L’ouverture de la mer Rouge
Le septième jour de Pessa’h, le 21 Nisan, est le dernier des sept jours de la fête et est unique en ce qu’il s’agit d’un « Yom Tov », c’est-à-dire : un jour de fête où aucun travail n’est permis, comme le premier jour de Pessa’h.
Le nombre sept joue un rôle central dans les fêtes d’Israël et les Mitsvot en général : les principales fêtes durent 7 jours, le 7ème mois (Tishrei) est rempli de fêtes, Chabbat est le 7ème jour de la semaine, etc…
L’ouverture de la mer Rouge
Nos Sages, de mémoire bénie, disent que c’est le jour de l’ouverture de la mer Rouge :
Après le départ du peuple d’Israël d’Égypte, le 12 Nisan, Pharaon regretta de les avoir laissés partir et mobilisa immédiatement son armée pour poursuivre le peuple d’Israël. Après plusieurs jours, les Juifs arrivèrent à une impasse : derrière eux, les Égyptiens, sur la droite et la gauche, un désert dangereux, et devant eux, la mer Rouge.
Au cours de cette nuit, un nuage épais sépara le camp d’Égypte et le camp d’Israël, de sorte que les Égyptiens ne pouvaient pas leur faire de mal. D.ieu ordonna à Moché de lever son bâton, un vent fort commença à souffler sur la mer, l’eau s’est ouverte et s’est dressée comme un mur des deux côtés. Les Juifs traversèrent le chemin créé dans la mer. En voyant le merveilleux miracle qui s’est produit pour le peuple Juif, ils essayèrent de profiter de l’occasion pour entrer en masse dans la mer.
À ce stade, D.ieu ordonna à Moché de lever à nouveau le bâton, et l’eau, qui se dressait comme un haut mur, revint à son état naturel, noyant l’armée égyptienne. Lorsque les Juifs arrivèrent de l’autre côté et virent leurs ennemis se noyer dans les vagues, ils chantèrent des remerciements à D.ieu pour tous les miracles qu’Il a faits pour eux. En souvenir de ce merveilleux événement, nous célébrons chaque année la fête de « Chevii Chel Pessa’h ».
La veille de la fête
La veille de la fête
Pendant les fêtes, comme le Chabbat, il est interdit d’allumer un nouveau feu. Mais comme pendant la fête elle-même, il est permis de cuisiner et d’allumer un feu à partir d’un feu existant (le Chabbat, ceci est également interdit !). Il est préférable de laisser un feu allumé pour la fête, dans le poêle ou une bougie qui dure longtemps, afin que nous puissions allumer un feu à partir de cette flamme.
L’allumage des bougies
Vous trouverez les détails des lois sur l’allumage des bougies dans les chapitres précédents.
La bénédiction que nous récitons cette fois-ci après avoir allumé les bougies est : « Baroukh Ata Hachem Elokénou Melekh Haolam, Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Ner Chel Yom Tov »
A l’allumage des bougies de la fête, ainsi qu’au Kiddouch, on ne récite pas la bénédiction de « Chéhé’héyanou » pendant cette fête.
Prière de Min’ha
Nous prions Min’ha comme chaque veille de fête. On récite d’abord les « Korbanot » puis « Achrei ». Dans la Amida, on ajoute « Yaalé Véyavo » de la fête de Pessa’h et on finit la prière avec « Alénou Léchabéa’h ».
Prière d’Arvit
On commence par le « Chir Hama’alot » et on continue avec la prière d’Arvit comme chaque fête. On fait la Amida des trois fêtes, une prière spéciale pour Pessa’h, Chavouot et Souccot. On compte ensuite le Omer et on finit la prière avec « Alénou Léchabéa’h ».
Le repas de la fête
La joie de la fête de « Chevii Chel Pessa’h » doit être plus grande que celle des premiers jours de la fête, et il faut rajouter dans la nourriture festive, boire du vin, et chanter.
