Introduction
Pour certains, la cérémonie du mariage se limite à la réalisation d’une grande fête comme celle de la fin des études ainsi qu’à la préparation logistique de l’évènement. Pourtant dans les faits, il s’agit de la joie du commencement d’une nouvelle vie. La cérémonie peut aussi simplement servir de changement de statut (même sur Facebook) : ‘Marié(e)’ ; alors qu’en vérité elle consacre notre entrée dans une existence authentique. Par conséquent, le fait de donner une importance surdimensionnée à cette fête et de produire des efforts considérables pour sa réussite peut nous faire dévier de son objectif réel. Les amis sont impatients ? On veut les impressionner ? C’est tellement dommage pour tous ces efforts et tout cet argent dépensé. Une grande fête, aussi impressionnante soit-elle, sera oubliée peu de temps après qu’elle ait eu lieu.
Alors comment faut-il se préparer ?
On doit se préparer à une vie authentique ! En réfléchissant à l’engagement propre au mariage et à la vie de couple, à la vie qu’on mènera à la maison, l’atmosphère qu’on y fera régner, les valeurs avec lesquelles les enfants grandiront, ce sont là les choses les plus importantes. Plus vous prendrez D-ieu en considération et plus les choses iront bien et la réussite sera présente, avec d’autant plus d’abondance.
De plus, le mariage doit donner lieu à une préparation spirituelle. La cérémonie du mariage est un acte spirituel et exalté (lorsqu’il est accompli selon la loi de Moïse et d’Israël). Cependant la vie à deux qui s’en suivra ne sera pas moins spirituelle et exaltée. Le judaïsme sanctifie énormément la vie de couple et sa pureté, de manière à totalement protéger le cadre de la vie familiale.
Avec le mariage commence une existence authentique et pleine de challenges, on a donc besoin d’augmenter l’aide divine.
En outre, le mariage est une préparation à la vie de couple. Même si vous avez déjà habité un peu ensemble, la vie après le mariage sera totalement différente. Par conséquent, étant donné que les avis des hommes et des femmes diffèrent sur de nombreux points, et souvent leurs opinions divergent totalement, il convient d’apprendre (ou de recevoir la guidance d’un couple marié depuis longtemps) la vision de l’autre personne afin de connaître suffisamment la raison de ses émotions et également connaître la raison de ses actes et la nature de ses désirs. Cela afin d’éviter les problèmes dans le « Chalom Bayit – la paix du couple ».
Il convient aussi de bien se préparer au niveau de la vie conjugale en connaissant les lois de la pureté et de l’intimité. Durant cette période de préparation, il est également bon de multiplier les bonnes actions et la pratique des commandements, comme donner la charité ou étudier la Torah etc.
La vie à deux
Le mariage est un évènement qui sépare la vie en deux. La première partie est celle d’avant le mariage durant laquelle on vit seul, on ne se soucie essentiellement que de ses besoins et l’on ne doit rendre des comptes qu’à soi-même ou au Créateur du monde. Avec le mariage la roue tourne. En tout premier lieu, il faut maintenant analyser chaque chose en tenant compte d’une opinion supplémentaire, celle du conjoint. Toute décision doit être communément acceptée. Les évènements se vivent à deux et l’on doit rendre compatible nos principes et nos valeurs.
La recette d’un mariage heureux
Un mariage heureux est assuré par le respect des règles de pureté familiale qui constituent le programme de la vie intime du couple. Vous pourrez en trouver les détails dans notre ouvrage : « Yahadoutone – La vie de la femme juive ».
La date et le lieu du mariage
Vous y êtes. C’est décidé. Le moment est alors venu d’avancer en recherchant une date et une salle pour le mariage.
Lorsqu’on veut fixer une date de mariage, il convient de tenir compte de la date hébraïque. Il y a des périodes où l’on n’a pas le droit de se marier comme celle du compte du Omère (tout au moins pas avant Lag Baomère) et la période appelée « Beine Hamétsarim » qui a lieu entre le jeûne du 17 Tamouz et celui du 9 Av. Si vous ne tenez compte que du calendrier grégorien, il n’est pas sûr que votre date corresponde à une date permise par le calendrier juif.
- Si vous fixez une date de mariage qui ne correspond pas aux règles du judaïsme, cela engendrera situations désagréables, notamment avec le rabbinat lorsque vous voudrez vous y inscrire pour enregistrer votre mariage juif.
- De manière générale, il est conseillé de fixer la date du mariage le plus tôt possible.
Et pour la salle ? Cela dépend de votre localisation géographique et de vos moyens financiers. Néanmoins vous devez veiller à ce que la salle ait un certificat de Casheroute afin de manger de la nourriture Casher, ce qui rajoutera de la bénédiction à votre nouvelle vie et vous permettra d’honorer les invités qui participeront à votre joie.
L’enregistrement administratif du mariage
Durant la période précédant le mariage (pas moins de 45 jours avant sa date) il faudra vous enregistrer au rabbinat local afin qu’il vérifie la validité de votre mariage. Le rabbinat fera aussi reconnaître votre mariage administrativement. La fiancée pourra recevoir une formation en vue du mariage et l’on vous aidera à trouver un rabbin qui sanctifiera votre union (si vous n’avez pas de préférence à ce sujet).
