Quand et qui le fait ?
Après les chants Shalom Alékhèm et Éshète ‘Hayil, on récite la prière du Kiddoush.
Nous avons mentionné que la Torah contient un commandement nous demandant de nous souvenir et de sanctifier le Chabbat, comme le dit le verset : « Zakhor Ète Yom HaChabbat Lékadésho – Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier ». Nos Sages ont décrété que la manière principale de nous souvenir du Chabbat est de réciter une bénédiction sur une coupe de vin à son début (Kiddoush) et à sa fin (Havdala).
Le vin est une boisson qui a un statut particulier dans le judaïsme. La Terre d’Israël a toujours été connue pour posséder des vignobles de qualité supérieure, et le raisin, dont le vin est le produit, est l’une des sept espèces citées à la louange de la Terre d’Israël : « Une terre de blé et d’orge, de raisin et de figue… ». C’est pourquoi le vin joue un rôle central dans de nombreux commandements rituels, notamment les mariages, les circoncisions et les repas du Chabbat et des jours de fêtes.
- Le Kiddoush peut également être récité sur du jus de raisin, car il partage la même bénédiction que le vin : « Béni soit Celui… qui crée le fruit de la vigne ».
Le moment du Kiddoush
En général, le Kiddoush est récité après la prière du soir avec l’apparition des étoiles (Tsète Hakokhavim). Il est toutefois possible de le réciter plus tôt, lorsqu’on fait rentrer le Chabbat plus tôt.
La Kabbale enseigne que l’on ne doit pas réciter le Kiddoush sur du vin pendant la septième heure qui suit la mi-journée (En Israël ce moment varie, selon les saisons, entre 17 h 40 et 18 h 40 le vendredi soir). La raison en est qu’à ce moment, le corps céleste Mars (Maadim en hébreu, lié au mot dam – sang) est en position de force. Une personne souhaitant faire le Kiddoush à ce moment -notamment en période hivernale lorsque les jours sont plus courts- peut contourner ce problème en utilisant du vin blanc.
qui doit faire le Kiddoush ?
Les hommes et les femmes sont tenus de respecter le commandement du Kiddoush de Chabbat, mais il n’est pas nécessaire que chaque personne le récite. Il suffit de l’entendre d’une autre personne qui nous rendra quitte.
Lorsqu’un groupe de personnes participe ensemble à un repas de Chabbat, il est d’usage que le maitre de maison ou une autre personne récite le Kiddoush à haute voix et rendent ‘quitte’ toutes les hommes et femmes de leur obligation. Ce procédé ne marche que si la personne qui récite le Kiddoush a l’intention de permettre aux autres de remplir leurs obligations par sa récitation. De même, les auditeurs doivent également prêter attention à ses bénédictions, en ayant à l’esprit qu’ils l’écoutent afin de remplir leur propre obligation, et répondre ‘Amen’ après ses bénédictions.
- Tout garçon ayant atteint l’âge de la majorité religieuse / bar-mitsva (13 ans) peut réciter le Kiddoush pour lui-même et rendre ‘quitte’ les autres de sa récitation.
Les préparatifs du Kiddoush
Avant le Kiddoush, il faut s’assurer que les éléments suivants sont placés sur la table du Chabbat : du vin et une coupe pour le Kiddoush ; deux ‘Halot entières (pains du Chabbat) recouvertes d’un napperon et posées sur un présentoir (un plateau, une planche à découper ou une petite nappe), un couteau pour couper les ‘Halot et du sel dans lequel le pain sera trempé.
- Il faut désigner une coupe spécifique qui sera utilisée régulièrement pour le Kiddoush (on peut utiliser un verre normal à cet effet) mais en général, il est d’usage d’utiliser une coupe en argent en l’honneur du Chabbat.
- Avant le Kiddoush, la coupe doit être rincée à l’intérieur et à l’extérieur puis bien être séchée.
- La coupe doit contenir une quantité minimale d’un réviyit (environ 86 ml) de vin.
- Le Kiddoush doit être récité dans la pièce où le repas du Chabbat sera pris.
Nous avons la coutume de garder les ‘Halot couvertes pendant le Kiddoush car le verset qui énumère les sept espèces de la terre d’Israël cite le blé -à partir duquel les ‘Halot sont fabriquées-, avant le raisin d’où provient le vin (« Une terre de blé et d’orge, de raisin, de figue et de grenade… »), et nous voulons éviter de ‘blesser’ les ‘Halot sur lesquelles nous aurions dû faire une bénédiction en premier, étant donnée leur place dans le verset
Il est également d’usage de couvrir les ‘Halot et de placer quelque chose en dessous en souvenir de la manne car les ‘Halot rappellent la manne, cette nourriture miraculeuse qui est tombée du ciel pour nourrir le peuple juif pendant son séjour de quarante ans dans le désert. Tout d’abord une couche de rosée recouvrait le sol puis sur elle tombait la manne et ensuite une autre couche de rosée descendait par-dessus la manne, la rendant ainsi enveloppée de rosée au-dessus et au-dessous d’elle. En commémoration de ce miracle, nous plaçons les ‘Halot sur quelque chose, puis nous plaçons un napperon par-dessus.
