Contexte
Comme nous l’avons mentionné, les « Birkote Hanéénine – bénédictions de jouissance » sont des bénédictions prononcées sur les choses dont nous profitons. Parmi tous les types de bienfaits et de plaisirs physiques qui existent dans le monde, la loi juive accorde une place d’honneur aux bénédictions récitées sur la nourriture et les boissons.
Dans leur ensemble, les bénédictions de jouissance sont associées aux types de plaisirs que nous éprouvons avec nos sens physiques : notre goût, notre odorat, notre ouïe et notre vue. Nous nous concentrerons d’abord sur les bénédictions récitées sur la nourriture et les boissons, puis nous porterons notre attention sur d’autres types bénédictions.
De façon naturelle, la plus grande quantité de bénédictions se rapporte au goût. D-ieu nous a créés de telle sorte que nous devons donner de la vitalité à notre corps toutes les quelques heures, sous forme de nourriture et de boisson.
Peut-être pouvons-nous dire que D-ieu nous a créés avec le besoin de manger régulièrement afin de nous rappeler d’un autre besoin, non moins important : le besoin de fournir de la nourriture à notre âme. Tout comme nous ingérons de la nourriture physique, nous devons également nourrir nos âmes de manière spirituelle à travers la pratique des commandements et l’étude de la Torah, au moins toutes les quelques heures, afin que nous ayons une ‘âme saine dans un corps sain’.
Toute la nourriture du monde appartient en fait à D-ieu. (Comme le dit le verset des Psaumes : « La terre et tout ce qu’elle contient est à D-ieu ») Il canalise vers chaque aliment un flux constant de vitalité et lui donne son goût, son parfum et sa forme. Il est donc tout à fait approprié pour nous de remercier D-ieu en Le bénissant avant de jouir de la nourriture. Si nous ne le faisons pas, cela ressemble à un ‘vol’, car nous aurons mangé la nourriture de D-ieu sans Sa permission.
C’est en raison de cette idée que nos Sages ont institué l’obligation de réciter une bénédiction avant de manger un aliment, appelée « Bérakha Rishona – Bénédiction initiale ». Celle-ci agit comme une demande de permission divine afin que nous puissions consommer la nourriture ou la boisson qui se trouve devant nous. Les Sages nous ont également demandé de réciter une autre bénédiction après avoir mangé ou bu, la « Bérakha A’harona – Bénédiction finale », afin de remercier D-ieu pour les forces que nous avons reçues de Lui grâce à cette nourriture ou boisson.
Bénédiction avant de manger
Avant de mettre quoique ce soit dans sa bouche, on doit s’assurer de réciter la bénédiction appropriée. Celle-ci est appelée Bérakha Rishona – Bénédiction initiale.
Il existe six types de bénédictions avant de manger :
- La bénédiction de Hamotsi: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Hamotsi Lé’hèm Mine Haarètse – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui sort le pain de la terre ». Il s’agit d’une bénédiction qui est désignée spécifiquement pour le pain. Elle englobe toutes les sortes de pain : la baguette, le pain en tranches, un petit pain, une pita, etc.
- Il existe plusieurs critères pour que l’aliment soit considéré comme du ‘pain’ du point de vue de la loi juive. En voici quelques-uns:
- Il doit être fabriqué à partir de l’une des cinq espèces de céréales suivantes : blé, orge, épeautre (très populaire actuellement chez les consommateurs de produits bio), seigle et avoine.
- Il doit être cuit au four, non frit et non produit par tout autre procédé de cuisson.
- La farine doit avoir été mélangée avec de l’eau, et non avec des jus de fruits ou d’autres liquides.
- Elle doit être faite de pâte uniquement et ne doit pas contenir de garniture comme des fruits, de la confiture, des épices ayant un bon goût etc.
- La bénédiction de Mézonote: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Boré Miné Mézonote – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui crée les types de subsistance ». Cette bénédiction est récitée sur les aliments qui sont fabriqués à partir de l’une des cinq espèces de céréales, mais qui ne répondent pas aux critères du ‘pain’ énoncés auparavant. En général, cette bénédiction s’applique à la plupart des produits de pâtisserie disponibles sur le marché aujourd’hui ainsi que les pâtes et les pains ou gâteaux frits.
