Chabbat Mévarekhim – le Chabbat où l’on bénit le mois
- Il s’agit du Chabbat qui précède chaque Rosh ‘Hodesh (le début du mois hébraïque), Chabbat pendant lequel nous récitons la Bénédiction sur le nouveau mois et annonçons le jour de la semaine où Rosh ‘Hodesh aura lieu.
- À Chabbat Mévarekhim, on a l’habitude de se lever plus tôt qu’un Chabbat normal et de réciter l’intégralité du Livre des Psaumes avant le commencement de la prière du matin. Cette coutume a la singularité d’apporter prospérité et succès à celui qui le récite, ainsi qu’à ses enfants et petits-enfants.
- Il est de coutume de faire un Kiddoush à la synagogue ces semaines-là, après la conclusion de la prière du Moussaf. Ce Kiddoush porte le nom spécial de « Kiddousha Rabba »
Chabbat Téshouva – le Chabbat du repentir
Il s’agit du Chabbat entre Rosh Hashana (Le nouvel an juif) et Yom Kippour. Le nom de ce Chabbat provient de la Haftara qui est récitée ce Chabbat après la lecture de la Torah et qui commence par les mots : « Shouva Israël Ad Ha-Shem Élokékha -Reviens Israël vers l’Éternel ton D-ieu ».
Ce Chabbat est aussi appelé « Chabbat Téshouva » car il a lieu pendant la période des dix jours de Téshouva entre Rosh Hashana et Yom Kippour.
Chabbat Béréshit
Il s’agit du Chabbat qui suit le jour de fête de Sim’hat Torah. C’est le dernier Chabbat du mois hébraïque de Tishri et c’est le Chabbat où nous commençons le nouveau cycle annuel de la Torah avec la lecture de la première Parasha de la Torah : Béréshit.
Chabbat Shirah
C’est le Chabbat où nous lisons la portion de la Torah de Béshala’h, qui contient la « Shirate Hayam – le chant de la mer » (« Az Yashir Moshé… »). Ce Chabbat a généralement lieu aux alentours de la fête de Toubishevat (Le nouvel an des arbres).
Chabbat Shékalim
Il s’agit du premier Chabbat de la série des quatre lectures spéciales de la Torah (« Arbaa Parashiote ») qui ont lieu, en plus de la portion hebdomadaire de la Torah, à partir du Chabbat précédant le mois d’Adar jusqu’au Chabbat précédant le mois de Nissane.
Le Chabbat Shékalim survient toujours juste avant le début du mois (Rosh ‘Hodesh) d’Adar ou peut tomber le jour de Rosh ‘Hodesh lui-même. Ce Chabbat, nous lisons le passage de « Parashat Shékalim » qui traite de l’obligation de chaque Juif d’apporter une pièce d’un « Ma’hatsite Hashékel – demi-Shékel » comme don pour les sacrifices communautaires offerts dans le Saint Temple.
Dans une année bissextile hébraïque, lorsqu’il y a deux mois d’Adar, ce passage est lu en association avec le second mois. Soit avant le Chabbat précédant Rosh ‘Hodesh du deuxième Adar, soit à Rosh ‘Hodesh lui-même lorsqu’il tombe à Chabbat.
Chabbat Zakhor – Souviens-Toi
C’est le deuxième de la série des quatre lectures spéciales (« Arbaa Parashiote »). Il a toujours lieu le Chabbat qui précède la fête de Pourim.
À Chabbat Zakhor, nous lisons le passage de la Torah qui commence par « Zakhor Ète Ashère Assa Lékha Amalek… – Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek… ». La Torah nous ordonne de nous souvenir de la guerre contre Amalek qui eut lieu peu de temps après la sortie d’Égypte, ainsi que d’effacer le souvenir d’Amalek.
Cette partie de la Torah est lue avant Pourim car Haman le mécréant (qui essaya d’exterminer le peuple juif à l’époque et dont nous célébrons la perte pendant la fête de Pourim) était un descendant direct d’Agag, le roi d’Amalek, et lui et ses dix fils ont été pendus à Pourim.
Chabbat Parah
Il s’agit du troisième Chabbat de la série des « Arbaa Parashiote ».
Le Chabbat Parah est dépendant du Chabbat Ha’hodesh (le quatrième de la série) et il est toujours placé avant celui-ci. Nous lisons la section de la Torah qui décrit les lois de la « Parah Hadouma – Vache Rousse » dont les cendres étaient utilisées pour purifier les personnes atteintes de la « Toumate Mète – Impureté de mort » parce qu’elles s’étaient souillées au contact d’un mort.
