en fait, assez facile à comprendre.
Imaginez que vous décidiez d’envoyer une lettre à l’éditeur du livre que vous êtes en train de lire. Vous vous asseyez devant votre ordinateur et saisissez l’adresse électronique complète, sans faire d’erreur, en omettant ‘seulement’ un petit point – celui qu’il y a avant ‘com’. Ce point manquant est-il simplement un détail insignifiant ? Ou, peut-être, avez-vous omis un ‘point’ très important, qui représente bien plus que quelques pixels sur l’écran de l’ordinateur (puisque le message n’arrivera pas) ?
Chacune des lois et des comportements préconisés par la Torah contient un degré incroyable de profondeur. Le moindre détail de la loi juive représente un monde entier de signification spirituelle. Lorsque nous accomplissons une mitsva de manière appropriée, nous créons en fait un lien spirituel entre le Créateur du monde et nous. Chaque petit point est d’une importance majeure.
Pour comprendre pourquoi ce point doit être inclus dans l’adresse électronique, il faudrait apprendre le langage de la programmation informatique. Il en va de même pour la loi juive. Voulez-vous comprendre la signification des commandements de la Torah et le but de toutes nos coutumes ? Alors vous devez apprendre le « langage » du Judaïsme – la Torah.
C’est pourquoi, dès que nous nous levons le matin, avant de nous lancer dans la course trépidante et le rythme effréné de la vie d’aujourd’hui, nous devons décider de nous rappeler ce que cela signifie d’être juif, et cela nous donnera la sagesse de faire les bons choix, les choses qui sont vraiment importantes, et de suivre la voie du Roi de tous les rois, le Saint béni soit-Il.
L’essentiel est : après notre douche matinale et notre tasse de café, avant de prendre nos smartphones pour vérifier l’état de la circulation et déterminer la meilleure route à prendre pour aller au travail, nous devons aussi planifier les étapes de la ‘route’ que nous allons prendre pour nous attacher à D-ieu aujourd’hui.
Dans cet ouvrage « Yahadoutone – Les règles de la vie quotidienne juive », nous avons rassemblé une vue d’ensemble de tout ce qu’un Juif doit savoir à ce sujet. Alors devenons grâce à lui expert en la matière ou -tout au moins- prenons-le avec nous au travail…
Les moments de la journée
Les montres que nous portons à notre poignet sont les compagnons constants de notre vie. Elles nous indiquent quand nous devons nous lever le matin et nous permettent de compter les heures que nous passons au travail. De même, elles nous informent du moment d’un rendez-vous et quand aller chercher nos enfants à l’école.
Le déroulement du programme journalier d’un Juif est également fortement influencé par les aiguilles de la montre, car de nombreuses règles et lois juives s’appliquent à des moments précis de la journée.
Prenons, par exemple, l’obligation biblique de réciter le Shéma Israël du jour (Kéryate Shéma). Les heures minimum et maximum auxquelles nous pouvons accomplir ce commandement sont définies de manière très précise. Si nous récitons le Shéma Israël ne serait-ce qu’une minute trop tôt ou trop tard, nous n’aurons pas rempli notre obligation.
Aujourd’hui, les heures exactes de toute observance rituelle peuvent être trouvées dans les calendriers juifs ou sur Internet. Il est important de vérifier la date exacte et les horaires correspondants au lieu où l’on se situe, car les horaires des commandements varient de jour en jour et de lieu en lieu, selon la position et les mouvements du soleil de l’endroit où nous nous trouvons. Certains commandements ne peuvent être pratiqués qu’à partir du lever du soleil, d’autres seulement après son coucher, et d’autres encore plus tard, à partir de la sortie des étoiles, une fois que les dernières lueurs du soleil ont disparu du ciel.
L’horaire de nombreuses lois juives est basé sur un facteur supplémentaire, qui dépend des horaires du lever et du coucher du soleil à l’endroit où l’on se trouve. Ce facteur est une unité de temps de longueur variable appelée ‘heure saisonnière’. Il ne s’agit pas d’une heure habituelle de 60 minutes que nous connaissons tous mais du résultat d’un partage du temps de la journée en 12 heures, le résultat en est une heure ‘saisonnière’ qui varie quotidiennement en fonction de la longueur du jour. Pour une discussion plus détaillée sur les heures saisonnières et le temps des lois juives en général, voir l’appendice de notre ouvrage « Yahadoutone – La synagogue et les prières ».