- La bénédiction de Haguéfène: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Boré Péri Haguéfène – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui crée le fruit de la vigne ». Il s’agit d’une bénédiction spéciale récitée avant de boire du vin ou du jus de raisin.
- La bénédiction de Haètse: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Boré Péri Haètse – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui crée le fruit de l’arbre ». Cette bénédiction est récitée sur les fruits qui poussent sur un arbre (comme les pommes, les oranges, les goyaves, etc.).
- La bénédiction de Haadama: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Boré Péri Haadama – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui crée les fruits de la terre ». Cette bénédiction est récitée sur les légumes qui poussent à partir du sol (comme les carottes, les oignons, les pommes de terre, et ainsi de suite). Elle inclut également les fruits des arbustes à court durée de vie comme les aubergines, les tomates et même les bananes.
- La bénédiction de Chéhacol: « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Chéhacol Niheya Bidvaro – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu, Roi du monde, qui a tout créé par Sa parole ». Cette bénédiction est récitée sur la viande, le poisson, les boissons de toutes sortes (sauf le vin et le jus de raisin), les œufs, etc.
- Précision importante ! :Lorsque la forme d’un aliment est modifiée de manière significative, il arrive qu’il ‘perde’ sa bénédiction habituelle et qu’une bénédiction différente soit appliquée à sa place. Par exemple l’amuse-bouche appelé « Bamba » qui est fait de cacahuètes, alors que la bénédiction appropriée pour la cacahuète est « Boré Péri Haadama », la transformation de sa forme originelle est si importante que bénédiction sera « Chéhacol Niheya Bidvaro ». (Voir plus loin notre tableau détaillé des bénédictions appropriées pour de nombreux aliments).
La main droite
- Au moment où l’on récite une bénédiction sur un aliment, on doit le tenir dans la main droite.
- Lorsque l’on mange un aliment cuit, comme une soupe ou du riz, que l’on ne tient généralement pas directement dans la main, on doit tout de même utiliser la main droite pour tenir l’aliment à l’aide d’une fourchette ou d’une cuillère tout en récitant la bénédiction.
Principes concernant les bénédictions
Lorsqu’une personne souhaite manger plusieurs aliments soumis à la même bénédiction (par exemple : une pomme et une orange, tous deux fruits d’un arbre et nécessitant la bénédiction de « Boré Péri Haètse » ; ou un bol de soupe et un morceau de poulet dont la bénédiction est « Chéhacol Niheya Bidvaro ») récité), il suffit de dire la bénédiction une seule fois, avant le premier de ces aliments. Il n’est pas nécessaire de réciter la même bénédiction pour chaque chose séparément. Dans le langage de la loi juive, on dit que la première bénédiction a ‘exempté’ la personne de réciter une bénédiction supplémentaire sur l’autre aliment.
- Cette règle ne s’applique que tant que le repas est en cours et que la personne prévoit de continuer à manger des aliments de ce type, dans ce cas elle n’a pas besoin de refaire une bénédiction. Mais si elle s’est levée de table parce qu’elle a déjà terminé son repas, ou qu’elle a décidé de ne plus manger, dans le cas où lui vient une envie soudaine de remanger, elle devra à nouveau réciter la bénédiction (même si l’aliment en question est resté sur la table).
- Le pain fait exception aux règles précédentes. Lorsqu’il est consommé au cours d’un repas avec sa bénédiction de « Hamotsi… », celle-ci exempte tous les autres aliments servis au cours du repas (on ne récitera donc pas de bénédiction sur eux) à l’exception des desserts et du vin qui ne sont pas considérés comme faisant partie intégrante du repas et qu’il faudra bénir. Cette exemption de tous les aliments par le pain fonctionnera seulement jusqu’à ce que le Birkate Hamazone soit récitée à la fin du repas. Nous aborderons ce sujet plus en détail dans notre chapitre sur le petit-déjeuner.
