Le déroulement du jour du Chabbat
En se réveillant le matin on remercie D-ieu (de nous avoir redonné la vie) en prononçant la formule de « Modé Ani ». Puis on effectue le premier lavage rituel des mains du matin, on fait ses besoins naturels et on se lave la bouche. Après s’être habillé, il faut procéder au deuxième lavage rituel des mains et réciter ensuite les bénédictions du matin, comme tous les autres jours. Vous trouverez les explications détaillées des comportements du matin dans notre ouvrage : « Yahadoutone – Coutumes et comportements quotidiens ».
Comme il est d’usage de dormir un peu plus que d’habitude le Chabbat, la plupart des synagogues commencent leur office du matin à une heure plus tardive que d’habitude. Il faut néanmoins veiller à ne pas dépasser les heures limites de la récitation du Shéma Israël et de la Amida. Ces heures précises auxquelles ces prières sont soumises, figurent dans la plupart des calendriers juifs. Avant Chabbat, on peut également consulter leurs horaires sur Internet ou sur notre site.
Manger avant la prière
En général, il est interdit de manger ou de boire autre chose que de l’eau, du café ou du thé avant la fin des prières du matin. Si une personne est malade ou faible, ou même si elle est simplement incapable de prier correctement si elle ne mange pas, il lui est permis de manger un gâteau, un fruit ou tout autre aliment qui ne nécessite pas la bénédiction de Hamotsi – c’est-à-dire du pain. Il est également permis de boire une boisson de son choix afin de maintenir un état de concentration et de ferveur adéquat pendant la prière.
Il est préférable de « manger pour pouvoir prier » plutôt que de « prier pour pouvoir manger ».
Comment prépare-t-on le thé et le café à Chabbat ?
Les lois régissant la préparation des boissons chaudes sont complexes, principalement parce que l’eau très chaude peut « cuire » ce qui se trouve dans un verre ou une tasse (comme les feuilles de thé, les grains de café ou les gouttelettes d’eau froide laissées dans la tasse lors du dernier lavage). Afin d’éviter de profaner le Chabbat, il convient d’utiliser deux tasses/verres pour préparer une boisson chaude, en suivant la procédure suivante :
- S’assurer que la première tasse est complètement sèche.
- Y verser l’eau chaude provenant de la bouilloire.
- Prendre une autre tasse et y mettre le sachet de thé, le café, le sucre, le cacao en poudre, etc.
- Verser l’eau chaude de la première tasse dans la seconde. Ce processus a pour fonction de diminuer la chaleur de l’eau afin qu’elle ne puisse pas cuire autre chose.
- Du lait peut ensuite être ajouté si nécessaire.
- Il ne faut pas presser un citron dans une tasse de thé (ou toute autre boisson).
- Lorsque l’on prépare une tasse de thé, il est problématique de retirer le sachet de thé de la tasse. Cependant, si la présence du sachet est gênante, il est permis de verser le thé de la deuxième tasse dans une troisième tasse (ou même dans la première), en laissant dans le deuxième verre le sachet avec un peu de thé.
Les préparatifs de la prière du matin
Avant l’office de Sha’harit (prière du matin) , il convient de se préparer de manière appropriée : avoir fait ses besoins, être habillé d’une façon honorable et ‘Chabbatique’, avoir procédé à l’ablution des mains et étudier des textes en rapport avec les « Profondeurs de la Torah – Pnimioute HaTorah ».
Certains ont pour habitude d’aller se tremper dans l’eau d’un Mikvé (bassin rituel) avant les prières du matin. Dans ce cas, il faudra se sécher doucement les cheveux avec une serviette, en veillant à ne pas essorer l’eau qui s’y trouve.
Le déroulement de l’office du matin
L’office du Chabbat matin est comparable, dans sa structure de base, à celui d’un jour de semaine. Il comprend les passages de début de la prière – « Péti’ha », les textes traitant du service des sacrifices au Temple – « Korbanot », les psaumes de « Hodou », les chants de louange – « Péssouké dézimra », le « Shéma Israël » et ses bénédictions et la prière de la « Amida ».
