Introduction
Les sages de l’époque ont institué, pour toutes les générations à venir, l’allumage de bougies durant les huit jours de la fête de ‘Hanoucca, en souvenir du miracle de la fiole d’huile qui dura huit jours.
À l’origine, le décret consistait à allumer une seule bougie par famille tous les soirs mais avec le temps, une belle coutume s’implanta dans le peuple d’Israël : allumer une bougie le premier jour, deux bougies le deuxième jour et ainsi de suite jusqu’au huitième jour de ‘Hanoucca où l’on allume huit bougies. Aujourd’hui, toutes les communautés ont adopté cette pratique.
Le message de ‘Hanoucca : ALLUMER LA LUMIÈRE !
La fête de ‘Hanoucca contient en elle un sens très profond lié à la nécessité de rajouter de la ‘lumière spirituelle’ à notre monde. De la même manière que nous rajoutons chaque jour une lumière pendant la fête, nous devons rajouter régulièrement de la ‘lumière’ à notre environnement et dans nos relations.
Il nous faut constamment rechercher la possibilité d’allumer des étincelles de bonheur et de joie dans le cœur des gens tristes, insuffler de l’espoir et de la vie aux personnes qui souffrent, rechercher le potentiel positif de chaque situation que nous traversons et en retirer un apprentissage pour la vie. Et bien sûr, multiplier la pratique des Mitsvotes et des bonnes actions.
Qui doit allumer ?
L’obligation (et le mérite) d’allumer les lumières de ‘Hanoucca incombe à chaque juif et à chaque juive. Les hommes, les femmes et même les jeunes enfants, filles et garçons, qui ont une conscience suffisante pour comprendre le sens de ‘Hanoucca car en ils connaissent l’histoire miraculeuse et sont capables d’allumer seuls les bougies (un âge appelé par la loi juive : « Guil ‘Hinoukh – l’âge d’être éduqué »). Parallèlement, il est aussi possible d’être ‘rendu(e) quitte’ de son obligation d’allumer les bougies avec les bénédictions récitées par une autre personne : un homme au-delà de l’âge de la Bar-Mitsva (13 ans) ou une femme au-delà de l’âge de la Bat-Mitsva (12 ans).
De nos jours, la plupart des femmes n’ont pas l’habitude d’allumer elles-mêmes les bougies de ‘Hanoucca. Elles sont rendues quitte en répondant « Amen » aux bénédictions du chef de famille.
D’un point de vue juridique, il est suffisant d’allumer une seule Ménorah de ‘Hanoucca par foyer. Malgré cela, la coutume qui s’est répandue est que chaque garçon -adulte, jeune homme ou même enfant- procède aux bénédictions et à l’allumage de sa propre Ménorah.
Une jeune fille célibataire ou une femme dont le mari n’est pas à la maison est elle aussi tenue de réciter les bénédictions et d’allumer les bougies de ‘Hanoucca.
Avec quoi allume-t-on ?
La Mitsva de l’allumage peut être pratiquée par l’intermédiaire de simples bougies. Néanmoins, on a l’habitude d’embellir cette Mitsva en utilisant de l’huile d’olive pure et des mèches, en souvenir de l’allumage de la Ménorah du Beit Hamikdash pour lequel on utilisait cette même technique.
- On peut utiliser tous les types de bougies, d’huiles et de mèches présentes sur le marché.
Question : Peut-on allumer les lumières de ‘Hanoucca avec des bougies électriques ?
Réponse : Les bougies électriques sont un bon moyen de diffuser le miracle de ‘Hanoucca à l’extérieur. Cependant, il est interdit de les utiliser pour faire la Mitsva de l’allumage des lumières.
Le judaïsme accorde une grande valeur à la lumière des « Nérotes » (Nérotes = bougies ou mèches flottantes sur de l’huile) car, de par leur nature, ces lumières sont le symbole de la spiritualité.