Le Kiddouch
On prend le verre dans la main droite et on le déplace vers la gauche. À l’aide de la main gauche, on place la base de la tasse au milieu de la paume droite, les quatre grands doigts d’un côté de la tasse et le pouce soutenant l’autre côté.
Avant le début du Kiddouch, il faut regarder les bougies allumées sur la table et pendant la bénédiction de « Boré Péri Hagafen », il faut regarder le vin dans le verre. Après cela, une bénédiction spéciale est dite en l’honneur de la fête : « Achère Ba’har Banou Mikol Am Véromémanou Mikol Lachone ». Le texte complet se trouve dans le Siddour sous le titre « Kiddouch Léchaloch Régalim ».
Puisque la fête de « Chevii Chel Pessa’h » est une continuation directe de la première fête, on dit aussi : « ‘Hag Hamatsot Hazé », comme lors de la première fête. On termine le Kiddouch et on boit le vin.
Après le Kiddouch, on se lave les mains pour manger la Matsah :
On prend le Kéli dans la main droite et on le remplit d’eau. On le passe à la main gauche et avec elle, on verse trois fois sur la main droite, puis trois fois de plus sur la main gauche. On récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naï Elo-heinou Melekh Ha’Olam Achère Kidéchanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Netilat Yadayim ». On s’essuie soigneusement les mains. Il ne faudra pas parler après avoir récité la bénédiction.
On récite la bénédiction « Hamotsi » sur deux Matsot entières et on mange le repas de fête.
À la fin du repas, on récite le « Birkat Hamazone » et on y ajoute « Yaalé Véyavo » et le « Hara’hamane » spécifique à cette fête.
Le soir de la fête
La nuit de « Chevii Chel Pessa’h », il est de coutume de rester debout toute la nuit et d’étudier la Torah. La raison en est que pendant l’ouverture de la mer Rouge, Les Juifs ont atteint un très haut niveau de foi en D.ieu, voyant les miracles et les prodiges qu’Il a fait pour eux. Aujourd’hui, afin de renforcer notre foi, il faut beaucoup d’étude de la Torah.
Dans de nombreuses communautés, il est de coutume de lire le « Chant de la mer » avec beaucoup de monde et de raconter les merveilles de D.ieu, de danser et de se réjouir.
Le jour de la fête
Prière de Cha’harit
Cette prière de Cha’harit commence comme chaque Chabbat : « Birkot Hacha’har », « Korbanot », « Hodou », « Psoukei Dézimra » et les bénédictions du Chéma. On fait la Amida des trois fêtes, puis le demi « Hallel », « Chir Chel Yom » et la lecture de la Torah.
La lecture de la Torah
Pour la lecture de la Torah de « Chevii Chel Pessa’h », on sort deux Sifrei Torah. Dans le premier, on fait monter cinq personnes à la Torah et on y lit le chant qui a été chanté par le peuple Juif ce même jour, le 21 Nissan, il y a des milliers d’années, après la traversée de la mer Rouge dans la Paracha Béchala’h. Ce chant est appelé « Le chant de la mer » et on a l’habitude de se tenir debout le temps de sa lecture dans la Torah.
Dans le deuxième livre, une personne monte pour le « Maftir » et y lit un paragraphe qui traite des sacrifices de Pessa’h dans la Paracha « Pinhas ».
La « Haftara » de la fête est tirée du livre de « Chmouel », et commence par les mots « Vayédaber David ».
La Prière de Yizkor,
Après la lecture de la Torah, une prière spéciale est dite à la mémoire des âmes des proches décédés et elle s’appelle : « Yizkor ». Tous ceux dont les parents sont encore en vie quittent la synagogue, et seuls ceux qui sont orphelins de père, de mère ou des deux restent à l’intérieur. Le contenu de la prière est que D.ieu « se souviendra » de l’âme du défunt, que son âme entrera au « Gan Eden », au paradis, et nous donnerons la charité pour l’ascension de son âme après la fête.
La prière de Moussaf
On fait la prière de Moussaf des trois fêtes en y incluant les passages spécifiques à « Chévii Chel Pessa’h.
