Introduction
La fête de ‘Hanoucca a été instituée par les sages d’Israël à l’époque du deuxième Beit Hamikdash en tant que ‘signe de rappel’ des évènements suivants :
- La victoire totale du groupe des ‘Hashmonaïmes, peu nombreux et faibles de constitution, contre l’immense armée grecque composée de puissants soldats.
- L’inauguration du Temple (‘Hanouccate Habayite) et de l’Autel, qui dut avoir lieu à nouveau parce que les grecs l’avaient souillé.
- Le miracle de la petite fiole d’huile d’olive pure qui dura de manière extraordinaire huit jours d’affilée pour servir à l’allumage des bougies de la sainte Ménorah, le Chandelier du Temple.
La fête de ‘Hanoucca dure huit jours et elle commence le 25 Kislev pour se terminer le 2 ou le 3 du mois suivant, le mois de Tévet (cela dépend du nombre de jours du mois de Kislev qui peut durer parfois 29 ou parfois 30 jours).
Cette fête n’est pas mentionnée dans la Torah et par conséquent elle n’est pas considérée comme un des jours de fête biblique -Yom Tov- tels que Pessa’h, Chavouot, Rosh Hashana etc. Elle ne contient donc pas d’obligation de Kiddoush sur du vin ou de repas de fête. Durant ‘Hanoucca, on a le droit d’effectuer des travaux et de s’affairer à ses activités professionnelles puisque cette fête n’est pas définie par la Torah comme un « Jour de repos – Yom Shabbatone ».
Cependant, la fête de ‘Hanoucca donne lieu à la récitation de la prière du « Hallel – Louange » ainsi qu’à des lectures spécifiques de la Torah pendant la prière du matin. On rajoute un passage la mentionnant durant chaque prière de la « Amida » ainsi que dans le « Birkate Hamazone » (la prière après un repas avec du pain). Et bien sûr, on la célèbre avec l’allumage des bougies de ‘Hanoucca.
Le nom de la fête
Le nom ‘Hanoucca est lié à l’évènement de l’ « inauguration – ‘Hanikha », c’est-à-dire la « ‘Hanouccate Hamizbéa’h » : l’inauguration de la « Salle Sainte – Heikhal Hakodesh » et de « l’Autel – Mizbéa’h » qu’y si trouvaient. Elle eut lieu à l’époque du deuxième Temple qui fut reconquis et repurifié par les « Makkabimes » étant donné que les grecs l’avaient souillé et désacralisé.
Les envahisseurs grecs contrôlèrent le Beit Hamikdash durant une longue période durant laquelle ils firent ce que bon leur semble. Ils interdirent les dévotions dans le Temple et y installèrent des idoles et d’autres signes d’idolâtrie. Mais grâce à D-ieu, les Makkabimes reconquirent l’endroit et le purifièrent de toutes les souillures idolâtres qui les grecs y avaient placées.
Ils l’inaugurèrent à nouveau grâce à l’allumage des bougies de la Sainte Ménorah du Temple. Cette inauguration – ‘Hanouccate Hamizbéa’h- est à l’origine du nom de la fête : ‘Hanoucca.
Le mot ‘Hanoucca – חנוכה peut se diviser ainsi : חנו-כה. Cette division est symbolique du fait que les juifs redonnèrent la sérénité (חנו) au Temple à la date du 25 (כה) Kislev de cette année après avoir vaincu la surpuissante armée grecque. Ils purent ainsi purifier le Beit Hamikdash en le débarrassant des souillures et l’inaugurer à nouveau.
Le saviez-vous ?
Bien que la fête de ‘Hanoucca ait lieu avant celle de Pourim dans le calendrier juif, d’un point de vue historique le miracle de Pourim se produisit 200 ans avant celui de ‘Hanoucca.
Mordékhaï et Esther n’eurent pas la possibilité d’allumer la Sainte Ménorah dans la capitale perse de Suse (Shoushane) où ils résidaient tandis que les ‘Hashmonaïmes (les héros de ‘Hanoucca) purent lire la Méguila d’Esther et manger les ‘oreilles d’Hamane’…
L’histoire de la fête
L’histoire de ‘Hanoucca s’est produite il y a plus de 2000 ans à l’époque du second Beit Hamikdash, 140 ans avant le début du calendrier grégorien. En ce temps-là, la terre d’Israël était sous contrôle du royaume des Séleucides dont la culture était grecque helléniste. À sa tête se trouvait le roi Antiochus, quatrième du nom (surnommé ‘Épiphane’).