Lorsqu’on utilise la lumière d’une flamme pour en allumer une autre, la lumière de la première flamme reste aussi forte qu’auparavant et elle éclaire autant, elle n’a rien perdu de son éclat. Et au contraire, maintenant qu’il y a deux flammes, celles-ci se joignent pour augmenter la puissance de la lumière. C’est exactement cela le message des lumières de ‘Hanoucca :
Une chose physique et matérielle s’use plus l’on s’en sert. Plus on sort d’argent de sa poche et moins l’on en a. On a beau mettre de l’essence dans sa voiture, le réservoir se vide constamment…
À l’inverse, les choses spirituelles, non seulement ne se réduisent pas mais elles grandissent et s’élargissent lorsqu’on les utilise. Parallèlement, lorsqu’on offre une compréhension profonde de la vie à quelqu’un, on devient soi-même plus sage. La personne qui reçoit s’enrichit spirituellement et celui qui lui a donné de sa ‘lumière’ ne perd absolument rien, au contraire. Celui qui enseigne à autrui devient lui-même plus intelligent, et il a par cela la possibilité d’aimer encore plus.
Rencontre avec le « Shamash »
On allume les huit Nérotes de la fête par l’intermédiaire du « Shamash ». C’est le nom qu’on donne à une bougie habituelle qui nous servira de ‘briquet’ pour allumer les lumières de ‘Hanoucca.
Selon la loi juive, on n’a pas le droit d’utiliser les Nérotes de ‘Hanoucca (ou l’éclairage qu’elles procurent), nous devons ‘seulement les regarder’. Par exemple : nous ne pouvons pas allumer la deuxième lumière de ‘Hanoucca avec la flamme de la première. De même, nous n’avons pas le droit de lire un livre ou d’éclairer une pièce grâce à ces lumières, on ne peut pas les transformer en lampes de poche.
C’est la raison pour laquelle de nombreuses communautés ont pris l’habitude de rajouter une lumière supplémentaire indépendante du compte des huit jours ; elle est allumée chaque jour en plus du nombre de lumières du jour : c’est le Shamash. Afin que, s’il fallait soudainement utiliser la lumière des Nérotes (par exemple en cas de panne d’électricité), on considèrera qu’on utilise l’éclairage du Shamash. De même on pourra utiliser sa flamme pour rallumer une des Nérotes de ‘Hanoucca qui se serait éteinte avant son temps, etc. Lorsque l’allumage des Nérotes est terminée, on placera le Shamash dans une position plus élevée que les autres ou dans un endroit à part qui montre qu’il ne fait pas partie du compte des Nérotes du jour.
Rencontre avec la « ‘Hanoukia »
On peut allumer les lumières de ‘Hanoucca sur n’importe quelle surface qui répond aux critères suivants :
- Les bougies ou les mèches flottantes doivent être posées en ligne droite et à hauteur égale (pas en forme de cercle ou en pente).
- Entre chaque bougie ou mèche flottante, il faut respecter un espace d’au-moins un doigt, afin que les flammes ne se rassemblent pas en un seul flambeau.
Afin de respecter ces injonctions de la loi, le peuple d’Israël a utilisé une Ménorah (chandelier) spécialement conçue pour ‘Hanoucca tout au long des générations. Une Ménorah uniforme et droite dans laquelle il y a un support suffisamment espacé pour chacune des huit lumières et une place à part pour le Shamash, plus élevée ou nettement séparée des autres Nérotes.
Avec le renouvellement de la langue hébraïque, grâce à l’hébreu moderne, un nom très judicieux a été donné à cette Ménorah spécifique à ‘Hanoucca : la ‘Hanoukia.
Au fil du temps, la ‘Hanoukia a donné lieu à la conception de milliers de design différents. On peut en trouver une en argent pur, magnifiquement ciselée et sculptée datant du 17eme siècle, placée à côté d’une autre très simple comme celles qui furent utilisées par les juifs durant la seconde guerre mondiale. Une ‘Hanoukia en or massif immense posée à côté d’une autre de très petite taille et pliable, faite en métal primaire.
Il y a de nombreuses histoires qui racontent comment, au fil des siècles, les juifs risquèrent leur vie pour accomplir la Mitsva de l’allumage des lumières de ‘Hanoucca, malgré des conditions épouvantables : les camps d’internement en Sibérie, ceux de la mort d’Auschwitz et autres. Certaines ‘Hanoukiotes (pluriel de ‘Hanoukia) furent faites à partir d’épluchures de pommes de terre, leurs mèches à partir de fils de tissu pris des vêtements et l’huile à partir de margarine.
Malgré les temps obscurs de ces périodes si sombres, le peuple éternel ne renonça jamais à l’allumage des lumières de ‘Hanoucca, afin de proclamer au monde entier que : la lumière vaincra !