Le Chabbat, cependant, les prières sont plus longues car personne n’a besoin de se dépêcher pour se rendre à son travail ou de s’affairer à des activités matérielles. Le Chabbat, nous avons le privilège de rester plus longtemps à la synagogue et d’investir notre tête et notre cœur dans les activités spirituelles. Le Chabbat nous donne l’occasion de nous élever au-dessus de nos routines quotidiennes ordinaires.
Dans notre ouvrage « Yahadoutone – La synagogue et les prières », nous avons longuement discuté de l’importance de la prière comme moyen de créer un lien avec notre Créateur. Le Chabbat, l’importance de nos prières augmente considérablement puisque le Chabbat est un jour entièrement consacré à l’élévation spirituelle et à l’attachement à D-ieu.
Dans l’ouvrage précédemment cité, nous avons également présenté l’explication fondamentale de chaque texte que nous récitons au cours des offices de prière. Nous vous recommandons vivement de le consulter également pour vous préparer aux prières du Chabbat, car de nombreux passages récités le Chabbat y sont longuement discutés (il serait répétitif de les écrire ici à nouveau).
- Le Chabbat, nous ne portons pas les Téfilines (phylactères). Un homme marié devra se vêtir d’un Talit (châle de prières) avant le début de l’office du matin – Sha’harit.
Nous commençons le service de prière par les passages d’introduction habituels : « Haréni Mékabel », « Ma Tovou » et « Adon Olam ». Nous récitons d’autres passages, ainsi que celui des « Korbanot », puis l’officiant récite le Kaddish complet et le service de prière officiel commence avec « Hodou ».
Après « Hodou », « Mizmor Shir », « Ha-Shem Mélèkh » et « Hoshiénou », les Sages ont ajouté une série de psaumes récités uniquement le Chabbat, ils différencient l’office des prières de la semaine et éveillent le cœur. Tout comme nous nous habillons d’une tenue spéciale en l’honneur du Chabbat, nous honorons également le Chabbat par un service de prière plus long et plus profond spirituellement.
Cette partie supplémentaire de psaumes se compose de douze chapitres dont voici un bref aperçu :
- « Lamnatséa’h, Mizmor LéDavid, Hashamayim Mésapérim Kévod E-l – Au chef des chantres, un chant de David, les cieux racontent l’honneur de D-ieu ». La première partie de ce psaume traite du fait que toute la création elle-même, présente dans toute sa splendeur, nous ‘raconte’ l’honneur de D-ieu et Sa grandeur.
La deuxième partie du Psaume décrit comment la Torah ‘restaure l’âme’ et les commandements ‘réjouissent le cœur’. A la fin nous demandons à D-ieu de nous pardonner les péchés que nous avons commis intentionnellement ou non, et nous prions pour que nous soyons purs et lavés de tout péché.
- « Ranénou Tsadikim BaHa-Shem – Les justes chantent pour D-ieu ». Ce psaume exprime à la fois la louange et la gratitude envers D-ieu pour avoir créé le monde merveilleux dans lequel nous vivons et -par Sa grande bonté- pour continuer à nous insuffler la vie à chaque instant, par le « Souffle de Sa bouche ».
Nous remercions D-ieu de nous avoir choisis parmi toutes les nations, et nous rappelons le fait que D-ieu veille sur chacune de Ses créatures individuellement et se préoccupe de tous leurs besoins.
- « LéDavid Béshanoto Ète Taamo Lifné Avimélekh – A David, lorsqu’il a modifié son état devant Avimélekh ». Le Roi David a écrit ce psaume après un incident au cours duquel il a fait semblant d’être mentalement dérangé afin d’échapper à Avimélekh, le roi des Philistins, qui voulait le tuer.
Avimélekh n’a pas reconnu le Roi David et a cru qu’il se trouvait devant un ‘fou’. David a ainsi été sauvé de la mort.