Antiochus institua de terribles décrets contre la religion juive : il interdit des commandements fondamentaux comme la Brit-Mila (circoncision), la pratique du Shabbat, le sacrifice des offrandes au Beit Hamikdash et autres. Il essaya même de forcer les juifs à manger du porc.
C’est ce roi mécréant qui envoya l’armée grecque (la Grèce étant sous sa domination) pour contrôler le Saint Temple afin qu’elle empêche les dévotions qui y étaient pratiquées. Les grecs souillèrent le Beit Hamikdash en y construisant des autels d’idolâtrie, en y plaçant des statues et en y sacrifiant des animaux impurs, à l’endroit le plus sacré du peuple d’Israël.
Certains juifs abandonnèrent leur peuple et s’associèrent aux grecs. Ils choisirent de s’appeler « Mityavenim – hellénisants ». Avec le soutien de l’armée grecque, ils essayèrent de forcer les habitants de la ville de Modiïne à renier leur foi juive en se prosternant devant une idole qu’ils avaient placée là.
C’est dans cette ville qu’habitait la famille des ‘Hashmonaïmes composée de Matitiahou et de ses cinq fils. Lorsqu’ils apprirent la tentative de coercition grecque ayant lieu chez eux, ils sortirent sans hésitation et tuèrent les hellénisants ainsi que l’armée grecque qui les accompagnait. Cette action de guerre marqua le début de la révolte appelée « Mérède Ha’hashmonaïmes – la révolte des ‘Hashmonaïmes ».
« ‘Hashmonaïmes » est le surnom donné à la famille de Matitiahou le Grand-Prêtre (Cohen Gadol) qui vécut durant la révolte contre les forces grecques. Il est le patriarche de cette lignée.
Par la suite, lorsqu’ils sortirent pour faire la ‘Guerre de lumière’ contre les forces grecques, les ‘Hashmonaïmes choisirent d’inscrire sur leur étendard la déclaration : « Mi Kamokha Baélime Hashem ? – Qui est comme toi parmi les puissants D-ieu ! ». De nombreux juifs les rejoignirent et adoptèrent aussi ce verset dont les initiales forment le mot ‘Makkabi’, c’est la raison pour laquelle les guerriers juifs furent appelés les « Makkabimes ».
Yéhouda Makkabi, le fils ainé de Matitiahou, fut le commandant qui dirigea les affrontements contre l’ennemi qui disposait, entre autres, de véritables éléphants de guerre. Un grand miracle eut lieu pour les juifs : les ‘Hashmonaïmes -faibles et peu nombreux- vainquirent la multitude des puissants et aguerris guerriers grecs.
Le 25 Kislev, ils reconquirent le Beit Hamikdash et le libérèrent de l’occupation hellénique.
Dans les temps meilleurs, la Ménorah en or brillait constamment dans l’enceinte du Beit Hamikdash. Un des prêtres (Cohanim) veillait à allumer chaque jour les branches du candélabre. Cette pratique prit fin avec l’occupation grecque. Lorsque les Makkabimes rentrèrent dans le Temple, ils voulurent l’allumer à nouveau mais toutes les fioles d’huiles avaient été rendues impures par les grecs.
Ils finirent par trouver une petite fiole d’huile dont la pureté était validée par le sceau du Grand-Prêtre qui y était apposé. Mais les premiers instants de joie furent vite remplacés par de l’inquiétude : la quantité d’huile contenue par la fiole était si petite qu’elle ne permettait qu’un seul jour d’allumage des bougies. Or, la production d’une nouvelle huile pure allait prendre huit jours !
C’est à ce moment-là que le Maître du monde ‘intervint’. La fiole fut miraculeusement suffisante pour l’allumage des bougies de la Ménorah huit jours consécutifs, jusqu’à l’arrivée de la nouvelle huile.
Depuis cet évènement, le 25 Kislev de chaque année, nous célébrons la fête de ‘Hanoucca en allumant des bougies pendant huit jours, en souvenir du grand miracle que connurent nos ancêtres durant ces huit jours.