- Pour celui qui préfère utiliser des mèches et de l’huile mais n’a pas envie de se fatiguer à les préparer lui-même, on peut acquérir des mèches fines déjà prêtes installées dans des flotteurs qui sont placés dans des petits verres contenant de l’huile. C’est rapide et c’est propre.
À quel endroit allume-t-on ?
La raison principale de l’allumage des lumières de ‘Hanoucca est la diffusion du miracle (en araméen : Pirsoumé Nissa). Nous les allumons et utilisons cette lumière afin de rappeler tous les miracles extraordinaires que D-ieu fit pour nous durant la guerre des Makkabimes contre les grecs.
C’est pourquoi il convient de rassembler toute la famille à cette occasion et de placer les ‘Hanoukiotes à un endroit très visible, à la fenêtre ou à côté de la porte d’entrée par exemple. De manière à ce que les passants des rues puissent voir la lumière des Nérotes de ‘Hanoucca et se rappeler du miracle célébré par cette fête.
Dans le passé, on avait l’habitude de placer la ‘Hanoukia à côté de la porte d’entrée principale de la maison. Mais aujourd’hui, étant donné que la plupart des bâtiments sont très élevés, on pourra allumer les Nérotes à côté d’une des portes à l’intérieur de la maison , même si elle ne donne pas sur la rue.
- Lorsqu’on allume les lumières à l’intérieur de la maison (c’est la coutume de la communauté ‘hassidique de ‘Habad) il y a lieu de poser la ‘Hanoukia sur un tabouret ou un petit siège qui se tiendra du côté gauche de la porte, en face de la Mézouza qui elle est posée sur le linteau de droite, afin que la personne qui passe par cette porte soit entourée de Mitsvotes : la Mézouza à droite et la ‘Hanoukia à gauche.
- Lorsqu’on place la ‘Hanoukia près de la fenêtre vers la rue, il faudra veiller à ce que les lumières ne soient pas éteintes par le vent. Pour éviter cela, on pourra utiliser des boitiers en verre spécialement destinés à protéger les lumières de ‘Hanoucca de l’extinction.
Pour les enfants qui allument les lumières sur leur propre ‘Hanoukia, il est préférable qu’il la place à côté de la porte de leur chambre, à condition que les principes de sécurité soient respectés et qu’il y ait une supervision rapprochée d’un adulte. Cette pratique donne aux enfants un sentiment d’appartenance à la fête et le sentiment d’identification avec le miracle de ‘Hanoucca.
À quelle hauteur allume-t-on ?
Il est préférable de placer les lumières de ‘Hanoucca à une hauteur située entre 24 et 80 cm.
Généralement, un siège normal ou une table basse répondent à ce critère de hauteur. On pourra y placer le plateau contenant la ‘Hanoukia et allumer les lumières en prononçant les bénédictions. Cependant, même les ‘Hanoukiotes immenses et très hautes, installées dans les places centrales des villes, et qui ont pour fonction le ‘rappel’ de la fête, pourront servir à la Mitsva de l’allumage des bougies de ‘Hanoucca.
La hauteur maximale imposée par la loi juive est de 9,60 mètres. Par conséquent, si vous habitez au-dessus du troisième étage, il ne sert à rien de placer la ‘Hanoukia à côté de la fenêtre car les passants ne sont pas habitués à regarder à une telle hauteur.
Quand allume-t-on?
On allume les bougies de ‘Hanoucca chaque soir à partir du soir du 24 Kislev (qui correspond au début du 25 Kislev car la journée juive commence la nuit et se termine en fin de journée).
De nombreuses communautés (dont celle de ‘Habad) ont la coutume d’allumer les bougies de ‘Hanoucca immédiatement après l’heure du coucher du soleil (Shkiate Ha’hama), après la prière de l’après-midi (Min’ha) et avant celle du soir (Arvite). D’autres ont l’habitude de procéder à l’allumage à l’heure plus tardive de la sortie des étoiles (ces horaires, précisés selon l’endroit où vous êtes situé et la date du jour, peuvent être trouvés dans les calendriers juifs et sur l’internet).
D’une façon ou d’une autre, il faut veiller à ce que les lumières de ‘Hanoucca durent au-moins une demi-heure après le temps de la sortie des étoiles (Tsète Hakokhavim). Et par conséquent il faudra préparer des bougies ou des mèches avec de l’huile, qui dureront au-moins la quantité nécessaire de temps.