Order of Blessings
Lorsque nous souhaitons manger plusieurs types d’aliments soumis à des bénédictions différentes, il faut respecter un ordre dans lequel elles doivent être récitées en fonction de leur importance (cela n’inclut pas la bénédiction sur le pain) :
- Boré Miné Mézonote
- Boré Péri Haguéfène
- Boré Péri Haètse
- Boré Péri Haadama
- Chéhacol Niheya Bidvaro
Supposez que vous vous trouvez à une réunion entre amis et qu’un certain nombre d’aliments différents sont placés sur la table : des boissons légères, de la pastèque, des fruits assortis, des pâtisseries et des bouteilles de vin. Dans ce scénario, vous avez l’intention de consommer tous les aliments qui vous sont proposés. Sur quoi fait-on la bénédiction en premier ?
D’après la liste ci-dessus, le premier aliment que vous devrez goûter sera une pâtisserie (Boré Miné Mézonote) Ensuite, vous prendrez du vin (Boré Péri Haguéfène). Vous continuerez avec des fruits de l’arbres (Boré Péri Haètse). Ce n’est qu’ensuite que vous pourrez prendre de la pastèque (Boré Péri Haadama) pour enfin vous permettre de réciter la bénédiction sur une autre boisson (Chéhacol Niheya Bidvaro). car le vin rend quitte des autres boissons
- Bien entendu, si vous n’êtes pas intéressé à consommer tous les aliments qui vous sont proposés, il n’est pas nécessaire de le faire. Dans ce cas, la bénédiction est récitée uniquement sur les aliments que vous souhaitez manger en respectant leur ordre d’importance. Nous ne sommes pas obligés de manger des aliments dont nous n’avons pas envie.
Les sept espèces
Les « Shivate Haminim – Sept espèces » sont le nom donné aux sept produits qui poussent en Israël et qui sont mentionnés dans un verset biblique décrivant les récoltes abondantes de la terre d’Israël. La Torah appelle la terre d’Israël « Une terre de blé et d’orge, de vignes, de figues et de grenades, une terre d’olives productrices d’huile et de miel ».
Le miel dont parle le verset n’est pas du miel d’abeilles mais du miel de dattes. Par conséquent la septième espèce est la datte d’où provient le miel de dattes.
Nos Sages ont déterminé que ce verset nous enseigne l’ordre d’importance de ces espèces. Le mot « terre » apparaît deux fois dans le verset, et l’importance d’une espèce particulière est déterminée par sa proximité avec ce mot dans le verset. Ainsi, les espèces qui sont mentionnées en premier après le mot « terre » ont la plus grande importance, suivies de celles qui sont mentionnées en second. Il est donc nécessaire de les bénir et de les manger en priorité.
Sur les sept espèces énumérées dans le verset, cinq d’entre elles sont des fruits de l’arbre et donc soumises à la bénédiction de « Boré Péri Haètse ». Si une personne prévoit de manger plusieurs de ces cinq fruits, elle doit réciter la bénédiction sur le premier de ces fruits selon l’ordre du verset : olives, dattes, raisins ou raisins secs, figues et grenades.
- Les deux premières espèces énumérées dans le verset sont le blé et l’orge. Ces espèces sont généralement transformées en produits de boulangerie, sur lesquels nous récitons la bénédiction « Boré Miné Mézonote ». Cette bénédiction, bien sûr, a la priorité sur toutes les autres, comme nous l’avons noté plus haut. Notre discussion ici ne concerne que l’ordre dans lequel nous donnons la priorité aux fruits de l’arbre dont la bénédiction est « Boré Péri Haètse ».
- Si une personne prévoit de manger à la fois des fruits ordinaires et des fruits des sept espèces (par exemple, des pommes et des raisins), il faudra donner la priorité aux fruits des sept espèces (dans ce cas faire la bénédiction sur le raisin qui exemptera celle de la pomme).