Dans ce psaume, dont la première lettre des versets suit l’ordre de l’alphabet hébreu, David remercie et loue D-ieu de lui avoir donné la perspicacité de concevoir un tel plan. Il poursuit en expliquant que la véritable « Yirate Ha-Shem – Crainte du ciel » se manifeste par le respect mutuel entre les êtres humains, en s’abstenant en premier lieu de dire du mal des autres (Lashone Hara) ou de colporter des ragots. En outre, il dit que chaque personne doit « s’enfuir du mal » et « faire le bien ».
En conclusion de ce psaume, David nous exhorte à faire un effort particulier pour cultiver la paix et l’harmonie dans notre vie personnelle et nos relations avec les autres : « Bakèsh Shalom Vérodeféhou – Cherche la paix et poursuis-la ».
- « Téfila LéMoshé Ish Ha-Élokim – Prière de Moïse, l’homme de D-ieu ». La tradition nous enseigne que ce psaume a été composé par Moïse lui-même. Le thème principal de ce psaume est le repentir (Téshouva). L’un des attributs du Chabbat est d’élever une personne à un niveau spirituel supérieur et de la rapprocher de D-ieu. Le repentir a également cette capacité, outre le fait qu’il peut réparer les péchés, il amène une personne à construire un lien plus puissant avec D-ieu. Ainsi, le Chabbat et la Téshouva partagent un objectif commun.
Cette équivalence est en allusion dans leurs noms qui sont composés exactement par les mêmes lettres dans un ordre différent (Shine, Bèt et Tav).
- « Yoshève Bésétèr Élyon – Celui qui réside à l’ombre du D-ieu Suprême ». Dans ce psaume, le roi David décrit notre foi puissante en D-ieu qui nous protège de tout fléau et de tout malheur. Le contenu de ce psaume est également approprié aux situations où un Juif est en exil ou dans une forme quelconque de détresse, il lui faut se rappeler de faire totalement confiance à D-ieu, de Le prier et de garder l’espoir qu’Il nous aidera.
- « Mizmor, Shirou L’Ha-Shem Shir ‘Hadash – Louange, chantez un chant nouveau à D-ieu ». Ce psaume décrit l’ère du Messie et relate les merveilles que D-ieu accomplira lorsque le moment sera venu de révéler Sa gloire et Sa puissance. Les nations du monde verront alors que D-ieu n’a jamais oublié ni abandonné Sa nation, même au cours de ce long et difficile exil.
Le Roi David a une vision prophétique dans laquelle toute la création se joindra à la grande célébration qui aura lieu alors : La mer ‘fera du bruit’, les fleuves ‘applaudiront et les montagnes ‘chanteront’ en l’honneur de D-ieu qui viendra juger le monde entier avec justice et équité.
- « Shir Lamaalote, Ésa Énaye El Héharim – Chant des degrés, je lèverai mes yeux vers les montagnes ». Le thème principal de ce psaume est la Providence divine de D-ieu. Parfois, dans les moments de désespoir, nous nous demandons « d’où viendra mon salut ? ». Mais la réponse se trouve naturellement en nous : « Mon aide viendra de D-ieu ». Nous avons confiance en D-ieu et nous savons qu’Il est tout-puissant et que rien ne Lui est impossible.
Le peuple juif a connu d’innombrables difficultés tout au long de son histoire, mais nous nous sommes toujours souvenus que « Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël ». D-ieu nous garde, accompagne tous nos pas et nous protège constamment comme l’ombre qui protège du soleil ardent.
- « Shir Hamaalot LéDavid, Sama’hti Béomrim Li Beit Ha-Shem Nélèkh – Chant des degrés par David, je me suis réjoui avec ceux qui m’ont dit : Allons à la Maison de D-ieu ». Ce psaume est dédié à la ville sainte de Jérusalem. Avec son esprit de sainteté, le Roi David prophétise le jour où la ville sainte et le Temple (Beit Hamikdash) seront remplis de monde au temps des fêtes, venant avec plein d’allégresse de tout le pays et de toutes les tribus d’Israël.