- Celui qui allume à l’heure du coucher du soleil, doit veiller à ce que les lumières durent au moins cinquante minutes.
Le vendredi après-midi, veille de Shabbat, on ne pourra pas allumer les lumières de ‘Hanoucca à l’heure du coucher du soleil car à cette heure, le Shabbat a déjà commencé. On le fera beaucoup plus tôt (voir par la suite).
- On peut allumer les lumières de ‘Hanoucca toute la nuit – du coucher du soleil jusqu’à l’aube du jour suivant. Cependant, si on les a allumées après la moitié de la nuit (‘Hatsote Laïla), on ne pourra pas réciter les bénédictions.
Pour plus de détails concernant les temps de la loi juive, qu’est-ce que la ‘sortie des étoiles’ et quand a lieu ‘l’aube’, consultez la fin de notre ouvrage : « Yahadoutone – La synagogue et les prières ».
L’allumage en famille
Il est extrêmement important que l’allumage des bougies de ‘Hanoucca se fasse en présence de tous les membres de la famille. Par conséquent, si le père doit rentrer plus tard dans la soirée, et à condition que les enfants soient réveillés, on ne tiendra pas compte de l’heure du coucher du soleil ou de la sortie des étoiles et il faudra l’attendre avant d’allumer.
Dans la mesure où le père sait qu’il rentrera très tard à la maison et que les enfants seront endormis, ce sera à la mère -ou à l’un des enfants, fille ou garçon ayant atteint l’âge de la majorité religieuse- d’allumer à sa place. Par la suite, lorsque le père rentrera, il procèdera aussi à un allumage pour lui-même.
Question : J’ai été retardé au travail et je suis rentré très tard dans la nuit. Ma femme n’a pas allumé les lumières de ‘Hanoucca car elle pensait que j’arriverais d’un instant à l’autre, les enfants se sont endormis. Que dois-je faire ?
Réponse : À priori, il faut vraiment arriver à une heure où les enfants sont encore réveillés. S’ils n’ont pas participé à l’allumage, il convient de les réveiller si la chose est possible.
- Vous avez oublié d’allumer un soir ? Ce n’est pas grave, continuez à allumer les soirs suivants.
- Vous avez un vol d’avion qui durera toute une nuit pendant la période de ‘Hanoucca ? Ce n’est pas grave, les membres de la famille présents sur place allumeront leurs ‘Hanoukiotes et vous rendront quitte de votre obligation.
Avant l’allumage
- Il faut préparer la ‘Hanoukia en y installant le nombre de Nérotes du jour, de droite à gauche.
Par exemple : Le premier jour de ‘Hanoucca, c’est-à-dire le 24 Kislev après le coucher du soleil, on place une bougie (ou un petit verre avec une mèche sur de l’huile) à l’extrême droite de la ‘Hanoukia. Le deuxième jour on place encore la première bougie à l’extrême-droite et l’on rajoute ensuite une seconde bougie vers la gauche, et ainsi de suite.
- On installe la ‘Hanoukia à sa place appropriée (à côté de la fenêtre ou de la porte) et à la hauteur appropriée (entre 24 et 80 cm de hauteur) en vérifiant bien qu’elle ne bougera pas de sa place au-moins pendant une demi-heure après l’allumage.
- Il faut avoir préparé à l’avance des allumettes ou un briquet et bien évidemment, le « Shamash ». C’est la bougie supplémentaire avec laquelle on allumera les Nérotes.
- Puis l’on rassemble tous les membres de la famille à côté de la ‘Hanoukia.
- Il n’est pas nécessaire de porter des habits de Shabbat ou de fêtes pendant l’allumage.
Petit conseil : Lorsqu’on allume les lumières de ‘Hanoucca avec de l’huile, on pourra réutiliser les mêmes mèches le lendemain. Néanmoins, il est mieux de ne les utiliser qu’une seule fois et de les changer le lendemain. L’allumage en sera facilité.
Concrètement ! Comment allume-t-on ?
Il faut se tenir debout devant la ‘Hanoukia, tenir de la main droite la bougie du Shamash allumée, et réciter deux bénédictions auxquelles les personnes présentes répondront « Amen ».
- « Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Ashère Kidéshanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nère ‘Hanoucca – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu Roi du monde qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière de ‘Hanoucca ».
- Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Shéassa Nissim Laavoténou Bayamime Hahème Bazémane Hazé – Béni sois-Tu Éternel notre D-ieu Roi du monde qui a fait des miracles à nos ancêtres en ces jours-là et en ce temps-là ».