Question : Pourquoi fêtons-nous ‘Hanoucca pendant huit jours ? La quantité de la fiole d’huile étant suffisante pour 24 heures, les bougies de la Ménorah du Temple brulèrent naturellement le premier jour, sans aucun miracle…
Réponse : Plus de mille réponses, opinions et explications ont été données à ce sujet. En voici quelques-unes :
- Le premier jour, les Cohanim emplirent les coupes des branches de la Ménorah avec de l’huile pure. Le miracle fut que durant les sept premiers jours, l’huile ne descendit absolument pas. C’est seulement au début du huitième jour qu’elle commença à se consumer et dura un jour entier.
- Chaque jour, les Cohanim versaient l’huile de la fiole afin de remplir toutes les branches de la Ménorah. Mais de manière miraculeuse, une fois le versement terminé, c’est seulement un huitième de la fiole qui avait diminué.
- Étant donné que les Cohanim savaient que la production d’huile prendrait huit jours, ils divisèrent la quantité d’huile de la fiole et en utilisèrent un huitième chaque jour afin de l’économiser. Le miracle fut que cette quantité minuscule fut suffisante pour durer 24 heures chaque jour.
- Le premier jour de ‘Hanoucca, nous fêtons le fait d’avoir trouvé cette fiole d’huile, ce qui en soi était déjà un miracle.
- Nous fêtons sept jours en souvenir du miracle de la fiole d’huile et nous rajoutons un jour pour le miracle de la victoire militaire des ‘Hashmonaïmes sur les grecs.
L’aspect féminin de la fête
La fête de ‘Hanoucca est ‘embellie’ par les histoires relatant les faits héroïques de femmes juives durant cette période. Elles ont pris une part active dans la campagne contre les grecs, que ce soit en se sacrifiant pour la sanctification du Nom de D-ieu (Kiddoush Hashem) ou en ayant elles-mêmes recours avec succès à des tactiques de guerre sophistiquées. C’est la raison pour laquelle, bien que les femmes soient généralement exemptées des commandements qui dépendent du temps (la fête de ‘Hanoucca en fait partie puisqu’elle dépend d’un moment précis), leur participation active les a inclues dans l’injonction de respecter les Mitsvotes de la fête.
Voici deux des faits héroïques accomplis par des femmes durant cette période :
Judith et holopherne
Selon notre tradition, l’histoire de Judith (Yéhoudite) s’est produite au temps des ‘Hashmonaïmes, c’est en ce sens qu’elle est liée à ‘Hanoucca. À cette période, le Général en chef Holopherne avait entrepris une expédition militaire de conquête de la Perse jusqu’à Sidon. Il était en route vers la terre d’Israël pour la conquérir.
Lorsqu’il y arriva, Holopherne fit le siège d’une des villes d’Israël appelée Batoul. Il l’encercla afin d’empêcher les approvisionnements d’eau et de nourriture dans le but de briser le moral de ses habitants et de les affaiblir pour les vaincre facilement. Après un long blocus l’eau commença à manquer et les juifs, assoiffés et épuisés, envisagèrent de se soumettre et de se rendre à Holopherne.
Dans cette ville, habitait une veuve craignant D-ieu, du nom de Judith fille de Yo’hanan le Grand-Prêtre. Elle décida de sauver les habitants du massacre qui les attendait.
Avec la bénédiction des sages d’Israël et accompagnée de sa fidèle servante, Judith réussit à sortir de la ville encerclée et se rendit dans le camp militaire ennemi. Elle était extrêmement belle et habillée de ses plus beaux habits, de sorte qu’elle attira immédiatement l’attention des soldats qui l’arrêtèrent et lui demandèrent ce qu’elle faisait là. Elle leur répondit qu’elle avait un message important pour leur grand général.
Lorsqu’elle rentra dans la tente d’Holopherne, elle lui raconta que la situation des juifs était extrêmement difficile. Elle lui expliqua que c’est la foi des juifs dans le respect des règles alimentaires de Casheroute qui était le secret de leur survie mais que dans quelques jours, ils manqueraient de nourriture au point d’être obligés de manger des aliments interdits et qu’il pourrait alors les vaincre facilement.
Holopherne fut séduit par cette rencontre et donna à ses soldats l’ordre de permettre à Judith de rentrer et sortir de la ville librement, il lui demanda de venir chaque soir lui faire un compte-rendu de la situation des habitants de Batoul. La troisième nuit, il invita Judith à diner avec lui dans sa tente et ordonna que personne ne les dérange. Il lui proposa de manger les aliments du buffet qu’il avait fait préparer mais Judith refusa et lui dit qu’elle avait amené un plat cuisiné par elle-même.