Tout comme Jérusalem est le lieu qui incarne la sainteté et la paix dans la dimension de l’espace, le Chabbat incarne la sainteté et la paix et dans la dimension du temps.
- « Shir Hamaalot, Élékha Nasati Ète Énaye – Chant des degrés, j’ai levé les yeux vers Toi ». Dans ce psaume, il nous est demandé de ‘lever les yeux’ vers D-ieu. Il ne s’agit pas seulement d’une expression concernant la prière, elle contient aussi une signification beaucoup plus profonde : Nous devons comprendre que tout ce qui se passe dans notre monde n’est ni aléatoire ni le fruit du hasard, mais que tout est guidé et supervisé par la Providence Divine.
Dans ce psaume, le roi David compare le peuple juif à un serviteur entièrement dédié à son Maître et totalement dépendant de Lui.
- « Shir Hamaalot LéDavid, Loulei Ha-Shem Shéhaya Lanou – Chant des degrés par David, si ce n’est D-ieu qui était avec nous ». Ce psaume, comme le précédent, parle de notre dépendance absolue à l’égard de D-ieu, en particulier dans les moments de crise ou de difficulté. Nous devons comprendre que tout ce qui nous arrive est dirigé par Dieu et a une raison profonde. Aucun événement dans le monde n’est aléatoire ou le fruit du hasard. Par conséquent, lorsqu’une personne vit une expérience négative, elle doit la considérer comme un signe que quelque chose dans sa conduite doit être amélioré.
Dans ce psaume, le roi David compare le peuple juif à un oiseau qui réussit à s’échapper d’un piège dans lequel des chasseurs l’avaient pris. Les chasseurs de cette parabole représentent des nations hostiles qui cherchent à nous nuire.
- « Hallélouy-a, Hallélou Ète Shem Ha-Shem – Louez D-ieu, louez le Nom de D-ieu ». Ce psaume, est un chant de louange à D-ieu. Nous nous invitons à venir chanter ensemble les louanges du Créateur de l’univers pour tous les miracles merveilleux qu’il a accomplis tout au long de l’histoire du peuple juif. Nous mentionnons les puissantes forces naturelles qui exécutent Sa volonté et relatons les miracles qui eurent lieu lors de la sortie d’Égypte et de l’entrée du peuple juif en Terre d’Israël.
À la fin du psaume, nous décrivons le futur jour du jugement (Yom Hadine), lorsque D-ieu ramènera Sa nation sur la Terre promise et la soulagera du poids des souffrances qu’elle a endurées pendant la période de l’exil. Ce jour-là, tous les païens qui adorent des idoles incapables de voir, d’entendre et de parler, reconnaîtront l’erreur qu’ils ont commise et ils admettront que D-ieu est le Maître de l’univers.
- À ce stade de l’office, il est d’usage de se lever et de rester debout jusqu’à la fin de la prière « Baroukh Shéamar ».
Haadérète Vé Haémouna – la gloire et la fidélité
Cette composition poétique suit l’ordre de l’alphabet hébreu. Chaque strophe consiste en une description de deux ‘qualités divines’ qui commencent chacune par la même lettre, et se termine par les mots « appartiennent à Celui qui vit éternellement ». Le message est que les qualités décrites appartiennent au D-ieu unique et Éternel.
Par exemple, la première strophe affirme que « La gloire et la fidélité appartiennent à Celui qui vit éternellement » et la deuxième que « La sagesse et les bénédictions appartiennent à Celui qui vit éternellement ». On y parle aussi de « La beauté et l’éternité » et « Les éléments célestes et infinis » etc. Le reste de la composition suit ce modèle.
La tradition nous enseigne que cette composition est également récitée par les anges célestes lorsqu’ils louent D-ieu. Pour cette raison, elle est toujours récitée avec révérence, et généralement avec une mélodie spéciale.