Chabbat Ha’hodesh
C’est le quatrième et dernier Chabbat de la série des « Arbaa Parashiote ».
Le Chabbat Ha’hodesh a toujours lieu le Chabbat qui précède immédiatement le début du mois de Nissane (Rosh ‘Hodesh Nissane) ou à Rosh ‘Hodesh Nissane lui-même lorsqu’il tombe à Chabbat. Nous lisons la portion de la Torah qui commence ainsi : « Ha’hodesh Hazé Lakhèm Rosh ‘Hodashim – Ce mois-ci est pour vous le début de tous les mois ». Cette portion de la Torah nous apprend, entre autres, que le mois de Nissane est défini comme le ‘premier mois’ du calendrier hébraïque.
Chabbat Hagadol
Il s’agit du Chabbat qui précède la fête de Pessa’h. Il est appelé « Chabbat Hagadol – Le grand Chabbat » car un grand miracle s’est produit ce Chabbat avant que les Juifs ne quittent l’Égypte : les premiers-nés égyptiens ont combattu et tué leurs pères car ils refusaient de libérer le peuple juif.
La Haftara de ce Chabbat se termine également par les mots « Lifné Bo Yom Ha-Shem Hagadol Véhanora – Avant la venue du grand et redoutable jour de D-ieu ».
- Ce Chabbat, le Rabbin prononce un discours sur les lois de la fête de Pessa’h.
Chabbat ‘Hazone
Le Chabbat qui précède le 9 Av est appelé Chabbat ‘Hazone, d’après la Haftarah lue ce Chabbat, qui commence par les mots « ‘Hazone Yechayaou ».
Une autre raison découle du fait que le mot ‘Hazone signifie « vision ». Ce Chabbat, D.ieu montre à chaque Juif une vision du Troisième Temple.
Cela peut être comparé à un enfant à qui son père a cousu un beau vêtement, et le fils, dans son mauvais comportement, l’a déchiré. Son père lui coud un second vêtement, mais le fils le déchire également. La troisième fois, son père lui fait coudre le vêtement mais ne le lui donne pas. De temps en temps, il lui montre le vêtement pour éveiller le désir du fils de recevoir le vêtement, ce qui le conduira à améliorer son comportement, et alors seulement il pourra porter le vêtement.
Après que nos mauvaises actions aient conduit à la destruction du premier et du deuxième Temple, D.ieu montre une fois par an à chaque Juif le Troisième Temple. Cette vision suscite en nous le désir de construire le Troisième Temple et, par conséquent, d’améliorer nos actions.
Tu ne le vois pas ? Ne t’inquiète pas. Il n’y pas de problème avec tes « lunettes »… Cette vision est une vision spirituelle que notre âme voit et qui a le pouvoir d’influencer nos désirs et nos actions.
- Pendant ce Chabbat, il n’y a aucune pratique de deuil, donc on porte des vêtements de Chabbat et on se comporte comme un jour de Chabbat normal
- Comme il est interdit de boire du vin à cette période, il faut donner le vin de la Havdalah à boire à un enfant qui a déjà neuf ans. S’il n’y a personne qui peut, on pourra le boire comme d’habitude.
Chabbat Na’hamou
Le Chabbat qui suit Tisha BeAv, la Haftarah comprend des chapitres de consolation et d’espoir du livre d’Isaïe. À partir des versets du prophète, nous puisons encouragement et force pour poursuivre notre chemin, anticiper et espérer la fin de l’exil et la venue du rédempteur. Nous recevrons alors un réel réconfort de D.ieu Lui-même. Cette période est appelée « Shiv’a deNe’hamta », les sept semaines de consolation.
Le premier Chabbat qui marque le début de la consolation est appelé « Chabbat Na’hamou » (Chabbat de consolation) en référence aux premiers mots de la Haftarah, « Na’hamou, Na’hamou Ami, Yomar Elokeikhem », consolez consolez Mon peuple, dit votre D.ieu.