Dans la prière de Moussaf, les Cohanim ont l’habitude de bénir la communauté en faisant « Birkat Cohanim ». Lors des fêtes, nous ajoutons une prière supplémentaire pendant la bénédiction des Cohanim, qui inclue la demande que tous nos rêves soient pour le bien, qui commence par les mots « Ribono Chel Olam ». Cette prière est récitée par la communauté pendant que les Cohanim disent les mots « Véyassem Lékha Chalom », à la fin de « Birkat Cohanim ».
On termine « Moussaf », par « Alénou Léchabéa’h ainsi que les « Chèche Zé’hirote ».
Le repas de la fête
Le Kiddouch
Prenez le verre dans votre main droite et déplacez-le vers la gauche. À l’aide de la main gauche, nous plaçons la base de la tasse au milieu de la paume droite, les quatre grands doigts « tenant » le côté de la tasse et le pouce soutenant le côté.
On récite le verset : « Elé Moadé Ado-nai Mikraé Kodèch Achère Tikréou Otam Bémoadam » et on continue avec « Savri Maranane » et la benédiction sur le vin. En récitant « Boré Péri Hagafen » il faut regarder le vin dans le verre, puis on boit le vin.
Après le Kiddouch, on se lave les mains pour manger la Matsah :
On prend le Kéli dans la main droite et on le remplit d’eau. On le passe à la main gauche et avec elle, on verse trois fois sur la main droite, puis trois fois de plus sur la main gauche. Ensuite, on récite la bénédiction : « Baroukh Ata Ado-naï Elo-heinou Melekh Ha’Olam Achère Kidéchanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Netilat Yadayim ». On s’essuie soigneusement les mains. Il ne faudra pas parler après avoir récité la bénédiction.
On récite la bénédiction « Hamotsi » sur deux Matsot entières et on mange le repas de fête.
À la fin du repas, on récite le « Birkat Hamazone » et on y ajoute « Yaalé Véyavo » et le « Hara’hamane » spécifique à cette fête.
Prière de Min’ha
Nous récitons le début de la prière de Min’ha comme chaque Chabbat, mais sans lire la Torah.
On récite d’abord les « Korbanot » puis « Achrei » et « Ouva Letsione ». On fait la Amida des trois fêtes et on termine par « Aleinou Léchabéa’h ».
Prière du soir
On récite la prière du soir comme tous les jours de la semaine, mais dans la « Amida », on ajoute « Ata ‘Honanetanou ». Ensuite, on compte le Omer et on termine la prière avec « Aleinou Léchabéa’h »
Havdalah
Après la prière du soir, chacun rentre chez soi et fait « Havdalah ». Le texte est le même qu’à chaque sortie de Chabbat : on commence par « Hinei E-l Yéchouati » et on continue jusqu’à « Hamavdil Ben Kodèch Lé’hol ».
La différence est que l’on ne récite pas la bénédiction sur les Bessamim et la bougie, il ne sera donc pas nécessaire d’en avoir.
La sortie de la fête
- À la fin de la fête, il faut attendre quelques minutes avant de pouvoir manger du ‘Hamets. A ce moment, le Rav se rend chez le non-juif pour lui racheter le ‘Hamets qui lui a été vendu.
- Attention à ne pas manger de ‘Hamets à la maison dans les zones où les différents ustensiles de Pessa’h sont encore présents.
- Tous les plats de Pessa’h doivent être emballés hermétiquement et placés dans un endroit qui reste fermé jusqu’à Pessa’h de l’année suivante.
En dehors d’Israël, A’haron Chel Pessa’h.
En dehors d’Israël, on célèbre aussi le lendemain de « Chevii Chel Pessa’h », et on l’appelle : « A’haron Chel Pessa’h ».
Ce jour est un jour de fête en tous points, et toutes les coutumes de la fête y sont pratiquées : Kiddouch, prières et repas de fête.