La prière de Baroukh Shéamar – béni celui qui a parlé
La récitation du Baroukh Shéamar est précédée d’un bref passage en araméen commençant par les mots ‘Léshem Yi’houd’. Ce passage est tiré du monde de la Kabbale et sert de préparation à l’accomplissement des commandements (Mitsvot). Lorsqu’on le prononce, on gardera à l’esprit que ce passage s’applique à toutes les Mitsvot que l’on va accomplir au cours de la journée.
- La prière de « Baroukh Shéamar » marque le début des « Péssouké Dézimra – versets de louanges ». À partir du moment où on l’a commencée, il sera interdit de parler (hormis la prière) jusqu’à la fin de la Amida.
- Pendant Baroukh Shéamar et identiquement aux jours de semaine, il faut être debout et tenir les deux franges avant du châle de prières (Talit) dans la main gauche (entre l’annulaire et l’auriculaire), la majorité des franges tombant vers l’avant. À la fin du teste, qui se termine par « Mélekh Méhoulal Batishba’hote », les deux franges sont passées devant les yeux, embrassées puis relâchées.
Les deux premiers psaumes « Mizmor Shir Léyom HaChabbat » et « Hashem Malakh Guéoute Lavesh » sont expliqués en détail dans la section sur les prières du vendredi soir ; voir ci-dessus page 50
Le contexte et l’explication des autres textes qui composent cette partie de la prière appelée « Péssouké Dézimra » peuvent être trouvés dans notre ouvrage : « Yahadoutone – La synagogue et les prières » dans le chapitre « Péssouké Dézimra ».
Nishmate Col ‘Haï – l’âme de tout être vivant
Cette prière mélodique et imagée que l’on a rajouté aux prières du Chabbat, s’est imposée par elle-même -si l’on peut dire- de manière naturelle. Le saint Chabbat, nous sommes libérés de nos activités de la semaine. Nous sommes plus détendus et ne sommes pas pressés d’aller quelque part. Il est tout à fait normal que nous ayons plus de temps pour parler à notre Père Céleste et que nous consacrions quelques instants supplémentaires à notre relation spéciale avec Lui.
Dans cette prière, nous louons D-ieu pour tous les miracles, tant cachés que révélés, qu’Il a accomplis tout au long de l’histoire du peuple juif et qu’Il continue d’accomplir aujourd’hui encore. La prière exprime un profond sentiment de gratitude que nous ne pouvons pas vraiment exprimer par des mots. Même si nos bouches étaient aussi remplies de mots de louange que la mer est remplie d’eau, affirmons-nous, et que nos langues louaient D-ieu aussi fort et puissamment que les vagues de la mer, et ainsi de suite, nous serions toujours incapables de remercier l’Éternel notre D-ieu suffisamment !
Malgré notre inadéquation, puisque nous devons quand même faire l’effort de louer D-ieu, nous consacrons tous les membres de notre corps – les membres mêmes avec lesquels D-ieu nous a bénis – à être toujours remplis de louanges et de remerciements à D-ieu : « Toute bouche Te remerciera, et toute langue jurera par Toi, et tout œil Te guettera ». Et nous disons : « Tous mes os (représentants tous les composants du corps humain) déclareront : D-ieu, qui est comme Toi ! »
Shokhène Ade…Ouvmakélote – qui demeure éternellement… dans les chorales
Comme une suite naturelle de « Nishmate Col ‘Haï » et une introduction appropriée à la bénédiction de Ishtaba’h -la bénédiction qui va conclure les « Péssouké Dézimra »-, nous intercalons ici deux paragraphes qui décrivent comment toutes les créations de D-ieu ont l’obligation de Lui faire des louanges :
Les Justes (Tsadikim), les gens droits (Yésharim) et les gens pieux (‘Hassidim) ainsi que tous les membres du peuple juif et tous les êtres du monde, sont tenus de remercier, louer, encenser, glorifier, exalter et bénir par toutes formes de louanges, le Roi de tous les rois, le Saint Béni soit-Il. En ajoutant d’autres louanges à celles écrites par David le fils de Ichaï, le Roi David, que nous venons de réciter dans les passages précédents.