Chabbat « Shira »
Le Shabbat qui tombe entre le 10 et le 17 Shevate est le Shabbat où on lit la Parasha « Béshala’h » et il est surnommé « Shabbat Shira – le Shabbat du chant » car on y lit la « Shirate Hayam – le chant de la mer » que chantèrent les enfants d’Israël après le miracle de l’ouverture de la mer rouge (Kéryate Yam Souf) et qui commence par les mots : « Az Yashir Moshé Ouvné Israël… – alors chantera Moïse et les enfants d’Israël… ».
Ce chant est récité tous les jours lors de la prière du matin dans la partie appelée « Péssouké Dézimra – versets de chants de louanges ». Voici un court résumé de son histoire :
Après la sortie d’Égypte, Pharaon et son armée poursuivent les enfants d’Israël et leur ferment le chemin par derrière, les faisant ainsi tomber dans un piège : en face d’eux se trouve ‘la mer des joncs – Yam Souf’ (appelée aujourd’hui la ‘mer rouge’), sur les côtés ils sont bloqués par des crêtes de montagnes et derrière eux la puissante armée égyptienne approche. D-ieu dit alors à Moïse : « Parle aux enfants d’Israël afin qu’ils avancent ! ».
Le peuple entier rentre dans la mer et le miracle le plus célèbre de l’histoire se produit : la mer s’ouvre et dévoile un passage à pieds-secs dans lequel passent les enfants d’Israël. Après ce miracle, ils se tiennent ensemble avec Moïse et se répandent dans un chant de louanges et de prières de remerciements envers le Créateur du monde qui les a sauvés de la main des égyptiens.
- dans certaines communautés, on lit le passage de la Torah de ce chant avec une mélodie particulière et on a l’habitude de faire monter à la Torah le rabbin de la communauté pour cette lecture de « Az Yashir ».
« Minhag Hatsiporime – la coutume des oiseaux »
La veille de ce Shabbat, le vendredi, on a l’habitude de distribuer des graines et des restes alimentaires aux oiseaux, afin qu’ils les mangent durant le Shabbat.
Il y a plusieurs explications à cette coutume intéressante, en voici deux principales :
- En souvenir de la manne.
Dans cette parasha de « Béshala’h » on lit aussi l’histoire de la descente de la manne, le pain céleste qui descendit du ciel pour nourrir le peuple d’Israël durant leur séjour de 40 ans dans le désert après la sortie d’Égypte.
La manne descendait du ciel chaque jour de la semaine et Moïse prévint le peuple qu’elle ne descendrait pas le Shabbat mais que le vendredi une double portion de manne serait distribuée pour les besoins de nourriture du Shabbat.
À cette époque, il y avait deux mécréants du nom de Datane et Avirame qui faisaient partie des plus grands opposants à Moïse. Ils voulurent contrer les paroles du leader d’Israël de la façon suivante : le Shabbat avant l’aube, ils sortirent silencieusement de leur maison et ils jetèrent de la manne qu’ils avaient récoltée le vendredi afin de montrer à tous que -contrairement à ce qu’avait dit Moïse- elle descendait du ciel même le Shabbat.
Les oiseaux du ciel aperçurent cette nourriture abondante jetée sur le sol et descendirent en grand nombre pour la dévorer sans en laisser une seule miette. Entretemps, Datane et Avirame avaient appelé les enfants d’Israël afin qu’ils viennent constater que la manne était tombée du ciel à Shabbat mais lorsqu’ils sortirent, ils ne trouvèrent absolument rien et le peuple en entier proclama : « Moïse est vrai et sa Torah est vraie ».
En récompense pour leur ‘aide’ qui permit de préserver l’honneur de Moïse, nous remercions les oiseaux et veillons (en particulier le Shabbat Shira) à leur distribuer de la nourriture.
- En souvenir de l’ouverture de la mer.
Selon les textes de la « Aggada juive », pendant le miracle de l’ouverture de la mer, après que tous les juifs l’aient traversée, les oiseaux sifflèrent de joie et chantèrent la Shirate Hayam en même temps que Moïse et le peuple d’Israël.
Lors de ce miracle, D-ieu fit pousser très rapidement des arbres avec de doux fruits à l’intérieur du passage dans la mer, les petits enfants en distribuèrent aux oiseaux pendant qu’ils chantèrent et dansèrent au-dessus de leurs têtes…
En souvenir de cela, certaines communautés ont l’habitude de rassembler les enfants dans la cour de la synagogue lors du « Shabbat Shira » pour leur raconter l’histoire du miracle de l’ouverture de la mer et leur donner des graines ou d’autres aliments afin qu’ils les distribuent aux oiseaux.