Lorsque vous irez (ensemble) vous inscrire au rabbinat, il vaut mieux demander la liste précise des documents que l’on attend de vous car celle-ci peut légèrement varier d’un endroit à l’autre. Munissez-vous d’un moyen de paiement afin de régler les frais d’enregistrement fixés par la loi.
Vous pourrez trouver la liste des documents nécessaires à l’ouverture d’un dossier sur le site du ministère des cultes. Veillez à avoir en votre possession :
- Une carte d’identité valide ainsi que sa pièce jointe.
- Une photo-passeport pour chacun.
- Une photocopie du certificat de mariage de vos parents respectifs.
- Le paiement pour l’enregistrement du mariage.
Pourquoi est-il important qu’un mariage dans l’état d’Israël passe par le rabbinat ?
Pas seulement parce que les frais d’enregistrement valent moins chers qu’un voyage à Chypre. Mais parce que nous désirons vivre dans un pays bien organisé. On ne peut pas inscrire le premier venu car il serait impossible de construire une vie juive en Israël sans savoir qui est célibataire et qui est déjà marié du point de vue du judaïsme, qui est Cohen (le Cohen ne peut pas se marier avec une femme qui a divorcé), qui sont les parents et d’autres informations nécessaires.
Un mariage Casher ?! Qui a inventé une telle chose ?
Les employés du rabbinat doivent vérifier que ceux qui veulent s’inscrire sont bien juifs et qu’ils ne sont pas frappés par une interdiction de se marier selon la Torah bien qu’ils soient juifs. Lorsqu’un des fiancés présente un certificat de conversion, ils doivent aussi vérifier que celle-ci a été effectué selon les règles de la loi juive.
Le choix du rabbin qui vous mariera
Le rabbin qui dirigera la cérémonie de mariage a une grande influence sur celle-ci. L’ambiance qu’il mettra, le souvenir qu’il vous laissera, la participation des invités. Pour toutes ces raisons on portera son attention sur ce point important.
La plupart des couples préfèreront un rabbin qui dirigera la cérémonie avec facilité et dans la joie. Néanmoins il faut se rappeler qu’un rabbin n’est pas un clown et que votre mariage ne doit pas lui servir de scène de théâtre pour un ‘one man show’. Il devra se comporter avec sérieux, en donnant de l’importance à la sainteté de l’évènement et en ajoutant un peu d’humour et de rire afin de procurer de la grâce à ce moment et d’entraîner le public à y participer pleinement. La cérémonie du mariage – la ‘Houppa- fait l’objet de l’application de nombreux points de loi et le rabbin se devra d’être vigilant afin de bien faire attention à leur respect.
Il est bon de choisir un rabbin qui saura expliquer chaque étape de la cérémonie à vous et aux participants à votre joie.
Les jours précédant la ‘Houppa, il est conseillé de rencontrer le rabbin afin de faire une première connaissance avec lui. Ce rendez-vous est important afin qu’il connaisse vos attentes et que vous connaissiez les siennes. Durant cette rencontre on discutera du programme de l’évènement, on lui fournira le contrat de mariage juif (Kétouba) à remplir lors de la cérémonie, il transmettra les textes à prononcer par le futur marié afin que ce dernier les connaisse par cœur et de façon exacte.
- Tous les rabbins ne peuvent pas vous marier. Celui que vous avez choisi doit correspondre aux critères du grand rabbinat d’Israël et être certifié par le conseil religieux de l’endroit où vous enregistrez votre mariage. Il faudra vérifier cela à l’avance sur le site internet du grand rabbinat d’Israël afin de ne pas vous engager avec un rabbin qui s’avèrerait ne pas être autorisé à vous marier.
Les jours précédant le mariage
Le temps ne s’arrête jamais et vous vivez les derniers jours avant le mariage. Ces jours sont très particuliers et leur enjeu spirituel est énorme. Par conséquent, en ces derniers jours, il est recommandé d’être toujours en présence d’un accompagnateur qui vous protègera (par sa présence) de toute force spirituellement néfaste mal intentionnée jusqu’au mariage. Aussi bien l’homme que la femme.
Le Shabbat ‘Hatane
Le Shabbat qui précède le mariage est appelé « Shabbat ‘Hatane – le Shabbat du marié ». En ce jour, le fiancé vient à la synagogue le matin et on le fera monter à la Torah.
Pourquoi précisément Le Shabbat le plus proche du mariage ?
La vie de couple impose des challenges à bien des égards. La maison juive est encore plus une source d’enjeu et demande des forces particulières. C’est la raison pour laquelle le futur marié monte à la Torah, parce qu’il reçoit ainsi des forces de la Torah et de D-ieu afin que le foyer qu’il s’apprête à construire soit heureux et réussi, et également qu’il ait le mérite d’engendrer une descendance bénie et pieuse.
- Dans les communautés séfarades, le « Shabbat ‘Hatane » a lieu le Shabbat qui suit le mariage.
- La future mariée se doit aussi de profiter de ce Shabbat spécial en allumant les bougies du Shabbat le vendredi soir et prier pour une vie belle et heureuse.
Pourquoi jette-t-on des bonbons sur le futur marié lorsqu’il monte à la Torah ?
Les bonbons sucrés symbolisent le fait que nous souhaitons au futur marié une vie douce. Le fait de les jeter contribue à une ambiance de joie qui se répand tout autour.