Barékhou – bénissez
La bénédiction du Ishtaba’h est suivie du demi-kaddish par l’officiant qui prononce ensuite les mots : « Barékhou Ète Ha-Shem Hamévorakh – Bénissez l’Éternel qui est Béni », ce à quoi l’assemblée répond : « Baroukh Ha-Shem Hamévorakh Léolam Vaède – Béni soit l’Éternel à tout jamais ».
Des explications exhaustives et approfondies des passages à venir, ainsi que la conduite à adopter pendant les services de prière, se trouvent dans notre ouvrage « Yahadoutone-La Synagogue et les Prières », dans les chapitres : ‘Les bénédictions du Shéma Israël’ et ‘Le Shéma Israël’.
Les bénédictions du Shéma Israël
Nous commençons les bénédictions du Shéma par la bénédiction de « Yotsère Or – Qui a formé la lumière » comme nous le faisons en semaine, mais le Chabbat, cette bénédiction est enrichie par trois paragraphes supplémentaires.
Hacol Yodoukha – tous te remercieront
Au début de cette prière, nous remercions D-ieu d’avoir créé le soleil et de le maintenir dans le ciel -avec miséricorde- à la distance parfaite de la terre, de sorte que la terre ne soit ni incinérée par une trop grande proximité au soleil, ni gelée en raison d’un éloignement excessif du soleil.
Nous continuons ensuite à exalter le Créateur du monde : « Que tes actes sont immenses, ô D-ieu, Tu les as tous accomplis avec sagesse » – puis nous l’implorons de nous protéger et de nous préserver de ceux qui nous haïssent et de nos ennemis. Le passage se termine par la déclaration qu’il n’y a rien dans le monde qui ait de la valeur vis-à-vis de D-ieu, et qu’il n’y a aucune réalité en dehors de Lui.
E-l Adone – D-ieu le maître
Le passage qui est dit en semaine à cet endroit : « E-l Baroukh Guédol Déa – D-ieu Béni Sa connaissance est parfaite » suit l’ordre de l’alphabet hébraïque. Il est remplacé par une version plus longue et plus appropriée à l’honneur du saint Chabbat. Chaque lettre de l’alphabet introduit une phrase entière (au lieu d’un mot comme la version de la semaine) : (Alef) « E-l Adone Al Col Hamaassim », (Bèt) « Baroukh Oumevorakh Bépi Col Néshama », (Guimel) « Guodelo vétouvo Malé Olam », (Dalète) « Daat Outevouna Sovevim Hodo ». Etc…
Ce passage est la louange de D-ieu, le Maître de toutes les créatures, qui a créé le monde. Il relate principalement la création des ‘luminaires’ qui ont été placés dans les cieux : le soleil, la lune et les étoiles, et qui ont été créés de manière à ce que nous puissions profiter de leur lumière et de l’abondance qu’elle procure.
L’ordre alphabétique de ce chant fait allusion au fait que le monde a été créé par la ‘parole’ de D-ieu en utilisant la Torah, elle-même été écrite avec les 22 lettres de l’alphabet hébreu.
Lae-l Ashère Shavate – D-ieu qui s’est arrêté
Le troisième ajout spécial à cette section des prières du Chabbat se concentre sur le fait que le septième jour de la semaine est un jour de repos. En ce jour, D-ieu a cessé toute action et a arrêté l’acte de la création qui a duré six jours. Puis Il s’est « Élevé » et Il s’est « Assis sur Son Trône de Gloire ».
D-ieu nous a ordonné de se délecter et d’honorer le Chabbat d’une manière particulière, et nous le faisons avec un sentiment de gratitude pour le fait qu’Il nous a manifesté Son amour en nous offrant en héritage le jour du Chabbat, un jour de repos et de sainteté.