Le déroulement du Kiddoush
La personne qui récite le Kiddoush commence par dire le psaume 23 : « Louange de David, D-ieu est mon berger, je ne manquerai de rien », puis il poursuit avec un bref passage du livre du Zohar : « Atkinou Séoudata – Préparons le repas ». Ce passage déclare que le repas du Chabbat est très sacré et renferme des secrets exaltés et suprêmes.
- Puis le vin est versé dans la coupe. Il faut veiller à la remplir à ras-bord.
- Tout le monde doit se lever pour le Kiddoush, aussi bien la personne qui le récite que celles qui l’écoutent.
- Celui qui récite le Kiddoush doit prendre la coupe dans sa main droite et la transférer à sa main gauche. On utilise ensuite sa main gauche pour replacer la coupe au centre de sa paume droite, les quatre doigts s’étendant vers le haut pour entourer la tasse, tandis que le pouce reste en place. Il faut tenir la coupe à -au moins- 24 centimètres au-dessus de la table (voir le dessin).
- Au début du Kiddoush, lorsque l’on récite les mots « Yom Hashishi Vaïkhoulou Hashamayim Véhaarètse Vékhol Tsévaam… – Le sixième jour furent achevés les cieux, la terre et toutes leurs légions », on doit regarder les lumières du Chabbat qui brillent.
Le Kiddoush commence par les mots « Le sixième jour furent achevés les cieux, la terre et toutes leurs légions ». Les quatre premiers mots hébreux de ce passage (« Yom Hashishi Vaïkhoulou Hashamayim ») commencent par les quatre premières lettres du nom de D-ieu, le Tétragramme. Ce passage est composé par la conclusion du récit de la Torah sur la création du monde qui se trouve dans la Parasha -portion de la semaine- de Béréshit. Dans ces versets, la Torah raconte que D-ieu s’est ‘reposé’ de Son ‘travail’ le septième jour de la semaine, Il a béni le septième jour et l’a sanctifié parmi les autres jours de la semaine.
À la fin de ce paragraphe, juste avant la bénédiction sur le vin « Boré Péri Haguéfène – Qui crée le fruit de la vigne » on prononce une formule en araméen : « Savri Maranane » (cette annonce dit essentiellement aux auditeurs : « Soyez attentifs ! Écoutez afin de remplir votre obligation »). Dans les communautés séfarades, il est d’usage de répondre « Lé’hayim – À la vie ! ».
- Pendant la bénédiction elle-même, la personne qui récite le Kiddoush doit regarder le vin dans la coupe. Après avoir conclu cette bénédiction par les mots « Boré Péri Haguéfène – Qui crée le fruit de la vigne », les auditeurs doivent répondre « Amen ! ».
Cette bénédiction est suivie par une autre qui résume la sanctification du Chabbat : « Béni sois-Tu … qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a désirés … car Tu nous as choisis et sanctifiés parmi toutes les nations… ».
Dans cette bénédiction, nous nous rappelons que D-ieu nous a choisis parmi les autres nations du monde et nous a fait cadeau du Chabbat pour nous rappeler constamment qu’Il a créé le monde.
Nous ajoutons que le Chabbat est la première et la plus importante de toutes nos fêtes et moments saints et qu’il nous rappelle aussi constamment le miracle de la sortie d’Égypte, cet évènement qui a permis l’application des commandements que nous avons reçus par la suite dans le désert et lors de la Révélation au Sinaï.
- Lorsque la personne qui récite le Kiddoush conclut cette bénédiction par les mots « Béni sois-tu, D-ieu, qui sanctifie le Chabbat », les auditeurs répondent « Amen ! ».
Le texte du Kiddoush figure dans la majorité des livres de prières ainsi que dans la plupart des « birkonim » (des brochures contenant les textes rituels utilisés au cours des repas du Chabbat).
Une fois le Kiddoush terminé, la personne qui l’a récité doit s’asseoir et boire au moins un peu plus de la moitié d’un réviyit (soit 44 ml) du vin de la coupe. Il peut ensuite ajouter du vin dans sa coupe pour en distribuer aux autres. De cette façon, chacune des personnes présentes pourra également goûter au vin du Kiddoush.
- Nous ne récitons pas de bénédiction finale (bénédiction après la consommation de nourriture ou de boisson) sur le vin du kiddoush car il est considéré comme un élément du repas du Chabbat qui s’ensuit, il sera donc inclus dans la prière de la fin du repas (Birkat Hamazone) avec tout ce que l’on a consommé lors de celui-ci.
Récitation du Kiddoush sur les ‘Halot – les pains du Chabbat
Lorsque ni vin ni jus de raisin ne sont disponibles, le Kiddoush peut être récité sur deux ‘Halot :
Dans ce cas, il faut effectuer le lavage rituel des mains pour le repas (Nétilate Yadayim) avant le Kiddoush. Ensuite, il faut se lever et réciter le texte habituel du Kiddoush en tenant les deux ‘Halot. La bénédiction sur le vin doit toutefois être remplacée par la bénédiction sur le pain : « Hamotsi Lé’hèm Mine Haarètse – Qui produit du pain à partir de la terre ». Puis l’on continue avec la deuxième partie du Kiddoush qui se termine comme d’habitude par la bénédiction de « Béni sois-tu, D-ieu, qui sanctifie le Chabbat ». Ensuite on coupe le pain et l’on en mange la quantité requise (Kazayit) après quoi le repas de Chabbat se poursuit comme d’habitude.
- Puis le vin est versé dans la coupe. Il faut veiller à la remplir à ras-bord.