Le premier soir de la fête (ou la première fois que l’on allume), on rajoute une troisième bénédiction :
« Baroukh Ata Ado-naye Élo-hénou Mélèkh Haolam Shéhé’héyanou Vékyémanou Véhiguianou Lazémane Hazé – Béni Sois-Tu Éternel notre D-ieu qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a fait arriver à ce moment-là ».
- On ne doit pas parler après les bénédictions jusqu’à la fin de l’allumage.
- Après avoir prononcé les bénédictions, on allume en premier la bougie la plus à gauche – la nouvelle du jour- et l’on continue en allumant les autres bougies vers la droite.
- Ensuite on place le « Shamash » à sa place particulière et l’on commence à chanter la prière de « Hanérotes Halalou ».
Voici un petit moyen mnémotechnique afin de se rappeler l’ordre de la disposition et de l’allumage des bougies : On dispose de droite à gauche et l’on allume de gauche à droite.
Après l’allumage
Après l’allumage, on a l’habitude de s’asseoir en face des Nérotes de ‘Hanoucca pendant au-moins une demi-heure. Tant qu’elles sont allumées, les femmes n’ont pas le droit d’effectuer un quelconque travail, préparer à manger ou nettoyer la maison etc. C’est parce que des miracles ont eu lieu grâce aux femmes durant ‘Hanoucca (comme nous l’avons amplement raconté précédemment).
Durant ce temps ‘d’attente’ près des Nérotes, on a l’habitude de chanter des chants de ‘Hanoucca, de manger des beignets ou des aliments frits, jouer à la toupie, distribuer de l’argent (Dmé ‘Hanoucca) et principalement, de raconter l’histoire du miracle de ‘Hanoucca. Par cela, on perpétue cet héritage antique et extraordinaire du peuple d’Israël.
- Une fois que les flammes ont duré une demi-heure après le temps de la sortie des étoiles, on peut déplacer la ‘Hanoukia à un autre endroit, même si les bougies sont encore allumées.
Nous parlons de manière plus ample des coutumes et traditions de ‘Hanoucca par la suite.
‘Écouter’ les Nérotes
Les Admourim (dirigeants spirituels) de ‘Habad avaient l’habitude de dire qu’il y a lieu ‘d’écouter’ ce que les Nérotes racontent… Voilà quelques enseignements importants que l’on peut apprendre de leurs moments d’écoute :
- Le premier soir, nous nous ‘suffisons’ d’une seule lumière. Cependant chaque soir nous en allumons une autre et encore une autre :
- Pour tout ce qui concerne la lumière, le bien et la sainteté, il est interdit de s’arrêter ! On ne doit pas se suffire de ce que l’on a fait hier ou l’avant-veille. Il faut encore rajouter de la lumière.
- Le premier soir, nous n’allumons qu’une seule lumière en utilisant une ‘Hanoukia qui a de la place pour sept autres qui restent vides et ‘abandonnées’ :
- Parfois, pris par un enthousiasme de sainteté, on veut ‘prendre le train en marche’ et commencer à pratiquer immédiatement toutes les Mitsvotes… Il faut alors se rappeler qu’il convient d’avancer avec prudence, pas à pas, telle est la bonne manière de faire. Parallèlement à cela, on se rappellera aussi que des lumières sont encore éteintes et qu’il faudra se languir de les allumer elles aussi en fin de compte.
- La bougie du Shamash ne sert qu’à allumer les autres Nérotes, pourtant elle est généralement placée plus en hauteur que celles-ci :
- Lorsque nous voulons aider notre prochain et que nous lui portons notre attention, nous sommes dans une position plus ‘élevée’ que lui. Car c’est justement celui qui aide les autres, sans penser à lui-même, qui peut atteindre de plus hauts sommets : que ce soit dans la compréhension de son étude de la Torah ou dans sa relation personnelle avec le Maître du monde.
Question : Oups ! Une bougie s’est éteinte après cinq minutes. Que dois-je faire ?
Réponse : Il faut la rallumer sans refaire de bénédiction.
Les chants de ‘Hanoucca
Il y a de nombreux chants liés à la fête de ‘Hanoucca et, dans de nombreuses communautés, on a l’habitude de les chanter durant la première demi-heure qui suit l’allumage en restant assis en face des Nérotes.