- Ce paragraphe doit être récité avec une ferveur intense et une concentration particulière sur chaque mot.
À la fin de ces trois parties ajoutées, nous poursuivons le reste de la première bénédiction du Shéma selon le texte habituel récité pendant la semaine : « Titbarakh Lanétsa’h » et « La-El Baroukh Néïmote Yiténou » (qui conclut la première bénédiction). Ensuite nous récitons « Ahavat Olam – Un Amour éternel », qui est la deuxième des bénédictions du Shéma Israël.
- Aux mots « Vaaviénou Léshalom Méarba Kanefote Haarètse – Et rassemble-nous en paix des quatre coins de la terre », il faut rassembler les quatre franges situées aux quatre coins du châle de prières et les tenir dans la main gauche, entre l’annulaire et l’auriculaire (en laissant la plus grande partie des franges pendre devant soi) comme on le fait en semaine. Les franges (Tsitsit) doivent rester dans la main jusqu’à la prononciation des mots « Véné’hémadim Laad » qui se trouvent au début du passage qui suit la fin du Shéma, à ce moment on peut les relâcher.
Kériat Shéma – la récitation du Shéma
Nous récitons les trois paragraphes du Shéma, en suivant la coutume qui consiste à placer la main droite sur les yeux pendant le premier verset (Shéma Israël), et celle qui consiste à embrasser les franges du Talit à chaque mention du mot ‘Tsitsit’ dans le troisième paragraphe.
Après la lecture du Shéma nous poursuivons avec les textes de « Émete Véyatsiv » et de « Ézrate Avoténou », et nous nous présentons (en nous levant) à la Amida du Chabbat.
La prière de la Amida
La Amida du Chabbat matin suit la même structure que le celle du vendredi soir :
Nous commençons par les trois mêmes bénédictions (« Maguène Avraham », « Mé’hayé Hamétim » et « Ata Kadosh ») et, une fois encore, nous consacrons la bénédiction centrale au jour du Chabbat lui-même. Nous terminons ensuite par les trois mêmes bénédictions (« Hama’hazir Shékhinato Létsione », « Hatov Chimkha Oulkha Naé Léhodote », « Hamévarèkh Ète Amo Israël Bashalom »)
La sainteté du jour : Yisma’h Moshé – moïse se réjouira
La bénédiction du milieu de la Amida présente la sainte Torah comme un ‘cadeau’ que D-ieu a accordé à Moïse et au peuple juif tout entier. Nous soulignons le fait que ce cadeau contient également le commandement d’observer le Chabbat.
Cette bénédiction cite également les versets de la Torah qui traitent du commandement d’observer le Chabbat et de la raison d’être de ce précepte : « Véshamérou Béné Israël ète HaChabbat Lédorotam – Et les enfants d’Israël garderont le Chabbat de génération en génération », c’est-à-dire qu’il incombe au peuple d’Israël de garder l’observance du Chabbat est obligatoire à chaque endroit, à chaque génération et en tout temps. « Beini Oubein Béné Israël Ote Hi Léolam – C’est un signe éternel entre Moi et les enfants d’Israël ».
« Ouvayom Hashéviï Chavate Vayinafash – et le septième jour, Il s’est arrêté et s’est reposé », C’est une alliance éternelle parce que le septième jour de la création, après six jours de ‘travail’, D-ieu a cessé Son ‘travail’ et s’est ‘reposé’.
Vélo Nétato – et tu ne l’as pas donné
La bénédiction décrit ensuite comment le Chabbat est unique au peuple juif. Dans les générations précédentes, les nations du monde avaient l’habitude de se moquer de nous parce que nous ‘gaspillions’ un jour entier de travail chaque semaine et le consacrions à des questions spirituelles qui leur semblaient sans valeur.