Il est de coutume de manger de la « Matsah Chrouya » (Matsah qui est entrée en contact avec de l’eau ou toute autre boisson) le dernier jour de Pessa’h (uniquement en dehors d’Israël), et il est également de coutume à partir de ce jour de se passer à nouveau les doigts sur les lèvres lors de Mayim A’haronim, l’humidité de l’eau n’étant plus un problème.
Seoudat Machia’h
Lors des premières fêtes, pendant le Seder, nous avons principalement parlé de l’histoire de la sortie d’Egypte et de la rédemption qui s’est produite dans le passé. Les deuxièmes fêtes, Chevii Chel Pessa’h, c’est notre foi en la redemption qui arrivera dans un futur proche avec le Machia’h.
Le fondateur du mouvement ‘Hassidique, qui était connu sous le nom de : « Baal Chem Tov », appela le troisième repas, que l’on prend après la prière de Min’ha, « Seoudat Machia’h », le repas du Messie, car ce jour-là il y a une révélation du Machia’h dans le monde, et c’est un moment particulier pour demander à D.ieu de nous faire sortir de cet exil.
Afin d’intérioriser et de ressentir la rédemption qui approche, il est de coutume à « Seoudat Machia’h » de manger de la Matsah et de boire quatre verres de vin, comme les quatre expressions de rédemption mentionnées dans la Torah. Le Rabbi de Loubavitch a encouragé cette pratique et a demandé à chacun de faire une « Seoudat Machia’h » (ou d’y participer) et de l’annoncer également aux autres.
En dehors d’Israël, ce repas est célébré le jour d’A’haron Chel Pessa’h, le deuxième jour des deuxièmes fêtes.
« Isrou ‘Hag »
Le 22ème jour de Nissan s’appelle : « Isrou ‘Hag », c’est le nom du jour qui vient après chacune des trois fêtes, Pessa’h, Chavouot et Souccot.
Nos Sages ont encouragé à continuer la joie de la fête même après sa fin officielle, et ont dit : « Quiconque fait un « Issour » (connecte et ajoute un jour supplémentaire) à la fête avec de la nourriture et un festin, c’est comme s’il construisait un autel et offrait un sacrifice dessus ».
Du temps où le Temple existait, chaque Juif avait l’obligation d’accomplir la Mitsvah de « Aliya Laréguel » : monter à Jérusalem le jour de Pessa’h, Chavouot et Souccot, appelés les « Chaloch Régalim ». Certains des pèlerins restaient à Jérusalem même le lendemain de la fête, et c’est de là qu’est venue la coutume de célébrer également le lendemain.
Aujourd’hui, nous honorons généralement le jour de « Isrou ‘Hag » avec les coutumes suivantes :
- Ne pas jeûner.
- Essayer de faire des repas de fête.
La Mimouna
La Mimouna est une fête populaire qui est une coutume chez de nombreuses communautés du peuple Juif, de manière générale à la sortie de la fête le 22 Nissan ou le 23 Nissan en dehors d’Israël.
L’origine du nom
Certains pensent que le nom Mimouna dérive du nom du père de Rambam, le Rabbin Maimone ben Yossef, décédé ce jour-là.
Une autre théorie est que l’origine du nom vient du mot arabe « Maimon », qui signifie chance et l’on croit que ce jour est un jour vertueux pour trouver un gagne-pain et se marier.
Mais l’explication la plus courante et la plus acceptée est que l’origine du nom vient du mot hébreu : « Emouna » et on l’appelle ainsi parce que le jour de la Mimouna, on exprime sa conviction que le salut viendra ce mois-ci. Il correspond bien au souhait de nos Sages, de mémoire bénie : au mois de Nissan les enfants d’Israël ont été délivrés d’Égypte – ainsi en sera-t-il de la future rédemption au mois de Nissan.
L’origine halakhique de cette fête vient du fait qu’elle est célébrée le jour de « Isrou ‘Hag » lorsque, comme mentionné, un repas de fête doit être organisé dans la joie.
