Introduction
Le jour du mariage est bien évidemment très occupé, émouvant (et stressant…). Malgré cela, il faudra garder à l’esprit son importance sans pareil du point de vue spirituel et le vivre selon sa juste valeur, d’autant plus qu’en ce jour une abondance spirituelle se répandra au profit de la vie de votre couple.
C’est la raison pour laquelle il faudra profiter de cette journée pour multiplier les bonnes actions et les Mitsvotes, donner à la Tsédaka, prier D-ieu, réciter des chapitres des psaumes, et pour l’homme mettre ses Téfilines. Il est bien que les membres de la famille proche participent à cette ‘fête’ spirituelle en faisant eux-aussi des bonnes actions pour le mérite du jeune couple.
Selon le judaïsme, ce jour équivaut pour les mariés au ‘jour de Kippour’ étant donné son exceptionnalité et sa sainteté. C’est la raison pour laquelle il est conseillé au futur couple de jeûner jusqu’après la ‘Houppa, comme on le fait à Kippour.
- Si le mariage a lieu à la date de Rosh ‘Hodesh (premier du mois hébraïque), à ‘Hanoucca, le 15 Av ou le 15 Chévate, on ne jeûnera pas. Les autres jours, le jeûne se terminera juste après la ‘Houppa, même si elle a lieu en pleine journée.
Avant la ‘Houppa
Avant la célébration de la ‘Houppa, le ‘Hatane rencontrera le rabbin qui vous mariera pour plusieurs raisons :
- Remplir le contrat de mariage juif – la Kétouba.
- Faire signer ce contrat par les deux témoins, le ‘Hatane fera aussi un acte de Kyniane (qu’est-ce que c’est ? nous en parlons par la suite).
- Montrer la bague qui sera utilisée pour la cérémonie des Kiddoushine (Sanctification) au rabbin. Il vérifiera qu’elle a bien été achetée avec l’argent du ‘Hatane.
La Kétouba
La Kétouba est un document juridique institué par nos sages dont le but est de protéger les droits de l’épouse et d’empêcher son mari de la divorcer avec facilité. Le ‘Hatane, parmi d’autres engagements, s’engage à verser une somme importante au cas où il déciderait de divorcer, ceci afin de le dissuader d’une telle action.
Important à savoir : cette somme d’argent n’est pas fonction de l’amour entre l’homme et la femme. Le rabbinat d’Israël ne permet pas qu’elle dépasse un million de Shékels israéliens.
Dans les temps anciens, avant l’invention de l’imprimerie, la Kétouba destinée au couple était entièrement écrite sur parchemin par un scribe. De nos jours elle est imprimée et on y laisse des espaces vides correspondant aux données individuelles du couple comme leurs noms, la somme d’argent etc.
On remplira ces espaces durant la rencontre avec le rabbin avant la ‘Houppa. Il expliquera au ‘Hatane le contenu du document afin qu’il sache à quoi il s’engage. De même il remplira une photocopie de la Kétouba qu’il transmettra au rabbinat local où le mariage a été enregistré, afin que ce document serve aux générations à venir.
Au moment de la ‘Houppa (la cérémonie du mariage, la ‘Houppa elle-même est le nom de la tente recouverte par un tissu et soutenue par quatre colonnes, sous laquelle a lieu le mariage) on lira la Kétouba puis on la transmettra aux mariés.
- La Kétouba sera conservée par le couple à la maison durant toutes leurs années de mariage.
- Dans le cas où elle a été perdue ou si le texte est effacé, il faudra veiller à en refaire une autre le plus vite possible. On pourra s’adresser au rabbinat local qui détient la copie de votre Kétouba.
La Kétouba est écrite en araméen ancien, c’est la langue qui était utilisée par le peuple juif au moment où nos sages -de mémoire bénie- instituèrent ce document.
En voici des passages principaux traduits :
En ce jour ___ de la semaine, le __ du mois __ de l’année ____ ici à ____ qu’elle soit reconstruite et rétablie, nous sommes témoins que le ‘Hatane ______ fils de ______ de la famille _____a dit à la Kala (mariée)____ fille de ____ de la famille _____
Sois ma femme selon la loi de Moïse et d’Israël et je travaillerai, t’honorerai, te nourrirai, subviendrai à tes besoins selon la loi de Moïse et d’Israël et te donnerai la somme fixée et spécifiée par la Kétouba
La Kala est d’accord et elle est acquise par le ‘Hatane
Avec la présence de ______ témoin ; et de ______ témoin, Le ‘Hatane _____
Les témoins
Afin de donner une légitimité à la Kétouba et aux engagements qu’elle contient, elle doit être signée par deux témoins n’appartenant pas à la famille du couple.
- Il y a de nombreuses conditions pour pouvoir être témoin lors de la ‘Houppa. La signature d’un témoin inapproprié rend la Kétouba invalide et annule les Kiddoushine. Par conséquent, le choix des témoins doit se faire avec le rabbin.
À la fin du remplissage de la Kétouba, on procèdera à un acte de Kyniane (le ‘Hatane soulève un foulard ou un autre objet) et les témoins et le ‘Hatane signeront le document.
Le Kyniane est une procédure par laquelle on renforce la puissance des engagements du ‘Hatane envers ce qui est écrit dans la Kétouba.
Les témoins de la Kétouba seront généralement aussi les témoins des Kiddoushine (lors du voilement du visage de la Kala par le ‘Hatane et lors de la ‘Houppa). Sans eux il n’y aura pas de couple, même si le reste de l’évènement remplit toutes les conditions nécessaires selon la loi. Ils devront assister aux Kiddoushine (notamment la mise de la bague au doigt de la Kala), c’est seulement ainsi que le mariage sera valide.
La bague
Selon la Torah, les Kiddoushine se font par l’intermédiaire de la mise d’une bague au doigt de la Kala par le ‘Hatane, cette bague lui appartient et il la lui donne (c’est une bague sans pierre précieuse). Il y a deux conditions à cela :
- La bague doit avoir une valeur minimum (cette valeur est respectée sans aucun doute par les bagues actuelles). Durant la ‘Houppa, le rabbin montrera la bague aux témoins qui certifieront qu’elle a cette valeur minimum.
- La bague doit être la possession exclusive du ‘Hatane. Pour le vérifier, le rabbin lui demandera s’il l’a achetée avec son propre argent. Pour renforcer cela, il lui demandera aussi de la lever en l’air et par cet acte il l’acquerra de manière absolument exclusive.
Couvrir la tête de la mariée
Avant la ‘Houppa, le ‘Hatane voilera le visage et les cheveux de sa Kala avec le voile de mariée qu’elle porte sur sa tête (appelé ‘Hinoma’).
De nombreuses explications ont été données à cette tradition. La principale est liée aux liens qui seront construits entre les deux mariés. En effet, le voilement de la tête de la Kala par le ‘Hatane met en avant la nécessité de protéger son épouse et l’acceptation de ses engagements envers sa future famille.