Holopherne fut pris de curiosité et demanda de gouter à ce ‘plat unique’ préparé par une femme juive unique. Il s’agissait d’un fromage excellent dont la nature très salée provoquait une grande soif. Après qu’il en eut beaucoup consommé, Judith abreuva Holopherne abondamment avec du lait et du vin, ce qui provoqua rapidement l’ivresse du général qui s’endormit profondément.
Judith prit alors l’épée d’Holopherne qui était accrochée au-dessus de son lit et, tout en récitant une prière du fond de son cœur, elle lui trancha la tête avec une grande force. Elle la cacha dans son sac et sortit de la tente de manière naturelle en annonçant aux gardes que leur général dormait et qu’il ne fallait pas le déranger jusqu’au lendemain matin.
Elle revint à Batoul et montra son ‘butin’ aux dirigeants de la ville puis leur conseilla de procéder immédiatement à une attaque surprise contre l’armée ennemie. Lorsque l’assaut des juifs commença, les soldats se précipitèrent dans la tente d’Holopherne pour le réveiller mais ils découvrirent son corps sans vie (et sans tête) allongé sur le sol. Ce spectacle provoqua une immense panique dans l’armée d’Holopherne qui détala dans la plus grande des confusions.
‘Hanna et ses sept fils
Durant leur occupation de la terre d’Israël, les grecs essayèrent de forcer les juifs à renier leur foi en D-ieu en les forçant à se prosterner devant leurs divinités païennes et à manger du porc dont la consommation est interdite par la Torah.
Un jour, les soldats occupants attrapèrent une femme juive avec ses sept fils, du nom de ‘Hanna. Ils les amenèrent en face du roi mécréant Antiochus Épiphane.
Le souverain se tourna vers le fils ainé de ‘Hanna et il lui ordonna de se prosterner devant une idole. Le fils refusa fermement malgré la menace du roi de mettre fin à sa vie s’il ne le faisait pas. « Je ne trahirai pas mon D-ieu » répondit-il avec assurance. Antiochus fut pris d’une très grande colère et il ordonna son exécution.
Lorsque le roi se tourna vers le deuxième fils de ‘Hanna, il était certain que celui-ci serait brisé à la vue de son frère assassiné devant ses yeux, mais à sa grande surprise l’enfant refusa lui aussi fermement de se prosterner et Antiochus ordonna son exécution.
Les quatre enfants qui suivirent donnèrent la même réponse que leurs grands-frères et le roi n’hésita pas à les faire tuer l’un après l’autre.
Il ne restait que le plus jeune fils de ‘Hanna et Antiochus, supposant qu’il refuserait lui aussi de se prosterner devant l’idole, décida d’alléger son épreuve. Il prit la bague de son doigt et la jeta à terre. « Penche-toi pour ramasser ma bague petit enfant » lui demanda-t-il. À sa grande stupéfaction, l’enfant refusa aussi en disant qu’il ne voulait pas se prosterner devant l’idole placée devant lui (ce qui se serait produit s’il avait ramassé la bague).
« Parle à ton fils femme ! Qu’il fasse ce que je lui ordonne ! » demanda le roi à ‘Hanna, « Sinon je le tuerai lui aussi ! ». Alors ‘Hanna se tourna tendrement vers son petit enfant et lui dit avec une grande émotion : « Mon fils, suis le chemin de tes grands-frères ».
Le roi explosa de fureur et ordonna l’exécution du dernier fils de ‘Hanna.
‘Hanna était déchirée, elle venait d’assister à l’assassinat de ses sept garçons, les uns après les autres. Elle embrassa leur corps et sortit du palais royal, puis elle monta sur le toit élevé d’une maison. Avant de mettre fin à sa vie, elle cria les paroles suivantes : « Allez mes enfants vers Avraham notre patriarche et dites-lui que je suis plus grande que lui car il n’a sacrifié qu’un seul de ses fils (Isaac, dont D-ieu arrêta le sacrifice avant qu’il n’eût lieu) tandis que moi j’en ai sacrifié sept ! ». Puis, dans sa douleur immense, elle mit fin à ses jours en se jetant du toit.
L’histoire de ‘Hanna et ses sept fils est devenu le symbole du don de soi sans concession des enfants d’Israël tout au long des siècles, qui préférèrent mourir plutôt que de trahir leur foi dans le D-ieu d’Israël.