Plus tard, les chrétiens et les musulmans ont adopté l’idée d’un ‘jour de repos’ hebdomadaire. Néanmoins, leur version d’un jour de repos ne ressemble en rien à la nature et à l’authenticité de notre Chabbat. Le Chabbat est le symbole de l’amour particulier qui existe entre D-ieu et le peuple juif, et nous exprimons notre reconnaissance à D-ieu pour ce fait.
Les deux paragraphes suivants de cette bénédiction, « Ils se réjouiront » et « Notre D-ieu », sont expliqués dans notre chapitre sur la Amida du vendredi soir à la page 55.
Nous poursuivons ensuite avec les bénédictions de « Rétsé » et « Modim » pour terminer la prière de la Amida avec « Sim Shalom » et « Élokaï Nètsor ».
La répétition de la Amida par l’officiant
L’officiant répète la Amida que nous venons de réciter individuellement, et l’assemblée répond « Amen ! » à la fin de chaque bénédiction.
Après la deuxième bénédiction de « Mé’hayé Hamétim – Qui ressuscite les morts », toute l’assemblée récite ensemble la « Kédousha » dont les trois phrases sont répétées ensuite par l’officiant.
Après la bénédiction de « Hama’hazir Shékhinato Létsione – Qui rétablit Sa présence à Sion », l’assemblée récite ensemble le texte du « Modim Dérabanane ». L’officiant récite ensuite la bénédiction des Cohanim (les prêtres) et le service de prière se termine par la bénédiction finale de « Sim Shalom » et le Kaddish complet.
Dans de nombreuses synagogues, les Cohanim bénissent la congrégation pendant que la répétition de la Amida du matin. Le déroulement de cette bénédiction ainsi que le comportement des Cohanim et de l’assemblée pendant cet instant, sont décrits par la suite dans le chapitre sur la répétition de la prière de Moussaf.
La répétition de la Amida est suivie par le « Shir shel Yom – Chant du jour » destiné au Chabbat. Nous récitons le psaume « Mizmor Shir Léyom HaChabbat », dont nous avons longuement parlé dans notre explication du service de la prière du vendredi soir. Ce psaume est suivi du passage qui commence de « Hoshiénou- Sauve-nous », après quoi les personnes en deuil ou les orphelins récitent le « Kaddish des orphelins ».
Le discours de Torah
Dans de nombreuses synagogues, il est de coutume que le rabbin ou un fidèle s’adresse à la congrégation avant la lecture de la Torah et partage une réflexion sur la Parasha (lecture de la Torah) de la semaine.
La lecture de la Torah
La prière du matin (Sha’harit) est suivie de la lecture d’une Parasha entière (portion de la semaine) dans le parchemin du rouleau de la Torah (Séfèr Torah).
Les explications des sujets suivants : le contexte général du rituel de lecture de la Torah ainsi que des coutumes relatives à l’ouverture de l’Arche, les montées à la Torah, les personnes ayant l’obligation de monter et le déroulement de lecture se trouvent dans notre ouvrage : « Yahadoutone – La synagogue et les prières » au chapitre « Kriate HaTorah – La lecture de la Torah ».
- Après la récitation du passage en araméen « Bérikh Shémé – Béni soit Son Nom » (lu à l’ouverture de l’Arche de la Torah), l’officiant récite deux versets à haute voix : « Shéma Israël – Écoute Israël » et « É’had Élokénou – Notre D-ieu est Unique » et l’assemblée les répète après lui.
- L’officiant récite ensuite le verset « Gadélou L’Ha-Shem Iti – Exaltez D-ieu avec moi », et l’assemblée répond comme d’habitude : « Lékha Ha-Shem Haguédoula… – A Toi, D-ieu, est la grandeur… ». Le Chabbat, deux passages supplémentaires sont ajoutés : « Al Hacol Yitgadel Véyitkadesh – Pour tout Il sera exalté et sanctifié » et « Av Hara’hamim – Père de la miséricorde ».
- Contrairement à la procédure en semaine, celui qui appelle les gens à monter à la Torah (le Gabaye) prononce la formule « Véyaazor, véyaguène, Véyoshia