- « Hanérotes Halalou – Ces bougies-là ».
Dans ce chant, nous rappelons le fait que nous allumons les Nérotes de ‘’Hanoucca en souvenir des miracles et des prodiges qu’a faits le Créateur du monde à nos ancêtres « Bayamime Hahème – En ces jours » – c’est-à-dire il y a des siècles, « Bazémane Hazé – En ces temps-là » – c’est-à-dire exactement aux mêmes dates.
Nous précisons que durant les huit jours de la fête ces lumières sont saintes et qu’on n’a pas le droit de les utiliser mais seulement de les regarder, afin de nous donner le privilège de louer et louanger D-ieu pour tous les miracles, les prodiges et les délivrances qu’Il a accomplis et qu’Il continue de faire pour le peuple d’Israël.
Voici les paroles de « Hanérotes Halalou » :
« Ces bougies nous les allumons pour les délivrances, les miracles et les prodiges que Tu as faits à nos ancêtres en ces jours-là et en ce temps-là, grâce à Tes saints Cohanim.
Et durant tous ces huit jours de ‘Hanoucca, ces Nérotes-là sont saintes et l’on n’a pas le droit de les utiliser mais seulement de les contempler.
Afin de louer et louanger Ton Grand Nom pour Tes miracles, Tes prodiges et Tes délivrances. »
- « Maoz Tsour Yéshouati – Le Rocher de ma délivrance ».
C’est un chant pittoresque qui décrit les péripéties du peuple d’Israël depuis leur esclavage en Égypte. La sortie miraculeuse d’Égypte, l‘ouverture de la mer rouge, l’exil babylonien, les miracles de Pourim et de ‘Hanoucca. Le chant se termine par une prière au Créateur du monde afin qu’Il dévoile Son bras puissant et qu’Il provoque la venue du Messie. L’habitude populaire est de chanter seulement deux couplets de la chanson (le premier et le cinquième) qui parlent de la fête de ‘Hanoucca.
Ce chant utilise des acrostiches : si l’on réunit les premières lettres des cinq couplets, on obtient le mot « Mordékhaï ». (Maoz Tsour Yéshouati…Raotes Sava Nafchi… Dévir Kodcho Héviani… Kérote Komate Bérosh… Yévanim Nikbétsou Alaïye).
Les initiales des trois premiers mots du sixième couplet forment le mot « ‘Hazak – Fort » ( ‘Hassofe Zéroa Kodshékha).
Voici l’explication des mots du premier couplet :
« Le Rocher de ma délivrance, c’est Toi qu’il convient d’exalter » : Nous nous tournons vers le Maître du monde. D-ieu Tu es puissant et Tu nous sauves au moment du malheur, il est donc approprié de Te louanger.
« Rétablis la maison de Ta prière et là-bas nous sacrifierons des offrandes de remerciements » : Reconstruis s’Il te plait le Beit Hamikdash et nous y offrirons des sacrifices afin de Te remercier.
« À l’heure où Tu prépares l’écrasement de l’ennemi qui blasphème » : Et pendant que Tu détruiras l’ennemi qui nous insulte et aboie sur nous.
« Alors je terminerai par un chant de louanges l’inauguration du Mizbéa’h – l’Autel » : Je réciterai entièrement la prière du Hallel pendant que l’Autel des offrandes sera inauguré.
L’allumage à la synagogue
On a l’habitude d’allumer les bougies de ‘Hanoucca à la synagogue à la fin de la prière de l’après-midi (Min’ha) et pendant la prière du matin (Sha’harite) , afin qu’un maximum de personnes puisse voir la ‘Hanoukia et que le miracle soit diffusé encore un peu plus.
On place la ‘Hanoukia près du mur côté Sud de la synagogue et chaque jour, à la fin de la prière de Min’ha, avant de réciter l’ultime prière de « Alénou Léshabéa’h », l’officiant récitera les bénédictions et allumera les Nérotes de ‘Hanoucca à l’aide du Shamash.
Dès que les bougies sont allumées, les fidèles ont l’habitude de chanter « Hanérotes Halalou ».
Lorsqu’ils rentreront à la maison, les fidèles devront réciter les bénédictions et allumer les Nérotes de ‘Hanoucca car l’allumage à la synagogue ne les exempte pas de leur obligation.
À la fin de la prière du matin, on allume à nouveau les Nérotes mais sans réciter de bénédictions.