- En dépit de ce qui précède, si une personne a une préférence pour un fruit particulier, même s’il ne fait pas partie des sept espèces, elle peut prendre ce fruit en premier et réciter la bénédiction sur lui, ce qui exemptera l’autre fruit des sept espèces. Car la Torah attribue également de l’importance à un aliment en fonction des préférences personnelles d’un individu. Comme nous l’avons noté plus haut, il n’est pas nécessaire de répéter la bénédiction lorsque l’on prend un autre fruit, puisque la bénédiction initiale couvre tous les fruits que l’on mangera.
Bénédiction après avoir mangé
Après avoir mangé, nous sommes tenus de réciter une autre bénédiction pour louer et remercier D-ieu pour la nourriture qu’Il nous a donnée. Cette bénédiction est appelée Bérakha A’harona – Bénédiction finale. Il existe trois types de bénédiction finale : le « Birkate Hamazone », la « Birkate Méeine Chaloch » et la « Birkate Boré Néfashote ».
La bénédiction après un repas de pain
Cette série de bénédictions est récitée après la consommation de tout type de pain. Nous aborderons cette prière plus en détail ci-dessous, dans notre chapitre sur le petit-déjeuner
Bénédiction à trois facettes
Il s’agit d’une bénédiction récitée après la consommation d’aliments dont la bénédiction est « Boré Miné Mézonote » ou après la consommation de vin ou de fruits appartenant à la liste des sept espèces.
Cette bénédiction est appelée la bénédiction à trois facettes car elle fonctionne comme une sorte de version abrégée des trois premières bénédictions du Birkate Hamazone qui traitent de : la gratitude envers D-ieu pour la subsistance qu’Il nous a donnée, pour la Terre d’Israël, et une prière pour la reconstruction de Jérusalem et du Saint Temple.
Le début et la fin de cette bénédiction ‘à trois facettes’ varient en fonction du type d’aliment sur lequel elle est récitée.
Lorsque des aliments dont la bénédiction est « Boré Miné Mézonote » ont été consommés, la bénédiction finale remercie D-ieu pour « la nourriture et la subsistance – Al Hamé’hya Véal Hacalcala ». Lorsqu’elle est récitée après le vin elle remercie pour « la vigne et le fruit de la vigne – Al Haguéfène Véal Péri Haguéfène ». Et lorsqu’elle est récitée après la consommation de fruits appartenant aux sept espèces, elle remercie pour « l’arbre et le fruit de l’arbre – Al Haètse Véal Péri Haètse ».
- Si la bénédiction est récitée après la consommation conjointe de deux ou trois de ces catégories d’aliments, toutes les phrases appropriées doivent être incluses dans une seule bénédiction finale. La formulation correcte de la bénédiction dans ces cas-là figure dans les livres de prière.
- Le Shabbat, le Rosh ‘Hodesh et les fêtes – Yom Tov (mais pas à ‘Hanoucca et Pourim), des phrases spécifiques sont insérées dans la bénédiction pour faire allusion au jour particulier (Par exemple : « Béyom HaShabbat Hazé – En ce jour de Shabbat »). Ces phrases sont également imprimées avec le texte de cette bénédiction dans les livres de prières.
La bénédiction Boré Néfashote
Après la consommation de tout autre type d’aliment ou de boisson, ceux pour lesquels le Birkate Hamazone et la Birkate Méeine Shalosh ne sont pas récités, nous récitons la brève bénédiction suivante : « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam, Boré Néfashote Rabote Vé’hèsronane, Al Col Ma Shébarata Léha’hayote Bahème Néfesh Col ‘Haï, Baroukh ‘Haï Haolamim – Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi du monde Qui crée de nombreuses âmes ainsi que ce qui leur manque, pour tout ce que Tu as créé afin de soutenir la vie de chaque être vivant ; béni sois-Tu, [Créateur de] la vie des mondes ».
Par ces mots, nous remercions D-ieu de nous avoir créés (en nous désignant comme « de nombreuses âmes ») et de nous avoir fourni toutes les choses importantes nécessaires à notre maintien en vie (« ce qui leur manque »), ainsi que les aliments que nous apprécions mais qui ne sont pas ‘essentiels’ à la poursuite de notre existence (« pour tout ce que Tu as créé »).
